Bulletin météorologique spécial

UPDATE 20/02 SCENARIO FROID CONFIRME.

Comme redouté depuis plusieurs jours, c’est maintenant une certitude, nous allons grelotter à partir de dimanche dans nos régions pour au moins deux, trois jours. Voici les températures prévues ci-dessous et donc confirmées du lundi  26/02 au mardi/mercredi -27-28/02 au moins: les maximas plongeront entre -6 et -2°C en Ardenne, -2 à 1°C du centre à la côte. Les minimas, sous ciel partiellement dégagé, dégringoleraient généralement entre -13 et -7°C, voire un peu moins dans les vallées ardennaises abritées. Le vent jouera également un rôle important sur notre sensation de froid. En effet dès la fin de semaine il soufflera en rafales souvent entre 35 et 45km/h, donnant une sensation d’air glacial entre -5 et -15°C de jour et -13 à -25°C de nuit (températures ressenties ->risque d’engelures en 30min).

Comme le prouve l’image ci-jointe, c’est une masse d’air d’origine arctique qui va débouler rapidement sur notre pays, associé au reliquat d’une partie du vortex polaire, éclaté début février.  Celle-ci provient de l’est de l’Europe et de Sibérie, étant à fortiori assez sèche, elle donnera souvent un ciel bien dégagée.

Pour le début du mois de mars, les températures devraient lentement remonter, mais il faudra alors surveiller la circulation de perturbations neigeuses dans nos parages.

C’est donc un refroidissement assez conséquent qui nous attend, mais cela aurait pu être bien pire au niveau du mercure, avec des sols bien plus enneigés sur le continent européen, et un vent nul durant la nuit…. On continue de toute façon à vous tenir informé de l’évolution de la situation.

Michael- Info météo
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SIMPLE REFROIDISSEMENT OU PROBABLE VAGUE DE FROID FIN DE SEMAINE PROCHAINE ?! ET LA NEIGE ?

Bonjour ,

Je ne vais pas trop revenir sur notre publication du 10 février dernier à propos de l’éclatement du vortex polaire, suite à un réchauffement soudain de la stratosphère au-dessus du pôle.
Mais en bref, ce genre d’événement induit des répercussions dans la troposphère environ 2 semaines après s’être produit. C’est-à-dire que déjà maintenant, de l’air véritablement glacial s’écoule depuis le pôle nord vers des latitudes d’habitude plus tempérées.
En d’autres-mots, dès la fin de cette semaine, il faudra surveiller les masses d’air d’origine arctique et leur trajectoire en fonctions des différents centres de pression.
Dans les faits, comme prévu dans le précédent bulletin hebdomadaire, nous assisterons jusqu’en fin de semaine prochaine à un temps se refroidissant légèrement et devenant souvent bien ensoleillé. Entre -2 et 0°C pour les maximas en Haute-Ardenne, 1 à 3°C pour le centre et jusqu’à 5-6°C pour la côte.
La nuit les minimas pourraient descendre entre -5 et -10°C sur le relief, entre -3 et -6°C sur le centre ,-1 et -3°C le long de la mer. Pendant cette période, le risque de précipitation et donc de neige paraît bien faible étant donné que nous serions sous influence anticyclonique. Avant cela, en début de semaine, il fera plus nuageux avec quelques précipitations principalement sur l’ouest. Et en Ardenne, des flocons sans trop de conséquence pourraient virevolter. L’est de l’Europe, c’est désormais acquis, sera en première ligne de mire, avec des températures constamment sous -15°C du nord de l’Ukraine à la Norvège dès la fin de semaine.

Ensuite, c’est véritablement à partir du 26 février que le froid pourrait s’intensifier pour quelques jours sur nos régions. Suivant la trajectoire que prendrait la masse d’air glacial mentionnée ci-dessus, tantôt vers nos régions, tantôt plutôt vers les Îles Britanniques. Les maximas pourraient plonger entre -6 et -2°C en Ardenne, -3 à 0°C du centre à la côte. Les minimas, sous ciel partiellement dégagé, dégringoleraient généralement entre -15 et -7°C.
Mais, selon la configuration la plus probable, de faibles fronts neigeux pourraient alors transiter par notre pays. Le risque de précipitations neigeuses augmenterait alors graduellement sur l’ensemble du pays.

En conclusion, même s’il n’est pas très probable que l’on remplisse les conditions pour avoir une vague de froid à Uccle, nous pourrions tout-de-même faire face à un refroidissement plutôt inhabituel pour la saison. Mais pour cela il faudra que la masse d’air glacial frappe nos régions de plein fouet, ce qui n’est pas encore acquis…

Tout ceci est bien entendu à confirmer, déjà ce soir dans le bulletin à long terme .

Bonne journée et fin de week-end.

La terre a soif ! A propos du déficit pluviométrique qui s’accentue

Rappelez-vous, déjà fin décembre dernier, la Belgique ressentait les premiers effets d’une sécheresse hivernale, consécutive à un mois de décembre très sec. A ce moment-là pourtant, la situation passait relativement inaperçue au niveau de la végétation. 

Par la suite, l’hiver avait quelque peu corrigé le tir: le creusement du déficit pluviométrique, s’il n’était pas interrompu, avait été sérieusement ralenti. Mais dès février, la courbe reprenait son décrochage, avec une véritable chute entamée au tiers de l’actuel printemps.

Pour avoir une vue précise, passons en revue les relevés de Uccle des douze derniers mois avec le tableau ci-dessous (source des données: IRM). 

Il rappelle ainsi à notre bon souvenir (si on peut parler de bon) le mois diluvien de juin 2016 qui, à la suite d’une répétition peu commune de pluies orageuses, avait terminé sur un record à Uccle: celui du mois de juin le plus arrosé depuis que l’on fait des mesures. En toute logique, cet énorme excédent avait alors permis d’établir une réserve car, dès juillet 2016, commençait une suite de mois sous les normes pluviométriques qui sera uniquement interrompue par novembre.

L’été, malgré ces mois « normalement secs », n’a donc connu aucun problème. Toutefois, septembre 2016 porte un premier coup à la série statistique, en s’affichant comme un mois très anormalement sec. Les bonnes mémoires se souviendront que ce mois avait de fait été très beau et surtout chaud, avec une envolée remarquable des températures au milieu du mois. Seule la petite région du Westhoek a « limité » le déficit à 50% alors qu’ailleurs il se positionnait souvent autour de 75%.

Octobre est lui aussi « normalement sec », avant un novembre enfin « normalement pluvieux », mais avec des disparités plutôt importantes entre la région anversoise (proche de 200% d’excédent) et la « Botte du Hainaut » (déficit de 50%). Il est suivi par un mois de décembre extraordinairement calme et anticyclonique durant lequel il ne tombera pratiquement rien du ciel. 28 mm relevés contre 81 mm en temps normal, c’est exceptionnellement sec. Dans les régions de Bastogne et de Libramont, le déficit atteint même 90% ! Même les Hautes Fagnes ne sauvent pas la mise avec 60% de déficit. Et l’on comprend dès lors pourquoi les premiers problèmes de sécheresse sont apparus ça et là durant ce mois.

