L’Islande : paradis des hivernophiles

Terre de glace, d’air frais et pur, de feu et de volcans, l’Islande est sans aucun doute le pays des amateurs de nature sauvage et sans limite… C’est avec plaisir que je me suis rendu dans ces contrées lointaines et que j’écris aujourd’hui ce billet essentiellement axé sur le climat et la météo locale particulièrement sauvage de ce pays, à l’image de ses paysages ! 

On ne va pas en Islande pour chercher la chaleur et le beau temps fixe pendant des semaines certes. Mais pour ceux qui étaient en manque de soleil après les semaines de grisaille que l’hiver belge peut fournir, ce n’est pas une mauvaise solution non plus ! En effet, les crêtes anticycloniques et dépressions se succèdent dans l’Atlantique nord et puisque l’Islande se trouve en plein milieu de celui-ci, au niveau du cercle polaire arctique, c’est l’endroit rêvé pour observer différents éléments se déchaîner. Cependant après la pluie (ou la neige) vient le beau temps, c’est bien connu et l’Islande n’échappe pas à cet adage. C’est d’ailleurs plus vrai encore dans ce pays où les anticyclones ne restent pas coincés pendant une semaine entière dans une position défavorable. Cela évite la formation de nuages bas persistants comme chez nous en novembre/décembre. Tout ça pour dire que le soleil fait partie intégrante de la vie des Islandais et que si jamais il n’est pas au rendez-vous, attendez quelques minutes ou une journée tout au plus et il se montrera. 

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Bulletin météorologique spécial

UPDATE 20/02 SCENARIO FROID CONFIRME.

Comme redouté depuis plusieurs jours, c’est maintenant une certitude, nous allons grelotter à partir de dimanche dans nos régions pour au moins deux, trois jours. Voici les températures prévues ci-dessous et donc confirmées du lundi  26/02 au mardi/mercredi -27-28/02 au moins: les maximas plongeront entre -6 et -2°C en Ardenne, -2 à 1°C du centre à la côte. Les minimas, sous ciel partiellement dégagé, dégringoleraient généralement entre -13 et -7°C, voire un peu moins dans les vallées ardennaises abritées. Le vent jouera également un rôle important sur notre sensation de froid. En effet dès la fin de semaine il soufflera en rafales souvent entre 35 et 45km/h, donnant une sensation d’air glacial entre -5 et -15°C de jour et -13 à -25°C de nuit (températures ressenties ->risque d’engelures en 30min).

Comme le prouve l’image ci-jointe, c’est une masse d’air d’origine arctique qui va débouler rapidement sur notre pays, associé au reliquat d’une partie du vortex polaire, éclaté début février.  Celle-ci provient de l’est de l’Europe et de Sibérie, étant à fortiori assez sèche, elle donnera souvent un ciel bien dégagée.

Pour le début du mois de mars, les températures devraient lentement remonter, mais il faudra alors surveiller la circulation de perturbations neigeuses dans nos parages.

C’est donc un refroidissement assez conséquent qui nous attend, mais cela aurait pu être bien pire au niveau du mercure, avec des sols bien plus enneigés sur le continent européen, et un vent nul durant la nuit…. On continue de toute façon à vous tenir informé de l’évolution de la situation.

Michael- Info météo
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SIMPLE REFROIDISSEMENT OU PROBABLE VAGUE DE FROID FIN DE SEMAINE PROCHAINE ?! ET LA NEIGE ?

Bonjour ,

Je ne vais pas trop revenir sur notre publication du 10 février dernier à propos de l’éclatement du vortex polaire, suite à un réchauffement soudain de la stratosphère au-dessus du pôle.
Mais en bref, ce genre d’événement induit des répercussions dans la troposphère environ 2 semaines après s’être produit. C’est-à-dire que déjà maintenant, de l’air véritablement glacial s’écoule depuis le pôle nord vers des latitudes d’habitude plus tempérées.
En d’autres-mots, dès la fin de cette semaine, il faudra surveiller les masses d’air d’origine arctique et leur trajectoire en fonctions des différents centres de pression.
Dans les faits, comme prévu dans le précédent bulletin hebdomadaire, nous assisterons jusqu’en fin de semaine prochaine à un temps se refroidissant légèrement et devenant souvent bien ensoleillé. Entre -2 et 0°C pour les maximas en Haute-Ardenne, 1 à 3°C pour le centre et jusqu’à 5-6°C pour la côte.
La nuit les minimas pourraient descendre entre -5 et -10°C sur le relief, entre -3 et -6°C sur le centre ,-1 et -3°C le long de la mer. Pendant cette période, le risque de précipitation et donc de neige paraît bien faible étant donné que nous serions sous influence anticyclonique. Avant cela, en début de semaine, il fera plus nuageux avec quelques précipitations principalement sur l’ouest. Et en Ardenne, des flocons sans trop de conséquence pourraient virevolter. L’est de l’Europe, c’est désormais acquis, sera en première ligne de mire, avec des températures constamment sous -15°C du nord de l’Ukraine à la Norvège dès la fin de semaine.

Ensuite, c’est véritablement à partir du 26 février que le froid pourrait s’intensifier pour quelques jours sur nos régions. Suivant la trajectoire que prendrait la masse d’air glacial mentionnée ci-dessus, tantôt vers nos régions, tantôt plutôt vers les Îles Britanniques. Les maximas pourraient plonger entre -6 et -2°C en Ardenne, -3 à 0°C du centre à la côte. Les minimas, sous ciel partiellement dégagé, dégringoleraient généralement entre -15 et -7°C.
Mais, selon la configuration la plus probable, de faibles fronts neigeux pourraient alors transiter par notre pays. Le risque de précipitations neigeuses augmenterait alors graduellement sur l’ensemble du pays.

En conclusion, même s’il n’est pas très probable que l’on remplisse les conditions pour avoir une vague de froid à Uccle, nous pourrions tout-de-même faire face à un refroidissement plutôt inhabituel pour la saison. Mais pour cela il faudra que la masse d’air glacial frappe nos régions de plein fouet, ce qui n’est pas encore acquis…

Tout ceci est bien entendu à confirmer, déjà ce soir dans le bulletin à long terme .

Bonne journée et fin de week-end.

Chroniques météo de 1991 à 2000

 
Retrouvez ici les grandes dates de la météorologie belge de 1991 à 2000.
 
Année 1991

Février 1991 est marqué par une vague de froid. Elle dure du 3 au 15 février et voit les températures passer sous les -10°C certaines nuits. Le 7 février, on mesure -15°C à Reims, -13,1°C à Uccle, -12,3°C à Middelkerke et -20,8°C à Libramont. Cette vague de froid est liée à l’émergence début février d’un puissant anticyclone sur la Scandinavie. Une goutte froide se déplace sur le flanc sud de cet anticyclone et se stabilise sur nos régions, donnant des chutes de neige importantes pendant plusieurs jours. Le 8 février, la neige provoque pas mal d’embarras de circulation sur le Brabant wallon. La nuit du 10 au 11 février, c’est au tour des provinces de Namur et de Luxembourg de recevoir une dizaine de centimètres de neige. On mesure 17 cm de neige à Uccle le 14 février à la faveur d’un conflit entre l’air continental et l’air maritime polaire arrivant. Le 15 février, le redoux s’accompagne de vents forts, de neige puis de pluie qui provoquent de gros problèmes de circulation. Des congères de deux mètres sont observées dans le Brabant wallon.

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« D’un ex-trop, tu te méfieras » – Lorsque les cyclones interagissent avec la météo européenne

En été, le météorologue est souvent occupé par les orages, lorsqu’il n’apprécie pas les belles journées ensoleillées (même si c’est une passion prenante, il faut arrêter de penser à la météo à certains moments). Néanmoins, conforté par une série d’événements survenus depuis une dizaine d’années, il sait que la période qui va de août à octobre voit généralement survenir une autre « saison », celle de l’influence directe des cyclones tropicaux sur la météorologie européenne, voire belge.
 
Nous allons le voir, les conséquences du transit de ces vieux systèmes à proximité de nos régions sont diverses, et souvent générateurs de surprises. D’où cette méfiance à chaque fois que le cas de figure se présente.
 
Révisons les bases… comment ça marche, un cyclone tropical?
 

Il convient de rappeler brièvement ce qu’un est cyclone tropical. Il s’agit d’une dépression très creuse tirant son carburant de la chaleur latente liée à la condensation d’une quantité gigantesque de vapeur d’eau au sein des nuages convectifs (ou orageux) s’élevant autour du centre dépressionnaire. Sans rentrer dans les détails de la physique de l’atmosphère, le passage de l’état gazeux (vapeur) à l’état liquide (eau liquide) de la matière dégage de l’énergie calorique qui, à travers les lois de la thermodynamique, entretient l’ascension des masses d’air, donc des cumulonimbus qui à leur tour dégagent de la chaleur et ainsi de suite. Dit platement, un cyclone tropical est une réaction en chaîne qui peut complètement dégénérer en tempête dévastatrice lorsque les conditions sont propices:

  • De l’air à basse et moyenne altitude chaud et chargé en humidité, que l’on rencontre exclusivement au-dessus des océans tropicaux. On admet ainsi qu’il faut que la température de la mer soit d’au-moins 26°C pour fournir suffisamment de chaleur et de vapeur aux cyclones.
  • De l’instabilité, parfois uniquement à l’initiation du cyclone. Une fois la machine lancée, le système, par son mécanisme interne, peut évoluer dans un environnement stable sans faiblir, pourvu qu’il trouve de la chaleur et de l’humidité.
  • Une convergence des vents, qui va forcer l’air à s’élever, et donc former les premiers nuages orageux.
  • Peu de cisaillement, donc des vents de direction et de force semblable à toutes les altitudes.

Si ces critères expliquent le renforcement, leur absence signe la mort à court terme du système tropical. Cela arrive lorsque l’ouragan arrive à terre ou lorsqu’il s’aventure vers le nord, où les eaux marines se rafraîchissent et où le cisaillement augmente.

L’ensemble des éléments permet ici de bien faire la distinction entre cyclone tropical et cyclone extra-tropical. Ce dernier terme est une manière un peu sexy d’appeler nos dépressions classiques qui évoluent en-dehors des tropiques. Mais ce critère géographique n’est pas le seul à les différencier. En effet, et contrairement à nos dépressions extra-tropicales, le cyclone tropical n’est associé à aucun front, ou dit autrement, aucun conflit de températures. A l’inverse, nos dépressions évoluent et se renforcent en raison de l’instabilité barocline, un autre terme bien scientifique pour désigner la déstabilisation d’un front séparant de l’air froid et de l’air chaud. Il existe d’autres différences, comme le coeur chaud des cyclones tropicaux versus le coeur froid de nos dépressions, mais nous n’entrerons pas dans les détails ici.

En octobre 2014, une dépression classique et un cyclone tropical sur l’Atlantique, séparés de plusieurs milliers de kilomètres.
 

On dit parfois qu’un cyclone tropical est un grand système orageux. C’est vrai et faux à la fois. Chez nous, les orages ont besoin d’instabilité mais aussi de cisaillement des vents pour devenir violents. Le cyclone tropical, non, sauf éventuellement à sa formation. C’est aussi à ce moment-là que l’on observe de l’activité orageuse. En effet, une fois que le cyclone est bien formé, l’activité électrique, la grêle et les éventuelles tornades sont absentes, sauf éventuellement en bordure. Pourtant, il est aussi constitué de cumulonimbus, donc de nuages orageux. De manière un peu simplifiée, un cyclone tropical pleinement formé est un grand système orageux… sans activité orageuse.

Une lente procession à travers l’océan, avant une métamorphose spectaculaire

Les cyclones tropicaux de l’Atlantique peuvent naître n’importe où, pourvu qu’ils trouvent les conditions nécessaires. Toutefois, ces conditions sont généralement rencontrées entre 10 et 35° de latitude nord. Quoiqu’il en soit, la trajectoire habituelle des systèmes qui finissent sur l’Europe part généralement de cette zone et ne croise pratiquement aucune terre, en-dehors éventuellement d’îles comme les Bermudes ou les Açores, voire l’est du Canada dans certains cas.

