Des Bermudes à l’Europe: Henri et les orages du 16 septembre 2015

L’année passée, nous avions publié un article s’intitulant « Bertha et les tornades« . Aujourd’hui, c’est Henri et les orages. Le point commun entre les deux dépressions dont nous évoquons ici les noms, c’est leur origine tropicale: ce sont des cyclones tropicaux évoluant dans l’Atlantique qui, en se dirigeant vers l’Europe, perdent leurs caractéristiques tropicales mais véhiculent néanmoins avec eux des masses d’air chaud et bien humide. L’expérience nous apprend que l’arrivée de telles dépressions post-tropicales en Europe est souvent synonyme de grabuge, avec la survenue d’orages et parfois de tornades en série, comme cela fut le cas l’année passée avec Bertha. Ce le fut également cette année avec Henri.
 
Trajectoire de Henri en tant que cyclone tropical, du sud vers le nord.
 

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La tornade de Braine-le-Comte

Parmi les quelques tornades de bonne intensité qui ont concerné la Belgique durant ces dernières décennies, celle qui concerne Petit-Roeux-lez-Braine et ses environs l’après-midi du 1er octobre 2006 mérite une place dans le palmarès. Elle est de plus un phénomène qui fut fortement médiatisé car photographié et filmé par de multiples témoins sous différents angles de vue. Elle restera assurément une des plus belles tornades qu’ait connu la Belgique.

 

Source: C. De Keyser sur Météo Belgique.


Situation atmosphérique du jour

Le 1er octobre s’inscrit au sein d’un automne exceptionnellement chaud et sec (voir dossier : automne 2006). Septembre a eu tout d’un mois d’été. Depuis plusieurs jours déjà, les courants maritimes ont gagné nos régions, mais tout en gardant une composante très douce dans les basses couches de l’atmosphère. Plus en altitude, une forte dynamique s’est mise en place. Un fort courant Jet entretient de puissants forçages susceptibles de faire dégénérer les orages les plus costauds. Les différences de direction de vent selon l’altitude, appelées cisaillement, achèvent de rendre la situation critique.

Une supercellule tornadique transite sur le Hainaut

L’orage à la base de la tornade est une supercellule parmi plusieurs autres orages du même type transitant sur la Belgique ce jour. Ainsi, une autre de ces supercellules donnera une brève tornade à Duffel, dans la périphérie d’Anvers.

L’orage supercellulaire responsable de la tornade de Braine-le-Comte transite à travers le Hainaut, puis traverse le Brabant Wallon, le Brabant Flamand et le Limbourg avant d’achever son parcours sur le Limbourg néerlandais. Il est particulièrement bien organisé sur le Hainaut où sa rotation est clairement mise en évidence sur base des radars Doppler, notamment lorsqu’il se trouve au-dessus de la région de Braine-le-Comte vers 18h00.

Source: vinch.be

Un parcours d’une dizaine de kilomètres

La tornade prend naissance au nord-ouest de Soignies, près de la Chaussée de Lessines, au lieu-dit « Cerisiers ». Elle prend une direction nord-est qui lui fait éviter les zones densément bâties. Néanmoins, des fermes se localisent le long de sa trajectoire. Le phénomène en atteint ainsi plusieurs, notamment à la rue de la Corbétière à Petit-Roeulx-lez-Braine où les bâtiments sont gravement endommagés. C’est à ce niveau que la tornade atteint son paroxysme, avec une intensité correspondant à la limite entre les échelons F2 et F3 de l’échelle de Fujita. Le tourbillon oblique régulièrement en direction du nord-est en se dirigeant vers le lieu-dit « Flament » qu’il atteint en se dissipant.

Trajectoire approximative de la tornade. Source: Belgorage.

Une tornade très médiatisée

La tornade de Braine-le-Comte a fait l’objet de multiples photos et vidéos qui ont été reprises dans les médias belges mais aussi internationaux. Le fait que les conditions de visibilité étaient optimales ont permis son observation depuis différents points de vue. Enfin, la force de la tornade a frappé les esprits. Un phénomène de cette puissance est relativement rare en Belgique. Il s’agissait ainsi de l’une des tornades les plus fortes depuis celle de Léglise (province du Luxembourg) en 1982.

La sélection suivante reprend quelques images de cette tornade mémorable. Elles sont présentées dans l’ordre supposé chronologique.

Source: gamerz
Vue depuis Rebecq. Source: N. Hugo via Météo Nature
Source: Weerwoord
 
Source: Source: C. De Keyser sur Météo Belgique.
 
Les deux dernières photos ci-dessous montrent la dissipation progressive de la tornade.
 
Source: C. De Keyser sur Météo Belgique.
Source: Vinch2.be

Ci-dessous, quelques vidéos du phénomène.

Extrait du journal télévisé de LCI.
 
Extrait du journal télévisé de la RTBF.

Florilège de tornades belges

Cet article n’a pas été conçu comme une liste exhaustive des cas de tornades enregistrés en Belgique. Il vise au contraire à présenter le phénomène au grand public au travers des photos et vidéos de plus en plus nombreuses de ces événements. Aussi, quelques grandes tornades comme celles de Tournai le 14 août 1999 ou encore de Léglise le 20 septembre 1982 ne seront pas présentées dans ce dossier. Toutefois, nous invitons les personnes intéressées à consulter les études réalisées par Belgorage à l’adresse suivante:
 
Pour plus de généralités et de théorie concernant les tornades belges, nous vous conseillons de parcourir l’article suivant publié en août 2013:
 
28 juillet 2005 – Ath
 
Une tornade de faible intensité concerne la région de Ath au cours d’orages. Celle-ci se présente sur la forme d’un tube lisse mais à la morphologie turbulente, comme le dénote la photo et la vidéo ci-dessous. Ce phénomène n’a pas engendré de dégâts.
 
Source: Météo Belgique.
 
 
 
11 août 2005 – Waregem
 
Cette tornade n’a pas provoqué de dégâts. 
 
Source: IRM.
 
29 août 2006 – Tubize
 
Une tornade se développe en début d’après-midi sous un imposant mésocyclone transitant dans la région de Tubize. Elle est repérée par les radars de l’IRM. L’orage générateur naît dans un contexte assez dynamique et un temps frais et humide, avec de fréquentes averses. Il est possible que la cellule génératrice ait été une supercellule. La taille du mésocyclone semble aller en ce sens. Le phénomène se produisant à l’écart des zones habitées, peu de dégâts sont observés.
 
Source: Météo Belgique.
 
Source: Weerwoord.
 
1er octobre 2006 – Braine-le-Comte
 
C’est probablement la tornade la plus médiatisée de ces dernières années. En cause, sa durée (une dizaine de minutes) et sa puissance faisant d’elle l’une des tornades les plus intenses depuis vingt ans (F3 inférieur sur l’échelle de Fujita). Elle se produit de plus dans une région au faible relief et bien dégagée, permettant son observation sur de longues distances. Elle ravage plusieurs fermes sur son passage et porte énormément de dommages à la végétation. Elle apparaît dans un contexte de traîne très dynamique, avec un air doux au sol et de l’air très froid en altitude. L’orage générateur est une supercellule. Nous aurons l’occasion de revenir plus en détails sur cette spectaculaire tornade dans un prochain dossier.
 
La tornade vue depuis Enghien (source: Météo Nature).
 
Source: Vinch.be
 
4 septembre 2009 – Wihéries
 
Cette tornade de faible intensité (F0 sur l’échelle de Fujita) concerne la région de Mons. Une nouvelle fois, elle prend naissance dans un contexte de traîne, sous une cellule convective assez vigoureuse. Quelques légers dégâts sont portés aux habitations du village de Wihéries, près de Dour. La tornade ne persiste cependant que quelques minutes.
 
Source: Météo Belgique.
 
Source: Météo Belgique.
 
10 mai 2012 – Zaffelare
 
Une tornade frappe la périphérie nord-est de Gand. Elle ne dure que peu de temps, mais provoque quelques dégâts au niveau de Zaffelare. Le phénomène prend naissance sous une supercellule.
 
Source: Deredactie.
 
 
 
7 juin 2012 – Tongeren
 
Moins d’un mois plus tard, une nouvelle tornade se produit sous une supercellule dans la région de Tongres. Elle parcourt 5,6 km entre Piringen et Alt-Hoeselt. Le phénomène peut être qualifié de tornade F1 sur l’échelle de Fujita. Il provoque pas mal de dégâts à la végétation et aux habitations.
 