S’en suit alors un janvier moins sec, qui limite les dégâts, quoique une large partie Sud-Est du territoire n’enregistre que 80% du total normal, avec même 50% de déficit sur le Sud-Ardennes. Seul le Nord des Flandres a enregistré un léger excédent. Mais par la suite, chaque mois se fera un peu plus sec, avant de finir sur un avril très normalement déficitaire en pluie : aucune région n’excède les 65% du total normal et pratiquement toute la Wallonie a subi 70% de déficit. Le mois de mai qui se termine ne corrigera pas le tir.

Le graphique ci-dessous est également plein d’enseignements. Il montre les cumuls mois après mois des précipitations en bleu, comparé au cumul que nous devrions avoir en temps normal en orange.

Ainsi, juin 2016 a très clairement constitué une réserve en eau importante pour l’été: même si juillet, août, et surtout septembre ont été plus secs, l’avance procurée par les pluies de juin a permis d’éviter tout problème. Par la suite, octobre et novembre ont rétabli un cumul normal, mais décembre 2016 a par la suite entamé un déficit qui n’a depuis dès lors pas été corrigé, et qui mois après mois se creuse davantage.

Nous voici donc à l’aube d’une saison estivale où vont s’affronter deux antagonismes qui dirigent les conversations de météo depuis toujours: « espérons un bel été » ou « on a besoin d’eau ». La situation pluviométrique de nos régions est médiatisée depuis plusieurs mois, et ceci tend à s’amplifier ces dernières semaines, du fait de ces 3 mois printaniers qui creusent d’autant plus le déficit que le soleil se montre régulièrement, asséchant encore plus les sols. Dans ce cadre où certaines professions météo-sensibles commencent à ressentir les effets de cette sécheresse, réclamer « un bel été » paraît à première vue compréhensible, ne fût-ce que pour la bonne humeur. Toutefois, si la belle saison devait poursuivre sur la lancée, les conséquences à long terme, pas toujours visibles alors que nous sommes dans l’instant présent les pieds dans l’eau une glace à la main, pourraient s’avérer néfastes pour n’importe quel quidam. En étant même un peu provocateur, un « été pourri » (c’est-à-dire normal) serait plutôt une bonne nouvelle. Un été à la 2003 ou à la juillet 2006 relèverait alors au final plus de la mauvaise nouvelle que de l’allégresse collective à la vue du Hélios flamboyant.

Les inondations de novembre 2010

Les inondations qui ont concerné la Belgique à la mi-novembre 2010 sont probablement les plus graves depuis plus de quinze ans. Outre les dégâts extrêmement importants, cinq personnes ont perdu la vie au cours de cet épisode. Dans cet article, nous revenons sur les conditions météorologiques qui ont mené à ces événements.
 

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Juin 2016 : un mois très humide … et chaud !

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a beaucoup plus en Belgique, et plus généralement en Europe Occidentale, durant la dernière semaine de mai, et pendant tout le mois de juin 2016. Cet article n’a pas pour but d’aller forcément à contre-courant de cette constatation, et de venir dire que juin 2016 fut un mois agréable. Par contre, il nous paraît intéressant et fondamental d’expliquer quelques singularités de ce mois plutôt hors-normes en le replaçant dans le cadre plus vaste de la climatologie des mois de juin depuis une soixantaine d’années, et d’ainsi montrer que juin 2016 fut un mois très humide, peu ensoleillé, normal pour les températures, mais en réalité chaud !

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Evénements 2016

Cette page reprendra progressivement les chroniques des événements météorologiques de nos régions se déroulant au cours de cette année 2016. Des liens vers des articles plus aboutis seront également disponibles pour les phénomènes les plus importants.

Janvier 

La nuit du 3 au 4 janvier, quelques centimètres de neige se déposent sur les Hautes Fagnes et le nord-est de l’Ardenne. Cette situation serait presque banale si nous ne nous trouvions pas au cœur d’un hiver très doux et pauvre en neige jusqu’à présent.
 
Le Mont-Rigi au matin du 4 janvier (webcam de l’IRM).

Le 7 janvier, le passage d’une dépression secondaire (nommée Britta 2) sur la Mer du Nord donne pas mal de vent, avec des rafales atteignant 101 km/h à Ostende, 87 km/h à Ernage (Gembloux), 102 km/h à Dunkerque et 110 km/h à Boulogne.

A partir du 13 janvier, le temps se rafraîchit nettement, à la faveur d’un flux maritime polaire de nord-ouest. Ce jour, une petite accumulation de neige est observée en Hautes-Fagnes.

Le 14 janvier, un front froid associé à une dépression sur la Mer du Nord traverse le pays en matinée et en début d’après-midi, et est suivi par une invasion d’air froid en altitude, ce qui explique la transition de la pluie vers la neige observée dans de nombreuses régions en-dehors du massif ardennais où la neige tombe seule. Les précipitations se trouvent sur le centre de la Belgique aux alentours de 8h00 et atteignent les frontières allemandes et luxembourgeoises peu avant midi. Ce front est responsable de précipitations hivernales un peu plus étendues que ce qui était prévu. Il neige partout au sud du sillon Sambre-et-Meuse avec une accumulation temporaire observée dès 200 mètres et atteignant quelques centimètres maximum. Au-delà de 450 mètres, l’accumulation est plus importante et durable, comprise entre 5 et 10 cm, rendant les conditions parfois plus difficiles.

Orgeo (Bertrix) sous la neige ce 14 janvier (auteur: A. Henrion).
 

A noter que des précipitations hivernales sont également observées sur le sillon Sambre-et-Meuse ainsi que sur les plateaux hennuyers, brabançons et hesbignons. Localement, une petite pellicule se dépose, mais fond très vite dès l’arrêt des précipitations.

Le 15 janvier, l’hiver se rappelle au souvenir des Wallons de manière violente. Un épisode hivernal remarquable concerne surtout une grande partie est de la Wallonie où il tombe de 10 à 35 cm de neige. La Hesbaye, le Condroz, la Famenne, l’Ardenne et le pays d’Arlon sont particulièrement touchés. Les grands axes routiers de la Haute Belgique s’encombrent, piégeant des milliers d’automobilistes pendant plusieurs heures, et privant d’électricité une vingtaine de communes de Hesbaye et du Condroz. Voir notre DOSSIER SPÉCIAL.

Le lendemain 16 janvier, quelques averses de neige continuent de défiler, tandis que l’électricité n’est toujours pas rétablie dans la vingtaine de communes concernées. En soirée, un verglas généralisé se met en place sur une bonne moitié sud-est de la Belgique par gel de l’humidité présente sur les routes. Le 17 janvier est une belle journée d’hiver.

Lever de soleil sur l’Ardenne enneigée (webcam IRM de Wideumont).
 

La nuit du 17 au 18 janvier est glaciale: ciel dégagé et épaisse couche de neige favorisent un refroidissement brutal des basses couches de l’atmosphère. Les minimales relevées en fin de nuit du 18 sont parfois largement sous la barre des -10°C:

– 16,5°C à Elsenborn
– 12,1°C à Ernage (Gembloux)
– 10,7°C à Buzenol (Virton)
– 10,3°C à Saint-Hubert (-10,9°C la veille au soir)
– 10,2°C au Mont-Rigi

Minimales du 18 janvier (source: Infoclimat)
 

La nuit du 18 au 19 janvier est également très froide, avec des températures minimales très basses en Haute Belgique et en Campine. Elsenborn améliore son score de la veille avec -17,2°C. On relève aussi -11,9°C au Mont-Rigi, -10,9°C à Saint-Hubert et -10,1°C à Kleine-Brogel. Le 20 janvier, de l’air maritime moins froid envahit une bonne partie de la Belgique par le nord-ouest. Seule la Lorraine belge reste bien à l’abri, le massif ardennais faisant office de barrière. Le minimum de Buzenol descend à – 12,8°C.