En s’éloignant des Tropiques, le cyclone s’éloigne aussi des zones propices à son maintien. En montant au nord, il rencontre des eaux de plus en plus froides et un cisaillement des vents de plus en plus fort. S’il n’est pas rapidement phagocyté par une dépression classique, il entame ce qu’on appelle une transition extra-tropicale. Il s’agit de la phase hybride durant laquelle le cyclone tropical perd progressivement ses caractéristiques en évoluant vers une dépression classique.

En premier lieu, on note une diminution de la convection, une augmentation de la taille du champ des vents associé au système et surtout une perte de la symétrie de ce champ, la partie à la droite du système devenant plus étendue que la partie à la gauche. Ensuite, on note l’apparition d’un front chaud à son nord, délimitant l’air d’origine tropicale qu’il promène de l’air maritime, voire polaire, plus au nord. Par après, un front froid devient également identifiable à l’ouest du système, et celui-ci peut entamer une nouvelle intensification suite à l’instabilité barocline, pour rappel le schéma classique de formation de nos dépressions.

L’animation ci-dessous montre la transition de l’ouragan Noel de 2007, passant d’un système tropical au début à un système pleinement extra-tropical à la fin. Entre les deux, on note l’agrandissement du système ainsi que la perte de symétrie, le tout précédé d’un front chaud à son nord qui prend de l’ampleur au fil du temps.

 

Cette transition fait en sorte qu’un nombre infime de systèmes aient gardé leurs caractéristiques tropicales jusqu’à leur arrivée en Europe. Depuis l’avènement des satellites, le seul système tropical avéré ayant touché l’Europe est Vince, en 2005, en atteignant le sud de l’Espagne à l’état de faible dépression tropicale. En 1961, l’ouragan Debbie a frappé l’Irlande, mais il est impossible d’affirmer que le système était encore pleinement tropical à son arrivée. En 1967, le cyclone Chloé a terminé sa transition extra-tropicale juste devant les côtes françaises, avant de balayer ces dernières. En 2009, la tempête Grace a perdu ses caractéristiques tropicales à quelques centaines de kilomètres à peine de l’Irlande et de la Grande-Bretagne. Ses restes ont par ailleurs transité sur le nord de la Belgique vingt quatre heures plus tard, mais nous y reviendrons.

Avec le réchauffement climatique, la donne pourrait changer. En effet, les températures nécessaires au maintien des cyclones se trouvent progressivement rapprochées des côtes européennes, ce qui pourrait permettre à terme à des cyclones tropicaux d’atteindre l’Europe sans s’être trop affaiblis et en ayant conservé certaines caractéristiques tropicales. Toutefois, nous parlons ici de systèmes modérés, donc des tempêtes tropicales, voire éventuellement un ouragan de catégorie 1. Néanmoins, un tel événement représenterait en soi une grande date dans l’histoire de la météorologie européenne. Certaines études prédisent un tel cas de figure avant la fin de ce siècle, d’autant plus que la Méditerranée, et en 2016 le Golfe de Gascogne, parviennent déjà à former des systèmes subtropicaux hybrides, ayant à la fois des caractéristiques de nos dépressions et des cyclones tropicaux.

Une formidable machine à purger les tropiques

Un cyclone tropical ne fait pas que vivre de la chaleur, il en produit aussi, par la condensation comme on l’a vu. De plus, par son caractère de dépression, il attire à lui des masses d’air chargées de chaleur humide. Cela se note particulièrement bien lorsque le cyclone sort de la zone tropicale et qu’il promène avec lui une vague de chaleur humide, en la prélevant de son aire de stagnation habituelle: l’Atlantique tropical.

Pour visualiser la quantité de chaleur humide, nous utiliserons ici un paramètre un peu bizarre, à savoir la température potentielle équivalente. Plus cette valeur est élevée, et plus la masse d’air est chargée en chaleur et en humidité. Les quelques exemples ci-dessous permettent de bien visualiser comment les cyclones s’affaiblissant dans l’Atlantique nord promènent avec eux une masse d’air chaud et humide, même lorsque le système en lui-même n’est plus tropical. Sur les cartes ci-dessous, de telles masses apparaissent en orange-rouge. Le système tropical est à chaque fois entouré en noir. Dans l’ordre, Karl, Helene, Danielle et Cristobal.




…et à provoquer du grabuge à nos latitudes
 

Le fait qu’une telle quantité de chaleur et d’humidité soit injectée à l’ouest de l’Europe n’est pas sans conséquences, encore faut-il qu’elles aient lieu sur le Vieux Continent. Parfois, le déséquilibre est corrigé en plein océan, bien loin de nos côtes. Toutefois, même à distance, l’ancien cyclone tropical peut avoir des effets directs et indirects sur notre météo européenne. Nous allons passer en revue les différents systèmes ayant eu une influence sur notre météo depuis le début de ce siècle. Après une description de leur parcours, nous analyserons les conditions météorologiques qui ont été observées en Belgique lors de leur plus grande approche. Dans un deuxième temps, nous remonterons le temps, en présentant quelques grands systèmes ex-tropicaux ayant violemment impacté notre météo européenne (ou même belge dans certains cas).Nous différencierons les systèmes ayant conservé leur indépendance jusqu’à nos régions de ceux qui ont été absorbés en chemin par une dépression extra-tropicale classique de nos latitudes.

Humberto (2001), fusionné avec une dépression classique

Le cyclone Humberto est né en septembre 2001 à la limite nord de l’Atlantique tropical. C’est en plein océan, à l’est des Etats-Unis, qu’il atteint son apogée en tant qu’ouragan de catégorie 2. Néanmoins, repris dans la circulation d’ouest classique de nos latitudes, il dérive vers l’est et le cisaillement l’affaiblit progressivement en tempête tropicale. Le 28 septembre, il sera absorbé par une petite dépression classique arrivant de Terre Neuve, en plein milieu de l’Atlantique nord. Sur la carte ci-dessous, chaque rond représente la localisation du centre du cyclone tropical au fil du temps. Les couleurs jaune indiquent le statut d’ouragan (de plus en plus orangé avec le nombre de catégories), le bleu clair indique le stade en-dessous, celui de la tempête tropicale, et le bleu foncé, encore plus faible, celui de la dépression tropicale. Le dernier point bleu le plus à l’est est le dernier pointage de Humberto en tant que tempête tropicale, avant son absorption par l’autre dépression.

 

 

Par instabilité barocline accentuée par la chaleur apportée par Humberto, la dépression s’intensifiera en tempête et fusionnera avec un autre champ dépressionnaire à l’ouest des Iles britanniques. L’impact sur notre météo sera ici indirect. Le champ dépressionnaire sur l’Atlantique, renforcé par l’apport de chaleur d’Humberto, soumettra nos régions à un temps venteux et automnal. Le 6 octobre, de forts orages éclateront sur nos régions, mais ceux-ci n’ont pas été engendrés par la chaleur de Humberto, à ce moment-là déjà bien plus à l’est.

Gordon (2006), arrivé en tant que système indépendant

Gordon est un système survenu en septembre 2006, en ayant notamment concerné l’archipel des Açores. Il a atteint la catégorie 3 six jours auparavant. Le National Hurricane Center américain prévoyait sa transition extratropicale au niveau des Açores, pourtant Gordon a défié les prévisions en conservant ses caractéristiques tropicales jusqu’au 21 septembre, alors qu’il se trouvait juste à l’ouest du Portugal. Il a alors viré au nord en passant très rapidement juste à l’ouest de la Bretagne qui a ainsi essuyé un épisode tempétueux assez inhabituel: des rafales jusqu’à 130 km/h avec des températures bien chaudes pour la saison. Quelques heures plus tard, Gordon touchait terre en Irlande, soumettant ce pays et la Grande Bretagne à de fortes précipitations orageuses et des rafales tempétueuses sur les côtes. Avec l’afflux de chaleur d’origine tropicale, des records de température pour la saison y ont été battus.

Sur la carte ci-dessous, les petits triangles sur la trajectoire montrent les moments où Gordon n’était pas considéré comme tropical.

 

 

En Belgique, Gordon a eu des effets bienfaiteurs, ce qui peut paraître paradoxal. En effet, le passage de l’ancien cyclone tropical bien à l’ouest de nos régions a amplifié le flux de sud très doux que nous connaissions déjà depuis un bon moment. Ainsi, le 21 septembre a été une magnifique journée d’été tardif, avec des maximales de 25 à 28°C sous un soleil brillant de mille feux. Comme quoi, l’influence des ex-cyclones tropicaux sur notre météo n’est pas toujours néfaste…

Helene (2006), fusionné avec une dépression classique

Dans le sillage de Gordon se forme le cyclone Helene et celui-ci va, au contraire de son prédécesseur, avoir des effets désagréables sur la météo belge. Il est ce qu’on appelle un ouragan capverdien, qui naît à proximité de l’archipel éponyme comme dépression tropicale, puis se renforce en tempête tropicale puis en ouragan, en dérivant à travers l’Atlantique. Helene, en tant que système tropical, ne s’approchera d’aucune terre. C’est donc en tant que tempête extra-tropicale qu’Helene s’approche de l’Irlande. Elle fusionne alors avec une autre dépression classique le 27 septembre, la résultante donnant une très large tempête sur l’Atlantique y stagnant pendant plusieurs jours. Elle envoie alors un flux de sud-ouest très doux sur l’Europe occidentale.

 

 

En Belgique, on observe des orages en soirée du 29 et du 30 septembre, en lien avec cet air doux dans les basses couches et de l’air bien plus froid en altitude. Mais c’est surtout le 1er octobre que les orages seront violents. Ils s’accompagnent par endroits d’une forte activité électrique visible de très loin et de grêlons atteignant parfois 2 cm de diamètre. Mais le plus spectaculaire provient de la formation de deux tornades, une sur la région de Braine-le-Comte et l’autre dans la région d’Anvers. La tornade de Braine-le-Comte, en atteignant le niveau F2 sur l’échelle de Fujita, provoque de gros dégâts sur différentes habitations et exploitations agricoles. Voir l’article rédigé par nos soins à propos de cette tornade: La tornade de Braine-le-Comte le 1er octobre 2006

Grace (2009), absorbée par un front

Dans l’historique des ex-cyclones tropicaux ayant influencé notre météo, Grace occupe une place à part. Outre le fait qu’il s’agisse d’une tempête tropicale exceptionnelle, elle sera responsable d’un des plus grand épisode orageux de l’année 2009, survenu qui plus est tardivement. Pour les personnes intéressées, un article détaille plus précisément ce phénomène.

 

 

Grace, en tant que système tropical, a existé à peine trois jours, du 4 au 6 octobre, et n’a pas atteint le stade d’ouragan, en restant une tempête tropicale. Toutefois, le cyclone fut vécu comme un événement pratiquement inouï dans le monde de la météo, car voir se former un système tropical aux Açores, si haut en latitude, était pratiquement quelque chose de totalement nouveau. Que ce même système garde ses caractéristiques jusqu’à quelques centaines de kilomètres à peine de l’Irlande le fut encore plus. La tempête termina sa vie sensationnelle en étant absorbée par un front lié à une dépression classique au nord de l’Ecosse. Néanmoins, ses effets se firent encore sentir deux jours de plus.

En effet, Grace a amené le 7 octobre une masse d’air chaud pour la saison, et surtout très humide, sur le nord de la France et la Belgique, entre autres. Les restes de la tempête en elle-même, ingérée au front, passèrent juste au nord de notre pays. A l’ouest, une autre dépression classique arrivant du Golfe de Gascogne se heurta à cette masse d’air très doux et humide, déclenchant un épisode orageux remarquablement intense pour la saison. Des précipitations diluviennes provoquèrent des inondations à Bruxelles et en Brabant wallon, tandis que le vent portait des dégâts à la nature et au bâti en province de Luxembourg.

