Evénements 2018 – Janvier à avril

 

Retrouvez ici tous les événements météorologiques s’étant produits en Belgique entre janvier et mars 2018. Les autres périodes peuvent être atteintes via les liens à la droite de cet article ou dans la rubrique « Faits météo en Belgique ».

3 janvier – tempête Eleanor

En soirée du 2 janvier, la dépression Eleanor se creuse sur l’Irlande y apportant des rafales de plus de 140-150 km/h. Le lendemain 3 janvier, elle se trouve en mer du Nord. Son front froid très violent balaie la Belgique en deuxième partie de nuit, engendrant une véritable tempête. On relève 101 km/h à Chièvres, 105 km/h à Ernage, 112 km/h à Uccle, 115 km/h à Humain, 116 km/h à Zeebrugge et 126 km/h à Florennes. Des coupures de courant sont signalées tandis que de nombreuses chutes d’arbres et des dégâts aux toitures sont enregistrés dans de nombreuses régions. En matinée, le vent reste très présent (rafales de 70 à 90 km/h), tandis qu’un orage modéré est observé en province de Liège. Dans le nord de la France, on relève 147 km/h à Cambrai, 135 km/h au Cap Gris Nez. Aux Pays-Bas, des rafales de 140 km/h sont enregistrées sur les côtes zélandaises.

 
La tempête Eleanor au petit matin du 3 janvier (source: Wokingham Weather).
 

Dans le même temps, les cours d’eau du sud de la Wallonie sont en crue par endroits, en réponse aux précipitations abondantes tombant depuis plusieurs semaines.

 
Le 4 janvier, un nouvel épisode venteux, cependant moins intense, concerne la Belgique, au passage de la dépression Christine. Les rafales sont généralement comprises entre 70 et 80 km/h, mais une pointe de 94 km/h est observée à Florennes. 
 
En soirée du 16 janvier et la nuit suivante, de multiples giboulées (grésil et neige) sont observées au-dessus de 150 mètres, parfois accompagnées d’une faible activité orageuse. La neige accroche temporairement sous les averses, plus durablement dans l’est de l’Ardenne. Ces giboulées sont également observées le 17 janvier.
 
Averse de neige en début de nuit du 16 au 17 janvier sur les hauteurs de Namur (auteur: Info Meteo).

 

18 janvier – tempête David le matin et orages en soirée
 
En fin de nuit et en matinée, une dépression de tempête se creuse en traversant la mer du Nord, elle est nommée David par Meteo France. Aux Pays-Bas, les rafales atteignent 140 km/h sur les côtes. En Flandre, on relève 119 km/h à Deurne, 112 km/h à Zeebrugge et 90 km/h à Zaventem. En Wallonie, les rafales atteignent 101 km/h au Mont Rigi, 97 km/h à Ernage et Gosselies et 94 km/h à Humain. Dans le nord de la France, les rafales atteignent 120 km/h à Lille et 136 km/h au Cap Gris-Nez. La tempête frappe ensuite le nord de l’Allemagne avec des pointes à 120 km/h en plaine. Une personne décède dans le Brabant wallon suite à la chute d’un arbre.
 
La tempête David vers 11h00 le 18 janvier, alors centrée sur les Pays-Bas (source: Wokingham Weather).
 
En soirée, à la faveur d’une branche puissante de Jet-stream et d’un creux au-dessus de la Belgique, une ligne d’orages se forme sur la côte – une maison est incendiée par la foudre – puis traverse tout le pays jusqu’en province de Liège en prenant la forme d’un bow echo. Les orages sont modérés sur la Flandre et Bruxelles, donnant des chutes de grêle parfois importantes et pas mal de vent (une rafale de 76 km/h est mesurée à Uccle au passage du système). En Wallonie, l’activité électrique est plus sporadique. Des foyers orageux plus isolés sont signalés du côté de Bastogne.
 
Activité électrique observée en soirée du 18 janvier et la nuit suivante (source: Lightningmaps).

 

Au milieu de l’hiver climatologique, le nombre remarquablement faible de gelées depuis le début de la saison pose question. 
 
Le 20 janvier, il neige en Ardenne et temporairement un peu plus bas (jusque 200 mètres d’altitude). La couche de neige dépasse 10 cm au-dessus de 500 mètres. 
 