Le 22 janvier, les conditions hivernales établies depuis plus d’une semaine prennent fin en soirée avec un épisode de pluies verglaçantes qui concerne essentiellement l’Ardenne, les Hautes Fagnes et la Lorraine belge. Le réseau routier secondaire est rendu très glissant, mais peu de dégâts sont à déplorer.

La douceur revient en force par après… Le 25 janvier, des records de températures maximales pour un mois de janvier sont battus: on atteint 15,4°C à Anvers et 16,6°C à Kleine-Brogel.

Février

Le 8 février, une tempête (nommée Ruzica par les Allemands) concerne les Iles britanniques. En Belgique, les rafales les plus fortes atteignent 108 km/h à Zeebruges et 101 km/h à Ostende. Elle est suivie le lendemain 9 février par la tempête Suzanna qui se creuse de la Bretagne aux Pays-Bas et qui donne des rafales jusqu’à 110 km/h dans les terres de la Vendée à la Lorraine française et de 130 à 145 km/h sur les côtes ouest-françaises. En Belgique, les plus fortes rafales concernent le sud-est et sont mesurées à 97 km/h au Mont-Rigi et 83 km/h à Humain. Cependant, les vents peuvent avoir été plus forts localement sous le front froid très orageux ayant concerné une région au sud d’une ligne Chimay – Liège. Sur le massif ardennais, il neige aussi au-devant du front chaud en matinée puis à l’arrière de la dépression en soirée avec une accumulation de plusieurs centimètres.

La tempête Suzanna vers midi trente. La dépression est alors sur l’ouest du Nord-Pas-de-Calais.
 
Activité électrique dans le front froid de Suzanna en début d’après-midi (impacts durant deux heures).
 
Les pluies abondantes (15 à 25 mm) apportées par Suzanna se superposent aux cumuls des jours précédents. Résultat, des cours d’eau du Hainaut et du Brabant wallon (Dendre, Senne…) sont en crue dès la fin d’après-midi. La Lesse sort également de son lit par endroits.
L’état du réseau hydrographique au soir du 9 février.
 
Les jours suivants, des précipitations hivernales concernent la Haute Belgique, menant à une petite accumulation. Le 15 février, une perturbation descend des Pays-Bas et donne de la neige pendant plusieurs heures sur une bonne moitié est de la Belgique. Il tombe environ 5 cm sur les hauteurs de Liège, parfois jusqu’à une dizaine sur la frange nord de l’Ardenne. Les jours suivants, les gelées sont parfois sévères, avec par exemple -11,7°C à Elsenborn au matin du 17 février.
 
Il neige à nouveau en Ardenne, de manière limitée, au matin du 19 février.
 
Le 23 février en fin de nuit ainsi qu’en matinée, il neige en provinces de Liège et de Luxembourg ainsi que plus localement en province de Namur. La neige tient au sol par endroits au-dessus de 200 mètres et de manière générale au-dessus de 300 mètres. L’accumulation dépasse parfois les 5 cm.
 
Harzé sous la neige au matin du 23 février (auteur: D. Gaillard).
 
Par la suite, un régime d’averses hivernales et de giboulées prend le relais sur tout le pays, et l’instabilité est suffisante pour mener à l’orage. Un de ces orages, assez actif, déverse des chutes de grésil significatives sur l’est du Hainaut en pleine heure de pointe du soir. Plusieurs accidents routiers sont à déplorer suite aux chaussées rendues subitement glissantes.
 
Impacts détectés le 23 février.
 
Giboulée liée au système orageux dans la région de Charleroi (auteur: H. Vicenzi).
 
Mars
 
Le 2 mars est une journée de giboulées accompagnées d’orages dans l’après-midi. La région de Charleroi est une nouvelle fois bien servie. De fortes rafales accompagnent ces averses: elles atteignent 70 à 90 km/h dans l’intérieur des terres et jusqu’à 120 km/h sur les côtes du Nord-Pas-de-Calais.
 
Impacts détectés entre 14h00 et 19h15 (source: blitzortung).
 
Du 3 au 5 mars, de l’air polaire maritime concerne nos régions. De nombreuses giboulées concernent la Basse et la Moyenne Belgique, tandis que de la neige plâtre à plusieurs reprises l’Ardenne, par moments le Condroz. Le 5 mars, les épaisseurs cumulées atteignent parfois l’ordre de la vingtaine de centimètres du côté de la Baraque de Fraiture et en Hautes-Fagnes.
 
Boussu-lez-Walcourt au matin du 5 mars (auteur: B. Bertaux).
 
Le 6 mars, après un régime de giboulées, un épisode neigeux assez conséquent prend place le 7 mars sur la province de Luxembourg, le sud de la province de Namur et le nord du département des Ardennes. Il tombe parfois plus de 15 cm de neige. Voir notre dossier spécial sur ces chutes de neige: ICI
 

Le 28 mars, la dépression Jeanne traverse les Iles britanniques, creusée à 970 hPa. Elle provoque un épisode de tempête sur les côtes du nord de la France et du sud-est de l’Angleterre, où les rafales atteignent 120 à 150 km/h. En Belgique, on mesure 97 km/h à Zeebruges (mais 140 km/h en mer au large de La Panne) et à Zaventem, 94 km/h à Ernage (Gembloux) et 90 km/h à Bierset.

La tempête Jeanne en fin de matinée du 28 mars.
 
Le front froid de la dépression se déstabilise sur le sud-est de la Belgique et provoque des orages à l’intensité électrique significative.
 
Activité électrique entre 12h00 et 14h00 le 28 mars.
 

A l’arrière du front, une traîne très active se met en place, et de vigoureux orages concernent les départements du Nord et la Wallonie. Par endroits, notamment près de Maubeuge, des grêlons de belle taille (plusieurs centimètres) sont observés, témoignant de l’importance de la dynamique présente.

Activité électrique entre 16h40 et 18h40 le 28 mars.
 
Activité électrique sous un orage concernant Montigny-le-Tilleul en fin d’après-midi du 28 mars. Des grêlons de 1-1,5 cm sont observés à son passage. Auteur: Info Meteo
 
Avril
 
Le 12 avril dans l’après-midi, des orages assez actifs concernent les provinces de Luxembourg et de Liège, accompagnés localement de grêle. D’autres foyers concernent la Flandre occidentale. Dans cette dernière région, des tubas sont observés ça et là, l’un ou l’autre ayant pu mener à une tornade temporaire et locale de faible intensité. C’est toute cette période de mi-avril qui est orageuse en réalité. Le 15, de nouveaux orages parfois accompagnés de fortes pluies concernent le Hainaut et le Brabant wallon dans la soirée.
 
Après quelques belles journées, une descente polaire très froide pour la saison (-38°C à 500 hPa) atteint nos régions. Elle engendre toute une série d’averses hivernales entre le 24 et le 27 avril, perturbant notamment la course cycliste Liège-Bastogne-Liège puisque la neige accroche localement au sol l’après-midi de l’événement (24 avril), mais aussi dans la nuit du 25 au 26 de manière plus généralisée au massif ardennais cette fois. Les averses se poursuivent dans la journée du 26, enneigeant parfois temporairement des régions aussi basses que 200 mètres d’altitude, et l’accumulation atteint 15 cm au Mont-Rigi en fin de journée. Cette neige tardive est très remarquable. Le 27 avril, on dépasse les 20 cm d’accumulation en Hautes-Fagnes. Cette offensive et sa prévisibilité à long terme ont été analysées dans notre anthologie de la désinformation météorologique.
 