Katia (2011), arrivé en tant que système indépendant

Le cyclone Katia a existé en septembre 2011 dans l’Atlantique, atteignant même la catégorie 4. A partir du 10, il fut repris dans la circulation d’ouest de nos latitudes, se changea en système extratropical et transita rapidement au nord de nos régions les 12 et 13 septembre.

 

 

Les effets de Katia sur la météo belge furent mesurés. Un coup de vent avec des rafales de 80 km/h concerna le littoral, tandis qu’on notait une douceur assez nette pour la saison.

Nadine (2012), influences en tant que système indépendant puis fusionnée à une autre dépression classique

Nadine est aussi un cyclone spécial. Sa durée de vie est exceptionnellement longue, du 11 septembre au 4 octobre, soit plus de trois semaines. De plus, le système n’a cessé d’errer dans une partie bien précise de l’Atlantique nord, passant deux fois aux Açores, et a eu une influence, certes indirecte, à plusieurs reprises sur la météo européenne. L’influence directe, lorsque les restes du système se sont retrouvés sur l’Europe occidentale, a été bien plus ténue.

 

 

En tournicottant près des Açores, Nadine a à plusieurs reprises envoyé des pulsions d’air chaud en direction de l’Europe occidentale, alimentant plusieurs dépressions classiques qui furent à leur tour responsables de fortes précipitations, de coups de vent et d’orages, notamment sur les Iles britanniques, l’ouest de la France et la péninsule Ibérique. Pour la Belgique, on notera les orages assez intenses de la nuit du 23 au 24 septembre, en lien avec l’arrivée d’air très doux en basse couche lié à une dépression de tempête sur le nord-ouest de la France, celle-ci ayant été initiée en partie par le flux de chaleur de Nadine. Quelques heures plus tard, le passage de la dépression au nord-ouest de la Belgique donnera un coup de vent assez marqué pour la saison, avec des rafales de 97 kmh à Zeebrugge, 90 km/h à Ostende et 87 km/h à Florennes.

Plus tard, le passage des restes de Nadine ingérés dans un front ne donnera que de bonnes pluies.

Bertha (2014), arrivée en tant que système indépendant

Le cyclone Bertha fut un ouragan de catégorie 1 tout ce qui a de plus banal, formé le 1er août dans l’Atlantique tropical. Après avoir traversé les Antilles, le système a faibi et a effectué sa transition extratropicale au large de la côte est des Etats-Unis. Le 10 août à 2h00, la dépression Bertha se trouvait alors au large de la Bretagne, en approche d’un complexe dépressionnaire au nord des Iles britanniques. Bertha s’est alors brutalement intensifiée en une tempête classique de nos latitudes, en traversant l’Angleterre puis la mer du Nord.
 
 

Cette intensification s’est faite au départ de l’air chaud et humide de Bertha, qui entrant en contact avec de l’air bien frais plus au nord, a entraîné une croissance de l’instabilité barocline, aidée par le Jet stream bien présent. Ce comportement a entraîné en Belgique des dommages collatéraux puisque de puissants orages supercellulaires ont traversé le pays dans l’après-midi, donnant une série de tornades dont une particulièrement spectaculaire sur les communes de Fleurus et de Sambreville, provoquant de gros dégâts à Ligny et à Tongrinne notamment. L’air était particulièrement moite, puisqu’on a relevé une maximale de 23,3°C à Gosselies par temps couvert et humide. Quelques bruines étaient même observées avant l’arrivée des orages.

Gonzalo (2014), fusionné à une autre dépression classique

Dans l’Atlantique, Gonzalo est surtout connu pour avoir frappé durement les Bermudes le 18 octobre. Trois jours plus tard, il provoquait des dégâts en Europe sous la forme d’une dépression classique issue de la fusion entre les restes du cyclone et d’autres dépressions classiques. Elle a déclenché un épisode de tempête sur les Iles britanniques ainsi qu’en Allemagne (122 km/h à Stuttgart). En Belgique, de fortes rafales ont également été mesurées au passage du front froid de l’ex-cyclone, mais aussi à l’arrière, sous des orages particulièrement turbulents. Les rafales ont atteint 105 km/h à Ostende et 94 km/h à Ernage.

 

 

Henri (2015), fusionné à une autre dépression classique

La tempête tropicale Henri a végété au milieu de l’Atlantique début septembre, et est loin d’avoir été un foudre de guerre. Elle a ensuite fusionné avec une dépression classique près des côtes canadiennes, et la résultante a pris la direction de l’Europe, avant d’arriver en France le 16 septembre. Donnant des rafales jusqu’à 120 km/h sur les côtes ouest-françaises et dans la vallée du Rhône, elle a aussi initié une série d’orages bien alimentés par la chaleur humide issue des restes du cyclone tropical. Ces orages ont été violents par endroits en Belgique, donnant des rafales à 115 km/h à Buzenol (en Gaume), mais surtout en déclenchant une tornade sur le village de Melreux, dans la commune de Hotton.

 

 

Ophelia (2017), arrivée en tant que système indépendant

Ce système a fait sensation en Europe en octobre 2017 puisqu’il a perdu ses caractéristiques tropicales à moins de 1000 km des côtes européennes. Un long article lui a été dédié: Ophelia, sa transition extratropicale aux portes de l’Europe. Ses conséquences ont été une violente tempête en Irlande et un beau temps automnal spectaculaire sur une grande partie de l’Europe, avec même une canicule hors saison en Espagne.


Plus loin dans le temps

Le cyclone Chloé (1967) a perdu ses caractéristiques tropicales entre les Açores et le Golfe de Gascogne et en causant de nombreux naufrages dans ce dernier, avant de frapper durement les côtes de l’ouest de la France, qui connaîtra des pluies diluviennes débouchant sur des inondations. Sur la carte ci-dessous, on voit que Chloé s’est approché près de l’Espagne en tant que tempête tropicale.

 

 

Quelques années plus tard, en 1973, c’est Fran qui approche de la Bretagne en tant qu’ouragan tropical de catégorie 1. Heureusement, un front froid déstructurera rapidement le système avant qu’il n’atteigne la France, dont les côtes ne connaîtront que quelques bonnes bourrasques.

Charley, en 1986, a traversé les Iles britanniques à la fin août, amenant un véritable déluge sur l’Irlande dont certaines stations voient tomber plus de 200 mm de pluie en vingt-quatre heures, ce qui est énorme sous nos latitudes. La capitale, Dublin, connut des inondations catastrophiques. Le Royaume-Uni, le nord de la France et la Belgique furent également concerné par des précipitations importantes.

Le 12 septembre 1993, l’ex-cyclone tropical Floyd atteint le nord de la France. Même si le système a perdu ses caractéristiques tropicales à ce moment, il se comporte en véritable ouragan. Les rafales atteignent 160 km/h sur les côtes, provoquant de nombreux dégâts. 

Le 7 septembre 1995, l’arrivée de l’ex-cyclone Iris donne une houle énorme sur le littoral de la Bretagne, tandis que les rafales dépassent 100 km/h dans les terres, ce qui est peu commun à cette période (en-dehors des orages).

En résumé… 

Les cyclones, même en ayant perdu leurs caractéristiques tropicales, peuvent profondément perturber la météo européenne (ou même belge). Comme montré à travers les exemples ci-dessous, les conséquences sont multiples:
  • L’apport de chaleur peut être à la base d’orages particulièrement intenses si d’autres paramètres (Jet-stream, convergence des vents…) sont présents.
  • Si l’instabilité barocline est importante (dit autrement, s’il y a un puissant conflit entre l’air chaud et l’air froid), la dépression classique (ou extratropicale) marquant le vieux cyclone tropical peut à nouveau s’intensifier et donner des épisodes de coup de vent, voire de tempête dans nos régions.
  • L’humidité apportée par les systèmes tropicaux et charriée par notre flux d’ouest maritime peut donner des épisodes pluvieux de longue durée, débouchant sur plusieurs dizaines de millimètres de pluie.
  • Mais l’influence des cyclones tropicaux peut aussi être bénéfique. Leur chaleur, si le temps est sec, peut amener de superbes journées d’automne sous des températures particulièrement douces ou, indirectement, déplacer et nourrir un anticyclone bienfaiteur qui vient ainsi nous garantir plusieurs jours de beau temps.

Le lecteur comprendra dès lors pourquoi les météorologues sont particulièrement attentifs à ces bestioles lorsqu’elles viennent s’aventurer dans nos parages!

Pour aller plus loin…

Notre article sur les orages d’automne en Belgique, où nous avions déjà évoqué le rôle des ex-cyclones tropicaux dans leur formation: Les orages d’automne, quand Thor joue les prolongations

Le compte rendu de l’épisode tornadique du 10 août 2014 lié à l’ex-cyclone Bertha: Bertha et les tornades – analyse approfondie des cas de Gozée et de Ligny-Tongrinne

L’article consacré aux orages et à la tornade du 16 septembre 2015, en lien avec l’ex-cyclone Henri: Des Bermudes à l’Europe: Henri et les orages du 16 septembre 2015

 

Suivi des intempéries et du possible « Gascocane » dans le sud-ouest

Cet article reprend les mises à jour sur la situation courant du 13 au 15 septembre 2016 et qui pourrait voir se former une dépression hybride à caractère subtropical dans le golfe de Gascogne, ce qui serait pratiquement inédit. Nous l’avons surnommé « Gascocane », contraction volontaire de Gascogne et de hurricane, en référence aux « Medicanes » de la Méditerranée, ces pseudo-cyclones qui se produisent de temps à autre et donc le nom est une contraction de Méditerranée et de hurricane.
 

Un des collaborateurs d’Info Meteo est sur place dans le sud-ouest de la France afin d’assister aux orages et à la possible arrivée de ce « Gascocane ».

15 septembre – 12h00

Les dernières valeurs des paramètres confirment que le « Gascocane », aussi appelé « Stéphanie » par l’Université de Berlin, s’est renforcé depuis la nuit dernière en resserrant sa circulation et en développant un coeur chaud bien défini dans les basses couches et qui tend à se propager vers les couches moyennes. Le centre dépressionnaire a de plus acquis une certaine indépendance vis-à-vis du front occlus qui l’entourait, et le mécanisme à la base de son renforcement n’est plus entièrement barocline. De ce fait, la dépression a clairement acquis des caractéristiques subtropicales.

L’image satellite nous montre une convection assez importante à proximité du centre dépressionnaire, ce qui est une autre caractéristique de ces systèmes hybrides.

Source: Infoclimat.
 
Sur l’image ci-dessus, le 91 km/h appartient à la bouée météo « Gascogne » qui, avec un peu de chance, a vu passer « l’oeil » de la tempête, nous fournissant de riches renseignements sur la structure de ce système. Le tableau ci-dessous reprend ses relevés heure par heure. On note clairement l’approche du centre de la tempête dans la nuit, avec un fort vent de sud et une pression en chute rapide. De 4h00 à 7h00, la bouée est dans l’oeil, avec un vent faible et une température qui s’est élevée, confirmant par les observations la présence d’un coeur chaud, ce qui est pour rappel une caractéristique des systèmes subtropicaux et tropicaux. Après 8h00, l’oeil s’éloigne au sud et le vent se met à souffler fortement de l’est, avec une température qui redescend et une pression qui remonte.
 
Relevés de la bouée « Gascogne » (source: Infoclimat).
 
Les données de cette bouée nous donnent aussi quelques indications sur l’intensité de la tempête. Les vents les plus forts étant au sud, on peut affirmer que les plus fortes rafales dépassent les 100 km/h et que la dépression est clairement en train de s’intensifier.
 
