Bulletin météorologique spécial

UPDATE 20/02 SCENARIO FROID CONFIRME.

Comme redouté depuis plusieurs jours, c’est maintenant une certitude, nous allons grelotter à partir de dimanche dans nos régions pour au moins deux, trois jours. Voici les températures prévues ci-dessous et donc confirmées du lundi  26/02 au mardi/mercredi -27-28/02 au moins: les maximas plongeront entre -6 et -2°C en Ardenne, -2 à 1°C du centre à la côte. Les minimas, sous ciel partiellement dégagé, dégringoleraient généralement entre -13 et -7°C, voire un peu moins dans les vallées ardennaises abritées. Le vent jouera également un rôle important sur notre sensation de froid. En effet dès la fin de semaine il soufflera en rafales souvent entre 35 et 45km/h, donnant une sensation d’air glacial entre -5 et -15°C de jour et -13 à -25°C de nuit (températures ressenties ->risque d’engelures en 30min).

Comme le prouve l’image ci-jointe, c’est une masse d’air d’origine arctique qui va débouler rapidement sur notre pays, associé au reliquat d’une partie du vortex polaire, éclaté début février.  Celle-ci provient de l’est de l’Europe et de Sibérie, étant à fortiori assez sèche, elle donnera souvent un ciel bien dégagée.

Pour le début du mois de mars, les températures devraient lentement remonter, mais il faudra alors surveiller la circulation de perturbations neigeuses dans nos parages.

C’est donc un refroidissement assez conséquent qui nous attend, mais cela aurait pu être bien pire au niveau du mercure, avec des sols bien plus enneigés sur le continent européen, et un vent nul durant la nuit…. On continue de toute façon à vous tenir informé de l’évolution de la situation.

Michael- Info météo
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SIMPLE REFROIDISSEMENT OU PROBABLE VAGUE DE FROID FIN DE SEMAINE PROCHAINE ?! ET LA NEIGE ?

Bonjour ,

Je ne vais pas trop revenir sur notre publication du 10 février dernier à propos de l’éclatement du vortex polaire, suite à un réchauffement soudain de la stratosphère au-dessus du pôle.
Mais en bref, ce genre d’événement induit des répercussions dans la troposphère environ 2 semaines après s’être produit. C’est-à-dire que déjà maintenant, de l’air véritablement glacial s’écoule depuis le pôle nord vers des latitudes d’habitude plus tempérées.
En d’autres-mots, dès la fin de cette semaine, il faudra surveiller les masses d’air d’origine arctique et leur trajectoire en fonctions des différents centres de pression.
Dans les faits, comme prévu dans le précédent bulletin hebdomadaire, nous assisterons jusqu’en fin de semaine prochaine à un temps se refroidissant légèrement et devenant souvent bien ensoleillé. Entre -2 et 0°C pour les maximas en Haute-Ardenne, 1 à 3°C pour le centre et jusqu’à 5-6°C pour la côte.
La nuit les minimas pourraient descendre entre -5 et -10°C sur le relief, entre -3 et -6°C sur le centre ,-1 et -3°C le long de la mer. Pendant cette période, le risque de précipitation et donc de neige paraît bien faible étant donné que nous serions sous influence anticyclonique. Avant cela, en début de semaine, il fera plus nuageux avec quelques précipitations principalement sur l’ouest. Et en Ardenne, des flocons sans trop de conséquence pourraient virevolter. L’est de l’Europe, c’est désormais acquis, sera en première ligne de mire, avec des températures constamment sous -15°C du nord de l’Ukraine à la Norvège dès la fin de semaine.

Ensuite, c’est véritablement à partir du 26 février que le froid pourrait s’intensifier pour quelques jours sur nos régions. Suivant la trajectoire que prendrait la masse d’air glacial mentionnée ci-dessus, tantôt vers nos régions, tantôt plutôt vers les Îles Britanniques. Les maximas pourraient plonger entre -6 et -2°C en Ardenne, -3 à 0°C du centre à la côte. Les minimas, sous ciel partiellement dégagé, dégringoleraient généralement entre -15 et -7°C.
Mais, selon la configuration la plus probable, de faibles fronts neigeux pourraient alors transiter par notre pays. Le risque de précipitations neigeuses augmenterait alors graduellement sur l’ensemble du pays.

En conclusion, même s’il n’est pas très probable que l’on remplisse les conditions pour avoir une vague de froid à Uccle, nous pourrions tout-de-même faire face à un refroidissement plutôt inhabituel pour la saison. Mais pour cela il faudra que la masse d’air glacial frappe nos régions de plein fouet, ce qui n’est pas encore acquis…

Tout ceci est bien entendu à confirmer, déjà ce soir dans le bulletin à long terme .

Bonne journée et fin de week-end.

Pluies verglaçantes du 7 janvier 2017

Il n’a donc pas fallu attendre bien longtemps pour que 2017 nous expédie fissa son premier grand événement météorologique, sous la forme d’un épisode neigeo-pluvieux verglaçant particulièrement contraignant. Dans cet article, nous faisons rapidement le point sur le mécanisme et le déroulé des événements.

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Glossaire des précipitations hivernales

Un peu de vocabulaire hivernal… pour bien préparer l’arrière-saison 😉
 
Tout le monde sait ce qu’est la pluie, la neige ou la neige fondante. Par contre, si je vous parle de neige roulée, de granules de glace ou encore de neige lourde, ça devient plus difficile. Voici donc un petit pavé utile pour frimer en famille ou en société lors des prochaines précipitations hivernales!
 

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La neige et le verglas du 2 décembre 2014

Après un automne très doux, le général Hiver a fait une entrée remarquée sur la Belgique en ce 2 décembre. Une perturbation a en effet pris naissance sur l’Ardenne et s’est ensuite étendue et déplacée vers l’ouest. Accompagnée de neige et de pluie verglaçante, elle a compliqué la circulation routière et ferroviaire et fut, il faut le reconnaître, plus étendue que prévu. Bref retour sur les événements de cette soirée et nuit.
 