La région de Wideumont (Libramont) enneigée au matin du 26 avril.
 
Mai
 
Le long week-end de l’Ascension est pleinement estival. A partir du 4 mai, les températures montent pour culminer le dimanche 8 mai. Il fait jusqu’à 28,2°C à Gand ce jour. De nombreuses stations enregistrent des maximales supérieures à 25°C les 7 et 8 mai.
 
Coucher de soleil sur la vallée mosane à Seraing au soir du 4 mai (Auteur: Info Meteo).
 
Par la suite, le temps se déstabilise. Quelques averses orageuses éclatent sporadiquement le 10 mai.
 
11 mai – premier épisode orageux sérieux avec supercellule sur le Hainaut
 
Le 11 mai en fin d’après-midi prend place la première offensive orageuse sérieuse de l’année. Une occlusion remontant de France vient buter contre de l’air chaud et instable, faisant naître de nombreux orages multicellulaires. Un de ces orages, particulièrement intense, se déplace depuis Philippeville jusqu’au nord de Lille en donnant de très fortes précipitations – des inondations sont signalées à Binche et à Cour-sur-Heure notamment – et des chutes de grêle significatives, notamment sur la région de Walcourt où les grêlons atteignent 3 cm de diamètre. Cet orage a ainsi eu un comportement supercellulaire pendant ses cinq heures d’existence, des photographies attestant de la présence d’un mésocyclone.
 
La supercellule évoluant sur l’est du Hainaut en fin d’après-midi du 11 mai (Auteur: Jeroen Vanheers).
 
Les orages se sont ainsi répétés sur le Hainaut et l’ouest de la province de Namur, mais surtout sur le nord de la France. En début de soirée, l’activité électrique retombe progressivement.
 
La première image illustre la probable supercellule sur la région de Walcourt vers 16h20. Sur la seconde image, la zone orageuse a évolué vers un couloir d’orages multicellulaires vers 18h00, mais la supercellule est toujours observable du côté de Mouscron et Tournai (Source: Belgocontrol).
 
Activité électrique sous un faible orage évoluant sur la Thudinie en début de soirée (Auteur: Info Meteo).
 
Activité électrique relevée entre 14h00 et 22h00. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).
 
Voir aussi les actualités de Belgorage à ce sujet: Orages 11 mai 2016
 
12 mai – Nouveaux orages parfois intenses
 
La Belgique reste en bordure d’une vieille occlusion sur le nord de la France, avec de l’air continental chaud couvrant la moitié nord du pays. Sur l’occlusion même, quelques orages se produisent, avec l’un ou l’autre débordement sur les régions frontalières belges. En fin d’après-midi, un orage isolé très actif se forme aux Pays-Bas et dérive à travers la Campine jusque la région de Leuven. Enfin, en début de soirée, une petite zone de convergence se met en place sur les Limbourg néerlandais et belges, organisant un axe orageux se déplaçant lentement vers l’ouest-sud-ouest, jusque sur le nord de la Wallonie. L’activité électrique au sein de cet axe est par moments bien présente avec un éclair toutes les 5 à 10 secondes.
 
Séquence radar montrant l’orage campinois vers 19h30 et l’axe orageux aux alentours de 23h00.
 
Activité électrique relevée entre midi le 12 et minuit le 13. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).
 
Double coup de foudre sous l’axe orageux limbourgeois en fin de soirée (Auteur: Info Meteo).
 
13 mai – Episode orageux de longue durée en Lorraine belge
 
La situation de ce jour est très particulière. Le flux est établi au nord-nord-est sur la Belgique, tandis qu’une petite ligne de convergence se forme en Lorraine et sur le Grand-Duché de Luxembourg. Elle y entraîne une répétition d’orages pendant parfois plus de 13 heures entre le début d’après-midi et la soirée. Certains orages sont bien actifs, accompagnés d’une activité électrique soutenue et de fortes précipitations. Néanmoins, aucun dégât n’a été signalé. Plus au nord, quelques orages sont observés en Entre-Sambre-et-Meuse, sur le Condroz, la Famenne et l’Ardenne, mais leur ampleur est bien plus faible.
 
Activité électrique relevée entre midi le 13 et minuit le 14. Les plus vieux impacts sont en bleu et les plus récents en jaune. (source: Lightningmaps)
 
En fin de nuit du 21 au 22 mai, des orages localement assez intenses traversent nos régions du centre du Hainaut en direction de la Flandre orientale. Quelques inondations locales et un peu de grêle sont observées. 
 
Fin mai – début juin – longue période orageuse avec inondations. Voir dossier spécial où le compte rendu de chaque jour est détaillé: ICI
 
Juin
 
Le 3 juin, toujours et à nouveau des orages localement très pluvieux qui provoquent des inondations locales dans l’après-midi et en soirée du côté de Virton et de Arlon, mais aussi par endroits à Verviers. Un foyer orageux se réactive en milieu de nuit du 3 au 4 sur le centre du Brabant wallon.
 
L’après-midi du 4 juin et la nuit suivante, des orages sont encore observés sur le Limbourg et la province du Luxembourg dans un premier temps, puis sur le centre de la Belgique. Un système orageux progresse ensuite de la région bruxelloise vers Tournai et Lille en milieu de nuit. Quelques inondations locales sont signalées du côté de Virton.
 
Activité électrique relevée entre 14h00 le 4 juin et 2h00 le 5. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (Source: Lightningmaps).
 
Du 5 au 7 juin, une puissante dégradation orageuse prend place sur nos régions et provoque à nouveau des inondations ainsi que des dégâts dus à la grêle. Voir dossier spécial: ICI
 
La suite du mois de juin est tout sauf estivale. De fréquentes perturbations maritimes concernent nos régions, amenant de la pluie en quantité et de manière très régulière, le tout sous des températures qui peinent à atteindre les normes de saison. Des orages se manifestent à plusieurs reprises, notamment le 17 juin, mais restent généralement contenus, sauf localement où des inondations sont encore observées, notamment dans l’ouest de la Belgique.
 
Du 22 au 24 juin, plusieurs salves orageuses parfois violentes frappent nos régions, provoquant de nombreux dégâts. Voir dossier spécial: ICI. Le 23 juin est le seul jour du mois où la température atteint ou dépasse les 30°C par endroits.
 
Les statistiques confirment un mois de juin particulièrement mauvais. Si les températures sont normales et proches de la moyenne, ce n’est pas le cas de l’ensoleillement, anormalement faible, mais surtout de la quantité de pluie tombée, exceptionnelle, qui établit par ailleurs un nouveau record pour le mois de juin. 
 
Juillet
 
Après un début hésitant, juillet se cale sur une météo normale pour ce mois en Belgique, tantôt avec de la chaleur et du soleil, tantôt avec de la pluie et plus frais. Le 10 juillet est une journée avec des températures élevées, avec 31,0°C à Angleur, 30,5°C à Kleine-Brogel, 30,2°C à Aubange et 29,7°C à Bierset.
 