 
 
 
 

 



10 août 2014 – Ligny
 
La tornade de Ligny est également photographiée et filmée à plusieurs reprises tout au long des 9 km de sa trajectoire. Elle atteint l’intensité F1 sur l’échelle de Fujita. Davantage d’informations, de photos et de vidéos à son sujet peuvent être trouvées via le lien suivant: tornades du 10 août. Le phénomène a pris naissance sous une supercellule transitant à travers la Wallonie et formée le long d’un front froid, dans un contexte dynamique et très instable.
 
Auteur: J. Pasin.
 
 
22 août 2014 – Leuze-en-Hainaut
 
La tornade de Leuze parcourt plus de 7 km au nord de la commune de Leuze-en-Hainaut. Elle reste relativement faible et ne dépasse pas l’échelon F1 inférieur de l’échelle de Fujita. Elle se forme sous une cellule convective assez marquée. 
 
 

 Source: Notélé

 
Comme ces quelques cas l’illustrent, les tornades belges ne sont pas aussi spectaculaires que les grandes tornades américaines. Néanmoins, elles se forment selon les mêmes mécanismes et présentent la même morphologie, à savoir un tube ou un cône renversé selon les cas. Les tornades belges ne sont que rarement condensées jusqu’au sol, ce qui donne l’impression que le tourbillon n’atteint pas la surface. Or, tel est le cas puisque les dégâts engendrés à leur passage sont observés. Dans les faits, la colonne d’air tourbillonnant se prolonge bel et bien jusqu’au sol, mais la condensation de la vapeur d’eau en nuage se fait généralement à une certaine hauteur. Seule la partie supérieure de la tornade est donc visible. Les phénomènes les plus puissants présentent une condensation jusqu’au niveau du sol.
 
A ce jour et à notre connaissance, aucune tornade d’une puissance supérieure à F3 n’a encore été filmée ou photographiée en Belgique. Tôt ou tard, ce sera chose faite. L’Histoire de la météorologie belge montre que des tornades F3 supérieure ou F4 ont déjà concerné nos régions (Oostmalle en 1967, Léglise en 1982, Hautmont (près de Maubeuge) en 2008, entre autres). Le Nord-Pas-de-Calais a de plus connu quelques tornades F5 au cours du 20ème siècle. Viendra donc le jour où une tornade de forte puissance sera photographiée ou filmée chez nous. Espérons que le jour où celle-ci surviendra, elle restera à l’écart des zones habitées.
 

Orages et tornades du 8 août 2014

Le 8 août, un marais barométrique (faibles différences de pression sur de longues distances) est installé sur nos régions, et entretient un temps moite. Dans l’après-midi, le temps se déstabilise franchement avec l’arrivée de creux, tandis qu’une bonne dynamique se met en place en altitude. Plusieurs orages se déclenchent donc dans ces circonstances. 
 
Double coup de foudre sévissant dans la région de Bleid, le 08 aout 2014. Crédit photo : Samina Verhoeven
Orage en bow echo dans la région de Bleid en soirée (auteur: Belgorage).
 
La dynamique est suffisante pour générer plusieurs supercellules. L’une d’entre elles donne naissance à une tornade à Manhay, dans le nord de la province de Luxembourg. Le phénomène atteint l’apogée de sa puissance à Grandmenil où les dégâts portés à la végétation et aux habitations permettent de le classer à la limite entre les échelons F1 et F2 de l’échelle de Fujita.
 
Une autre probable tornade survient dans l’après-midi sur la commune de Jalhay, dans le sud de la province de Liège, où elle provoque également des dégâts. Le phénomène est photographié à plusieurs reprises. Néanmoins, outre un mesocyclone clairement visible, le tourbillon en lui-même ne se condense pas complètement, rendant son observation difficile. L’intensité du phénomène peut être estimée à F0 – F1 inférieure.
 
Mesocyclone et tornade à Sart-lez-Spa, vus depuis l’autoroute E25.
 
Enfin, une dernière tornade est confirmée dans le Brabant Wallon, à Jauchelette. Le phénomène y provoque également quelques dégâts aux constructions et à la végétation. Là aussi, une intensité F0 – F1 est avancée.
 
Cet épisode sera suivi deux jours plus tard par d’autres tornades: Tornades du 10 août
 
Ces informations sont incomplètes. Nous aurons l’occasion de compléter cette page une fois l’étude de Belgorage publiée, sans doute après octobre.
 

15 – 22 août 2014: Tornades, trombes et tubas en pagaille

Le mois d’août 2014 est sans contexte haut en couleur d’un point de vue phénomènes remarquables: après les tornades du 8 août et surtout l’outbreak tornadique du 10 août, de nouveaux phénomènes se produisent dans les jours suivants.

15 août – Zeebruges (Flandre)
 
Le 15 août, dans un contexte assez dynamique et frais, une cellule convective déclenche une trombe marine au niveau de Zeebruges. Celle-ci s’échoue sur la plage et la digue de la station balnéaire en provoquant quelques dégâts. Elle peut être classée à l’échelon F0 de l’échelle de Fujita.
 
 
La vidéo ci-dessous montre le bas du phénomène (la colonne nuageuse n’étant pas visible) traverser la plage et fracasser quelques cabines avant de terminer sa course sur la digue:
 
 
15 août – Rejet-de-Beaulieu (Nord-Pas-de-Calais)

Le même jour, un tuba très développé (ayant peut-être atteint temporairement le sol) est observé dans le département du Nord. Aucun dégât n’est reporté. Le phénomène dure environ cinq minutes.

Tuba très développé à Rejet-de-Beaulieu, le 15 août 2014. (c) K. SAMIEZ
Source: Kéraunos.
 
 
15 août – Lallaing (Nord-Pas-de-Calais)
 
Toujours le 15 août, un tuba est observé près de Douai.
 
Probable tuba près de Douai (Nord), le 15 août 2014 vers 17h00. (c) Mathieu BECQUET
Source: Kéraunos.
 
 
19 août – Calais (Nord-Pas-de-Calais)
 
Une tornade frappe la ville de Calais. Classée F0, elle commence en mer en tant que trombe marine et traverse très vite la plage et le quartier du port. Quelques légers dégâts sont répertoriés.
 
Tornade à Calais le soir du 19 août 2014. (c) La Voix du Nord
Source: La Voix du Nord.
 
 
20 août – Aire-sur-la-Lys (Nord-Pas-de-Calais)
 
Un tuba est observé près de Saint-Omer. Le phénomène n’atteint pas le sol.
 
Tuba entre Aire-sur-la-Lys et Longuenesse (Pas-de-Calais) le 20 août 2014. © Antoine LAIR
 
 
20 août – Beauvois-en-Cambraisis (Nord-Pas-de-Calais)
 
Un autre tuba très développé est observé le même jour à Beauvois-en-Cambraisis. Le phénomène ne semble pas avoir atteint le sol.
 
Tuba près de Beauvois-en-Cambrésis (Nord) le 20 août 2014. © Johan PLUCHARD
Source: Kéraunos.
 
 
22 août – Wambrechies (Nord-Pas-de-Calais)
 
Une tornade frappe le nord-ouest de l’agglomération de Lille. Elle traverse Wambrechies d’ouest en est sur environ 3,7 km, endommageant légèrement quelques habitations et cassant de nombreuses branches et arbres. Le phénomène s’est déplacé d’ouest en est et peut être classé comme une tornade de F0 sur l’échelle de Fujita.
 
22 août – Malo-les-Bains (Nord-Pas-de-Calais)
 
Un tuba est observé au large de Malo-les-Bains.
 
Tuba au large de Malo-les-Bains (Nord) le 22 août 2014. © Mélanie MARTIN
Source: Kéraunos.
 
 
22 août – Marck (Nord-Pas-de-Calais)
 
Une trombe marine est observée au large de Marck. D’après Kéraunos, le contact avec la mer est quasi certain. 
 
Très probable trombe marine au large de Marck (Pas-de-Calais) le 22 août 2014. © Gabriel Magné
Source: Kéraunos.
 
 
22 août – Strazeele (Nord-Pas-de-Calais)
 
Un tuba est observé à Strazeele vers 15h30.
 