La situation atmosphérique à 19h00 le 2 décembre montre un courant d’air continental bien établi sur nos régions, amenant du froid depuis l’Europe de l’est. Une perturbation est aux portes de la Belgique, mais ce n’est pas celle-ci qui va nous concerner. C’est une petite dépression arrivant d’Allemagne qui va générer l’épisode. Réduite, mais surprenante… A cette heure-là, elle est sur l’est de la Belgique.
Cette neige a été annoncée dans le bulletin du lundi 1er décembre. Mais à ce stade, les modèles ne simulent que très peu de précipitations, ce qui nous pousse à n’annoncer que quelques flocons, essentiellement sur l’Ardenne. V
 
Mardi 2 au matin, nous revoyons nos prévisions à la hausse. En effet, les modèles ont accentué la perturbation, qui concernera essentiellement le sud du Sillon Sambre-et-Meuse.
 
En début d’après-midi, la perturbation n’est pas encore formée. Elle doit apparaître en plein sur le sud de la Belgique dans quelques heures. Info Météo flaire cependant une entourloupe, et pour cause: les retours d’est, comme celui qui va nous concerner, sont en général mal calibrés par les modèles. Cette situation s’est déjà vue à plusieurs reprises. C’est pourquoi un avis de neige/verglas est diffusé.
 
Vers 16h30, la neige commence à tomber en Ardenne suite à la formation de la perturbation. Bien vite, elle s’étend, et concerne toute une zone à l’est d’une ligne Bouillon – Hasselt. 
 
 
Situation à 17h00: formation de la perturbation
 
C’est à partir de ce moment-là que les choses se compliquent: la perturbation est plus vaste que la modélisation. De la neige ferme se dépose non seulement en Ardenne où l’épaisseur atteint quelques centimètres, mais aussi au nord du sillon Sambre-et-Meuse. Mêlée à la neige, de la pluie tombe par endroits sous des températures négatives, engendrant la formation de verglas. Derrière la perturbation qui avance vers l’ouest, de l’air froid arrive d’Allemagne, garantissant le maintien de la neige. Le front atteint Namur vers 19h00, Charleroi vers 20h00. 
 
 
Situation à 20h00: une perturbation pleinement formée et plus active que prévu
 
Devant l’étendue des événements et l’arrivée de l’air froid à l’arrière, Info Météo réédite son avis de neige/verglas vers 21h30, étendant la zone dans laquelle la neige devrait tenir durablement (zone blanche) et la zone dans laquelle les accumulations sont davantage temporaires (zone bleue). Dans ces deux zones, Info Météo craint l’apparition de verglas à la faveur de l’air froid arrivant de l’est, derrière la perturbation.
 
Photo : 21h30 ~ Mise à jour de l'avis neige/verglas (à partager) En vigueur jusque demain 10h00. De l'air froid déboule de l'Allemagne, descendant progressivement la limite neige ferme/neige fondante. Dans la zone en blanc, il faut s'attendre à une persistance de la neige. Dans la zone bleu, les accumulations sont davantage temporaires. Dans les deux zones, nous craignons l'apparition de verglas suite à la baisse progressive des températures. Il faudra être vigilant demain à l'heure de pointe! H.
 

La région de Mons est touchée vers 22h00. Derrière, quelques poches neigeuses se reforment et concernent le sillon Sambre-et-Meuse tout au long de la soirée, tandis que les températures y descendent à la faveur de l’air froid attiré par la petite dépression s’évacuant alors sur le département des Ardennes.

Au final, c’est le centre de l’Ardenne et les régions de Charleroi et de Gembloux qui auront reçu le plus de neige, avec par endroits jusqu’à 3 cm d’accumulation. Ceci reste très raisonnable, mais marque le retour de la neige dans certaines régions qui n’en ont plus vu depuis près de deux ans maintenant.

 
Lesves sous la neige au matin du 3 décembre (Auteur: B. Becquart).

30 novembre 1993, fin épique d’un novembre atypique

 

Le mois de novembre 1993 fut caractérisé par un début très doux avec une température de 18° à Uccle le 4 novembre. A partir de la mi-novembre, un anticyclone russo-scandinave s’installa et organisa un flux d’Est sur l’Europe Occidentale. Le 22 novembre, on enregistre -1.3° de température maximale à Uccle après une nuit à -4.8°. De plus, de la neige accompagne ce gel permanent. Après un redoux le 25 et 26 novembre, le gel permanent se réinstalle du 27 au 30 novembre avec respectivement 0.0, -2.6, -0.6, et -0.4 à Uccle.
 
Le 29 novembre au soir, André Schevers, alors présentateur de la météo à la RTBF, annonce l’arrivée d’une perturbation de dégel pour le lendemain. La pluie verglaçante est mentionnée. Elle sera suivie de pluie purement liquide qui devrait nettoyer le réseau routier en soirée. Le lendemain, les premiers phénomènes verglaçants sont observés en début d’après-midi sur la région de Wavre. A 14h30, dans la cour de récréation (j’avais 16 ans à cette époque), il tombe … des billes, signe que l’air doux (+2°) producteur de la pluie à environ 1000m d’altitude est engagé dans une lutte à mort avec l’air froid de sol (-1°) qui recongèle la pluie.
 

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Evénements 2014

Cette page reprend l’ensemble des infographies et des liens vers les dossiers spéciaux concernant les événements survenus au cours de cette année 2014, riche d’un point de vue météorologique. N’hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir et à consulter les liens vers les articles spéciaux.

En résumé, 2014 c’est:

  • un « non-hiver » 2013 – 2014, anormalement orageux
  • une année orageuse exceptionnelle avec un paroxysme en juin
  • des tornades en série en août
  • un automne hors du commun
  • une année caractérisée par une grande douceur et une récurrence durable du régime « Atlantic Low », avec une persistance de dépressions sur l’océan et d’anticyclones sur l’Europe centrale, plaçant régulièrement nos régions dans des flux d’origine subtropicale.
 
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L’hiver 2013-2014 est anormalement doux, humide et orageux. Certaines régions ne voient pas le moindre flocon durant cette saison.