Concernant les prévisions, les modèles numériques pataugent encore, mais semblent doucement indiquer une arrivée entre San Sebastian et Arcachon dans le courant de la nuit prochaine. Arpège est le modèle le plus impressionnant, modélisation une structure bien formée avec un oeil en son centre, et des rafales largement supérieures à 100 km/h.
 
Modèle Arpège pour la nuit prochaine (source: Meteociel).
 

14 septembre – 0h00

La violente dégradation orageuse attendue sur l’ouest de la France a bien eu lieu. Des rafales de 100 à 120 km/h ont été mesurées localement. A présent, les noyaux les plus actifs sont du côté de Laval, de Rennes et du Mans. Ce système orageux devrait s’évacuer vers la Manche dans les prochaines heures. A l’arrière, des pluies stratiformes continuent d’arroser toute la façade atlantique, intervenant après des semaines de sécheresse.

La dépression qui nous intéresse est pointée à 1004 hPa et se trouve à environ 100 km au sud-ouest de Quimper. Elle s’éloigne progressivement des côtes et devrait entamer son intensification en cours de nuit, de manière dans un premier temps classique sous nos latitudes. La « subtropicalisation » ne commencerait qu’à intervenir mercredi après-midi.

On surveillera aussi la bouée météo Gascogne, qui se trouve en plein milieu du golfe éponyme. Pour l’instant, elle enregistre un vent moyen de 61 km/h d’ouest-nord-ouest, avec des rafales à 74 km/h.

L’image satellite ne révèle rien d’intéressant pour le moment, ce qui est normal. Le centre dépressionnaire est de toute façon dissimulé sous le panache nuageux des orages éclatant ce soir dans le nord-ouest de la France. Le semblant de rotation près des côtes du nord-est de l’Espagne est lié à la présence du creux d’altitude avec lequel la dépression va interagir dans un premier temps.

Image satellite en fin de soirée du 13 (source: Eumetsat).
 
13 septembre – 17h30

La dégradation orageuse virulente attendue sur le sud-ouest est en place, avec de très grosses intensités sur le département des Landes. Les rafales atteignent entre 90 et 100 km/h.
 
Source: Meteo France.

La dépression qui nous intéresse – le possible futur « Gascocane » donc – se trouve actuellement sur les côtes sud de la Bretagne. Elle n’a que peu évolué par rapport au précédent point, avec une pression centrale de 1005 hPa. A noter également qu’une autre dépression s’est creusée sur le sud-ouest de la France en lien avec la chaleur et les orages qui y sont observés.

13 septembre – 12h30

Actuellement, la dépression qui devrait initier le possible Gascocane commence à se creuser lentement (le L à 1006 hPa), mais selon un processus tout à fait classique à nos latitudes, à savoir l’instabilité barocline. Pour faire simple, ce mécanisme creuse une dépression le long d’un front séparant des masses d’air de températures différentes. Rien d’anormal jusque là, et c’est par ailleurs ce qui est prévu. Dans les prochaines 18 heures, les modèles montrent une formation classique, avec apparition d’un front occlus. Ce n’est que par après que le centre dépressionnaire devrait se creuser davantage et brutalement, selon un processus qui s’approche de celui des cyclones tropicaux, sans l’aide d’un front.
 
Pressions à 12h00 le 13 (source: Meteo Centre). 
 
Rappelons ici pourquoi ce système pourrait être un hybride, ayant quelques caractéristiques subtropicales:
  • Creusement rapide, avec un champ de pression resserré, donc une tempête d’un diamètre assez réduit (200 à 300 km), en opposition à nos dépressions classiques, plus grandes et avec un champ de pression plus lâche;
  • Apparition d’un coeur de dépression chaud, qui est l’une des caractéristiques d’un cyclone tropical. Nos dépressions classiques ont majoritairement un coeur froid;
  • Détachement progressif du front et fonctionnement quasi indépendamment de celui-ci, alors que nos dépressions classiques y sont fortement liées;
  • Convection et orages autour du centre dépressionnaire qui organisent les vents et le creusement de la dépression;
  • Présence des vents les plus forts proches du centre de la tempête, et en basse altitude. Dans nos dépressions classiques, les maximums de vents se trouvent plus hauts en altitude.

Les modèles comme Arpège ou Arôme montrent de telles caractéristiques, avec des vents moyens pouvant excéder les 100 km/h en plein golfe de Gascogne. Le champ de pressions est également très resserré, comme le montre la carte ci-dessous pour demain fin d’après-midi.

 Modèle Arome du 13 à 2h00, pour demain en fin d’après-midi (source: Meteociel). 

A noter que de violents orages sont attendus dès la fin de l’après-midi sur le sud-ouest de la France, en marge de cette dépression. Par ailleurs, quelques foyers orageux circulent déjà sur ces régions ainsi qu’en Bretagne, sans gravité pour le moment.
 

Quand une tempête de neige mexicaine provoque une vague de douceur états-unienne …

Depuis plusieurs mois, les flux méridionaux semblent particulièrement exacerbés dans tout l’Hémisphère Nord. Nous avons pu déjà le voir aux Etats-Unis, mais aussi en Europe Occidentale, dans les Balkans européens, et aussi en Asie Centrale. Une nouvelle fois, l’amplification du courant Jet à partir du Pacifique a créé une situation globale que l’on peut qualifier d’exceptionnelle, et qui a largement perturbé la météo et la société depuis le Mexique vers le Nord-Est des Etats-unis.

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Les Etats-Unis sous les orages, la neige, et les inondations de Jonas

 
Du 20 au 24 janvier 2016, une dépression baptisée Jonas a longuement affecté toute la partie Sud et Est des Etats-Unis, d’abord provoquant de sévères orages et des tornades du côté de la Louisiane, de l’Alabama, et du Mississippi, avant de se déplacer vers le Nord-Est pour ensevelir la côte Est sous une couche de neige parfois record.
 

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Evénements 2016

Cette page reprendra progressivement les chroniques des événements météorologiques de nos régions se déroulant au cours de cette année 2016. Des liens vers des articles plus aboutis seront également disponibles pour les phénomènes les plus importants.

Janvier 

La nuit du 3 au 4 janvier, quelques centimètres de neige se déposent sur les Hautes Fagnes et le nord-est de l’Ardenne. Cette situation serait presque banale si nous ne nous trouvions pas au cœur d’un hiver très doux et pauvre en neige jusqu’à présent.
 
Le Mont-Rigi au matin du 4 janvier (webcam de l’IRM).

Le 7 janvier, le passage d’une dépression secondaire (nommée Britta 2) sur la Mer du Nord donne pas mal de vent, avec des rafales atteignant 101 km/h à Ostende, 87 km/h à Ernage (Gembloux), 102 km/h à Dunkerque et 110 km/h à Boulogne.

A partir du 13 janvier, le temps se rafraîchit nettement, à la faveur d’un flux maritime polaire de nord-ouest. Ce jour, une petite accumulation de neige est observée en Hautes-Fagnes.

Le 14 janvier, un front froid associé à une dépression sur la Mer du Nord traverse le pays en matinée et en début d’après-midi, et est suivi par une invasion d’air froid en altitude, ce qui explique la transition de la pluie vers la neige observée dans de nombreuses régions en-dehors du massif ardennais où la neige tombe seule. Les précipitations se trouvent sur le centre de la Belgique aux alentours de 8h00 et atteignent les frontières allemandes et luxembourgeoises peu avant midi. Ce front est responsable de précipitations hivernales un peu plus étendues que ce qui était prévu. Il neige partout au sud du sillon Sambre-et-Meuse avec une accumulation temporaire observée dès 200 mètres et atteignant quelques centimètres maximum. Au-delà de 450 mètres, l’accumulation est plus importante et durable, comprise entre 5 et 10 cm, rendant les conditions parfois plus difficiles.

Orgeo (Bertrix) sous la neige ce 14 janvier (auteur: A. Henrion).
 

A noter que des précipitations hivernales sont également observées sur le sillon Sambre-et-Meuse ainsi que sur les plateaux hennuyers, brabançons et hesbignons. Localement, une petite pellicule se dépose, mais fond très vite dès l’arrêt des précipitations.

Le 15 janvier, l’hiver se rappelle au souvenir des Wallons de manière violente. Un épisode hivernal remarquable concerne surtout une grande partie est de la Wallonie où il tombe de 10 à 35 cm de neige. La Hesbaye, le Condroz, la Famenne, l’Ardenne et le pays d’Arlon sont particulièrement touchés. Les grands axes routiers de la Haute Belgique s’encombrent, piégeant des milliers d’automobilistes pendant plusieurs heures, et privant d’électricité une vingtaine de communes de Hesbaye et du Condroz. Voir notre DOSSIER SPÉCIAL.

Le lendemain 16 janvier, quelques averses de neige continuent de défiler, tandis que l’électricité n’est toujours pas rétablie dans la vingtaine de communes concernées. En soirée, un verglas généralisé se met en place sur une bonne moitié sud-est de la Belgique par gel de l’humidité présente sur les routes. Le 17 janvier est une belle journée d’hiver.

Lever de soleil sur l’Ardenne enneigée (webcam IRM de Wideumont).
 

La nuit du 17 au 18 janvier est glaciale: ciel dégagé et épaisse couche de neige favorisent un refroidissement brutal des basses couches de l’atmosphère. Les minimales relevées en fin de nuit du 18 sont parfois largement sous la barre des -10°C:

– 16,5°C à Elsenborn
– 12,1°C à Ernage (Gembloux)
– 10,7°C à Buzenol (Virton)
– 10,3°C à Saint-Hubert (-10,9°C la veille au soir)
– 10,2°C au Mont-Rigi

Minimales du 18 janvier (source: Infoclimat)
 

La nuit du 18 au 19 janvier est également très froide, avec des températures minimales très basses en Haute Belgique et en Campine. Elsenborn améliore son score de la veille avec -17,2°C. On relève aussi -11,9°C au Mont-Rigi, -10,9°C à Saint-Hubert et -10,1°C à Kleine-Brogel. Le 20 janvier, de l’air maritime moins froid envahit une bonne partie de la Belgique par le nord-ouest. Seule la Lorraine belge reste bien à l’abri, le massif ardennais faisant office de barrière. Le minimum de Buzenol descend à – 12,8°C.

Le 22 janvier, les conditions hivernales établies depuis plus d’une semaine prennent fin en soirée avec un épisode de pluies verglaçantes qui concerne essentiellement l’Ardenne, les Hautes Fagnes et la Lorraine belge. Le réseau routier secondaire est rendu très glissant, mais peu de dégâts sont à déplorer.

La douceur revient en force par après… Le 25 janvier, des records de températures maximales pour un mois de janvier sont battus: on atteint 15,4°C à Anvers et 16,6°C à Kleine-Brogel.

Février

Le 8 février, une tempête (nommée Ruzica par les Allemands) concerne les Iles britanniques. En Belgique, les rafales les plus fortes atteignent 108 km/h à Zeebruges et 101 km/h à Ostende. Elle est suivie le lendemain 9 février par la tempête Suzanna qui se creuse de la Bretagne aux Pays-Bas et qui donne des rafales jusqu’à 110 km/h dans les terres de la Vendée à la Lorraine française et de 130 à 145 km/h sur les côtes ouest-françaises. En Belgique, les plus fortes rafales concernent le sud-est et sont mesurées à 97 km/h au Mont-Rigi et 83 km/h à Humain. Cependant, les vents peuvent avoir été plus forts localement sous le front froid très orageux ayant concerné une région au sud d’une ligne Chimay – Liège. Sur le massif ardennais, il neige aussi au-devant du front chaud en matinée puis à l’arrière de la dépression en soirée avec une accumulation de plusieurs centimètres.

La tempête Suzanna vers midi trente. La dépression est alors sur l’ouest du Nord-Pas-de-Calais.
 
Activité électrique dans le front froid de Suzanna en début d’après-midi (impacts durant deux heures).
 