Quelques jours plus tard, c’est un coup de douceur qui concerne notre pays, en lien avec l’arrivée d’air d’origine tropicale maritime. Les maximales du 24 janvier sont remarquablement élevées: 13,4°C à Beauvechain, 13,1°C à Chièvres, 12,9°C à Uccle, 12,4°C à Bierset, 12,0°C à Gosselies… 
 
Après un décembre extraordinairement sombre, l’ensoleillement est à nouveau exceptionnellement bas pour ce mois de janvier. A cela s’ajoute une douceur persistante qui le fait sortir des normes.
 
Bilan pour Uccle (source: RTBF, données de l’IRM).

 

La Chandeleur est par contre, comme le dit l’adage, une période charnière: l’Hiver (re)prend enfin vigueur, et de la neige est observée les 1er et 2 février en Ardenne, avec localement plus de 10 cm d’acumulation. Le Condroz et le sud de la Hesbaye blanchissent légèrement à la faveur des plus fortes averses poussées dans un flux de nord-ouest à nord. Les jours suivants restent froids mais parfois beaux.

Coucher de soleil sur les Hautes-Fagne le 5 février (auteur: A. Papapanayotou).

 

Le 6 février, un front chaud se coince sur le sud du pays. Une zone neigeuse subsiste pendant toute la journée le long du sillon Sambre-et-Meuse, donnant de 5 à 10 cm de neige (7-8 cm dans l’est du Namurois par exemple) sous des températures négatives tout au long de la journée. La nuit suivante, les températures descendent localement jusqu’à -5°C. 
 
Le front bloqué sur la Wallonie (source: IRM).
 
 

La nuit du 7 au 8 février est froide. Au petit matin, on relève -16,1°C à Elsenborn, -10,4°C à Dourbes, -9,9°C au Mont-Rigi, -9,1°C à Humain et à Florennes.

Le 9 février au soir et la nuit suivante, une nouvelle perturbation apporte quelques centimètres de neige, essentiellement au sud du sillon Sambre-et-Meuse.

En fin de nuit et en début de matinée du 16 février, le verglas consécutif à la mise en gel de l’eau tombée la veille pose des problèmes par endroits.

24 février au 1er mars – vague de froid

Entretemps, début février, le vortex polaire a éclaté dans la stratosphère. En l’espace de deux semaines, ses effets se communiquent à la troposphère et le temps se refroidit nettement à partir du 24 février, avec l’établissement d’un puissant anticyclone sur le nord de l’Europe et un flux d’est continental bien froid sur nos régions. Les minimales tombent sous -10°C à plusieurs reprises en Ardenne, une ou deux fois sur le centre du pays et selon les stations. C’est le 28 février qu’il fait le plus froid en de nombreuses stations du pays, avec des minimales de -14 à -18°C en Ardenne.

 
 
Le 26 février, une zone neigeuse inattendue se déplace du Limbourg au Hainaut sur un couloir étroit: il tombe entre 5 et 10 cm de neige sur la Hesbaye alors que Bruxelles et Namur sont épargnés.
 
Situation du 28 février au soir. On note l’énorme front chaud annonciateur du redoux sur la Méditerranée (source: KNMI).

 

Le mois de février qui se termine marque une rupture complète avec décembre et janvier: très anormalement ensoleillé, anormalement sec et anormalement froid. Le soleil aura en effet été le roi de la météo belge durant ce mois.

Le 2 mars, le redoux atteint la Belgique sous la forme d’un front chaud. L’air devient plus doux en altitude, surplombant de l’air toujours bien froid dans les basses couches. Des pluies verglaçantes gagnent ainsi la Belgique depuis la frontière française en matinée, causant des embarras de circulation. Par la suite, un front froid rejoint le front chaud sur notre pays, formant ainsi une occlusion et refermant de fait le secteur chaud. L’air redevient progressivement froid à tous les étages, et la pluie verglaçante se change en granules de glace puis en neige dans l’après-midi, menant à une accumulation de quelques centimètres.

Schéma illustrant la situation particulière de ce 2 mars (auteur: Info Meteo).

 

Dans les jours qui suivent, la douceur marque le début du printemps météorologique. A la faveur d’un flux de sud au-devant d’un front froid qui ondule sur la France et la mer du Nord, un orage fort pluvieux mais peu actif électriquement se déplace du Hainaut jusqu’à la Zélande la nuit du 10 au 11 mars. Quelques inondations locales sont signalées en Wallonie picarde. Le 11 mars, les maximales atteignent les 15°C en de nombreuses régions.