Janvier

Le 25 janvier, un derecho complètement hors saison traverse l’ouest de la Belgique et le Nord-Pas-de-Calais en provoquant de puissantes rafales de vent et des tornades.

 
 
L’orage est spectaculaire, notamment à Zeebruges où l’équipe Belgorage l’attendait de pied ferme:
 
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Mars

Le début du mois de mars est atypique, avec un temps ensoleillé et très doux (Voir ICI). Le 9, un record de douceur est battu.
 
 
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Avril

Le 7 avril, l’année orageuse commence en fanfare avec le passage d’un QLCS (système orageux organisé en ligne). Lien vers le dossier spécial: ICI
 
Les 21 et 22 avril, de nouveaux et nombreux orages concernent nos régions. 
 
 
 
Le 24 avril, un puissant orage frappe l’Ardenne et la Famenne et s’accompagne de grêlons de plusieurs centimètres de diamètre qui provoquent des dégâts.
 
 
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Mai

Le 6 mai, de forts orages se produisent sur le massif ardennais tandis qu’une supercellule concerne l’ouest du Hainaut. Lien vers le dossier spécial: ICI
 
Le 20 mai, une nouvelle supercellule concerne l’ouest du Hainaut dans l’après-midi. En soirée, un violent bow echo (orage organisé en arc) explose sur l’Entre-Sambre-et-Meuse et traverse le centre de la Belgique en provoquant des dégâts dus au vent. Lien vers le dossier spécial: ICI. De nouveaux orages éclatent le 21 mai.
 
Coup de foudre sur les hauteurs de Beignée, près de Charleroi, en fin de soirée du 20 mai.
 
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Juin

Entre le 7 et le 10 juin, des orages récurrents se produisent et provoquent de nombreux dégâts. De nombreuses supercellules sont observées et plusieurs MCS (systèmes orageux de grande étendue) traversent nos régions. L’une des supercellules passe sur Bruxelles où elle déverse des grêlons de 5 cm de diamètre et interrompt le match de football amical entre la Belgique et la Tunisie. Lien vers les dossiers spéciaux ci-dessous:
 
 
Ambiance électrique le soir du 8 juin au-dessus de Berzée. Source: Info Meteo.
 
 
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Juillet

Le 6 juillet en début de soirée, de forts orages frappent la Lorraine belge. Une supercellule est suspectée dans la région de Athus où elle produit une violente rafale descendante génératrice de dégâts. De la grêle est également observée.
 
Le mois de juillet présente différentes facettes (Voir analyse ici). Un coup de chaleur se produit le 18 juillet.
 
 
 
Le lendemain, le 19, un MCS traverse l’ouest du Nord-Pas-de-Calais et de la Belgique du sud au nord, accompagné d’une forte activité électrique.
 
 
 
La nuit du 27 au 28 juillet, une salve orageuse concerne l’ouest de la Flandre. L’après-midi suivant, de nouveaux orages parfois costauds éclatent sur les deux Flandres et le Hainaut, ainsi que dans la région de Waremme. A Charleroi, des inondations sont observées.
 
Activité électrique de la journée du 28 juillet. Les couleurs froides montrent les impacts les plus récents.
 
Le 29 juillet, des orages à déplacement lent conduisent à des inondations dans l’ouest du Brabant-Wallon, notamment à Ittre où elles sont spectaculaires.
 
 
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Août

Quelques orages sont observés le 3 août dans l’après-midi.
 
Le 8 août, plusieurs tornades sont signalées en Belgique, à Manhay, Sart-lez-Spa et Jauchelette. Dossier spécial: Orages et tornades du 8 août.
 
Le 10 août, un outbreak tornadique (épisode d’un nombre important de tornades) concerne le nord de la France et la Belgique. Une tornade spectaculaire frappe notamment la commune de Sombreffe. Une autre tornade est confirmée à Gozée. Lien vers le dossier spécial: Tornades du 10 août
 
La tornade de Ligny-Sombreffe, alors qu’elle traverse le village de Tongrinnes, le 10 août en fin d’après-midi.
 
 
Le 15 août, une trombe marine provoque quelques dégâts sur la digue de Zeebruges. D’autres tornades, trombes et tubas sont signalés les jours suivants dans le nord de la France et en Belgique. Le 22 août, trois tornades frappent ces régions: la première à Wambrechies, au nord-ouest de Lille, la seconde à Zwijnaarde, près de Gand, et la troisième entre Leuze et Ath (dossier à venir). Dossier résumé: ICI
 
S’il n’avait pas trop mal commencé, août présente une dernière quinzaine trop fraîche et humide, plombant les statistiques d’un mois qui se termine finalement avec un déficit thermique très anormal et une pluviométrie excédentaire. La température moyenne du mois a été de 16,2°C contre une normale de 18,0°C. La moyenne des températures maximales est encore plus déficitaires (considérées comme très exceptionnelles), la plus froide des trente dernières années.
 
Le soleil se montre rarement durant ce mois, et quand il le fait, c’est dans un ciel souvent nuageux. L’astre se couche ici un soir de fin août à Capinghem (département du Nord).
 
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Septembre

Septembre est relativement beau, avec plusieurs journées pleinement estivales au cours desquelles les températures dépassent les 25°C. L’excédent thermique est anormal, tandis que le déficit pluviométrique est très exceptionnel. Voir ICI
 
Visé en fin d’après-midi, fin septembre.
 
Des orages parfois intenses surviennent cependant durant le week-end des fêtes de Wallonie, engendrant des inondations locales. Dossier spécial: ICI
 
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Octobre

Octobre s’inscrit dans la continuité de septembre et de cet automne 2014: très doux. L’ensoleillement est par contre légèrement déficitaire. Voir analyse ICI 
 
Plusieurs journées sont dignes de l’été, dont le samedi 18 octobre.
 
 
 
Le 21 octobre, l’ex-cyclone tropical Gonzalo, qui a notamment frappé les Bermudes, arrive en Europe Occidentale. Réincarné sous la forme d’une dépression extratropicale, il déclenche un épisode tempétueux sur les Iles britanniques, l’Irlande, le nord de la France, le Benelux, l’ouest de l’Allemagne et la Suisse. 
 