Tuba près de Strazeele (Nord) le 22 août 2014. © Jean-Marc DHAINAUT
Source: Kéraunos.
 
 
22 août – Zwijnaarde (Flandre)
 
Un tuba très développé, voire une tornade, concerne la région au sud-ouest de Gand, à Zwijnaarde.
 
 
 
22 août – Leuze (Wallonie)
 
Une tornade se développe sous une cellule convective marquée vers 18h00, au nord-ouest de Leuze. Elle se déplace sur environ 8,3 km entre Thieulain et Clivemont, mais ne garde pas le contact avec le sol sur l’ensemble de son parcours, légèrement décalé vers le nord par rapport à l’une des tornades survenues le 14 août 1999. Quelques dégâts sont observés, mais ceux-ci restent limités. Le phénomène peut être considéré comme une tornade de F0 ou F1 inférieure sur l’échelle de Fujita. 
 
 
L’image ci-dessous est tirée d’un film transmis à Info Météo. La tornade est filmée depuis la gare de Ath, en direction du sud-ouest:
 
 
Cette autre photo est prise par Notélé:
 
 
Le film ci-dessous montre la tornade filmée depuis le nord de Leuze:
 

Photo transmise à Info Météo de la tornade près de Grandmetz (auteur: P. T. Dereux):

 
Conclusion
 
La Belgique et le Nord-Pas-de-Calais connaissent ce mois un nombre remarquablement élevé de phénomènes tornadiques. Il ne faut cependant pas y voir une conséquence du réchauffement climatique. Le mois d’août 2014 a été marqué par une forte instabilité. Celle-ci explique les nombreux phénomènes s’étant produit.

Evénements 2013

Cet article reprend les infographies et les liens vers les dossiers spéciaux des événements météorologiques de cette année 2013.

Jusqu’en juillet, les chroniques sont celles du site Hydrometeo, auquel participait un collaborateur d’Info Meteo. 

 

Janvier

11 – 27 janvier 2013 – Vague de Froid: Il neige à plusieurs reprises et parfois abondamment durant ce mois, essentiellement après le 15. Le 20 janvier, il tombe parfois plus de 10 cm de neige sur le centre et l’ouest du pays. Des épisodes de pluies vergaçantes se mêlent de çi de là à l’épisode neigeux, engendrant des complications sur les routes et le réseau ferroviaire. Des températures très froides sont enregistrées les nuits, parfois sous -10°C, y compris à la côte. A Kruishoutem (entre Gand et Courtrai), la température minimale relevée au matin du 16 janvier est de -14,0°C. On a aussi relevé – 13°C à Chièvres et – 11,3°C à Middelkerke à la même date.

Le Benelux enneigé se voit depuis l’espace – 17 janvier 2013 au matin. Source: Météo Belgique.

27 – 30 janvier 2013: Une série de perturbations très actives concerne le pays, apportant des précipitations parfois abondantes. Combinées à la fonte des neiges accumulées depuis deux semaines, elles entraînent une élévation du niveau de plusieurs cours d’eau, déclenchant la pré-alerte de crue. Le vent est très présent durant cette période, atteignant parfois 80 km/h en rafales.

 

Février

5-8 février 2013 – épisode hivernal: Une dépression descend de mer du Nord le 5 et apporte des chutes de neige modérées essentiellement sous forme d’averses (on relève par exemple 4 cm de neige à Wépion, près de Namur, en fin d’après-midi du 5), parfois accompagnées d’orages et de phénomènes venteux destructeurs (en fin de nuit du 4 au 5, un front de rafale provoque des dégâts en Flandre Occidentale et Orientale). A la suite, un flux de nord s’installe et apporte des averses de neige supplémentaires, particulièrement présentes la nuit du 5 au 6 février: l’accumulation avoisinne parfois les 5 cm, surtout dans l’est du pays (par exemple, au Sart-Tilman, sur les hauteurs de Liège) au matin du 6 février. Le 7, elles sont de nouveau accompagnées d’orages localement, et sont parfois très intenses, donnant par moment jusqu’à 2 cm de neige en quelques minutes, en général au-dessus de 150 mètres d’altitude. Ces averses se poursuivent la nuit suivante et le lendemain, avant une accalmie temporaire le 9. Au final, la couche de neige approche les 30 cm en Ardenne et dans les Hautes Fagnes.

Image radar du 7 février 2013 en début de soirée (source: IRM)

Le Sart-Tilman (Liège) sous environ 8 cm de neige au matin du 8 février, après les fortes averses de la soirée précédente (auteur: Hydrometeo).

14 février 2013: Une perturbation arrivant de l’ouest se heurte à l’air froid qui stagne sur la Belgique. Elle véhicule de l’air plus doux en altitude, provoquant des pluies verglaçantes entrecoupées de quelques chutes de neige. La situation est rendue difficile sur les routes et le rail.

Fin février: L’hiver se poursuit avec de fréquentes chutes de neige. Il donne l’impression d’être particulièrement long cette année, même si cette situation reste tout à fait normal d’un point de vue climatique.

 

Mars

Début mars: Alors que la fin février se déroule dans le froid (relatif), un brusque bouffée d’air chaud arrive du sud, apportant un temps printannier très agréable. Le 5 mars est ainsi le plus chaud depuis le début des observations à Uccle en 1833. On relève ainsi une température maximale de 17,5°C. Cette période de temps doux dure du 4 au 7 mars, même si le temps tend à se couvrir et à devenir plus humide sur la fin de cette période.

***EPISODE NEIGEUX TARDIF ET DE GRANDE AMPLEUR A PARTIR DU 10 MARS***

10 mars: L’hiver signe un retour marqué sur l’Europe du Nord. En Belgique, entre le 9 à 16h00 et le 10 à 8h00, la température baisse de plus de 10°C par endroits. Une zone de conflit marquée par un front froid atteint la Belgique dans la nuit du 9 au 10 par le nord. Elle sépare l’air doux maritime présent depuis plusieurs jours sur nos régions de l’air polaire descendant de Sibérie. La pluie fait rapidement place à la neige, qui tient au-dessus de 150 mètres, menant à une accumulation de plusieurs centimètres.

Situation atmosphérique le 10 mars (source: Wetterzentrale).

Montigny-le-Tilleul sous 3 cm de neige dans la matinée du 10 mars (auteur: Hydrometeo).

11 mars: Le contraste entre l’air polaire au nord et l’air maritime doux au sud prend davantage d’ampleur. En 150 km, la différence de température dépasse parfois les 10°C. Le contraste est encore plus marqué à 850 hPa (environ 1500 mètres d’altitude), où on note -11°C au-dessus de la côte sud du Royaume-Uni mais +1°C au-dessus de la Baie du Mont-Saint-Michel. Il gèle au nord du front, où un vent de nord-est en rafales et une neige soufflée rendent les conditions très désagréables. C’est notamment le cas sur la Wallonie et sur le Nord-Pas-de-Calais où quelques centimètres de neige s’accumulent. Par endroits, la couche approche les 4 cm.

Carte des températures le 11 mars à 12h45 (source: Infoclimat).

Une dépression nommé Xaver approche lentement depuis l’Atlantique et fait son entrée sur la France en début d’après-midi. En plus d’accentuer le contraste de températures, y compris en altitude, elle déclenche une tempête de nord-est en Manche (120 km/h en rafales) et sur les côtes nord de la Bretagne et de la Normandie (100 à 115 km/h en rafales). Une puissante zone neigeuse se crée au nord du centre dépressionnaire, et concerne ces mêmes régions.

Situation atmosphérique le 11 mars à 7h00 du matin (source: Wetterzentrale).

***12 mars – neige intense, alerte rouge de l’IRM pour la Wallonie***

La Belgique, le nord de la France, le Luxembourg et l’ouest de l’Allemagne sont frappés par un épisode neigeux d’une grande intensité. Il s’agit pour beaucoup d’endroits l’offensive neigeuse la plus sévère de l’hiver 2012-2013, d’autant plus surprenante qu’il a fallu attendre la mi-mars pour qu’elle se produise.

La dépression Xaver transite sur la France, creusée à 993 hPa (12 mars – 7h00). Elle sépare toujours l’énorme contraste de températures de part et d’autre du front.

Situation atmosphérique le 12 mars à 7h00 du matin (source: Wetterzentrale).