Du 18 au 21 mars, alors qu’il faisait bien doux les jours précédents, le temps redevient remarquablement froid, avec de temps en temps un peu de neige. La nuit du 19 au 20, il fait -9,2°C à Elsenborn. Le 20 au matin, il ne tombe qu’un centimètre de poudreuse grand maximum sur la province de Liège, mais ça suffit à générer pas mal de problèmes de circulation.

Le mois de mars qui s’achève a été un peu plus frais que la normale (à la limite de l’anormalité).

Le 8 avril est très chaud pour la saison. On relève 24,0°C à Uccle et à Gosselies.

Le 14 avril, des orages modérés éclatent sur la région lilloise et le Brabant wallon. Sur la province brabançonne, on observe quelques chutes de grêle.

A partir du 18 avril, la chaleur fait son retour. Le 19, on frôle les 30°C par endroits – il fait 28,1°C à Uccle. Le 22 avril, plusieurs foyers orageux faibles à modérés sont observés ça et là. Pour plus d’information, voire l’article de notre partenaire Belgorage.

29 avril – Première dégradation orageuse d’envergure

La situation météo du dimanche 29 avril est particulière. Un thalweg d’altitude sur l’ouest de la France guide une dépression de surface en creusement vers nos régions. Son secteur chaud lèche à peine l’est du pays; sur le centre cette masse d’air chaud est décollée du sol par une pellicule d’air maritime frais où souffle un vent de nord à nord-est. Ainsi dans le Namurois, le temps avant les orages était relativement frais, très humide, avec de la brume par endroits (maximales autour de 15°C à Namur). Le cisaillement des vents est de plus bien marqué, tandis qu’une convergence très nette se dessine le long du pseudofront chaud (représenté sur la carte par une plume rouge), au devant du noyau dépressionnaire. Ainsi, ce sont surtout ces éléments dynamiques forçant l’ascension des masses d’air qui ont expliqué l’intensité des orages (surtout sur le centre du pays), et ce alors que l’instabilité est restée modérée. C’est une situation typique de pointe d’air chaud, comme nous l’avions expliqué récemment.

Carte des fronts du 29 avril 20h00 (source: KNMI).

Ce pseudofront est le siège d’un premier orage modéré sur la province de Namur en fin d’après-midi. Puis en début de soirée, un puissant système orageux arrive de France par la pointe de Givet et fonce jusque l’est de la Flandre via le Namurois et l’est du Brabant wallon. L’activité électrique est impressionnante sur fond de ciel livide (jusqu’à un éclair toutes les 2 à 3 secondes) et de très fortes rafales sont localement observées. Ce système hybride présente les caractéristiques d’un echo en arc mais aussi une possible supercellule en son sein. Cette cellule particulière déclenche une tornade qui se déplace entre Dion (Beauraing) et Crupet (Assesse), atteignant une force F2-F3 près de Waulsort. Côté français, l’écho en arc a engendré d’énormes dégâts entre Aube et Ardennes (source: Kéraunos).

Evolution du système orageux sur le Namurois de 20h15 à 20h45 (source: Kachelmann).

En soirée, d’autres forts orages multicellulaires remontent du sud au nord sous la forme d’un rail de foyers à travers l’est de la province de Liège, le Luxembourg et l’ouest de l’Allemagne. Des grêlons de 2 à 3 cm sont observés localement sous ces cellules. Dans l’ensemble, cette dégradation d’ampleur est assez précoce pour la saison.

Les précipitations récoltées sur 24 heures sont localement remarquables (et pas uniquement dues aux orages du soir): entre le 29 8h00 et le 30 8h00, on relève 47 mm à Schaffen, 40 mm à Wartet (source: Info Meteo), 39 mm à Spa et 38 mm à Ernage. Aucune rafale de vent de plus de 90 km/h n’a été mesurée sur le réseau officiel, toutefois des dégâts portés aux bâtiments et à la végétation laissent penser que cette vitesse a été largement dépassée localement sur les communes de Beauraing, Hastière, Onhaye, Dinant, Yvoir et Assesse.

Lien vers l’article de Belgorage à ce sujet: ICI

Le lendemain 30 avril, le temps est d’abord calme, puis devient pluvieux et très frais dans l’après-midi (6°C sur le Namurois vers 18h00). Le vent se fait très présent avec des rafales jusqu’à 80 km/h localement.