 
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Novembre

La Toussaint est exceptionnelle de douceur. Les températures maximales atteignent parfois plus de 20°C, c’est de jamais vu au cours des 115 dernières années. Des orages sont observés dans la soirée du 2 novembre.
 
 
La première quinzaine du mois passe à deux doigts (ou plutôt un dixième de degré) d’être la plus douce enregistrée à ce jour. La seconde quinzaine alterne quelques périodes plus fraîches (avec les premières gelées, ce qui est très tardif) et des moments de grande douceur, comme le week-end du 22 – 23 novembre.


La fin novembre se fait plus fraîche, avec des gelées généralisées sur le sud de la Belgique. Mais ce froid n’est que pelliculaire: le 30, alors qu’on observe -3,5°C à Elsenborn (+/- 600 mètres) en température minimale, il fait +14°C à environ 750 mètres d’altitude. Une langue d’air très doux surplombe l’air froid, engendrant une inversion particulièrement marquée. Au-dessus de Beauvechain, en l’absence d’effet de sol, la différence atteint 12°C en 750 mètres. En soirée du 30, un peu de neige et de verglas est observé localement au sud du Sillon-Sambre-et-Meuse.

Novembre se termine avec un excédent très anormal de la température. De même, l’automne 2014 est le deuxième plus chaud enregistré depuis le début des observations, derrière l’intouchable Automne 2006. Voir l’infographie pour novembre: L’anti-novembre 2014

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Décembre

Le Général Hiver débarque à l’heure. Le soir du 2 décembre, une première offensive neigeuse concerne une bonne partie du sud-est de la Belgique ainsi que le nord du département des Ardennes. Un compte rendu est accessible ICI.

Le 8 décembre, de nouvelles averses de neige se produisent, menant à une petite accumulation en Haute Belgique, plus sporadique ailleurs.

 
L’agitation continue les jours suivants puisque nous connaissons plusieurs phénomènes: un gros coup de vent, de fortes précipitations et de nouvelles chutes de neige en Haute Belgique.
 
 
Bastogne enneigée au soir du 13 décembre. Auteur: A. Esmanne.
 
Après deux semaines de douceur et un 24 décembre qui l’est tout autant, la masse d’air commence à changer le jour de Noël, avec un refroidissement progressif. Le 27, une profonde dépression nommée Hiltrud traverse la Belgique du nord-ouest au sud-est. Un épisode neigeux assez important frappe différentes régions du pays. Il tombe par exemple entre 10 et 15 cm de neige dans l’Entre-Sambre-et-Meuse et 15 à 25 cm sur le massif ardennais. Un dossier spécial est accessible: Neige et froid de la fin décembre
 
Montigny-le-Tilleul sous la neige en fin d’après-midi du 27 (Source: Info Meteo).
 
La nuit suivante, l’air froid déboule d’Allemagne, et les températures entament une chute. Du verglas est présent en de nombreux endroits au matin du 28. En soirée et la nuit suivante, les températures plongent, passant sous les -10°C en certains endroits (Hautes-Fagnes, localement en Ardenne, sud de Charleroi…).
 
Le 29 au matin, quelques averses de neige puis de pluie traversent la Belgique du nord au sud. Une petite accumulation est observée dans l’est du pays, avant l’arrivée progressive du dégel.
 

Analyse climatologique du mois de décembre: ICI

Décembre 2010 – De la neige à ne plus savoir qu’en faire

Peut-être vous souvenez-vous de décembre 2010, cette période durant laquelle une grande partie de la Belgique avait été couverte de neige parfois pendant plus de 25 jours d’affilée… Si oui, vous avez une bonne mémoire. Si cela ne vous rappelle rien, cet article – assez long – vous propose un retour en arrière pour passer en revue ce qui restera pendant encore longtemps l’un des mois les plus extraordinaires pour les amateurs de neige… et sans doute l’un des plus compliqués pour les navetteurs. Un mois qui commencera doucement, ira crescendo avant de finir en apothéose la veille de Noël. Il vous est relaté sur base des observations personnelles de l’auteur, ce qu’il a vécu et les informations qu’il en a tiré. C’est pourquoi vous verrez souvent apparaître deux lieux: Montigny-le-Tilleul (près de Charleroi) et Namur. L’article s’épanche cependant sur toute la Belgique et les régions limitrophes.

L’automne 2010 avait déjà eu, à de maintes reprises, l’occasion de s’exprimer avec véhémence: des épisodes venteux à répétition, de la pluie en quantité, et surtout des inondations catastrophiques les 14 et 15 novembre (peut-être encore une idée de rétrospective pour plus tard). En fait, décembre 2010 ne fut qu’un mois parmi les autres qui ont vu le temps s’acharner avec courroux sur l’Europe Occidentale. A la seule différence que ce fut un mois blanc, très blanc.

Tout cela débute le 22 novembre 2010, lorsque le temps commence à devenir petit à petit hivernal. Un coup d’œil jeté à la carte ci-dessous nous montre le pourquoi. Un anticyclone sur le Groenland et une advection de hauts géopotentiels (zone jaune-orange marquant des anticyclones d’altitude) sur l’Atlantique font barrage au flux d’ouest classique. Une dépression sur l’Europe Centrale commence à amener de l’air de plus en plus frais vers nos régions. Plus au nord, le vortex polaire (en bleu) se prépare à descendre sur l’Europe. Ce jour, il tombe juste quelques flocons en province de Liège et du Luxembourg.

 

Le 25 novembre, il neige un peu partout en Belgique. Par endroit, on observe la formation d’une légère accumulation. La nuit suivante, il tombe entre 2 et 5 cm de neige en provinces de Liège et du Luxembourg. Le mois de décembre se prépare de manière très progressive.

Au matin du 28 novembre, les températures relevées sont relativement basses. On observe – 5,3°C à Montigny-le-Tilleul, – 4,6°C à Quaregnon, – 6,5°C à Melin, – 3,9°C à Floriffoux, – 7,4°C à Bovigny, – 10°C à Elsenborn, – 5,5°C à St-Libin, – 5,1°C à Virton-St-Mard et – 9,2°C à Brûly.