 Associée à la dépression, une énorme perturbation transite sur les régions concernées, surplombées par un air très froid au sol et tombant sous des températures de -3 à -6°C. Les rafales de nord-est empêchent une accumulation neigeuse uniforme: à 10h00, les relevés officiels en terrain dégagé et soumis au vent font mention de 5 cm de neige à Bierset, 10 cm à Zaventem et 13 cm à Gosselies et Charleroi. Dans les faits, la couche de neige est parfois bien plus importante. A la même heure, les plus grosses accumulations dépassent les 15 cm, abstraction faite des importantes congères qui se forment de manière généralisée (parfois plus de 50 cm d’épaisseur). Sur les côtes françaises et belges, les rafales approchent ou atteignent encore les 100 km/h.

Radar des précipitations le 12 mars à 10h00 (source: IRM).

Les conséquences sur les réseaux ferroviaire, routier et aérien sont catastrophiques: on a relevé jusque 1600 km d’embouteillages à l’heure de pointe en Belgique, un record. Les retards et annulations sont nombreuses sur le rail, les bus du TEC sont pratiquement tous arrêtés, et l’aéroport de Liège est complètement fermé.

En France, la situation est encore plus dantesque, avec une couche de neige qui dépasse largement les 20 cm, et des congères énormes, comme à Amiens, véritablement noyé sous l’or blanc.

Amiens sous la neige le 12 mars au matin (source: Photolive Infoclimat).

Dans l’après-midi, la perturbation se rétracte et ne concerne plus que les régions de Haute Belgique dans l’après-midi. A la fin de l’épisode, les observations donnent une dizaine de centimètres de neige à Bruxelles (13 cm à Uccle – record absolu pour un mois de mars -, 10 cm à Zaventem) et à Liège (8 cm à Bierset, 11 cm aux Guillemins, 13 cm sur les hauteurs), une quizaine dans la région de Charleroi et de Namur (15 cm à l’aéroport de Gosselies, 13 cm à Wépion, au sud de Namur). Par endroit, la couche de neige frôle les 20 cm. Notons que le vent, ayant chassé la neige, a empêché une accumulation qui aurait pu être plus importante. A l’inverse, il a entraîné la formation de congères parfois imposantes.

13 mars: La nuit est très froide, et des records sont battus pour un mois de mars. Les températures descendent jusqu’à -17,1°C (!!) à Ciney, -15,9°C à Melin (Brabant Wallon), -15,6°C à Wépion (Namur), -14,3°C à Mons, -14,0°C à Cour-sur-Heure (Hainaut), -13,9°C à Montigny-le-Tilleul (Hainaut), -11,8°C à Bierset, -10,1°C à Uccle et à Gosselies.

15 mars: Le mercure tombe à – 17,9°C dans les Hautes-Fagnes. Le dégel et la fonte de la neige se font de manière franche dès l’après-midi, et le temps se radoucit durant les jours suivants.

24 mars: L’hiver ne veut décidément pas lâcher prise. La Belgique se retrouve une nouvelle fois dans une zone de conflit de masses d’air polaire d’une part et maritime d’autre part. A partir de la veille en fin d’après-midi, la neige se généralise sur une bonne partie du pays. L’accumulation dépasse parfois les 5 cm, comme dans la région de Charleroi par exemple. En Ardenne, une langue d’air doux s’intercale en altitude, engendrant des pluies verglaçantes par -4°C, comme observé à Libramont sur le temps de midi.

Fin mars: Rien n’y fait, le temps reste anormalement froid et sombre sur la Belgique. Les températures ne dépassent que très rarement les 5°C, et sont souvent négatives la nuit. Un peu de neige est encore observée ça et là. Cela est dû d’une part à de récurrents anticyclones qui stationnent souvent au nord de l’Ecosse et sur la Scandinavie, et à la zon de conflit avec l’air maritime tropical qui reste bloquée bien au sud de nos régions.


Avril

7 avril: L’hiver semble enfin prendre fin. A partir de ce jour, les températures diurnes commencent à s’élever et à se rapprocher des normales. Par contre, les nuits restent encore très froides. Ce jour, il fait -5°C au lever du jour à Montigny-le-Tilleul.

12 avril: Les premiers orages à caractère printannier se produisent sur le pays. On en signale dans la région de Bruges, de Bruxelles, de Charleroi et de Namur notamment.

14 avril: Il fait pratiquement estival, alors qu’il gelait encore il y a une semaine. Ce jour, les températures maximales dépassent les 20°C en plusieurs régions, pour la première fois de l’année.

 

Mai

La première semaine de mai nous offre un temps estival, avec des températures diurnes allant jusqu’à tourner autour de 25°C.

7 mai: une dépression s’immisce sur le sud-est du pays et le Grand Duché de Luxembourg. Au nord-ouest de celle-ci, des orages parfois intenses se forment en milieu d’après-midi et sévissent jusqu’en soirée en se déplaçant dans un flux orienté est – ouest puis nord-est – sud-ouest. Il s’en produit en régions liégeoise, namuroise, carolo et bruxelloise. En matinée déjà, un orage avait circulé de Charleroi vers le Borinage et la France. Localement, des dégâts dus aux eaux sont à signaler.

8 mai: en fin d’après-midi, un front froid lié à une dépression près de l’Irlande vient se heurter à une masse d’air encore relativement douce (22 à 23°C selon les régions) et développe une ligne d’orages qui traverse le pays d’ouest en est en soirée. Les orages qui l’accompagnent sont parfois forts, avec d’importantes quantités de précipitations en peu de temps. La ligne perd son activité électrique en atteignant l’est du pays en fin de soirée, par manque de chaleur.

La deuxième partie du mois de mai se déroule sous une inhabituelle fraîcheur et un temps (très) humide. Il pleut pratiquement tous les jours et certaines journées voient le thermomètre à peine dépasser les 10°C. L’anomalie de températures le 16 mai, minima et maxima confondus, est d’environ 2°C sous les normes.

23-24 mai: Phénomène exceptionnel, de la neige tient au sol en Haute Belgique! On note ainsi environ 4 cm d’accumulation le 24 au matin au Signal de Botrange. Cette neige éphémère disparaît cependant bien vite.

28 mai: Après deux jours de beau temps où les températures auront enfin dépassé les 20°C, des orages traversent le pays du sud au nord dans l’après-midi. Seul l’ouest de la Belgique est épargné. Localement, ils sont assez intenses et organisés en ligne. Des inondations locales se produisent, comme à Uccle. La foudre frappe un passant à Rixensart, et un train à Beuzet sur la ligne SNCB Bruxelles-Namur, engendrant de gros retards.

Le mois de mai qui s’achève, en plus d’avoir été fort frais, est le plus pluvieux depuis 1833.

 

Juin

Début juin: Le temps devient estival avec des températures tournant autour des 25°C en journée, et ce, en de nombreux endroits, pour la première fois de cette année 2013.

18 juin: Après quelques jours de très beau temps, le temps tourne à l’orage. Plusieurs systèmes actifs gagnent le pays en ce jour.

Le 19 juin à l’aube, deux orages successifs très électriques concernent la vallée de la Meuse (Dinant et Namur), avant de remonter vers le nord-est. D’autres cellules touchent un peu plus tôt l’Entre-Sambre-et-Meuse. Des orages frappent également la région liégeoise.

19 juin 6h00: le premier orage atteint Namur tandis que le deuxième se trouve à cheval sur la frontière française près de Charleville-Mézières. Ce sont des orages multicellulaires. Source: Infoclimat.

20 juin: Un orage très intense touche la Basse Meuse, et provoque des inondations dans la région de Visé en fin d’après-midi. Il est relevé 55,5 mm de pluie à Visé même.

21 juin: Dans la nuit du 20 au 21, des orages très pluvieux touchent le Hainaut. Ils conduisent à des relevés pluviométriques importants comme à Quévy-le-Petit où il tombe 98,6 mm de pluie.

Cumul de pluie sur une heure le 21 juin. Les orages (multicellulaires à nouveau) qui concernent le bassin de la Haine sont bien visibles. Source: IRM.