Les pluies abondantes (15 à 25 mm) apportées par Suzanna se superposent aux cumuls des jours précédents. Résultat, des cours d’eau du Hainaut et du Brabant wallon (Dendre, Senne…) sont en crue dès la fin d’après-midi. La Lesse sort également de son lit par endroits.
L’état du réseau hydrographique au soir du 9 février.
 
Les jours suivants, des précipitations hivernales concernent la Haute Belgique, menant à une petite accumulation. Le 15 février, une perturbation descend des Pays-Bas et donne de la neige pendant plusieurs heures sur une bonne moitié est de la Belgique. Il tombe environ 5 cm sur les hauteurs de Liège, parfois jusqu’à une dizaine sur la frange nord de l’Ardenne. Les jours suivants, les gelées sont parfois sévères, avec par exemple -11,7°C à Elsenborn au matin du 17 février.
 
Il neige à nouveau en Ardenne, de manière limitée, au matin du 19 février.
 
Le 23 février en fin de nuit ainsi qu’en matinée, il neige en provinces de Liège et de Luxembourg ainsi que plus localement en province de Namur. La neige tient au sol par endroits au-dessus de 200 mètres et de manière générale au-dessus de 300 mètres. L’accumulation dépasse parfois les 5 cm.
 
Harzé sous la neige au matin du 23 février (auteur: D. Gaillard).
 
Par la suite, un régime d’averses hivernales et de giboulées prend le relais sur tout le pays, et l’instabilité est suffisante pour mener à l’orage. Un de ces orages, assez actif, déverse des chutes de grésil significatives sur l’est du Hainaut en pleine heure de pointe du soir. Plusieurs accidents routiers sont à déplorer suite aux chaussées rendues subitement glissantes.
 
Impacts détectés le 23 février.
 
Giboulée liée au système orageux dans la région de Charleroi (auteur: H. Vicenzi).
 
Mars
 
Le 2 mars est une journée de giboulées accompagnées d’orages dans l’après-midi. La région de Charleroi est une nouvelle fois bien servie. De fortes rafales accompagnent ces averses: elles atteignent 70 à 90 km/h dans l’intérieur des terres et jusqu’à 120 km/h sur les côtes du Nord-Pas-de-Calais.
 
Impacts détectés entre 14h00 et 19h15 (source: blitzortung).
 
Du 3 au 5 mars, de l’air polaire maritime concerne nos régions. De nombreuses giboulées concernent la Basse et la Moyenne Belgique, tandis que de la neige plâtre à plusieurs reprises l’Ardenne, par moments le Condroz. Le 5 mars, les épaisseurs cumulées atteignent parfois l’ordre de la vingtaine de centimètres du côté de la Baraque de Fraiture et en Hautes-Fagnes.
 
Boussu-lez-Walcourt au matin du 5 mars (auteur: B. Bertaux).
 
Le 6 mars, après un régime de giboulées, un épisode neigeux assez conséquent prend place le 7 mars sur la province de Luxembourg, le sud de la province de Namur et le nord du département des Ardennes. Il tombe parfois plus de 15 cm de neige. Voir notre dossier spécial sur ces chutes de neige: ICI
 

Le 28 mars, la dépression Jeanne traverse les Iles britanniques, creusée à 970 hPa. Elle provoque un épisode de tempête sur les côtes du nord de la France et du sud-est de l’Angleterre, où les rafales atteignent 120 à 150 km/h. En Belgique, on mesure 97 km/h à Zeebruges (mais 140 km/h en mer au large de La Panne) et à Zaventem, 94 km/h à Ernage (Gembloux) et 90 km/h à Bierset.

La tempête Jeanne en fin de matinée du 28 mars.
 
Le front froid de la dépression se déstabilise sur le sud-est de la Belgique et provoque des orages à l’intensité électrique significative.
 
Activité électrique entre 12h00 et 14h00 le 28 mars.
 

A l’arrière du front, une traîne très active se met en place, et de vigoureux orages concernent les départements du Nord et la Wallonie. Par endroits, notamment près de Maubeuge, des grêlons de belle taille (plusieurs centimètres) sont observés, témoignant de l’importance de la dynamique présente.

Activité électrique entre 16h40 et 18h40 le 28 mars.
 
Activité électrique sous un orage concernant Montigny-le-Tilleul en fin d’après-midi du 28 mars. Des grêlons de 1-1,5 cm sont observés à son passage. Auteur: Info Meteo
 
Avril
 
Le 12 avril dans l’après-midi, des orages assez actifs concernent les provinces de Luxembourg et de Liège, accompagnés localement de grêle. D’autres foyers concernent la Flandre occidentale. Dans cette dernière région, des tubas sont observés ça et là, l’un ou l’autre ayant pu mener à une tornade temporaire et locale de faible intensité. C’est toute cette période de mi-avril qui est orageuse en réalité. Le 15, de nouveaux orages parfois accompagnés de fortes pluies concernent le Hainaut et le Brabant wallon dans la soirée.
 
Après quelques belles journées, une descente polaire très froide pour la saison (-38°C à 500 hPa) atteint nos régions. Elle engendre toute une série d’averses hivernales entre le 24 et le 27 avril, perturbant notamment la course cycliste Liège-Bastogne-Liège puisque la neige accroche localement au sol l’après-midi de l’événement (24 avril), mais aussi dans la nuit du 25 au 26 de manière plus généralisée au massif ardennais cette fois. Les averses se poursuivent dans la journée du 26, enneigeant parfois temporairement des régions aussi basses que 200 mètres d’altitude, et l’accumulation atteint 15 cm au Mont-Rigi en fin de journée. Cette neige tardive est très remarquable. Le 27 avril, on dépasse les 20 cm d’accumulation en Hautes-Fagnes. Cette offensive et sa prévisibilité à long terme ont été analysées dans notre anthologie de la désinformation météorologique.
 
La région de Wideumont (Libramont) enneigée au matin du 26 avril.
 
Mai
 
Le long week-end de l’Ascension est pleinement estival. A partir du 4 mai, les températures montent pour culminer le dimanche 8 mai. Il fait jusqu’à 28,2°C à Gand ce jour. De nombreuses stations enregistrent des maximales supérieures à 25°C les 7 et 8 mai.
 
Coucher de soleil sur la vallée mosane à Seraing au soir du 4 mai (Auteur: Info Meteo).
 
Par la suite, le temps se déstabilise. Quelques averses orageuses éclatent sporadiquement le 10 mai.
 
11 mai – premier épisode orageux sérieux avec supercellule sur le Hainaut
 
Le 11 mai en fin d’après-midi prend place la première offensive orageuse sérieuse de l’année. Une occlusion remontant de France vient buter contre de l’air chaud et instable, faisant naître de nombreux orages multicellulaires. Un de ces orages, particulièrement intense, se déplace depuis Philippeville jusqu’au nord de Lille en donnant de très fortes précipitations – des inondations sont signalées à Binche et à Cour-sur-Heure notamment – et des chutes de grêle significatives, notamment sur la région de Walcourt où les grêlons atteignent 3 cm de diamètre. Cet orage a ainsi eu un comportement supercellulaire pendant ses cinq heures d’existence, des photographies attestant de la présence d’un mésocyclone.
 
La supercellule évoluant sur l’est du Hainaut en fin d’après-midi du 11 mai (Auteur: Jeroen Vanheers).
 
Les orages se sont ainsi répétés sur le Hainaut et l’ouest de la province de Namur, mais surtout sur le nord de la France. En début de soirée, l’activité électrique retombe progressivement.
 
La première image illustre la probable supercellule sur la région de Walcourt vers 16h20. Sur la seconde image, la zone orageuse a évolué vers un couloir d’orages multicellulaires vers 18h00, mais la supercellule est toujours observable du côté de Mouscron et Tournai (Source: Belgocontrol).
 
Activité électrique sous un faible orage évoluant sur la Thudinie en début de soirée (Auteur: Info Meteo).
 
Activité électrique relevée entre 14h00 et 22h00. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).
 
Voir aussi les actualités de Belgorage à ce sujet: Orages 11 mai 2016
 
12 mai – Nouveaux orages parfois intenses
 
La Belgique reste en bordure d’une vieille occlusion sur le nord de la France, avec de l’air continental chaud couvrant la moitié nord du pays. Sur l’occlusion même, quelques orages se produisent, avec l’un ou l’autre débordement sur les régions frontalières belges. En fin d’après-midi, un orage isolé très actif se forme aux Pays-Bas et dérive à travers la Campine jusque la région de Leuven. Enfin, en début de soirée, une petite zone de convergence se met en place sur les Limbourg néerlandais et belges, organisant un axe orageux se déplaçant lentement vers l’ouest-sud-ouest, jusque sur le nord de la Wallonie. L’activité électrique au sein de cet axe est par moments bien présente avec un éclair toutes les 5 à 10 secondes.
 
Séquence radar montrant l’orage campinois vers 19h30 et l’axe orageux aux alentours de 23h00.
 
Activité électrique relevée entre midi le 12 et minuit le 13. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).
 
Double coup de foudre sous l’axe orageux limbourgeois en fin de soirée (Auteur: Info Meteo).
 
13 mai – Episode orageux de longue durée en Lorraine belge
 
La situation de ce jour est très particulière. Le flux est établi au nord-nord-est sur la Belgique, tandis qu’une petite ligne de convergence se forme en Lorraine et sur le Grand-Duché de Luxembourg. Elle y entraîne une répétition d’orages pendant parfois plus de 13 heures entre le début d’après-midi et la soirée. Certains orages sont bien actifs, accompagnés d’une activité électrique soutenue et de fortes précipitations. Néanmoins, aucun dégât n’a été signalé. Plus au nord, quelques orages sont observés en Entre-Sambre-et-Meuse, sur le Condroz, la Famenne et l’Ardenne, mais leur ampleur est bien plus faible.
 
Activité électrique relevée entre midi le 13 et minuit le 14. Les plus vieux impacts sont en bleu et les plus récents en jaune. (source: Lightningmaps)
 
En fin de nuit du 21 au 22 mai, des orages localement assez intenses traversent nos régions du centre du Hainaut en direction de la Flandre orientale. Quelques inondations locales et un peu de grêle sont observées. 
 
Fin mai – début juin – longue période orageuse avec inondations. Voir dossier spécial où le compte rendu de chaque jour est détaillé: ICI
 
Juin
 
Le 3 juin, toujours et à nouveau des orages localement très pluvieux qui provoquent des inondations locales dans l’après-midi et en soirée du côté de Virton et de Arlon, mais aussi par endroits à Verviers. Un foyer orageux se réactive en milieu de nuit du 3 au 4 sur le centre du Brabant wallon.
 
L’après-midi du 4 juin et la nuit suivante, des orages sont encore observés sur le Limbourg et la province du Luxembourg dans un premier temps, puis sur le centre de la Belgique. Un système orageux progresse ensuite de la région bruxelloise vers Tournai et Lille en milieu de nuit. Quelques inondations locales sont signalées du côté de Virton.
 
Activité électrique relevée entre 14h00 le 4 juin et 2h00 le 5. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (Source: Lightningmaps).
 
Du 5 au 7 juin, une puissante dégradation orageuse prend place sur nos régions et provoque à nouveau des inondations ainsi que des dégâts dus à la grêle. Voir dossier spécial: ICI
 
La suite du mois de juin est tout sauf estivale. De fréquentes perturbations maritimes concernent nos régions, amenant de la pluie en quantité et de manière très régulière, le tout sous des températures qui peinent à atteindre les normes de saison. Des orages se manifestent à plusieurs reprises, notamment le 17 juin, mais restent généralement contenus, sauf localement où des inondations sont encore observées, notamment dans l’ouest de la Belgique.
 
Du 22 au 24 juin, plusieurs salves orageuses parfois violentes frappent nos régions, provoquant de nombreux dégâts. Voir dossier spécial: ICI. Le 23 juin est le seul jour du mois où la température atteint ou dépasse les 30°C par endroits.
 