29 novembre

Le temps continue de rester froid, en raison d’un anticyclone situé sur l’Europe du Nord et deux dépressions prenant place sur l’Europe de l’est et au large de la péninsule ibérique. Une petite ligne de convergence arrivant d’Allemagne fusionne avec une zone neigeuse stationnant sur la Haute Belgique en fin de nuit et en matinée, avant de gagner vers le Centre en cours d’après-midi. Cela entraîne de faibles chutes de neige continues de plusieurs heures accompagnées de températures variant entre 0 et -5°C (Elsenborn). On observe entre 5 et 10 cm de neige en Lorraine, 3 cm à Bierset (Liège) et 1 à 2 cm à Namur et à Charleroi.

 
La citadelle de Namur sous la neige
 

Le 30 novembre, le temps reste très froid et localement faiblement neigeux. Les températures minimales relevées sont de – 3,5°C à Floriffoux et – 5,8°C à Bovigny et au signal de Botrange. Ces températures n’évolueront que peu durant la journée, puisque au meilleur de celle-ci, on relève – 0,3°C à Floriffoux et – 4,5°C au signal de Botrange comme températures maximales.

 

1er décembre

Ce premier jour de l’hiver météorologique est très froid et marque réellement le début de l’offensive du Général Hiver: les températures, déjà faibles au matin, baisseront encore en cours de journée. De l’air très froid en provenance de Sibérie envahit peu à peu nos régions. En fin d’après-midi, une zone neigeuse « surprise » se forme en travers de la Belgique (sur un axe Hautes-Fagnes – Brabant – côte) au niveau d’un front occlus d’altitude et donne plusieurs centimètres de neige fraîche et poudreuse. Alors que ce premier front se déplace vers la Flandre en faiblissant, un deuxième se forme sur la province de Namur en fin de soirée, apportant de nouvelles chutes de neige.
 
La place de la station à Namur sous la neige en début de soirée.
 
On observe 3 à 4 cm supplémentaires à Namur et parfois jusqu’à 6 ou 7 cm par endroit, s’ajoutant à la couche de neige déjà tombée les jours précédents. Ces chutes de neige survenant sous des températures très basses (entre -5 et -9°C de manière générale) entraînent de gros embarras de circulation sur le réseau routier à l’heure de pointe: plus de 500 km de bouchons sont répertoriés. 
 
Cette perturbation s’accompagne d’un vent glacial de nord-est qui fait baisser la température ressentie à -15°C! Pour l’avoir vécu, la Saint-Nicolas des étudiants à Namur s’est déroulée sous un ciel sombre, neigeux et dans une froideur difficilement supportable, avec en prime de la « glace à la bière », le breuvage gelant à même le verre!
 
La carte ci-dessus donne les températures enregistrées par les stations de Météo Belgique en fin d’après-midi.
 
Le 2 décembre, il continue de neiger sur bon nombre de régions, suite à l’arrivée d’une nouvelle perturbation depuis la France, de moindre intensité que celle de la veille. Par endroit, la couche totale de neige accumulée dépasse les 10 cm. Dans le Namurois, l’épaisseur du manteau blanc est d’environ 5 cm. Les températures restent très basses: ainsi à Uccle, la température maximale observée pour ce jour est de -4,5°C.
 
 
La citadelle de Namur vue depuis le Grognon
 
3 décembre
 

Les températures minimales relevées sont très basses. Une fois n’est pas coutume, la côte enregistre des valeurs inférieures à bon nombre de stations de l’intérieur du pays. On observe -13,0°C à Coxyde et Ostende. Ailleurs, on relève, -11,3°C à Botrange, -11,0°C à Gand, Anvers et Kleine-Brogel, -10,7°C à Courrières,-9,3°C à Montigny-le-Tilleul et -8,8°C à Floriffoux. Dans la soirée, les températures baissent à nouveau très fort.

 

4 décembre

La nuit a été à nouveau très froide avec par exemple – 9,2°C enregistré à Montigny-le-Tilleul. En fin de nuit, les températures entament une remontée suite à l’arrivée de courants maritimes: une perturbation en provenance de l’Atlantique génère de nouvelles chutes de neiges sur la Belgique dans l’après-midi, l’épisode dure une à deux heures. De l’air plus doux s’intercale en altitude, entraînant des pluies verglaçantes surtout sur l’ouest du pays. Sur Montigny, la perturbation dépose seulement 1 cm de neige, portant l’épaisseur totale de la couche à 4,5 cm. En Hautes-Fagnes, la couche de neige excède les 15 cm.

 
Carte d’analyse de surface du 4 décembre à 12h00. Le front chaud responsable du premier épisode arrive sur le pays. Si l’air froid n’avait pas été présent, cette configuration n’aurait rien d’hivernal…
 
En soirée, une deuxième perturbation (durée: une heure) glisse rapidement à travers la Belgique du sud-ouest au nord-est: elle amène de la pluie et/ou de la neige fondante sur l’ouest du pays, et de la neige sur l’est. A Montigny, 1,5 cm se déposent, la couche de neige est maintenant de 6 cm.
 
Image radar de la deuxième perturbation à 17h00. Elle arrive seulement en Belgique. Ci-dessous, passage de la perturbation sur Montigny-le-Tilleul.
 
 
Plus tard dans la soirée, le front froid de la perturbation approche du pays, amenant de nouvelles précipitations. Mais de l’air doux circule devant lui, ce qui entraîne des pluies sur beaucoup de régions du pays, elles sont accompagnées par un dégel marqué. La couche de neige fond en de nombreux endroits.
 
5 décembre – Premier gros épisode neigeux
 
En début de matinée, alors que le front froid reste bloqué sur le pays, l’arrivée d’air froid en altitude permet à la pluie de se changer à nouveau en neige au-dessus de 100 mètres d’altitude (où les températures sont comprises entre -2 et +1°C). Il neige donc sur une bonne partie de la Wallonie, excepté sur le Hainaut occidental et l’ouest du Brabant Wallon. La neige ne va cesser de s’accumuler tout au long de la matinée.
 