22 juin et jours suivants: Le temps se rafraîchit de nouveau sur la Belgique. Les températures éprouvent les pires peines à dépasser les 20°C, faute à de trop rares éclaircies et des averses passagères. L’anticyclone des Açores reste centré trop bas en latitude, soumettant l’ouest de l’Europe à des courants maritimes refroidis par les températures anormalement basses des mers environnantes. A cela s’ajoutent des précipitations parfois conséquentes comme la nuit du 26 au 27.

30 juin: A partir de ce jour, le temps se réchauffe et les températures dépassent les 20°C. Néanmoins, la nébulosité relativement présente rappelle que l’air reste fort humide et que les conditions sont loin d’être entièrement anticycloniques.

 

Juillet

Début juillet (jusqu’au 5): Les courants maritimes concernant à nouveau notre pays. Si le 1er juillet fut encore relativement sec, ce n’est plus le cas pour les jours suivants qui connaissent un temps nébuleux, parfois pluvieux, entrecoupé de rares éclaircies. L’infographie ci-dessous et publiée sur Info Météo explique clairement le pourquoi de la situation actuelle et prévoit des jours meilleurs…

Infographie réalisée pour le compte d’Info Meteo.

La campagne près de Libramont le 4 juillet, à l’image de ce début des vacances d’été 2013. Plutôt triste… (auteur: Hydrometeo).

A partir du 6 juillet, la situation change radicalement: le ciel se fait plus clair et les températures maximales dépassent les 25°C. Un petit intermède plus frais mais toujours assez ensoleillé survient les 12 et 13 avec des températures autour de 20°C. Le 15 et les jours suivants, le temps se fait de plus en plus chaud, avec des températures dépassant largement les 25°C.

L’arrêt du tram « Musée du Tram » à Bruxelles-Capitale, sous un temps splendide à l’instar d’une très grande partie du pays ce 17 juillet (auteur: Hydrometeo).

18 juillet: Les températures maximales atteignent 30°C en Campine.

Les hauteurs de Landelies inondées de soleil au soir du 18 juillet (auteur: Hydrometeo).

21 juillet: Ce jour de fête nationale (mais aussi de passation de succession royale) est marqué par une chaleur étouffante qui va s’attarder quelques jours sur la Belgique. Les températures maximales, relevées en fin d’après-midi, sont de 30°C à Namur, à Liège et à Bruxelles, 31°C à Charleroi, à Anvers et à Chièvres, 32°C à Kleine-Brogel et 33°C à Schaffen. Cette air chaud concerne une bonne partie de l’Europe Occidentale.

22 juillet: Il fait encore plus chaud. On relève 34,7°C à Schaffen, 32,7°C à Uccle, 31,7°C à Montigny-le-Tilleul. A partir de 16h00, la masse d’air se déstabilise et mène au développement d’orages de chaleur locaux. Le tonnerre gronde ainsi en Campine, sur la Marlagne et la Basse Sambre, sur le Condroz, dans le nord-est de l’Ardenne et en Entre-Vesdre-et-Meuse. Dans cette dernière région, les orages se font plus organisés et plus intenses, accompagnés de grêle et de cumuls de précipitations importants (33 mm à Vaux-sous-Chèvremont). A Chênée, un arbre tombe sur la ligne ferrée 37 Liège – Welkenraedt – Allemagne, entraînant ainsi de gros désordres dans le trafic ferroviaire.

Les cumulonimbus liégeois, parfois haut de plus de 12 km, étaient visibles à des dizaines de kilomètres à la ronde, comme ici photographiés depuis la citadelle de Namur (avec l’aimable autorisation de D. Claeys).

23 juillet: Un peu selon le même schéma que la veille, des orages locaux mais parfois assez intenses concernent la Famenne, l’est du Condroz, Liège et l’Entre-Vesdre-et-Meuse dans l’après-midi. Un de ces orages, particulièrement large et immobile, provoque quelques inondations et coulées de boues dans la région de Rochefort et de Marche-en-Famenne. Plus tard, vers 21h00 – 22h00, un orage apparaît sur les hauteurs de Liège et glisse lentement vers le sud-est.

Précipitations à 16h45 (Source: météoservices).

En soirée, l’arrivée de conditions un peu plus dynamiques en altitude fait apparaître de nouveaux orages sur l’est du Nord-Pas-de-Calais.

24 juillet: Un premier système multicellulaire entre sur le pays entre minuit et 1h00 sur la région de Quiévrain, et se déplace jusque la région à l’ouest de Bruxelles. Dans le même laps de temps, une petite ligne orageuse s’organise au sud de Chimay, puis se transforme en un système multicellulaire assez actif sur l’Entre-Sambre-et-Meuse vers 2h30 – 3h00. L’orage produit jusqu’à un éclair toutes les 2 secondes vers 3h30. Il concerne alors la région de Charleroi, puis plus tard l’est du Brabant Wallon en faiblissant avant de se diluer sur le Brabant Flamand après 5h30.

Précipitations à 4h00. Source: météoservices.

Nombreux éclairs intranuageux et quelques coups de foudre noyés dans les précipitations, telle fut l’activité de cet orage. Vu depuis Montigny-le-Tilleul vers 3h40.

A 7h00 du matin, un troisième système multicellulaire entre en Belgique par la Lorraine, lui aussi dans un premier temps assez intense. Il quitte le pays par la frontière allemande vers 10h30 du matin.
Les 26 et 27 juillet, des orages parfois intenses frappent la Belgique. Dossier spécial: Les orages du 26 et 27 Juillet 2013

29 juillet: En soirée, une ligne d’orages intenses s’organise sur le Hainaut Occidental et traverse la province en débordant sur le Brabant Wallon. Les brèves mais fortes pluies provoquent des inondations dans la région de Charleroi. L’activité électrique monte parfois à un éclair toutes les 2 à 3 secondes. La ligne concerne ensuite la province de Namur puis celle de Liège en faiblissant petit à petit. Elle s’évacue vers l’Allemagne en début de nuit.

Le mois de juillet qui se termine peut être qualifié de beau. L’ensoleillement a été fort élevé par rapport à la normale, et les températures ont été plutôt excédentaires. Les orages de la fin du mois auront ramené à la normale un bilan pluviométrique qui, jusqu’au matin du 27, était largement déficitaire dans bon nombre de régions.

 

Août

2 août: Un brutal coup de chaud provoqué par l’advection de masses d’air d’origine saharienne (très chaudes et sèches) fait exploser le mercure jusqu’à 36,2°C en Campine. Sur le centre du pays, les températures oscillent entre 32 et 34°C au plus chaud de la journée. Par la suite, quelques orages se produisent ça et là les jours suivants, et le temps prend une teinte plus normale. Certains jours, comme le 7 août cependant, verront des épisodes pluvieux de longue durée concerner le pays, accompagné de températures fraiches pour la saison.

18 août – TORNADES: En soirée, des lignes d’averses organisées dans un ciel de traîne traversent la Belgique. Elles donnent naissance à plusieurs (?) tornades non-supercellulaires mentionnées par Belgorage. La première, confirmée, se produit près de Saint-Gérard, en province de Namur. La deuxième, probable, frappe le centre de Huy, en ne causant que très peu de dégâts. D’autres témoignages sont signalés près d’Andenne, et font référence à une structure tourbillonnaire, laissant soit penser à une troisième manifestation tornadique, soit à la tornade du Huy observée plusieurs minutes avant qu’elle n’arrive sur la ville. Des dégâts un peu plus importants ont par contre été signalés à Amay, à quelques kilomètres à l’est-nord-est de Huy. Des études sont en cours pour faire la lumière sur ces évènements, et peut-être les regrouper au sein du même phénomène. Quoiqu’il en soit, il s’agit de petites tornades d’intensité F0 sur l’échelle de Fujita.

La tornade de Saint-Gérard, photographiée par un journaliste de la RTBF. Source: Météo RTBF sur Facebook.

19 août: Des averses orageuses (une assez importante en Campine) éclatent sur la moitié est du pays dans l’après-midi.

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Septembre

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Octobre
 
Octobre est anormalement doux. De l’air tropical est régulièrement advecté vers nos régions tandis que l’ensoleillement est déficitaire compte tenu d’un fort et régulier apport d’humidité par cet air chaud. Un mois somme toute assez particulier: Voir analyse ici
 
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Le 22 octobre, un MCS traverse la Belgique. Il survient au sein d’une période de très beau temps.
 