Les statistiques confirment un mois de juin particulièrement mauvais. Si les températures sont normales et proches de la moyenne, ce n’est pas le cas de l’ensoleillement, anormalement faible, mais surtout de la quantité de pluie tombée, exceptionnelle, qui établit par ailleurs un nouveau record pour le mois de juin. 
 
Juillet
 
Après un début hésitant, juillet se cale sur une météo normale pour ce mois en Belgique, tantôt avec de la chaleur et du soleil, tantôt avec de la pluie et plus frais. Le 10 juillet est une journée avec des températures élevées, avec 31,0°C à Angleur, 30,5°C à Kleine-Brogel, 30,2°C à Aubange et 29,7°C à Bierset.
 
Par contre, deux jours plus tard, c’est complètement l’inverse. Le 12 juillet, de l’air maritime polaire s’engouffre sur nos régions, apportant un temps particulièrement maussade. Quelques orages d’air froid sont observés en fin d’après-midi, notamment sur la Hesbaye.
 
Faible orage s’avançant sur la Hesbaye en fin d’après-midi du 12 juillet (auteur: Info Meteo).
 
La journée du 13 juillet, en plus d’être sombre et accompagnée de régulières averses (parfois orageuses), est très fraîche avec des températures maximales parfois sous 15°C. On relève ainsi 17,2°C à Uccle, 15,4°C à Florennes et 14,2°C à Saint-Hubert.
 
A partir du 17 juillet, le temps s’améliore nettement. Le 19 juillet, les températures maximales dépassent les 30°C en de nombreuses stations:
 
30,8°C à Uccle
32,3°C à Gand
31,4°C à Chièvres
31,1°C à Gosselies
31,3°C à Bierset
32,0°C à Koksijde
 
Le 20 juillet est également très chaud. Toutefois, une petite ligne de convergence traverse le pays dans l’après-midi et apporte une air maritime un peu moins chaud, limitant l’envolée des températures. Elle n’atteint que tardivement la Campine où le thermomètre a le temps de scorer à 36,0°C. Ailleurs, on note:
 
32,8°C à Gand
31,9°C à Uccle
32,2°C à Gosselies
32,4°C à Ernage
33,7°C à Bierset
32,3°C à Buzenol
 
En soirée, quelques averses parfois orageuses concernent les environs immédiats de la Lorraine belge.
 
Le parc météorologique de Dourbes grille sous un soleil de plomb ce 20 juillet 2016 (source: IRM).
 
Le 21 juillet, un orage assez actif se produit sur la province du Luxembourg en début de soirée. Il est suivi le lendemain 22 juillet par une série d’orages sur le massif ardennais en début d’après-midi, accompagnés de grêle. Plus tard, d’autres foyers stationnant dans un premier temps sur le nord-est de la France remontent et se constituent progressivement en MCS sur la Wallonie en soirée. Quelques noyaux sont particulièrement costauds et provoquent des inondations en Lorraine belge mais aussi dans le Borinage. C’est justement en Lorraine, notamment du côté de Virton, où les orages ont pris la tournure la plus violente. Ces orages ont été dictés par un flux d’air très humide et doux (23 à 24°C de température maximale) de nord à nord-ouest en surface, et un flux de sud en altitude.
 
Activité électrique sur le Condroz (région de Clavier) sous un noyau bien actif du MCS en soirée (auteur: S. Dumoulin).
 
La séquence suivante montre la progression des orages, heure par heure, de 21h00 à 1h00 le 23. Il est possible que le MCS ait fini par se constituer en MCV, système convectif de mésoéchelle contenant en son centre une dépression marquée par l’enroulement des précipitations côté français.
 
Formation et évolution du MCS en soirée du 22 juillet et en début de nuit suivante, de 21h00 à 1h00 (source: Météo France).
 
Les précipitations ont été localement très abondantes avec 50 mm de pluie à Florennes et 60 mm à Saint-Hubert et à Winenne (précipitations relevées entre 8h00 le 22 et 8h00 le 23).
 
Le 23 juillet dans l’après-midi, de nouveaux orages se développent dans le flux d’air humide de nord et concernent la Hesbaye et le Condroz. Un rail d’orages se constitue entre Diest et Gembloux et entraîne des inondations du côté de Jodoigne et de Orp-Jauche notamment. Il tombe 84 mm de pluie à Ransberg et 46 mm à Marilles.
 
Août
 
Les 2 et 3 août sont particulièrement mauvais: il pleut pendant de longues heures sans discontinuer, le tout sous des températures bien en-dessous des 20°C. Il tombe entre 30 et 50 mm de pluie sur certaines régions pendant ces deux jours.
 
Le 10 août est une journée particulièrement froide en raison d’un flux polaire bien établi sur nos régions. La température maximale n’atteint que 15,1°C à Uccle et 12,2°C à Saint-Hubert. Le lendemain 11 août est une journée exceptionnellement froide pour la saison. A Uccle, il n’a plus fait si froid en deuxième décade d’août depuis 1912: la température maximale s’établit à 14,6°C. On mesure 14,7°C à Gosselies et 14,8°C à Bierset. Ce même jour, il ne fait que 0,5°C au petit matin à Elsenborn. Seul l’ouest de la Belgique, dans de l’air un peu plus doux, échappe à ce temps très froid pour la saison.
 
Températures maximales relevées dans la journée du 11 août 2016 (source: Infoclimat).
 
Par la suite, le temps se réchauffe progressivement. Le 18 août, quelques orages modérés sont observés sur le massif ardennais dans l’après-midi.
 
La fin août est marquée par une canicule exceptionnelle (jusqu’à 35,2°C à Ernage le 27 août). Voir notre article spécial: La vague de chaleur de fin août 2016
 
En soirée du 27 août, de puissants orages concernent le sud et l’est de la Belgique. L’activité électrique est exubérante. Voir l’article spécial sur ces orages: ICI
 
Le mois d’août, qui avait commencé avec un important déficit thermique, se termine finalement proche de la normale en raison de la chaleur observée durant la deuxième partie du mois.
 
Septembre
 
Le mois de septembre commence très bien avec de belles journées estivales, notamment le 3. Il fait ainsi 25,2°C à Dourbes ce jour. Le lendemain matin, un front froid très actif traverse nos régions et donne quelques orages sur l’est de la Belgique, notamment sur le Brabant wallon, l’ouest et le sud de la province de Liège. Un foyer particulièrement intense sévit sur Maastricht et frôle nos frontières en se dirigeant vers l’est.
La semaine qui suit, le temps se fait à nouveau pleinement estival, avec d’assez belles journées et des températures supérieures aux normes de saison.
 
Nuages d’altitude au coucher du soleil le 6 septembre sur Seraing (auteur: Info Meteo).
 
A la mi-septembre, la Belgique connait un coup de chaleur exceptionnel pendant quelques jours, avec des températures excédant largement les 30°C, ce qui est très élevé pour la saison. Voir notre dossier spécial: ICI
 
A noter que les trente derniers jours ont connu une moyenne de température exceptionnellement élevée, presque aussi importante que celle du milieu de l’été. Par ailleurs, le déficit pluviométrique entamé à la mi-août s’accentue, et certaines régions n’ayant vu que peu de précipitations commencent à connaître une sécheresse significative des terres superficielles.
 
A la fin du coup de chaleur, au soir du 15 septembre, de forts orages organisés en MCS naissent sur un axe Maastricht – Aachen puis balaient la Campine avant de filer vers le centre des Pays-Bas. L’activité électrique est parfois intense pour un orage de septembre, avec des séquences d’un éclair toutes les 2 à 3 secondes par moments. Ces foyers se développent au-devant d’un front froid remontant de France.
 
Coup de foudre sous le système orageux concernant la Campine le soir du 15 septembre 2016 (auteur: Info Meteo).
 
Septembre qui s’achève a été très anormalement chaud, avec un excédent thermique de +2,5°C. La quantité de pluie est à l’inverse très anormalement basse, accentuant le déficit pluviométrique et la sécheresse entamés à la mi-août. L’ensoleillement est par contre anormalement élevé.
 
Octobre
 
Le 1er octobre nous montre que la saison des orages n’est pas encore finie. Après quelques averses orageuses sur le centre de la Belgique, un front occlus lié à une petite dépression sur la mer du Nord initie une ligne d’orages modérés évoluant même temporairement en LEWP (ligne orageuse en vague) sur le Hainaut, le Brabant wallon et la région de Bruxelles en début de soirée. Le LEWP est habituellement une structure d’orages violents, ce qui ne fut pas réellement le cas ici compte tenu de la saison. La dynamique aura permis de donner naissance à cette structure, bien davantage que l’instabilité qui était plutôt médiocre à cette heure.
 
Le LEWP entre Bruxelles et le département des Ardennes à 19h45 le 1er octobre (source: Meteo Services).
 
Eclair internuageux au-dessus de Fontaine-l’Evêque au passage de l’orage du 1er octobre (auteur: Info Meteo).
 
Le 16 octobre est une très belle et douce journée d’automne. En soirée, un front froid arrivant de l’ouest initie une série d’orages sur le nord de la France et l’ouest de la Belgique. Par endroits, les précipitations sont importantes.
 
A la fin du mois, les températures remontent et dépassent les 15°C par endroits l’après-midi. Pourtant, octobre 2016 est au final un mois anormalement froid par rapport à la moyenne normale.
 
Novembre
 
A l’instar des deux dernières années, la Toussaint connait un coup de douceur et un temps splendide, cependant moins prononcés qu’en 2014 et 2015. 
 
Le village de Herbeumont, en Ardenne, à la Toussaint 2016 (auteur: Info Meteo).
 
Une semaine plus tard, c’est l’inverse. Les hauteurs (>500 mètres) connaissent leur premier épisode hivernal le 9 novembre, avec une accumulation de plusieurs centimètres. 
 
A partir de la mi-novembre, les bas géopotentiels descendent des hautes latitudes en direction de l’Europe occidentale, amenant de l’air maritime humide et doux sur la Belgique. Le 18 novembre, une ligne de grains se développe sur les Hauts de France à la faveur d’une traîne très active, devient orageuse et concerne la moitié nord-ouest du Hainaut en fin d’après-midi. Une autre ligne de grains la devance et est responsable de fortes rafales (81 km/h à Gosselies). Elle devient à son tour orageuse au nord de Liège et sur l’Entre-Vesdre-et-Meuse.
 
Eclairs détectés le 18 novembre 2016 (source: Lightningmaps).
 
La nuit du 19 au 20 novembre, la tempête Nannette/Angus (nom allemand/nom anglais) s’engouffre dans la Manche après s’est creusée sur le Proche Atlantique. Les rafales atteignent 140 à 170 km/h sur les côtes bretonnes et normandes. Le 20 novembre, la tempête concerne la Belgique, le nord de la France et les Pays-Bas. On relève 115 km/h à Zeebruges, 105 km/h à Stabroek, 97 km/h à Chièvres, 94 km/h à Zaventem et 90 km/h à Gosselies. Sur les côtes du Pas-de-Calais, les rafales sont très violentes, avec 155 km/h à Boulogne et 163 km/h au Cap Gris-Nez.
 
La tempête Nannette/Angus le 20 novembre à 10h00 au-dessus de la mer du Nord (source: Eumetsat).
 
La fin novembre est hivernale, avec les premières gelées modérées. Le 30 novembre au matin, il fait -10,8°C à Elsenborn.
 
Décembre
 
En décembre, le temps est de saison, avec de fréquentes gelées. La Noël connait par contre un coup de douceur, avec des maximales au-dessus de 10°C.
 