Image radar du front froid le 5 décembre à 8h45. Ci-dessous, analyse de surface pour le même jour à 1h00 heure belge. On voit bien le front froid s’approcher du pays.
 
 
Sur le temps de midi, l’intensité des précipitations hivernales tend à faiblir quelque peu sur la région de Charleroi, la perturbation se déplaçant lentement vers le sud-est en gagnant l’Ardenne. La situation sur les routes devient difficile, le réseau secondaire restant complètement enneigé. Même les routes nationales ne sont pas sûres…
 
 
Au final, cette perturbation aura apporté 10 à 20 cm de neige supplémentaires. Ajoutés au manteau de neige préexistant, la couche de neige atteint des épaisseurs impressionnantes: 
 
– A Montigny-le-Tilleul, où la quasi-totalité de la couche de neige des jours précédents avait fondu durant la nuit, on observe 13 cm de neige à la fin de l’épisode.
– Dans le Namurois ainsi que dans les Hautes-Fagnes, on observe environ 30 cm de neige.
– Mais c’est le sud de l’Entre-Sambre-et-Meuse qui collecte les plus grosses épaisseurs de neige: on y observe une accumulation comprise entre 20 et 40 cm.
 
Voici les observations que l’auteur de l’article postait ce jour-là sur Météo Alerte.
 
6 décembre
 
Dans la nuit du 5 au 6, il continue de neiger sur le sud du pays. Ailleurs, le temps se dégage, de l’air polaire envahit nos régions en altitude, et la nuit se fait froide: on relève -4,5°C à Montigny-le-Tilleul. Il ne dégèle pas de la journée, permettant à la couche de neige de persister.
 
7 décembre
 
La nuit est froide sur le pays de Herve (-6,8°C à Mortroux) et dans le Condroz (-9,1°C à Pessoux). Ailleurs, les températures minimales oscillent entre -2 et -5°C.
 
8 décembre
 
Une perturbation arrivant de France concerne le sud du pays et donne parfois près de 10 cm de neige. Temporairement, cette neige se transforme en pluie verglaçante et provoque de gros embarras de circulation. Le veille au soir et la nuit qui suit, l’Ile-de-France est durement touchée par ces chutes de neige, entraînant une situation apocalyptique sur les routes.
 
10-12 décembre 
 
Les températures remontent parfois jusqu’à +5°C pendant ces trois jours. La couche de neige fond en de nombreux endroits. L’anticyclone présent depuis plusieurs jours sur l’Atlantique a fait un pas de côté vers l’ouest de la France, permettant à des courants maritimes plus doux d’arriver jusqu’à nous, mais pas pour très longtemps…
 
13 décembre
 
L’hiver est de retour sur la Belgique. L’anticyclone français est devenu anglais, et de l’air polaire direct atteint le pays. La nuit est froide: on observe comme températures minimales les valeurs suivantes: -9,9°C au signal de Botrange, -9,8°C à Bovigny, -6,3°C à Limelette, -6,0°C à Virton-St-Mard et -5,7°C à Floriffoux.
 
16 décembre – brèves mais très fortes averses de neige
 
Une perturbation descend du nord, accompagnée de fortes précipitations et d’air un peu plus doux en altitude. Il pleut en basse et moyenne Belgique, mais il neige fortement en Haute Belgique où une alerte rouge est déclenchée par l’IRM et Météo Belgique. De l’air très froid en altitude suit immédiatement la perturbation  (-8 à -9°C à 1500 mètres d’altitude contre -2 dans le cœur de la perturbation) et est rabattu vers le sol par les précipitations, amplifiant le front froid et le rendant très intense: le neige arrive brutalement sur le nord du pays vers 17h00, sur Bruxelles vers 18h00 et sur Namur peu après 19h00. Sur Namur et ses environs, un orage de neige déclenche une véritable tempête de neige d’environ 15 minutes. L’intensité diminue un peu par après. Le front froid est très marqué: à Namur, la température passe de 2,5°C à -0,5°C en une vingtaine de minutes.
 

Carte d’analyse de surface à 13h00: le front froid, suivi par une déferlante d’air polaire, est aux portes du pays.

Au final, ce sont 3 à 4 cm de neige qui se déposent sur bon nombre de régions (notamment à Namur et à Charleroi), mais parfois 15 à 20 cm en certains points de la Haute Belgique.
 
Le Grognon et le parlement wallon (en arrière plan) sous la neige à Namur.
 
17 décembre
 
En soirée, une nouvelle perturbation arrive de France (elle a donné parfois 15 cm de neige en Normandie) et dépose 3 à 4 cm de neige supplémentaires sous des températures très froides (avoisinant les -5°C).
 
18 décembre
 
En soirée, une troisième perturbation arrive de France et donne 5 à 10 cm de neige en Ardenne. A Montigny-le-Tilleul, il tombe seulement 1 cm, portant la couche de neige totale à 7 cm. D’autre part, l’IRM annonce qu’un record a été battu: depuis le début du mois de novembre, on a observé 18 jours de neige à Uccle. Jamais ce nombre n’a été atteint depuis que les observations météo existent à Uccle.
 
19 décembre – deuxième gros épisode neigeux
 
Tout juste deux semaines après l’épisode du 5 décembre, la Belgique fait une nouvelle fois face aux intempéries. Une dépression de tempête (110 à 120 km/h sur les côtes ouest françaises) se dirige de la Bretagne vers le Luxembourg. Elle véhicule une impressionnante et intense perturbation qui provoque de très fortes chutes de neige sur le nord de la France, la Belgique, le Luxembourg et l’Allemagne qui restent dans la partie froide de la dépression. (Ci-dessous, carte d’analyse de surface à 13h00 heure belge).
 
Cette perturbation entre en Belgique vers 10h00 sous forme d’un front chaud. La neige se dépose rapidement sur l’accumulation préexistante, et enneige le réseau routier. Les aéroports belges ferment les uns après les autres, bloquant des milliers de passagers. 
 