Par contre, deux jours plus tard, c’est complètement l’inverse. Le 12 juillet, de l’air maritime polaire s’engouffre sur nos régions, apportant un temps particulièrement maussade. Quelques orages d’air froid sont observés en fin d’après-midi, notamment sur la Hesbaye.
 
Faible orage s’avançant sur la Hesbaye en fin d’après-midi du 12 juillet (auteur: Info Meteo).
 
La journée du 13 juillet, en plus d’être sombre et accompagnée de régulières averses (parfois orageuses), est très fraîche avec des températures maximales parfois sous 15°C. On relève ainsi 17,2°C à Uccle, 15,4°C à Florennes et 14,2°C à Saint-Hubert.
 
A partir du 17 juillet, le temps s’améliore nettement. Le 19 juillet, les températures maximales dépassent les 30°C en de nombreuses stations:
 
30,8°C à Uccle
32,3°C à Gand
31,4°C à Chièvres
31,1°C à Gosselies
31,3°C à Bierset
32,0°C à Koksijde
 
Le 20 juillet est également très chaud. Toutefois, une petite ligne de convergence traverse le pays dans l’après-midi et apporte une air maritime un peu moins chaud, limitant l’envolée des températures. Elle n’atteint que tardivement la Campine où le thermomètre a le temps de scorer à 36,0°C. Ailleurs, on note:
 
32,8°C à Gand
31,9°C à Uccle
32,2°C à Gosselies
32,4°C à Ernage
33,7°C à Bierset
32,3°C à Buzenol
 
En soirée, quelques averses parfois orageuses concernent les environs immédiats de la Lorraine belge.
 
Le parc météorologique de Dourbes grille sous un soleil de plomb ce 20 juillet 2016 (source: IRM).
 
Le 21 juillet, un orage assez actif se produit sur la province du Luxembourg en début de soirée. Il est suivi le lendemain 22 juillet par une série d’orages sur le massif ardennais en début d’après-midi, accompagnés de grêle. Plus tard, d’autres foyers stationnant dans un premier temps sur le nord-est de la France remontent et se constituent progressivement en MCS sur la Wallonie en soirée. Quelques noyaux sont particulièrement costauds et provoquent des inondations en Lorraine belge mais aussi dans le Borinage. C’est justement en Lorraine, notamment du côté de Virton, où les orages ont pris la tournure la plus violente. Ces orages ont été dictés par un flux d’air très humide et doux (23 à 24°C de température maximale) de nord à nord-ouest en surface, et un flux de sud en altitude.
 
Activité électrique sur le Condroz (région de Clavier) sous un noyau bien actif du MCS en soirée (auteur: S. Dumoulin).
 
La séquence suivante montre la progression des orages, heure par heure, de 21h00 à 1h00 le 23. Il est possible que le MCS ait fini par se constituer en MCV, système convectif de mésoéchelle contenant en son centre une dépression marquée par l’enroulement des précipitations côté français.
 
Formation et évolution du MCS en soirée du 22 juillet et en début de nuit suivante, de 21h00 à 1h00 (source: Météo France).
 
Les précipitations ont été localement très abondantes avec 50 mm de pluie à Florennes et 60 mm à Saint-Hubert et à Winenne (précipitations relevées entre 8h00 le 22 et 8h00 le 23).
 
Le 23 juillet dans l’après-midi, de nouveaux orages se développent dans le flux d’air humide de nord et concernent la Hesbaye et le Condroz. Un rail d’orages se constitue entre Diest et Gembloux et entraîne des inondations du côté de Jodoigne et de Orp-Jauche notamment. Il tombe 84 mm de pluie à Ransberg et 46 mm à Marilles.
 
Août
 
Les 2 et 3 août sont particulièrement mauvais: il pleut pendant de longues heures sans discontinuer, le tout sous des températures bien en-dessous des 20°C. Il tombe entre 30 et 50 mm de pluie sur certaines régions pendant ces deux jours.
 
Le 10 août est une journée particulièrement froide en raison d’un flux polaire bien établi sur nos régions. La température maximale n’atteint que 15,1°C à Uccle et 12,2°C à Saint-Hubert. Le lendemain 11 août est une journée exceptionnellement froide pour la saison. A Uccle, il n’a plus fait si froid en deuxième décade d’août depuis 1912: la température maximale s’établit à 14,6°C. On mesure 14,7°C à Gosselies et 14,8°C à Bierset. Ce même jour, il ne fait que 0,5°C au petit matin à Elsenborn. Seul l’ouest de la Belgique, dans de l’air un peu plus doux, échappe à ce temps très froid pour la saison.
 
Températures maximales relevées dans la journée du 11 août 2016 (source: Infoclimat).
 
Par la suite, le temps se réchauffe progressivement. Le 18 août, quelques orages modérés sont observés sur le massif ardennais dans l’après-midi.
 
La fin août est marquée par une canicule exceptionnelle (jusqu’à 35,2°C à Ernage le 27 août). Voir notre article spécial: La vague de chaleur de fin août 2016
 
En soirée du 27 août, de puissants orages concernent le sud et l’est de la Belgique. L’activité électrique est exubérante. Voir l’article spécial sur ces orages: ICI
 
Le mois d’août, qui avait commencé avec un important déficit thermique, se termine finalement proche de la normale en raison de la chaleur observée durant la deuxième partie du mois.
 
Septembre
 
Le mois de septembre commence très bien avec de belles journées estivales, notamment le 3. Il fait ainsi 25,2°C à Dourbes ce jour. Le lendemain matin, un front froid très actif traverse nos régions et donne quelques orages sur l’est de la Belgique, notamment sur le Brabant wallon, l’ouest et le sud de la province de Liège. Un foyer particulièrement intense sévit sur Maastricht et frôle nos frontières en se dirigeant vers l’est.
La semaine qui suit, le temps se fait à nouveau pleinement estival, avec d’assez belles journées et des températures supérieures aux normes de saison.
 
Nuages d’altitude au coucher du soleil le 6 septembre sur Seraing (auteur: Info Meteo).
 
A la mi-septembre, la Belgique connait un coup de chaleur exceptionnel pendant quelques jours, avec des températures excédant largement les 30°C, ce qui est très élevé pour la saison. Voir notre dossier spécial: ICI
 
A noter que les trente derniers jours ont connu une moyenne de température exceptionnellement élevée, presque aussi importante que celle du milieu de l’été. Par ailleurs, le déficit pluviométrique entamé à la mi-août s’accentue, et certaines régions n’ayant vu que peu de précipitations commencent à connaître une sécheresse significative des terres superficielles.
 
A la fin du coup de chaleur, au soir du 15 septembre, de forts orages organisés en MCS naissent sur un axe Maastricht – Aachen puis balaient la Campine avant de filer vers le centre des Pays-Bas. L’activité électrique est parfois intense pour un orage de septembre, avec des séquences d’un éclair toutes les 2 à 3 secondes par moments. Ces foyers se développent au-devant d’un front froid remontant de France.
 
Coup de foudre sous le système orageux concernant la Campine le soir du 15 septembre 2016 (auteur: Info Meteo).
 
Septembre qui s’achève a été très anormalement chaud, avec un excédent thermique de +2,5°C. La quantité de pluie est à l’inverse très anormalement basse, accentuant le déficit pluviométrique et la sécheresse entamés à la mi-août. L’ensoleillement est par contre anormalement élevé.
 