 

Des Bermudes à l’Europe: Henri et les orages du 16 septembre 2015

L’année passée, nous avions publié un article s’intitulant « Bertha et les tornades« . Aujourd’hui, c’est Henri et les orages. Le point commun entre les deux dépressions dont nous évoquons ici les noms, c’est leur origine tropicale: ce sont des cyclones tropicaux évoluant dans l’Atlantique qui, en se dirigeant vers l’Europe, perdent leurs caractéristiques tropicales mais véhiculent néanmoins avec eux des masses d’air chaud et bien humide. L’expérience nous apprend que l’arrivée de telles dépressions post-tropicales en Europe est souvent synonyme de grabuge, avec la survenue d’orages et parfois de tornades en série, comme cela fut le cas l’année passée avec Bertha. Ce le fut également cette année avec Henri.
 
Trajectoire de Henri en tant que cyclone tropical, du sud vers le nord.
 

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Evénements 2015

Retrouvez-ci les chroniques météorologiques de cette année 2015! Cette page reprend les infographies publiées par Info Météo, un résumé de l’évolution météorologique et les liens vers les articles et dossiers spéciaux! 
 
N’hésitez pas à cliquer sur les infographies pour une lecture facilitée. 
 
Janvier
 
L’année n’est vieille que de trois jours que l’hiver signe le premier événement météorologique de ce cru 2015. De la neige s’invite sur une bonne moitié est de la Wallonie, ainsi que sur le nord du département des Ardennes.
 
 
Le 10 janvier, une profonde dépression de tempête nommée Félix traverse l’Ecosse puis la Scandinavie. Des rafales supérieures à 150 km/h sont mesurées dans le sud de la Norvège. En Belgique et dans le nord de la France, les vents sont plus modérés, mais proches des seuils de tempête. 
 
 
Le 14 janvier, la saison des orages est inaugurée en fanfare: en cours de nuit du 13 au 14, une ligne de grain se forme sur le centre de la Belgique et traverse les provinces de l’est (les orages sont particulièrement intenses à Liège). Dans le courant de la journée du 14, une nouvelle ligne de grain déclenche des orages de neige sur une bonne partie de la Wallonie.
 
 

Le 15 janvier, la tempête Hermann balafre les Iles britanniques avec des pointes de vent de 180 km/h sur les sommets écossais, 140 km/h en plaine. Les rafales sont plus modérées en Belgique, dans le Nord-Pas-de-Calais et le département des Ardennes.
 
 

Le 19 janvier, une perturbation glisse lentement à travers le pays (elle mettra 18 heures pour faire Tournai – Liège) en butant contre de l’air froid. La neige s’invite au programme, en quantités restreintes toutefois (accumulation de quelques centimètres au grand maximum).

Le 24 janvier, la deuxième offensive sérieuse de cet hiver prend place: de la neige en quantité et des pluies verglaçantes provoquent de gros embarras de circulation. Il tombe parfois jusqu’à 10 cm de neige lourde dans l’est de la Belgique. Voir notre dossier spécial.

Namur sous la neige au matin du 24 janvier. Auteur: L. Lili.
 
Vidéo réalisée par Info Meteo à Profondsart.

Ce premier mois de l’année 2015 est décidément bien orageux, puisque le 28 janvier dans l’après-midi, un puissant front froid glisse sur nos régions, accompagné d’éclairs, de grêle et de vent.

 
Vidéo du passage du front orageux dans la région de Bruxelles (auteur: T. Allice).

Le lendemain 29, de l’air très froid en altitude (-36°C à 5000 mètres d’altitude) arrive au-dessus de la Belgique et génère un régime d’averses hivernales (grésil, pluie-neige mêlée, neige) sur la plupart des régions. La neige tient durablement au-dessus de 300 mètres d’altitude, temporairement en-dessous. C’est surtout le massif ardennais qui est concerné puisque les averses s’y succèdent tout au long de la journée et la nuit suivante, amenant une accumulation de neige de 10 à 20 cm.

La neige à Xhoffraix au soir du 29 janvier. Auteur: A. Saint-Rémy.

Le 30 janvier, une dépression hybride issue d’un Polar Low traverse nos régions en matinée et en début d’après-midi, en suivant la frontière franco-belge. Il neige abondamment pendant plusieurs heures sur une large bande de part et d’autre de la frontière, avec parfois jusqu’à 10-15 cm de neige fraîche. Sur le massif ardennais, les cumuls deviennent conséquents, en témoigne les relevés effectués le 31 au matin.

Neige à Saint-Hubert le 30 janvier. Auteur: C. Nicolas

Malgré l’agitation, le mois qui s’achève est tout à fait normal. Voir ICI.

Février

L’épisode de temps froid et neigeux commencé fin janvier se poursuit en ce début février. Le 1er, des averses hivernales continuent à se succéder sur la plupart des régions. Sur le massif ardennais, elle sont de neige ferme et continuent d’épaissir une accumulation déjà conséquente. Les jours suivants, les averses faiblissent, mais le temps reste froid. L’Ardenne reste bien à l’abri du léger dégel qui s’opère certains jours en Basse et Moyenne Belgique.
 
Les environs du Mont-Rigi l’après-midi du 1er février. Auteur: L. Defourny.
 
Malchamps, au sud de Spa, le 3 février. Auteur: D. Defourny.
 
Une grande part du mois de février est calme, avec un temps de saison.
 
Mars
Le 2 mars, deux creux d’altitude associés à une bonne dynamique balayent la Belgique et apportent à chaque fois des orages. Le premier passe dans le courant de la nuit du 1er au 2, apportant de bonnes averses de grésil mais une activité électrique assez faible. Le second, l’après-midi du 2, est bien plus actif, et est visible sous la forme d’un trait bleu gras sur l’image en haut à gauche de la composition ci-dessous. Des orages modérés éclatent alors en de nombreuses régions. Ils se font particulièrement remarquer à Charleroi (averse de grêle > 2 cm) et en province de Liège (grésil et activité électrique bien présente, comme le montre l’image en bas à droite). Dans l’ensemble, comme en atteste l’image en haut à droite, les orages ont été bien présents: les impacts les plus vieux sont en bleu et mauve (la nuit du 1 au 2), les plus récents en violet-rouge-orange-jaune (l’après-midi du 2).
 
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
 
Ciel orageux menaçant au-dessus de la région de Philippeville l’après-midi du 2 (auteur: H. Vicenzi).
 
Orage en début de soirée du 2 dans la région de Waremme (auteur: G. Maillard).
 
La suite du mois est assez calme, avec un temps de saison.
 
Le 29 mars en soirée, une petite dépression se creuse dans un gradient de pression déjà resserré et passe sur la Mer du Nord. Elle déclenche un épisode de coup de vent, avec des rafales atteignant le seuil de la tempête sur les côtes. On relève 101 km/h à Zeebruges, 94 km/h à Ostende et au Mont-Rigi, 90 km/h à Zaventem, à Ernage et à Gosselies. Dans le Nord-Pas-de-Calais, les rafales atteignent 93 km/h à Lille et 104 km/h à Boulogne.
 
 
Le 31 mars en fin de nuit et en matinée, une nouvelle dépression très creuse pour la saison circule à nouveau sur la Mer du Nord. L’épisode de tempête qu’elle engendre est plus intense que celui survenu trente-six heures plus tôt. Les plus fortes rafales atteignent 106 km/h à Lille et à Boulogne, 113 km/h à Dunkerque, 105 km/h à Zeebruges, 101 km/h à Saint-Hubert, 100 km/h à Elsenborn, 97 km/h à Humain, 94 km/h à Ernage, 90 km/h à Bierset, au Mont-Rigi, à Uccle et à Chièvres. Aux Pays-Bas et en Allemagne, le vent est encore plus fort avec des rafales approchant les 120 km/h. Cette tempête tardive provoque pas mal de dégâts. En soirée, des orages parfois accompagnés de grêle éclatent un peu partout sur la Wallonie.
 
 
 
Orage au-dessus de Namur au soir du 31 mars (auteur: L. Chiaradia).
 
Résumé climatologique des mois de mars et d’avril: par ICI
 
Avril
 
La première quinzaine du mois est assez calme. Quelques gelées nocturnes se produisent les premiers jours, mais rapidement, de l’air de plus en plus doux atteint nos régions. Le 15 avril, les températures approchent ou atteignent les 25°C, le tout sous un soleil digne de l’été.
 
 
Mai
 
Les 4 et 5 mai, des orages traversent à plusieurs reprises nos régions. S’ils restent faibles à modérés, ce n’est pas le cas des Pays-Bas et du nord-ouest de l’Allemagne qui connaissent une offensive particulièrement intense l’après-midi du 5 mai.
 
 
Le mois de mai est dans l’ensemble très monotone, avec un temps souvent de saison et très peu d’orages. La saison orageuse 2015 a toutes les peines à réellement démarrer…
 
Un bon résumé photographique de ce mois de mai: éclaircies et averses… Photo prise par Info Météo à Montigny-le-Tilleul.
 
Seul fait remarquable de ce mois, des gelées tardives sont observés à plusieurs reprises. Le 21 mai, on relève -1,0°C à Elsenborn et -0,7°C à Buzenol comme températures minimales.
 
Résumé climatologique de ce mois: Analyse climatologique de mai 2015
 
Juin
 
Le 5 juin, une brutale invasion d’air tropical engendre une envolée des thermomètres: on relève ainsi 34,0°C à Kleine-Brogel, 32,9°C à Bierset et 32,0°C à Gosselies.
 
En fin d’après-midi et en soirée, une virulente dégradation orageuse prend place sur pratiquement toutes les régions. Plusieurs supercellules sont observées dont une particulièrement violente sur le centre du Nord-Pas-de-Calais. Des dégâts sont signalés un peu partout dans cette région et en Belgique. Des grêlons de plusieurs centimètres sont observés. Dossier spécial sur cette journée: chaleur et orages du 5 juin 2015
 
Activité électrique sous l’un des nombreux orages concernant la Belgique au soir du 5 juin. Source: Info Meteo
 
Vidéo de la chasse effectuée par Info Meteo dans la région de Charleroi.
 
Le mois de juin joue au yoyo météorologique: aux journées caniculaires et lourdes succèdent de courtes périodes fraîches, le tout entrecoupé de jours très agréables. Le 12 juin, une nouvelle bouffée de chaleur lourde ne s’accompagne que de quelques orages localisés, plus nombreux sur le Nord-Pas-de-Calais et l’ouest de la Belgique.
 
Le 22 juin, une perturbation très active concerne nos régions. Il pleut parfois toute la journée, menant à des relevés de 26 mm au Mont-Rigi, 30 mm à Spa et 36 mm à Gosselies.
 
Au final, c’est un mois très variable qui se termine. Voir l’analyse climatologique.
 
Juillet
 
Le début du mois est marqué par une sévère canicule avec des températures supérieures à 35°C sur certaines stations les 1er, 2 et 4 juillet. Le record de la plus haute température minimale à Uccle est battu avec 24,5°C (contre 23,8°C). Lien vers l’article spécial: Canicule
 
En fin de nuit du 4 au 5 juillet, quelques orages se développent sur les provinces de Namur, de Liège et de Luxembourg.
 
 
Dans l’après-midi du 5 juillet, deux violents orages éclatent sur la province de Liège en adoptant un caractère supercellulaire, l’un d’entre eux déversant des grêlons jusqu’à 6 cm de diamètre sur la région de Verviers et de Battice. De nombreux dégâts sont à déplorer. Lien vers le compte rendu de Belgorage: Actualités orages 5 juillet 2015
 
Grêlon récolté à Battice après le passage de l’orage. Auteur: A. Dolce.
 
Image radar des deux supercellules en province de Liège (source: Université de Bonn).
 
Cumul des impacts de foudre en deux heures (15h15 – 17h15). La supercellule de Verviers s’est formée sur l’ouest de l’Ardenne et a continué sa course en Allemagne.
 
Si les journées suivantes restent agréables, les nuits sont par contre parfois très fraîches! Au point du jour le 10 juillet, le thermomètre est à pile 0,0°C à Elsenborn.
 