 
 
Vidéo de l’orage réalisée par Info Météo:
 
 
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Le 28 octobre, la première grosse tempête de la saison « hivernale » frappe l’Europe Occidentale. Elle est nommée Christian par les services météorologiques allemands.
 
 
Vidéo réalisée par Info Météo à propos de la tempête Christian:
 
 
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 Décembre
 
 
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Décembre est le premier mois d’un « non-hiver »: régulièrement très doux et humide, anormalement orageux et surtout non-neigeux: certaines régions ne verront pas le moindre flocon!

Bertha et les tornades – analyse approfondie des cas de Gozée et de Ligny-Tongrinne

Le 10 août 2014, l’ancien cyclone tropical Bertha arrive sur les Iles britanniques après avoir erré dans l’Atlantique. Il transporte avec lui une bouffée d’air chaud et humide qui va autoriser la mise en place d’une dégradation orageuse inhabituelle et tornadique sur le nord de la France et la Belgique. Cette offensive orageuse vient s’intercaler parmi d’autres, au cœur d’un été humide et aux situations synoptiques assez bizarroïdes. 
 
15h30 heure belge – source: NOAA.
L’image ci-dessus montre Bertha vers 15h30 ce 10 août. A ce moment-là, le centre de la dépression se trouve toujours sur l’est des Iles britanniques. L’ex-cyclone est suffisamment creux pour déclencher un coup de vent hors saison en Manche et sur les côtes du nord de la France où les plus fortes rafales atteignent 100 km/h (notamment au Cap Gris-Nez). Du sud de la Mer du Nord jusqu’à la Vendée en passant par le nord de la France court le front froid de la dépression, très actif. Une fois n’est pas coutume, c’est sur ce front que la majeure partie de l’activité orageuse prend place. Habituellement, en été, les orages se positionnent à l’avant du front, le long d’un creux ou d’une ligne de convergence. Ce n’est pas le cas ici. Plus au nord, le front chaud de la dépression s’évacue en direction de l’Allemagne et des Pays-Bas, après avoir donné en Belgique des pluies en matinée et en début d’après-midi. Entre les deux, une brutale invasion d’air doux, mais surtout très humide, envahit le pays. Le front froid vient s’écraser contre cet air instable, et déclenche l’apparition de nombreuses cellules orageuses qui adoptent très vite un caractère très intense. Une très forte dynamique d’altitude engendre de puissants cisaillements de vent au niveau du front, celui-ci étant de plus poussé par le Jet-Stream. L’ensemble des éléments entrant en phasage est propice au développement de très fortes rafales et de tornades. Ainsi, c’est un QLCS particulièrement bien formé qui se développe. Une fracture au sein de ce système se forme sur l’est du département du Nord. Au sein de cette fracture, l’accentuation des cisaillements augmente le risque tornadique.
 
Quatre tornades frappent alors le Nord-Pas-de-Calais: une dans la périphérie d’Arras, la deuxième à Landrecies, la troisième à Beaumont-en-Cambraisis et la quatrième à Achicourt. L’axe orageux progresse ensuite en direction de la Wallonie. Au sein de celui-ci, une cellule prend brutalement en vigueur en passant au sud de Mons. La séquence des deux images ci-dessous montre l’évolution de la situation en une demi-heure, entre 17h15 et 17h45.
 
 
Source: Infoclimat.
 
L’orage 1 se trouve sur Landrecies. Vers 17h15, il génère une tornade. Au nord de cet orage, une supercellule (n°2) s’organise brutalement en une demi-heure. A 17h45, elle arrive au nord de Charleroi en passant sur Jumet et Gosselies. Au même moment, l’orage n°1 (également de nature supercellulaire), entre-temps entré en Belgique, est sur le point de générer une deuxième tornade à Gozée. Ajoutons de plus un troisième système très organisé (n°3) au niveau du département des Ardennes. Cet orage génère la probable tornade de Marbay environ une heure plus tard.
 
Un quart d’heure plus tard, à pleine maturité, l’orage n°2 arrive à l’aplomb de Ligny où il engendre une tornade qui traverse le sud du village en question, passe à travers Tongrinne et Bothey avant de disparaître. L’image ci-dessous montre la situation à 18h35. La tornade de Ligny-Tongrinne est dissipée depuis un peu plus de vingt minutes. Le hook echo de la supercellule (marqué par une flèche rouge) reste bien visible, montrant clairement la rotation animant l’orage générateur.
 
Source: Météo France.
 
Au même moment, des reports de phénomènes venteux et de dégâts parviennent à Info Météo, en provenance de Ligny. L’origine tornadique des dégâts est confirmée dans les deux heures grâce à des photos et vidéos partagées par les membres d’Info Météo. Rapidement, d’autres reports parviennent de Gozée où la confirmation de la tornade doit attendre quelques jours de plus, une fois une enquête de terrain et la récolte de témoignages effectuées. Pour Marbay, le statut de tornade probable est conservé étant donné l’absence d’observations directes.
 
Analyse approfondie de la tornade de Gozée
 
Comme précisé, l’orage générateur de la tornade de Gozée a engendré une autre tornade environ trois quart d’heure plus tôt, au niveau de Landrecies. 
 
Deux enquêtes de terrain réalisées par Info Météo et David Gustin, membre d’Info Météo, ont permis de reconstituer la trajectoire de la tornade. Le premier contact avec le sol a été établi au niveau de la rue Baudribut, dans un champ de maïs. Fait particulier, plusieurs couloirs ont été constatés, laissant entrevoir la possibilité d’une tornade multi-vortex relativement instable. Il est probable que le tourbillon alors en formation ait survolé la route de Thuin (N59). Aucun dégât n’a été repéré à ce niveau.
 
Maïs fauché au chemin de Baudribut. La tornade venant du fond vient de se poser. Les épis couchés vers la droite – donc sur la gauche de la trajectoire – indiquent un mouvement de rotation antihorlogique.
 
La tornade maintient le contact avec le sol sur environ 250 mètres. Par la suite, elle semble perdre le contact avec la surface puisque plus aucune trace n’est visible dans les champs. Le bas du cône se maintient toutefois à quelques mètres du sol à peine puisqu’il étête plusieurs arbres d’un petit bosquet situé entre la rue de Baudribut et le chemin de la Taillette, et ce alors que les champs sont absolument intacts tout autour.
 
Bosquet étêté et champs intacts autour. Vue prise depuis le chemin de la Taillette. 
 
Peu avant d’atteindre le chemin de la Taillette, la tornade établit un nouveau contact avec le sol: un couloir d’une vingtaine de mètres de large est creusé dans un champ de maïs où les épis sont couchés vers la gauche de la trajectoire, confirmant la rotation des vents. Un autre couloir moins large et moins long est repéré environ 5 mètres à l’ouest du premier, semblant indiquer une nouvelle fois que plusieurs vortex auraient été actifs. Plus à l’ouest encore, quelques épis couchés vers le sud-est en bordure d’un champ voisin témoignent clairement de l’effet de succion des vents, entraînés vers le tourbillon.
 
Couloir dans les champs de maïs du chemin de la Taillette.
 
Couloir dans les champs de maïs du chemin de la Taillette. La tornade vient du fond, à droite de la voiture.
 
Toute trace disparaît une nouvelle fois après environ 50 mètres de trajet, indiquant une deuxième perte de contact avec le sol. La tornade survole alors la rue Vandervelde, puis atterrit dans la rue Bury où elle endommage des toitures. Elle poursuit son trajet à travers des prairies où elle dépose plusieurs débris et des branches arrachées au niveau des jardins de la rue Bury. Son diamètre semble s’être rétréci en un seul et unique vortex qui sectionne net deux arbres au sein d’une rangée dans laquelle les spécimens voisins sont absolument intacts.
 
Arbres arrachés dans une rangée de sapins le long de la rue Biercque.
 
Au bout de la rue Biercque, la tornade semble s’élargir à nouveau (multi-vortex?) et balaye le hameau du Bout-là-Haut. Plusieurs toits sont endommagés et une véranda est désolidarisée de son socle. 
 
Véranda désolidarisée rue Biercque.
 
Le tourbillon traverse la N53 puis le parking d’une grande surface et continue sa route à l’est de la grand route, à l’arrière des jardins. Il étête de nouveau un bosquet, avant de perdre définitivement contact avec le sol au niveau de la rue de Zone. 
 
Arbres étêtés à l’arrière des jardins de la N53.
 