Octobre
 
Le 1er octobre nous montre que la saison des orages n’est pas encore finie. Après quelques averses orageuses sur le centre de la Belgique, un front occlus lié à une petite dépression sur la mer du Nord initie une ligne d’orages modérés évoluant même temporairement en LEWP (ligne orageuse en vague) sur le Hainaut, le Brabant wallon et la région de Bruxelles en début de soirée. Le LEWP est habituellement une structure d’orages violents, ce qui ne fut pas réellement le cas ici compte tenu de la saison. La dynamique aura permis de donner naissance à cette structure, bien davantage que l’instabilité qui était plutôt médiocre à cette heure.
 
Le LEWP entre Bruxelles et le département des Ardennes à 19h45 le 1er octobre (source: Meteo Services).
 
Eclair internuageux au-dessus de Fontaine-l’Evêque au passage de l’orage du 1er octobre (auteur: Info Meteo).
 
Le 16 octobre est une très belle et douce journée d’automne. En soirée, un front froid arrivant de l’ouest initie une série d’orages sur le nord de la France et l’ouest de la Belgique. Par endroits, les précipitations sont importantes.
 
A la fin du mois, les températures remontent et dépassent les 15°C par endroits l’après-midi. Pourtant, octobre 2016 est au final un mois anormalement froid par rapport à la moyenne normale.
 
Novembre
 
A l’instar des deux dernières années, la Toussaint connait un coup de douceur et un temps splendide, cependant moins prononcés qu’en 2014 et 2015. 
 
Le village de Herbeumont, en Ardenne, à la Toussaint 2016 (auteur: Info Meteo).
 
Une semaine plus tard, c’est l’inverse. Les hauteurs (>500 mètres) connaissent leur premier épisode hivernal le 9 novembre, avec une accumulation de plusieurs centimètres. 
 
A partir de la mi-novembre, les bas géopotentiels descendent des hautes latitudes en direction de l’Europe occidentale, amenant de l’air maritime humide et doux sur la Belgique. Le 18 novembre, une ligne de grains se développe sur les Hauts de France à la faveur d’une traîne très active, devient orageuse et concerne la moitié nord-ouest du Hainaut en fin d’après-midi. Une autre ligne de grains la devance et est responsable de fortes rafales (81 km/h à Gosselies). Elle devient à son tour orageuse au nord de Liège et sur l’Entre-Vesdre-et-Meuse.
 
Eclairs détectés le 18 novembre 2016 (source: Lightningmaps).
 
La nuit du 19 au 20 novembre, la tempête Nannette/Angus (nom allemand/nom anglais) s’engouffre dans la Manche après s’est creusée sur le Proche Atlantique. Les rafales atteignent 140 à 170 km/h sur les côtes bretonnes et normandes. Le 20 novembre, la tempête concerne la Belgique, le nord de la France et les Pays-Bas. On relève 115 km/h à Zeebruges, 105 km/h à Stabroek, 97 km/h à Chièvres, 94 km/h à Zaventem et 90 km/h à Gosselies. Sur les côtes du Pas-de-Calais, les rafales sont très violentes, avec 155 km/h à Boulogne et 163 km/h au Cap Gris-Nez.
 
La tempête Nannette/Angus le 20 novembre à 10h00 au-dessus de la mer du Nord (source: Eumetsat).
 
La fin novembre est hivernale, avec les premières gelées modérées. Le 30 novembre au matin, il fait -10,8°C à Elsenborn.
 
Décembre
 
En décembre, le temps est de saison, avec de fréquentes gelées. La Noël connait par contre un coup de douceur, avec des maximales au-dessus de 10°C.
 
 

Evénements 2014

Cette page reprend l’ensemble des infographies et des liens vers les dossiers spéciaux concernant les événements survenus au cours de cette année 2014, riche d’un point de vue météorologique. N’hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir et à consulter les liens vers les articles spéciaux.

En résumé, 2014 c’est:

  • un « non-hiver » 2013 – 2014, anormalement orageux
  • une année orageuse exceptionnelle avec un paroxysme en juin
  • des tornades en série en août
  • un automne hors du commun
  • une année caractérisée par une grande douceur et une récurrence durable du régime « Atlantic Low », avec une persistance de dépressions sur l’océan et d’anticyclones sur l’Europe centrale, plaçant régulièrement nos régions dans des flux d’origine subtropicale.
 
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L’hiver 2013-2014 est anormalement doux, humide et orageux. Certaines régions ne voient pas le moindre flocon durant cette saison.


Janvier

Le 25 janvier, un derecho complètement hors saison traverse l’ouest de la Belgique et le Nord-Pas-de-Calais en provoquant de puissantes rafales de vent et des tornades.

 
 
L’orage est spectaculaire, notamment à Zeebruges où l’équipe Belgorage l’attendait de pied ferme:
 
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Mars

Le début du mois de mars est atypique, avec un temps ensoleillé et très doux (Voir ICI). Le 9, un record de douceur est battu.
 
 
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Avril

Le 7 avril, l’année orageuse commence en fanfare avec le passage d’un QLCS (système orageux organisé en ligne). Lien vers le dossier spécial: ICI
 
Les 21 et 22 avril, de nouveaux et nombreux orages concernent nos régions. 
 
 
 
Le 24 avril, un puissant orage frappe l’Ardenne et la Famenne et s’accompagne de grêlons de plusieurs centimètres de diamètre qui provoquent des dégâts.
 
 
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Mai

Le 6 mai, de forts orages se produisent sur le massif ardennais tandis qu’une supercellule concerne l’ouest du Hainaut. Lien vers le dossier spécial: ICI
 
Le 20 mai, une nouvelle supercellule concerne l’ouest du Hainaut dans l’après-midi. En soirée, un violent bow echo (orage organisé en arc) explose sur l’Entre-Sambre-et-Meuse et traverse le centre de la Belgique en provoquant des dégâts dus au vent. Lien vers le dossier spécial: ICI. De nouveaux orages éclatent le 21 mai.
 
Coup de foudre sur les hauteurs de Beignée, près de Charleroi, en fin de soirée du 20 mai.
 
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Juin

Entre le 7 et le 10 juin, des orages récurrents se produisent et provoquent de nombreux dégâts. De nombreuses supercellules sont observées et plusieurs MCS (systèmes orageux de grande étendue) traversent nos régions. L’une des supercellules passe sur Bruxelles où elle déverse des grêlons de 5 cm de diamètre et interrompt le match de football amical entre la Belgique et la Tunisie. Lien vers les dossiers spéciaux ci-dessous:
 
 
Ambiance électrique le soir du 8 juin au-dessus de Berzée. Source: Info Meteo.
 
 
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Juillet

Le 6 juillet en début de soirée, de forts orages frappent la Lorraine belge. Une supercellule est suspectée dans la région de Athus où elle produit une violente rafale descendante génératrice de dégâts. De la grêle est également observée.
 
Le mois de juillet présente différentes facettes (Voir analyse ici). Un coup de chaleur se produit le 18 juillet.
 
 
 
Le lendemain, le 19, un MCS traverse l’ouest du Nord-Pas-de-Calais et de la Belgique du sud au nord, accompagné d’une forte activité électrique.
 
 
 
La nuit du 27 au 28 juillet, une salve orageuse concerne l’ouest de la Flandre. L’après-midi suivant, de nouveaux orages parfois costauds éclatent sur les deux Flandres et le Hainaut, ainsi que dans la région de Waremme. A Charleroi, des inondations sont observées.
 