La nuit du 16 au 17 juillet, plusieurs endroits en Belgique et dans le nord-est de la France expérimentent un phénomène assez rare dans nos contrées: le heat burst. La température s’élève de plusieurs degrés en pleine nuit tandis que l’humidité relative de l’air diminue fortement et que le vent se lève. A Wepion, près de Namur, le thermomètre passe ainsi de 20,3°C à 2h20 à 26,1°C à 2h50, avec une humidité relative passant de 81 à 53% dans le même laps de temps. La station Meteo Belgique de Vaux, près de Bastogne, enregistre une hausse de 8°C, passant de 20 à 28°C. Mais c’est en France, à Troyes, que le heat burst est particulièrement marqué. Les températures s’élèvent ainsi de 24°C à 33°C entre minuit et 1h00, alors que l’humidité relative descend à seulement 13% et que des rafales de vent de 70 km/h sont signalées. Ces heat burst sont associés à de faibles orages se formant dans des cumulonimbus à base élevée (altocumulonimbus) en cours de dissipation. Les orages sont par contre bien consistants sur l’extrême sud de la Belgique et le département des Ardennes où ils frappent avant l’aube.
 
Durant la nuit du 18 au 19 juillet, une perturbation pluvio-orageuse traverse nos régions du sud-ouest au nord-est, organisée autour du point triple d’une perturbation (jonction entre les fronts chaud, froid et occlus). C’est surtout sur les provinces de Namur, de Liège et de Luxembourg ainsi que le département des Ardennes que le caractère orageux se fait présent. On relève 30 mm de précipitations à Humain (Marche-en-Famenne).
 
Impacts de foudre relevés entre 21h30 et 9h30. Les plus récents sont en jaune-orange.
 
Entre les orages et les averses, la météo fournit quelques belles journées, mais sans excès de chaleur.
 
Le soleil se couche sur Floing (dép. des Ardennes) au soir du 19 juillet. Auteur: Info Meteo
 
La dernière décade du mois est par contre moins agréable, avec pas mal de pluie et un temps plus frais, à l’une ou l’autre journée près.
 

Durant la nuit du 24 au 25 juillet, une dépression nommée Zeljko, assez profonde pour la saison (995 hPa), se déplace depuis la Manche jusqu’au nord des Pays-Bas en transitant par l’ouest de la Belgique. Elle initie un épisode de coup de vent sur les côtes françaises, belges et surtout hollandaises: on relève des rafales de 90 km/h à Zeebruges et jusqu’à 121 km/h sur les côtes des Pays-Bas.

Des orages se développent autour du centre dépressionnaire, profitant de la dynamique maximale à cet endroit, et concernent surtout l’ouest du Nord-Pas-de-Calais et de la Belgique avec une activité électrique parfois maquée et surtout des précipitations importantes: il tombe jusqu’à 30 mm de pluie dans les environs de Dunkerque. Les averses progressent ensuite dans les terres – un orage particulièrement électrique se déplace entre Mouscron et la province d’Anvers – en perdant progressivement leur caractère orageux, ce qui n’empêche pas des lames de précipitations importantes très localement, comme les 32,6 mm relevés à Cour-sur-Heure, au sud de Charleroi. Les quantités relevées varient parfois fortement sur de courtes distances.
 
 
Coups de foudre entre le 24 juillet midi et le 25 midi. 
La tempête Zeljko en matinée du 25. La dépression est alors sur le nord-ouest des Pays-Bas. Source: Sat24.
 
La faiblesse de l’activité orageuse de cette année pose question: Edito du 27 juillet – L’ennui en météo
 
Le mois qui se termine est normal… sauf dans le sud de la Belgique où il est anormalement chaud et sec: Résumé juillet 2015
 
Août
 
Le mois commence avec le beau temps. Le 3 août, une dépression profonde – et esthétique – pour la saison se positionne à l’ouest de l’Irlande et pilote un flux d’air d’origine tropicale sur nos régions. On relève 33,9°C à Kleine-Brogel, 33,8°C à Charleville-Mézières, 32,7°C à Bierset, 32,5°C à Buzenol, 32,2°C à Ernage, 31,9°C à Uccle, 31,3°C à Gosselies et 31,1°C à Lille.
 
En fin de soirée, une ligne de convergence se met en place en travers de l’ouest de la Belgique et du Nord-Pas-de-Calais, au devant du front froid de la dépression. Des orages parfois intenses en grappe évoluent sur ces régions pendant plusieurs heures. Quelques foyers plus faibles évoluent à l’est, dans la région de Charleroi et de Bruxelles.
 
La dépression à l’ouest de l’Irlande le 3 août en début d’après-midi.
Impacts de foudre détectés entre 20h00 le 3 août et 10h00 le 4.
 
Le 7 août connait deux salves orageuses particulièrement intenses au sud du sillon Sambre-et-Meuse: article spécial
 
Orage vers la région de Philippeville et Couvin vu depuis le lac de la Plate Taille (auteur: Info Meteo)
 
Le 13 août en fin d’après-midi et en soirée, de violents orages organisés en QLCS traversent le Nord-Pas-de-Calais et la Belgique du sud au nord, provoquant des dégâts particulièrement nombreux dans le nord de la France et le Hainaut. L’IRM détecte 30 000 éclairs au-dessus de la Belgique. Compte rendu spécial: Violents orages du 13 août 2015
 
Arcus précédant le QLCS sur la côte belge. Auteur: A. Fetteke.
 
Le 14 août, de nouveaux orages concernent la province de Liège avec de bonnes intensités.
 
Le 15 août, un front occlus traîne sur la Belgique – il pleut presque 18 heures sur la région de Charleroi – et les cumuls finaux sont importants. Dans le Hainaut, certains d’entre eux dépassent les 50 mm. Ces pluies perturbent les festivités du 15 août à Liège où il pleut aussi abondamment.
 
 
Le 23 août, un orage assez costaud se déplace dans l’après-midi du sud au nord à travers le sud-est de la Belgique. Le lendemain 24 août, c’est le vent qui s’y met avec le passage d’une dépression à proximité de nos régions. Elle donne des rafales de 70 à 80 km/h.
 
La fin août est lourde et particulièrement orageuse. La nuit du 29 au 30, des orages éclatent sur l’ouest où de forts cisaillements de vent sont présents. Des supercellules sont signalées de Arras à Nivelles (grêlons de la taille d’une balle de ping-pong dans le nord du Hainaut et l’ouest du Brabant wallon) et sur un axe Le Touquet – Gand. Sur la région de Kortemark en Flandre occidentale, un downburst endommage des toits et arrache des arbres.
 
Animation radar en deuxième partie de nuit (Source: Meteo France).
 
La journée du 30 août est atroce de lourdeur. Les indices humidex dépassent les 40 dans le centre de la Wallonie (températures de 30 à 32°C) en raison d’une importante humidité relative dans les basses couches. En soirée, un axe orageux se constitue à la faveur d’une petite dépression remontant le long des côtes de la Manche. Celle-ci rend les cisaillements de vent importants et augmente le contraste entre l’air marin et l’air tropical occupant une grande partie de la Belgique. Cette limite prend la forme d’un front ondulant. Les orages se succèdent donc pendant plusieurs heures le long des côtes, certains prenant des caractéristiques supercellulaires supposées.
 
Première supercellule en début de soirée.
 
Seconde supercellule possible en fin de soirée.
 
L’après-midi du 31 août, une sévère dégradation orageuse concerne une large bande depuis Lille jusqu’à Anvers. Plusieurs cellules très actives se dirigent depuis le Nord-Pas-de-Calais en direction des Pays-Bas via le Hainaut et la région de Anvers. Une supercellule est observée sur la région de Lille où des inondations sont signalées. Une autre possible supercellule se serait déplacée du Hainaut vers Anvers en passant à l’ouest de Bruxelles. Des grêlons et quelques dégâts dus au vent ont été reportés, mais ceux-ci restent dans l’ensemble assez peu importants.
 
Situation en début d’après-midi avec la supercellule lilloise progressant sur l’ouest du Hainaut (son statut de supercellule en Belgique est à confirmer).
Impressionnante activité électrique entre 14h30 et 16h30.
La possible supercellule belge observée depuis Bruxelles. Source: RTL Info.
 
Le mois d’août qui s’achève est anormalement chaud et normalement pluvieux, sauf sur l’ouest de la Belgique où les cumuls de précipitations sont importants suite au passage répété des orages. Voir ici: Août 2015
 
Septembre 
 
Le matin du 1er septembre, des orages éclatent dans le sud-est de la Belgique. Il pleut d’ailleurs énormément sur ces régions avec 38 mm à Buzenol et 26 mm au Mont-Rigi.
 
Le 16 septembre, l’arrivée de l’ex-tempête tropicale Henri s’accompagne d’une brutale bouffée d’air tropical. Des orages parfois violents éclatent dans l’après-midi et sont même responsables d’une tornade dans la région de Melreux. Voir dossier spécial: Des Bermudes à l’Europe: Henri et les orages du 16 septembre 2015.
 
La tornade passant sur Melreux vers 16h00 ce 16 septembre (auteur: E. Cockx).
 
Le mois de septembre se finit avec un déficit de températures, à un rien de l’anormalité: Un mois… frais
 
Octobre
 
Ce mois, après avoir commencé dans la douceur, voit se produire une période de temps froid remarquable sinon exceptionnelle entre le 13 et le 16 octobre. De la neige est observée sur le sud-est de la Belgique, où une fine accumulation est parfois observée.
 
Le Mont-Rigi sous la neige au matin du 16 octobre.
 
 
Le mois se terminant est normalement frais dans son ensemble. Et pourtant, à sa toute fin, de l’air très doux pour la saison nous concerne.
 
Novembre
 
La première décade de novembre est exceptionnelle de douceur, explosant le précédent record datant de novembre 2011: avec 13,7°C de moyenne, l’anomalie est énorme avec un excédent de +5,2°C par rapport aux normales saisonnières! Plusieurs journées sont incroyablement douces, avec des maximas approchant ou dépassant les 20°C. Ressemblant au 1er novembre…2014, le crû 2015 est la Toussaint la plus douce depuis le début des mesures dans plusieurs stations avec 20,8°C à Uccle et 19,7°C au Mont-Rigi, le tout sous un franc soleil digne de l’été. Par contre, la Lorraine belge passe la journée dans le brouillard, empêchant les températures d’y monter. Quelques jours plus tard, c’est un autre record qui tombe: la nuit du 6 au 7, le minimum s’établit à 16,4°C à Uccle, bien au-dessus de ce que nous sommes en droit de connaître en termes de températures maximales à cette époque de l’année! C’est la nuit la plus douce jamais enregistrée en novembre.
 
La nuit du 17 au 18 novembre, une tempête concerne le nord de la Belgique, avec des rafales jusqu’à 108 km/h à Stabroek (Anvers), 101 km/h à Ostende et à Koksijde et 105 km/h à Zeebruges. Ailleurs, le vent souffle également en fortes rafales avec 94 km/h à Charleroi, à Ernage (Gembloux) et à Humain (Marche-en-Famenne).
 
Le week-end du 21 et 22 novembre, des courants d’air polaire amènent des précipitations hivernales, accrochant au sol en Haute Belgique.
 
Le mois se termine sur un excédent thermique très important.
 
 
Décembre
 
Ce dernier mois de l’année 2015 commence dans une grande douceur amenée par un flux de sud-ouest piloté par des anticyclones sur le continent européen et des dépressions sur l’Atlantique. Les Iles britanniques sont à plusieurs reprises frappées par de fortes tempêtes.
 
Le 17 décembre, c’est presque le printemps. Les arbres bourgeonnent et les premières fleurs se montrent. Il fait 16,0°C à Uccle, du jamais vu à cette date.
 
Les deux derniers mois, et surtout décembre, sont incroyablement doux: voir l’analyse climatologique.