Compte tenu des dégâts, la tornade semble avoir atteint le niveau F1 inférieur de l’échelle de Fujita, soit des vents légèrement supérieurs à 130 km/h. Le tourbillon a adopté un comportement instable tout au long de sa trajectoire puisque plusieurs couloirs de dégâts parallèles et une largeur variable l’ont caractérisé. La carte ci-dessous retrace la trajectoire de la tornade, d’une longueur d’environ 2,3 km.
 
 
 
Analyse approfondie de la tornade de Ligny-Tongrinne
 
Cette tornade a duré plus longtemps (une dizaine de minutes), ce qui a permis son observation par de nombreux témoins. Son identification et la reconstitution de sa trajectoire ont dès lors été facilitées. Nous en profitons pour remercier les personnes qui nous ont fait parvenir photos, vidéos et témoignages, ainsi que Bastien Lombeau, auteur d’une investigation sur le terrain particulièrement poussée.
 
L’analyse a posteriori des images radars et des cartes d’impacts de foudre montrent que la supercellule entre en phase tornadique (formation du mesocyclone) vers 17h50, à l’aplomb de Gosselies. La tornade est imminente alors que l’orage se trouve juste au nord de l’aéroport de Charleroi-Bruxelles-Sud. Nous pensons que le mesocyclone entame sa prolongation en direction du sol à partir de ce moment-là. La tornade naissante atterrit au nord de Fleurus, où elle provoque les premiers dégâts. Néanmoins, faute d’informations, nous ne pouvons certifier la localisation exacte du premier contact avec le sol. Le tourbillon se renforce, traverse la ligne de chemin de fer Charleroi – Ottignies et atteint la rue du Tienne à Ligny où il balaye un hangar et endommage des toits. C’est sans doute à ce moment-là que la tornade est observée directement pour la première fois, décrite comme un cône renversé et tronqué passant à vive allure. Sur son chemin, elle passe très près d’une station météo amateur qui enregistre une rafale de 134 km/h. Cette information – à prendre avec des pincettes – est toutefois précieuse car elle permet de confirmer l’intensité de la tornade, estimée à F1 sur l’échelle de Fujita.
 
Rue du Tienne ayant été traversée par la tornade de Ligny dans la région du même nom, le 10 aout 2014. Crédit photo : Samina Verhoeven
Dégâts rue du Tienne (source: Belgorage)
 
La tornade continue sa course à travers champs. Elle franchit la rue de la Tombe, très proche d’une ferme et de quelques habitations, avant de se diriger vers le rond-point de Ligny (croisement entre la N29 et la N98) où elle endommage plusieurs structures, notamment un snack passée dans les journaux télévisés. 
 
Trajet rue du Tienne – rue de la Tombe.
 
La tornade poursuit vers l’est-nord-est où elle franchit la rue Matthias et passe juste au nord d’une ferme. Le cône arrive alors sur Tongrinne où il balaye le nord de la rue Pichelin dans sa longueur. Au niveau du carrefour avec la rue de la Ligne, la tornade effectue un saut sur le côté et se retrouve sur la droite de la rue Pichelin. 
 
Trajet rond-point de Ligny – rue Pichelin.
 
C’est à ce moment-là qu’un témoin prend des photos depuis le rond-point de Ligny, après le passage de la tornade. La séquence suivante montre le cône au-dessus du village de Tongrinne et son éloignement en direction de Bothey (photos de J. Pasin). Les deux premières photos montrent de plus le mesocyclone surplombant le tourbillon, confirmant visuellement le caractère supercellulaire de l’orage générateur.
 
 
 
 
 
Un autre témoin filme la tornade depuis la N98, plus ou moins au même moment:
 
 
L’ensemble de la structure orageuse apparaît clairement sur cette photo de la tornade prise depuis la E42 (auteur: J.-H. Chartz).
 
 
Entre la rue Pichelin et la place de Flavigny, il est possible que la tornade ait perdu le contact avec le sol alors qu’elle dévie légèrement vers la droite. Les dégâts ne sont retrouvés qu’au niveau de la place. elle sort de Tongrinne en voyageant parallèlement à la rue de Bothey puis la rue de Tongrinne, en s’éloignant vers Bothey. 
 
Trajet rue Pichelin – rue de Bothey.
 
La tornade franchit la nationale N93 en endommageant les toitures des maisons situés à cet endroit. Elle balaye ensuite la rue de la Ronce à Bothey et s’enfonce à travers champs. Le phénomène est alors filmée depuis la N93, à l’angle avec la rue du Chêne. La tornade en elle-même n’est visible que dans la deuxième moitié de la vidéo, en haut à droite du cadre. Le buisson de débris et de poussière apparaît brusquement lorsque le tourbillon arrive dans un champ.

 

 
La tornade continue encore sur quelques centaines de mètres avant de perdre définitivement contact avec le sol peu après le carrefour entre la rue du Chêne et la rue de la Tombale. Sa dissipation est filmée depuis Mazy:
 
 
 
 
Trajet à travers Bothey.
 
La tornade de Ligny-Tongrinne a parcouru environ 9 km. Sur base des dégâts et des enquêtes de terrain effectuées par Belgorage et Bastien Lombeau, la force du phénomène peut être évaluée à F1 sur l’échelle de Fujita. 
 
Conclusion
 
La Belgique et le nord de la France ont connu un véritable outbreak de tornades, avec six cas confirmés (quatre en France, deux en Belgique), un cas probable (Marbay en Belgique) et un dernier incertain (Waret-l’Evêque en Belgique). Ce phénomène est assez remarquable dans le sens où la survenue de plusieurs tornades en quelques heures en Belgique est assez rare. Néanmoins, deux jours plus tôt, plusieurs autres cas de tornades étaient signalés à Jauchelette, Sart-lez-Spa et Manhay.
 
Un autre outbreak de tornades avait concerné la Belgique et le nord de la France en octobre 2013.

Tornade Versus Downburst… Halte à la mini-tornade!

Très régulièrement, la presse belge mais aussi étrangère fait l’écho d’une « mini-tornade » ayant frappé, balayé ou provoqué des dégâts à un endroit où à un autre du pays. Non-contente de ré-interpréter à sa manière les prévisions et constatations météorologiques émanant d’organismes officiels ou non, elle s’attaque à la nomenclature même des scientifiques de l’atmosphère. Bien-sûr, le but premier de cet article n’est pas d’assommer nos lecteurs avec des termes aux noms à dormir dehors, mais il faut un minimum de rigidité. Cette publication tente donc de réparer ce qui peut être considéré comme la plus grande injure de tous les temps ayant été portée au vocabulaire de la météorologie.

  
Règle première, à encadrer et à diffuser largement: une mini-tornade, ça n’existe pas! 

