🌌 Aurores borĂ©ales exceptionnelles observĂ©es en Belgique le 19 janvier

Une activitĂ© solaire particuliĂšrement intense a offert un spectacle rare dans nos rĂ©gions la nuit derniĂšre vers 22-23h. Une Ă©ruption solaire majeure de classe X1, survenue Ă  la surface du Soleil, a provoquĂ© une Ă©jection de masse coronale (CME) extrĂȘmement rapide en direction de la Terre. Contrairement aux prĂ©visions initiales, cette CME a atteint notre planĂšte en seulement environ 25 heures, avec une vitesse proche de 1100 km/s. C’est extrĂȘmement rapide et elle a loupĂ© de peu de rentrer dans le club trĂšs fermĂ© des FTE (Fast Transit Event).

Cette Ă©ruption solaire de classe X a dĂ©butĂ© le 18 janvier Ă  17 h 27 UTC, a atteint son maximum Ă  18 h 09 UTC (X1.9), puis s’est terminĂ©e Ă  18 h 51 UTC.
La cause principale de l’éruption a Ă©tĂ© l’instabilitĂ© croissante des filaments environnants.

Les filaments solaires sont des nuages de particules chargĂ©es (« plasma ») situĂ©s au-dessus de la surface du Soleil, maintenus entre des rĂ©gions magnĂ©tiques de polaritĂ© opposĂ©e. Étant plus froids et plus denses que le plasma situĂ© en dessous et autour d’eux, ils apparaissent sous forme de lignes sombres lorsqu’ils sont observĂ©s sur le disque solaire.

À l’arrivĂ©e de la CME, les instruments spatiaux ont mesurĂ© un champ magnĂ©tique interplanĂ©taire trĂšs perturbĂ©, avec une composante sud (Bz) fortement nĂ©gative, condition idĂ©ale pour un transfert d’énergie vers la magnĂ©tosphĂšre terrestre. Cela a dĂ©clenchĂ© une tempĂȘte gĂ©omagnĂ©tique sĂ©vĂšre (G4), avec des indices KP exceptionnellement Ă©levĂ©s de 21h Ă  minuit atteignant jusqu’Ă  9- pour la NOAA et 9 Ă  Dourbes.
De plus, la puissante Ă©jection de masse coronale (CME) a fait grimper le flux de protons de 10 MeV Ă  un niveau stupĂ©fiant de 37 000 pfu Ă  19 h 15 UTC. Il faut remonter aux 23–24 mars 1991 (il y a 35 ans
) pour trouver un Ă©vĂ©nement protonique encore plus intense. Heureusement, les radiations associĂ©es en altitude furent relativement faible.

Il faut savoir que les maximum solaire suivent des cycles d’environ 11 ans et il n’est pas acquis que le prochain soit aussi intense. Autrement dit, des aurores borĂ©ales aussi visibles dans notre ciel, en soirĂ©e, alors que le ciel est partiellement dĂ©gagĂ© et que nous bĂ©nĂ©ficions de la nouvelle lune revĂȘtent un caractĂšre encore plus exceptionnel.


✹ ConsĂ©quence directe :
Des aurores polaires spectaculaires ont été observées bien au-delà des zones habituelles, y compris en Belgique. Les observateurs ont pu admirer :

  • des aurores vertes intenses,
  • des structures dynamiques et mouvantes

La photo ci-dessus ayant Ă©tĂ© prise par Olivier Mck lors de sa descente vers Zaventem, on distingue clairement les interactions entre les particules chargĂ©es du vent solaire et l’oxygĂšne de notre atmosphĂšre terrestre Ă  plus de 100km d’altitude, nous offrant les couleurs rougeĂątres et vertes.

Enfin, la tempĂȘte gĂ©omagnĂ©tique a engendrĂ© des perturbations des communications radio HF ainsi que des erreurs GPS temporaires. Dans ce genre de situation, il y aussi une augmentation du risque pour les satellites et, dans certains cas, des courants induits dans les rĂ©seaux Ă©lectriques. Sans qu’il n’y ait d’incident majeur Ă  signaler Ă  ce stade pour cet Ă©vĂ©nement.

La photo d’illustration de l’article a Ă©tĂ© prise le 19 janvier en fin de soirĂ©e par Maxx Bgnt Photography Ă  Villers-le-Bouillet.

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