Un hypothétique ralentissement du «gulf stream » ne fera pas plonger l’Europe dans une ère glaciaire

Bonjour,

Je vois actuellement passer de nombreux articles à propos d’un ralentissement du « gulf stream » qui pourrait, soi-disant, amener un climat similaire au Québec en Europe de l’ouest. Encore et toujours des articles très alarmistes concernant le climat, on commence à y être malheureusement habitué, c’est un sujet qui touche tout le monde donc ça fait vendre. La grosse différence de climat ne se résume à la position par rapport au « gulf stream », loin de là, ce courant chaud qui remonte depuis les Caraïbes jusqu’en mer de Norvège, mais plutôt et surtout à la forte continentalisation des masses d’air qui parviennent jusqu’à cette province canadienne.

En effet, contrairement à cette « vieille » rumeur qui est bien encrée, si nos hivers sont doux et nos étés relativement tempérés ce n’est pas grâce au « gulf stream » mais plutôt à notre proximité par rapport à l’océan Atlantique qui garde une température peu fluctuante pendant l’année, tout simplement.
Même en flux de nord, la masse d’air d’origine arctique est fortement tempéré par son passage au-dessus des mers du Nord et de Norvège.
De plus, la rotation de la terre (force de coriolis) engendre plutôt une circulation d’ouest dominante dans l’hémisphère nord à nos latitudes. Ainsi, une masse d’air d’origine arctique sera fortement tempérée par son passage au-dessus de cette immensité d’eau avant d’attendre nos régions. Tandis que dans le cas du Québec ou même dans celui de l’Amérique du nord au sens large, les masses d’air d’origine arctique peuvent y parvenir d’une manière directe (sans passage sur une masse d’eau tempérée) en coulant depuis le nord du Canada pris par les glaces.

Ainsi, par exemple en janvier à la même latitude, la moyenne journalière est de -16°C à Makkovik au Québec (influence continentale), -2°C à Pelican en Alaska le long du Pacifique (qui subit aussi une forte influence océanique mais un courant marin plutôt froid appelé courant de l’Alaska) et enfin -1°C à Kristiansand, à la pointe sud de la Norvège (forte influence océanique + gulf stream).


Si la circulation thermoaline venait à s’arrêter ou à fortement ralentir au cours de ce siècle (ce qui paraît quand même peu probable), nous ne rentrions donc pas dans une ère glaciaire en Europe, notre climat ne serait pas similaire à celui du Québec mais les effets pourraient quand même être assez sensibles. On pourrait par exemple imaginer des coulées froides un peu plus récurrentes depuis les pôles en hiver mais encore une fois, celles-ci seraient toujours tempérées par les masses d’eau que sont la mer de Norvège, la mer du nord et surtout l’océan Atlantique.

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