C’est une invention barbare de la presse qui désigne tout phénomène, qu’il soit tornade ou downburst – nous reviendrons plus loin sur ces termes – certes parfois impressionnant et régulièrement à la base de dégâts. Et cela empire d’années en années: nous avons dernièrement vu surgir des « mini-tempêtes », « mini-ouragans » et même des « mini-blizzards ». Il n’y a pas à dire, à tout qualifier de « mini », la presse doit avoir un sacré complexe d’infériorité. Peut-être est-ce dû aux images impressionnantes, réelles ou de fiction, qui nous viennent de l’autre côté de l’Atlantique? Bref, la question n’est pas là. Remettons donc les pendules à l’heure.
La « mini-tornade » de Braine-le-Comte le 1er octobre 2006, qualifiée comme telle par pratiquement tous les médias du pays. Que serait alors une vraie tornade? On vous rassure, c’est bel et bien une tornade tout ce qu’il y a de plus réel qui a, ce jour-là, gravement endommagé une dizaine d’habitations. Elle fut d’une puissance F2 sur l’échelle de Fujita (là aussi, nous y reviendrons).
Règle seconde, OUI, la Belgique connaît de vraies tornades, comme celles des Etats-Unis. 
Il se produit environ quatre à cinq tornades en moyenne et par an, en Belgique. Certaines années comme 2006 ont vu survenir un nombre exceptionnel de tornades, tandis que d’autres années ont, au contraire, connu très peu voir aucune tornade. Certaines de nos tornades belges n’ont rien à envier à leurs homologues américaines, mais nous y reviendrons par la suite. Dans un premier temps, il nous semble intéressant d’analyser la définition qui est donnée de ce phénomène:
« Une tornade (de l’espagnol tornado, dérivé du verbe tornar, tourner) est un vortex (tourbillon) de vents extrêmement violents, prenant naissance à la base d’un nuage d’orage (cumulonimbus) lorsque les conditions de cisaillement des vents sont favorables dans la basse atmosphère. De très faibles tornades peuvent également se développer sous des nuages d’averses (cumulus bourgeonnant) » (Wikipedia, 2013).
Certes, Wikipédia n’est pas une référence absolue (quoique cela va de mieux en mieux, beaucoup de participants y font un travail formidable), mais la définition qui est donné ci-dessus est on-ne-peut-plus-claire.
Règle troisième: la tornade est un phénomène composé de vents en rotation rapide et ascendants autour d’un axe plus ou moins vertical.
Nous avons vu que la presse qualifiait de mini-tornade des phénomènes qui sont de vraies tornades. Il lui arrive aussi de qualifier avec ce pseudo-terme un phénomène qui n’est pas une tornade. Nous pouvons alors aboutir à une quatrième constatation.
Règle quatrième: dans un orage, la tornade n’est pas le seul phénomène venteux capable de provoquer de graves dégâts
Ce que la presse appelle mini-tornade est parfois un downburst, ou rafale descendante en français. C’est un brutal coup de vent, parfois très violent, qui se produit juste à l’avant de l’orage, et lié à la chute d’une masse d’air provenant de plusieurs kilomètres en altitude au sein du nuage orageux, le cumulonimbus. Le downburst peut survenir au sein de tout orage avec un minimum d’organisation, au contraire des tornades qui ont besoin d’un orage extrêmement violent, organisé et en rotation, la supercellule (encore un terme à définir plus tard).
De plus, comme cela vient d’être signalé, la tornade est animée de vents ascendants (suite à la présence d’une forte dépression en son sein) qui font converger les masses d’air environnantes, tandis que le downburst est créé au départ de vents qui descendent.
Au départ, un courant descendant existe au sein de tout orage. Celui-ci se trouve dans la zone de précipitations. Il est couplé à un courant ascendant, voisin de quelques kilomètres et qui alimente le cumulonimbus en air chaud, maintenant ainsi l’orage. Le downburst survient lorsque des précipitations (pluie et grêle) venant de plusieurs kilomètres d’altitude tombent dans une masse d’air sec. Ces précipitations s’évaporent alors et, suite à l’absorption de la chaleur latente de la masse d’air sec par cette eau se transformant en vapeur, l’air sec environnant se retrouve brutalement refroidi, et donc plus dense et plus lourd. Son poids supplémentaire entraîne son accélération en direction du sol. Le flux d’air descendant ainsi créé s’écrase alors au sol et s’étale en rayonnant à partir de son point de chute, provoquant les rafales caractéristiques du downburst.
Selon la taille du downburst, on parlera de macroburst (macrorafale en français) lorsque sa taille excède 4 km de large, et de microburst (microrafale en français) lorsque la taille est inférieure à 4 km.
L’image ci-dessous résume très bien la différence entre un microburst (et généralement un downburst) et une tornade:
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Source: NOAA 
Dans les grands systèmes orageux à déplacement rapide, le downburst est persistant car la vitesse de progression de ces systèmes fait en sorte que les précipitations en altitude se retrouvent constamment dans de l’air sec à l’avant du système. Cela explique aussi pourquoi le downburst prend généralement place sous l’arcus, juste avant l’arrivée des précipitations les plus intenses. Bien sûr, il faut associer ce mécanisme avec d’autres comme l’effet d’entraînement généré par la masse de précipitations tombant vers le sol, le courant descendant de départ, le courant Jet (rear inflow Jet) qui anime l’intérieur des grands systèmes…
Règle cinquième: les processus de formation des tornades et des downburst sont donc très différents
Selon la hauteur à laquelle survient l’évaporation et l’importance de cette dernière qui influence directement l’importance du refroidissement de la masse d’air environnante, le downburst sera plus ou moins violent. Les plus forts d’entre eux peuvent engendrer des vents largement supérieurs à 200 km/h et provoquer ainsi d’énormes dégâts s’ils frappent des zones habitées. En Belgique, le plus puissant downburst mesuré s’est produit à Werbomont (Ferrières, province de Liège) le 10 août 1956, avec une valeur de 166 km/h (la deuxième plus forte rafale du 20ème siècle en Belgique). Signalons aussi une rafale de 150 km/h à Ostende le 6 juillet 1957 et 133 km/h à Uccle le 18 juillet 1964 (IRM, 2013). Plus près de nous, le MCS du 14 juillet 2010 s’est accompagné de rafales jusqu’à 137 km/h à Florennes (Belgorage, 2010). Cependant, les anémomètres belges (appareils mesurant la vitesse du vent) sont relativement peu nombreux et inégalement répartis à travers le pays, de telle sorte que bon nombre de downbursts qui, rappelons-le, sont des phénomènes d’échelle locale, ne sont pas enregistrés. Cependant, l’analyse des dégâts permet d’estimer la vitesse du vent. Ainsi, en Thudinie et dans le cendre du Condroz, le downburst engendré par le MCS du 14 juillet 2010 a semble-t-il poussé des pointes supérieures à 150 km/h (Belgorage, 2013).
Règle sixième: un downburst peut égaler en puissance la force d’une tornade moyenne 
Cette sixième règle renvoie à la notion de puissance. Il existe une échelle permettant de classer les tornades selon la vitesse des vents qu’elles engendrent sur base de l’estimation des dégâts causés par ces dernières. Cette échelle, dite de Fujita, a été conçue par le Japonais du même nom en 1971. Elle a été revue en 2004.
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Echelle de Fujita de 1971. Source: Ma météo.
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Echelle de Fujita améliorée de 2004. Source: Météopassion.
 
Règle septième: les tornades ont des intensités très variables.
L’image ci-dessus donne ainsi l’exemple de quelques tornades françaises. Dans l’Hexagone, certaines tornades ont été à ce point puissantes qu’elles ont pu être classées comme F5 selon l’ancienne échelle de Fujita! En Belgique, de tels monstres ne semblent pas être survenus depuis que les observations ont commencé en 1833. Mais les exemples français nous montrent que cela reste du domaine du plausible. Les deux plus puissante tornades du 20ème siècle en Belgique se sont produites le 25 juin 1967 à Oostmalle (province d’Anvers) pour la première et le 20 septembre 1982 à Léglise (province du Luxembourg) pour la seconde. Certaines maisons ayant été sérieusement endommagées voir complètement détruites, ces tornades entrent dans l’échelon F3 des deux échelles de Fujita, peut-être même F4 si on envisage la version de 2004. Il y a quelques années, une violente tornade frappait le Val de Sambre français le 3 août 2008 et finissait sa course à quelques centaines de mètres de la frontière belge. Elle fut classée F4 sur l’échelle améliorée de 2004 (Kéraunos, 2008).
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Une impressionnante tornade F3 frappe le sud des Pays-Bas le 25 juin 1967, le jour même où un autre tornade atteint Oostmalle. C’est également à cette date-là que Palluel, dans le Nord-Pas-de-Calais, est complètement ravagé par une tornade de F4 – F5. Source: Météo Paris.
S’il y a peu de puissantes tornades en Belgique, le nombre de faibles tornades est un peu plus important. Il s’en produit assez régulièrement. Même si elles ne provoquent que peu de dégâts, elles doivent également être considérées comme de vraies tornades et non des « mini-tornades ».
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Le 4 septembre 2009, une tornade de F0 provoque quelques dégâts à Wihéries, dans le Borinage. Source: Météo Belgique.
Quand à la très médiatisée tornade de Braine-le-Comte du 1er octobre 2006, il est possible de la considérer comme ayant une force F2. Des tornades de force F1 – F2 se produisent tous les deux à trois ans en Belgique en moyenne. En 2013, une tornade de cette puissance semble être survenue le 5 février au nord de Courtrai.
Règle huitième: les tornades de grande intensité sont rares en Belgique. 
 
Ceci clôt cet article sur les phénomènes venteux destructeurs survenant au sein des orages. Dès lors, plus de confusion possible!
Publié pour le compte d’Info Météo et de Hydrométéo.