La perturbation est énorme, comme le montre l’image radar suivante. Pendant le début de l’après-midi, c’est le front chaud qui concerne la Belgique, avec des intensités parfois soutenues:
 
 
En milieu d’après-midi, la circulation routière devient très difficile à tel point que les services d’épandage sont dépassés. Les bus du TEC rentrent aux dépôts les uns après les autres. Les routes sont enneigées et très dangereuses. La couche de neige devient par endroit impressionnante. Ci-dessous, une image d’ensemble de la perturbation à 14h30.
 
 
Plus l’heure avance, plus la neige s’accumule, et plus la situation sur les routes devient apocalyptique: à 17h00, on répertorie plus de 500 km de bouchons, ce qui est exceptionnel pour un dimanche. Nul doute que si cet épisode s’était produit en semaine, ce chiffre aurait été plus élevé encore. La carte suivante venant du site Infoclimat/Météo Alerte montre la situation en fin d’après-midi, avec les observations encodées par l’auteur de l’article, tout au long de la journée:
 
 
En fin d’après-midi, la zone neigeuse s’éloigne vers l’est après avoir déposé entre 10 et 20 cm de neige selon les régions, et l’influence du secteur chaud de la perturbation se fait sentir: les températures entament une remontée fulgurante, et le dégel s’amorce partout au sud d’une ligne Mons – Liège. En Gaume, il fait jusqu’à 4°C! La couche de neige commence à fondre en de nombreux endroits, et l’on observe de la pluie.
 
Mais c’est sans compter sur l’arrivée du front froid plus tard en soirée. Celui-ci s’accompagne d’une nouvelle zone de neige soutenue, précédée d’un peu de pluie et même d’orages (signalés à Dinant et Ciney). Cette zone suit le sillon Sambre-et-Meuse, et marque la frontière entre l’air froid au nord et l’air chaud au sud. Les températures redescendent rapidement sous la barre des 0°C sous les chutes de neige. 
 
 
La neige gagne à nouveau en épaisseur et les conditions routières se font encore plus difficiles. Cette deuxième salve dure entre trois et quatre heures selon les endroits et dépose à nouveau 5 à 10 cm de neige en plus sur le sillon Sambre-et-Meuse.
 
Mais si la neige cause pagailles et soucis, elle offre également de magnifiques paysages. Montigny-le-Tilleul est à ce titre très bien servi. 
 

 

Cela est par contre beaucoup moins gai sur le réseau routier national…
 
 
 
 
L’Ardenne prend des airs de Laponie ou de Sibérie, comme ici à Vresse-sur-Semois (photo: R. Courtois):
 
 
A Montigny-le-Tilleul, les événements peuvent être résumés comme suit: avant l’arrivée de la perturbation, on observe 7 cm de neige. Le passage du front chaud donne 14 cm de neige, ce qui porte la couche totale à 20 cm. Un dégel de deux heures ramène l’épaisseur à 18,5 cm. Le front froid apporte 7 cm supplémentaires. Il est donc tombé 20 cm de neige sur tout l’épisode. La couche totale de neige est comprise entre 25 et 26 cm.
 
Namur reçoit une vingtaine de centimètres de neige, parfois une trentaine dans sa périphérie (voir ici de très belles photos de la citadelle enneigée: Neige Namur). En Ardenne, l’épaisseur du manteau neigeux avoisine les 40 à 60 cm selon les endroits, et atteint même 70 cm en Hautes Fagnes.
 
De très nombreux accidents sont à signaler. Une personne décède à Bertrix, écrasée par l’effondrement du toit de sa grange sous le poids de la neige.
 
20 décembre
 
Les chutes de neige se sont arrêtées, mais les ennuis continuent. A l’heure de pointe matinale, on relève 670 km de bouchons sur les routes rendues dangereuses par le verglas. Il ne dégèle pas de la journée.
 
 
Toute l’Europe Occidentale vit au rythme des chutes de neige. En plus de la Belgique, le nord de la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et le Royaume-Uni sont également concernés.
 
21 décembre
 
Il tombe à nouveau plusieurs centimètres de neige sur Bruxelles et le Brabant wallon, un peu moins ailleurs. Les routes restent très dengareuses sur tout le pays. Heureusement, le dégel commence, et la situation s’améliore dans l’après-midi.
 
22 décembre
 
La situation commence à nouveau à se compliquer et devient assez étrange. Alors que l’air froid envahit une nouvelle fois la Basse et la Moyenne Belgique avec des températures de ou sous 0°C, un dégel assez conséquent se manifeste en Haute Belgique. Ainsi, on observe de la pluie en bonne quantité à Spa, mais aussi temporairement à Bierset. Cependant, une baisse progressive des températures amène le thermomètre à 0°C, entraînant des pluies verglaçantes.
 
Au fil de la journée, la perturbation progresse vers le nord-ouest, et vient se heurter à de l’air bien froid à tous les étages: il neige ainsi à Zaventem et à Gosselies, alors que l’on observe de la pluie (verglaçante) respectivement à Beauvechain et à Florennes, de manière temporaire. Cela montre bien que la limite du dégel en altitude se trouve alors le long d’une ligne Campine – Entre-Sambre-et-Meuse. Tout cela se rapproche de Montigny-le-Tilleul, mais les précipitations y restent bien de neige. Elles apportent une couche supplémentaire de 4 cm, soit une épaisseur totale de 16 cm.
 
La carte ci-dessous résume clairement la situation atmosphérique. Une vaste dépression située sur l’Espagne puis en Méditerranée envoie de l’air doux en direction de la Belgique où il entre en collision avec de l’air polaire en provenance de Scandinavie. Au contact entre les masses d’air se forme un puissant front chaud (certaines cartes le représentent comme un front double). Il va stationner sur la Belgique pendant environ 36 heures.
 


Situation le 23 décembre à 1h00.