Activité électrique de la journée du 28 juillet. Les couleurs froides montrent les impacts les plus récents.
 
Le 29 juillet, des orages à déplacement lent conduisent à des inondations dans l’ouest du Brabant-Wallon, notamment à Ittre où elles sont spectaculaires.
 
 
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Août

Quelques orages sont observés le 3 août dans l’après-midi.
 
Le 8 août, plusieurs tornades sont signalées en Belgique, à Manhay, Sart-lez-Spa et Jauchelette. Dossier spécial: Orages et tornades du 8 août.
 
Le 10 août, un outbreak tornadique (épisode d’un nombre important de tornades) concerne le nord de la France et la Belgique. Une tornade spectaculaire frappe notamment la commune de Sombreffe. Une autre tornade est confirmée à Gozée. Lien vers le dossier spécial: Tornades du 10 août
 
La tornade de Ligny-Sombreffe, alors qu’elle traverse le village de Tongrinnes, le 10 août en fin d’après-midi.
 
 
Le 15 août, une trombe marine provoque quelques dégâts sur la digue de Zeebruges. D’autres tornades, trombes et tubas sont signalés les jours suivants dans le nord de la France et en Belgique. Le 22 août, trois tornades frappent ces régions: la première à Wambrechies, au nord-ouest de Lille, la seconde à Zwijnaarde, près de Gand, et la troisième entre Leuze et Ath (dossier à venir). Dossier résumé: ICI
 
S’il n’avait pas trop mal commencé, août présente une dernière quinzaine trop fraîche et humide, plombant les statistiques d’un mois qui se termine finalement avec un déficit thermique très anormal et une pluviométrie excédentaire. La température moyenne du mois a été de 16,2°C contre une normale de 18,0°C. La moyenne des températures maximales est encore plus déficitaires (considérées comme très exceptionnelles), la plus froide des trente dernières années.
 
Le soleil se montre rarement durant ce mois, et quand il le fait, c’est dans un ciel souvent nuageux. L’astre se couche ici un soir de fin août à Capinghem (département du Nord).
 
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Septembre

Septembre est relativement beau, avec plusieurs journées pleinement estivales au cours desquelles les températures dépassent les 25°C. L’excédent thermique est anormal, tandis que le déficit pluviométrique est très exceptionnel. Voir ICI
 
Visé en fin d’après-midi, fin septembre.
 
Des orages parfois intenses surviennent cependant durant le week-end des fêtes de Wallonie, engendrant des inondations locales. Dossier spécial: ICI
 
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Octobre

Octobre s’inscrit dans la continuité de septembre et de cet automne 2014: très doux. L’ensoleillement est par contre légèrement déficitaire. Voir analyse ICI 
 
Plusieurs journées sont dignes de l’été, dont le samedi 18 octobre.
 
 
 
Le 21 octobre, l’ex-cyclone tropical Gonzalo, qui a notamment frappé les Bermudes, arrive en Europe Occidentale. Réincarné sous la forme d’une dépression extratropicale, il déclenche un épisode tempétueux sur les Iles britanniques, l’Irlande, le nord de la France, le Benelux, l’ouest de l’Allemagne et la Suisse. 
 
 
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Novembre

La Toussaint est exceptionnelle de douceur. Les températures maximales atteignent parfois plus de 20°C, c’est de jamais vu au cours des 115 dernières années. Des orages sont observés dans la soirée du 2 novembre.
 
 
La première quinzaine du mois passe à deux doigts (ou plutôt un dixième de degré) d’être la plus douce enregistrée à ce jour. La seconde quinzaine alterne quelques périodes plus fraîches (avec les premières gelées, ce qui est très tardif) et des moments de grande douceur, comme le week-end du 22 – 23 novembre.


La fin novembre se fait plus fraîche, avec des gelées généralisées sur le sud de la Belgique. Mais ce froid n’est que pelliculaire: le 30, alors qu’on observe -3,5°C à Elsenborn (+/- 600 mètres) en température minimale, il fait +14°C à environ 750 mètres d’altitude. Une langue d’air très doux surplombe l’air froid, engendrant une inversion particulièrement marquée. Au-dessus de Beauvechain, en l’absence d’effet de sol, la différence atteint 12°C en 750 mètres. En soirée du 30, un peu de neige et de verglas est observé localement au sud du Sillon-Sambre-et-Meuse.

Novembre se termine avec un excédent très anormal de la température. De même, l’automne 2014 est le deuxième plus chaud enregistré depuis le début des observations, derrière l’intouchable Automne 2006. Voir l’infographie pour novembre: L’anti-novembre 2014

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Décembre

Le Général Hiver débarque à l’heure. Le soir du 2 décembre, une première offensive neigeuse concerne une bonne partie du sud-est de la Belgique ainsi que le nord du département des Ardennes. Un compte rendu est accessible ICI.

Le 8 décembre, de nouvelles averses de neige se produisent, menant à une petite accumulation en Haute Belgique, plus sporadique ailleurs.

 
L’agitation continue les jours suivants puisque nous connaissons plusieurs phénomènes: un gros coup de vent, de fortes précipitations et de nouvelles chutes de neige en Haute Belgique.
 
 
Bastogne enneigée au soir du 13 décembre. Auteur: A. Esmanne.
 
Après deux semaines de douceur et un 24 décembre qui l’est tout autant, la masse d’air commence à changer le jour de Noël, avec un refroidissement progressif. Le 27, une profonde dépression nommée Hiltrud traverse la Belgique du nord-ouest au sud-est. Un épisode neigeux assez important frappe différentes régions du pays. Il tombe par exemple entre 10 et 15 cm de neige dans l’Entre-Sambre-et-Meuse et 15 à 25 cm sur le massif ardennais. Un dossier spécial est accessible: Neige et froid de la fin décembre
 
Montigny-le-Tilleul sous la neige en fin d’après-midi du 27 (Source: Info Meteo).
 
La nuit suivante, l’air froid déboule d’Allemagne, et les températures entament une chute. Du verglas est présent en de nombreux endroits au matin du 28. En soirée et la nuit suivante, les températures plongent, passant sous les -10°C en certains endroits (Hautes-Fagnes, localement en Ardenne, sud de Charleroi…).
 
Le 29 au matin, quelques averses de neige puis de pluie traversent la Belgique du nord au sud. Une petite accumulation est observée dans l’est du pays, avant l’arrivée progressive du dégel.
 

Analyse climatologique du mois de décembre: ICI

Chronique d’un mois de juillet pourri

 
 
Commençons par un brin de sarcasme et la destruction d’une idée reçue. En effet, au soir du 9 juillet, Uccle venait d’enregistrer une maximale de 15,8° et une pluviosité de 36,5mm. Du matin au soir, la pluie tomba sans s’arrêter sur le centre du pays. D’une manière générale, la première décade laissa un mauvais souvenir avec environ 43h d’ensoleillement et des températures trop basses.
 
 

D’aucuns commença alors à parler « d’été pourri », expression largement relayée par la presse, alors que le mois de juin fut loin d’être pourri et que devait encore arriver la deuxième moitié de l’été. Au vu des tendances à long terme sorties mi-juillet, Info Météo comme d’autres collectifs météorologiques surent rapidement que la situation allait rapidement se régulariser d’ici la fin du mois. Et, de fait, interrogés par nos soins sur notre page FB, nos membres répondirent d’une manière assez unanime que ce mois de juillet leur laissa une bonne impression, certes avec quelques souvenirs pluvieux, mais sans trop d’excès.
Comme nous allons pouvoir le constater, ce ressenti est relativement proche de la réalité des chiffres, mais il nous a paru intéressant de rédiger cet article pour analyser ce mois malgré tout un peu particulier. Les chiffres globaux nous montrent effectivement des moyennes qui s’écartent des normales pour certains paramètres, mais sans tomber dans des excès gigantesques. Ils trahissent néanmoins des variations relativement importantes entre certaines périodes et une synoptique assez inhabituelle.
 
Des températures excédentaires et variables
 
La température moyenne de ce mois de juillet 2014 fut donc de 19.3°, soit 0.9° au-dessus des normes 1981-2010. Cela est donc catégorisé comme mois « normal » par l’IRM. Cependant, les températures ont connu quelques variations durant ce mois, comme l’atteste ce tableau récapitulatif :
 
Celui-ci montre à quel point l’expression « d’été pourri » utilisé par certains médias est ridicule. Les premiers jours du mois furent dans les normes et c’est seulement du 9 au 12 que les températures ont franchement fléchi. Mais ce n’était que pour mieux repartir et celles-ci augmentèrent de 15° en 6 jours (du 12 au 18). Ensuite, plus aucun jour de juillet n’enregistra des maximales en-dessous de 20°.  Juillet 2014 compte 26 jours avec des températures d’au moins 20° (normales : 22.6) et 13 jours d’été (températures d’au moins 25°, normales : 9.7). 18 jours ont enregistré 23°, soit la normale saisonnière d’un juillet classique. Sur le plan thermique, un mois donc assez chaud avec des variations dignes du climat belge qui souffle le frais et le chaud. Certains semblent l’oublier. 
Un autre détail intéressant montre que les températures minimales sont catégorisées comme « anormales » car ayant atteint 15.5° au lieu de 14.0° de norme. En revanche, les maximales sont de 23.4° au lieu de 23.0°. Cela tend à montrer que les nuages furent suffisamment nombreux durant les nuits pour empêcher la radiation et conserver plus de chaleur que d’habitude.
 
Un ensoleillement légèrement déficitaire
 
Bien que la quantité de soleil reçue par Uccle fut catégorisée comme « normale »(193h47min au lieu de 200h42min), il est bon de s’arrêter un moment sur ce léger déficit. D’abord, il permet d’expliquer le paramètres précédent, à savoir une couverture nuageuse plus importante qui permit des températures minimales anormalement élevées et des maximales très proches des normes.
Ensuite, on observera que du 8 au 12 juillet inclus, soit durant 5 jours entiers, le soleil ne se montra absolument pas. D’autres journées furent très pauvres en soleil, comme le 5 juillet (40 min), le 15 juillet (34 min), le 21 juillet (23 min), et le 29 juillet (3 min). Au contraire, d’autres journées furent pleines de soleil, comme le 2 juillet (12h26min), le 3 juillet (plus de 15h !), le 16 juillet (12h28min), le 17 juillet (12h03min), le 18 juillet (14h29min), le 23 juillet (11h27min), le 24 juillet (11h51min), et le 31 juillet (13h17min). Cela montre qu’à côté des journées très grises, d’autres furent très ensoleillées pour arriver finalement à un quasi-équilibre. 
 
Une pluviosité très capricieuse
 
C’est certainement dans la quantité de pluies qu’il faut se plonger (sans faire de mauvais jeu de mots) car c’est au final ce paramètre qui s’écarte le plus des normes. Il est tombé 117.2mm contre 73.5 de normales. Il s’agit donc d’une déviation de plus de 50%. Ceci étant dit, il faut faire 2 grandes remarques. D’abord, ces précipitations sont tombées sur 16 jours (normales : 14.3), ce qui reste catalogué comme « normal » au contraire de la quantité qui est « anormale ». Si on va plus loin, on peut constater qu’il est tombé 105mm sur 7 jours, soit 90% du total mensuel durant un nombre réduit de journées (la moitié d’un mois de juillet normal). On peut donc en conclure que les précipitations, bien qu’assez importantes, ont été concentrées sur quelques jours, comme ce fut d’ailleurs aussi le cas en juin. Pour confirmer tout ceci, nous avons plusieurs séries de temps sec, du 1er au 4 juillet, du 14 au 19 juillet, et du 23 au 27 juillet. Ceci explique sans doute en grande partie le souvenir assez positif de nos lecteurs face à ce mois. 
Un autre point qu’il faut noter est que, malgré la quantité assez importante de pluies, juillet 2014 ne finit absolument pas dans le haut du classement des mois les plus pluvieux depuis 1833, puisqu’il se positionne 29°, loin derrière le record de 1942 avec 196mm de pluies. 
Ces 2 remarques nous permettent donc de relativiser et accentuent encore ce sentiment positif concernant ce 2° mois de l’été 2014. On notera aussi que les précipitations, souvent orageuses, sont évidemment inégalement réparties sur le territoire. A titre d’info, on signalera les 256.7 mm tombés au Mont-Rigi durant ces 31 jours.
 
Une synoptique particulière
 
Tous ces chiffres nous permettent d’arriver progressivement à une conclusion : malgré une pluviosité assez importante et un ensoleillement légèrement déficitaire, les températures furent excédentaires. Le graphique suivant, réalisé par Olivier, montre un élément particulièrement intéressant :
 
 

 

 
Sur l’axe des X se trouve l’ensoleillement et sur celui des Y on trouve la température. La taille de la boule dépend de la quantité de précipitations. D’après ce graphique, on en déduit que plus l’ensoleillement est déficitaire et la pluviosité est excédentaire, plus la température doit être basse. Jusque là, rien d’anormal. L’aspect intéressant de ce graphique est que la boule de juillet 2014 ressort assez nettement vers le haut (donc dans l’axe des températures) malgré un ensoleillement très moyen et une pluviosité relativement importante. Si on va plus loin, et qu’on applique une régression statistique, juillet 2014 auraît du enregistrer avec la pluviosité et l’ensoleillement observés une température de 16.6°. Or, il n’en fut rien puisque ce fut 19.3°.
On peut donc lire cette conclusion sous un autre angle que celui de la normalité du mois par rapport aux moyennes. En réalité, par rapport à la situation observée, ce mois de juillet 2014 serait très anormal, voire exceptionnel. Cela est dû en réalité à une synoptique toute aussi particulière :

Pendant ce mois a longtemps régné une anomalie de haute pression sur la Scandinavie alors que le Sud de l’Europe a enregistré une anomalie de basse pression. Ceci se traduit par des anomalies de température positives sur une grande partie Nord de l’Europe avec des températures caniculaires sur la Suède et des incendies dans le pays nordique :

Cette synoptique qui a provoqué chez nous un léger excédent thermique fut accompagné d’un vent majoritairement orienté au Nord-Nord-Ouest !
Inévitablement, ces dépressions ont apporté instabilité et humidité qui ont parfois débordé et stagné sur nos régions pendant plusieurs jours. Notre pays se situant néanmoins dans le côté chaud de ces dépressions, nous avons donc enregistré un mois assez chaud mais périodiquement très humide avec d’importants totaux et des débordements nuageux qui ont empêché le soleil de briller plus qu’il ne le devrait.