 

23 et 24 décembre – Troisième gros épisode neigeux + pluies verglaçantes = pagaille monstre
 
Durant la matinée du 23, le front chaud joue au yoyo et se rétracte sur le sud de la Belgique. Le contraste de températures devient encore plus important en altitude, renforçant l’activité du front. Une nouvelle pulsion d’air chaud venant de Méditerranée le renvoie lentement vers le centre de la Belgique, où il va s’arrêter pour plusieurs heures, et entraîner de fortes précipitations hivernales. La carte ci-dessous représente la situation à 19h00, et montre toujours ce puissant front chaud pratiquement immobile.
 
A ce moment-là, la perturbation est déjà bien calée au-dessus de la Belgique. Il neige en abondance sur le centre et l’est du pays. Dans le sud, la stagnation d’air plus doux en altitude maintient la pluie, qui tombe sur des sols gelés (-2 à -3°C, voir même -5°C comme à Saint-Hubert vers 17h-18h!). Ceci entraîne l’apparition d’un épais verglas. De temps à autre, un intermède neigeux survient, mais très vite, la pluie reprend le dessus. La couche de glace mesure plusieurs centimètres. On note 1380 km de bouchons sur les routes belges à l’heure de pointe vespérale. Les bus du TEC rentrent une nouvelle fois aux dépôts et les vols au départ des aéroports de Charleroi et de Liège sont retardés voire supprimés. Bruxelles suivra plus tard. La ligne SNCB Namur – Luxembourg est fermée à tout trafic suite à une rupture de l’alimentation électrique à Libramont, les trains venant de Bruxelles sont limités à Jemelle.
 
 
 
A Montigny-le-Tilleul, la RN 579 est déserte et enneigée.
 
Les deux images radars ci-dessous montrent l’immobilisme de la perturbation:
 
 
Dans le courant de la nuit du 23 au 24 décembre, l’intensité des précipitations faiblit. En altitude, l’air froid commence à se répandre vers le sud-est. Les pluies verglaçantes qui concernaient le sud du pays sont remplacées par de la neige. La perturbation se déplace lentement vers l’Allemagne et la France. Au niveau de la situation synoptique, le front chaud commence à faiblir, comme montré sur la carte ci-dessous (à 1h00 le 24):
 
Au matin du 24, il neige toujours en de nombreuses régions, mais plus faiblement, excepté sur l’Ardenne et les Hautes-Fagnes. De fortes rafales de vent entraînent la formation de congères.
 
A l’heure de pointe matinale, la situation sur les routes est catastrophique: plus de 500 km de bouchons sont répertoriés, en prenant en considération que beaucoup de travailleurs sont restés chez eux. A nouveau, aucun bus du TEC ne sort des dépôts, et la circulation des trams à Charleroi et à Bruxelles est très perturbée. La situation se normalise lentement dans l’après-midi avec l’arrêt des chutes de neige sur le centre du pays.
 
La perturbation quitte le sud de la Belgique en soirée, après avoir apporté 15 à 25 cm de neige sur les régions les plus touchées (Hainaut oriental, Namur et à l’ouest de Liège surtout). Si ces quantités sont remarquables, c’est surtout l’épaisseur de la couche de neige totale qui frappe l’imaginaire: elle va de 20 cm à Bruxelles à 60-70 cm en Hautes Fagnes, en passant par 25 à 35 cm dans la région de Charleroi (officiellement 25 cm à Gosselies, dont 13 tombés pendant cet épisode) et Liège (officiellement 32 cm à Bierset), 40 à 50 cm en Entre-Sambre-et-Meuse et dans le Condroz (à Florennes, le vent a formé des congères, empêchant une mesure exacte). Ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres. 
 
A Montigny-le-Tilleul, la couche de neige au 22 au soir était de 12 cm. Durant la nuit du 22 au 23, il est tombé 4 cm, portant la couche de neige totale à 16 cm. Entre midi le 23 et minuit le 24, la neige tombe abondamment, puis faiblit jusqu’à s’arrêter complètement en milieu d’après-midi. Il est tombé 20 cm de neige durant cet épisode, portant la couche de neige totale à 36 cm.
 
 


36 cm de neige sur Montigny-le-Tilleul au matin du 24.


Il y avait une rue à cet endroit…

Quelques courageux tentent de rejoindre leur lieu de travail. Beaucoup renoncent après quelques centaines de mètres.
 
Normal en Haute Belgique, mais stupéfiant dans la région de Charleroi.
 
25 décembre
 
La neige offre à la Belgique le plus beau Noël blanc qu’elle n’ait jamais eu depuis 1964: 16 cm de neige mesurés à Uccle, encore plus de 30 cm à Montigny-le-Tilleul (la neige s’est tassée pendant la nuit). En soirée, les températures chutent: il fait -10,4°C à Montigny-le-Tilleul vers 18h00, le temps se « radoucit » par la suite.
 
Fin décembre – début janvier
 
La neige persiste pendant les jours suivants. Il en faudra plusieurs pour que tout rentre dans l’ordre sur les routes et le rail, et de nouvelles faibles chutes de neige et du verglas perturbent à plusieurs reprises l’heure de pointe, mais moins que le 24 décembre.
 
Ce mois de décembre 2010 restera longtemps comme celui qui a complètement pété les plombs en mode hiver. Les décrochages récurrents d’un vortex polaire instable et baladeur en direction de l’Europe y sont pour beaucoup. Pendant une bonne partie de ce mois, le front polaire sera systématiquement repoussé au sud de nos régions, alors qu’il a plutôt tendance à se retrouver au nord de celles-ci. Ceci est responsable d’un déficit thermique très exceptionnel si on considère comme normale la moyenne 1971-2000. A Uccle, ce déficit a atteint -4,8°C.
 
Écarts des températures moyennes mensuelles par rapport aux normales (1981-2010).
 
Il sera rare de revoir tomber tant de neige pendant autant de temps durant les prochaines décennies. Quoique…

Cet article a été repris des chroniques que je publie sur Hydrométéo et retravaillé pour Info Météo.

Sources: Wetterzentrale, Meteox, Météo Belgique, Météo Services, IRM, photos personnelles…

Lien vers un article de Météo Belgique résumant en détail le déroulement de ce mois: décembre 2010 – le mois de la neige.