Le mois d’avril a été très anormalement chaud, affichant un excédent thermique de +3,1°C à Uccle.

 

Bulletin météorologique spécial

UPDATE 20/02 SCENARIO FROID CONFIRME.

Comme redouté depuis plusieurs jours, c’est maintenant une certitude, nous allons grelotter à partir de dimanche dans nos régions pour au moins deux, trois jours. Voici les températures prévues ci-dessous et donc confirmées du lundi  26/02 au mardi/mercredi -27-28/02 au moins: les maximas plongeront entre -6 et -2°C en Ardenne, -2 à 1°C du centre à la côte. Les minimas, sous ciel partiellement dégagé, dégringoleraient généralement entre -13 et -7°C, voire un peu moins dans les vallées ardennaises abritées. Le vent jouera également un rôle important sur notre sensation de froid. En effet dès la fin de semaine il soufflera en rafales souvent entre 35 et 45km/h, donnant une sensation d’air glacial entre -5 et -15°C de jour et -13 à -25°C de nuit (températures ressenties ->risque d’engelures en 30min).

Comme le prouve l’image ci-jointe, c’est une masse d’air d’origine arctique qui va débouler rapidement sur notre pays, associé au reliquat d’une partie du vortex polaire, éclaté début février.  Celle-ci provient de l’est de l’Europe et de Sibérie, étant à fortiori assez sèche, elle donnera souvent un ciel bien dégagée.

Pour le début du mois de mars, les températures devraient lentement remonter, mais il faudra alors surveiller la circulation de perturbations neigeuses dans nos parages.

C’est donc un refroidissement assez conséquent qui nous attend, mais cela aurait pu être bien pire au niveau du mercure, avec des sols bien plus enneigés sur le continent européen, et un vent nul durant la nuit…. On continue de toute façon à vous tenir informé de l’évolution de la situation.

Michael- Info météo
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SIMPLE REFROIDISSEMENT OU PROBABLE VAGUE DE FROID FIN DE SEMAINE PROCHAINE ?! ET LA NEIGE ?

Bonjour ,

Je ne vais pas trop revenir sur notre publication du 10 février dernier à propos de l’éclatement du vortex polaire, suite à un réchauffement soudain de la stratosphère au-dessus du pôle.
Mais en bref, ce genre d’événement induit des répercussions dans la troposphère environ 2 semaines après s’être produit. C’est-à-dire que déjà maintenant, de l’air véritablement glacial s’écoule depuis le pôle nord vers des latitudes d’habitude plus tempérées.
En d’autres-mots, dès la fin de cette semaine, il faudra surveiller les masses d’air d’origine arctique et leur trajectoire en fonctions des différents centres de pression.
Dans les faits, comme prévu dans le précédent bulletin hebdomadaire, nous assisterons jusqu’en fin de semaine prochaine à un temps se refroidissant légèrement et devenant souvent bien ensoleillé. Entre -2 et 0°C pour les maximas en Haute-Ardenne, 1 à 3°C pour le centre et jusqu’à 5-6°C pour la côte.
La nuit les minimas pourraient descendre entre -5 et -10°C sur le relief, entre -3 et -6°C sur le centre ,-1 et -3°C le long de la mer. Pendant cette période, le risque de précipitation et donc de neige paraît bien faible étant donné que nous serions sous influence anticyclonique. Avant cela, en début de semaine, il fera plus nuageux avec quelques précipitations principalement sur l’ouest. Et en Ardenne, des flocons sans trop de conséquence pourraient virevolter. L’est de l’Europe, c’est désormais acquis, sera en première ligne de mire, avec des températures constamment sous -15°C du nord de l’Ukraine à la Norvège dès la fin de semaine.

Ensuite, c’est véritablement à partir du 26 février que le froid pourrait s’intensifier pour quelques jours sur nos régions. Suivant la trajectoire que prendrait la masse d’air glacial mentionnée ci-dessus, tantôt vers nos régions, tantôt plutôt vers les Îles Britanniques. Les maximas pourraient plonger entre -6 et -2°C en Ardenne, -3 à 0°C du centre à la côte. Les minimas, sous ciel partiellement dégagé, dégringoleraient généralement entre -15 et -7°C.
Mais, selon la configuration la plus probable, de faibles fronts neigeux pourraient alors transiter par notre pays. Le risque de précipitations neigeuses augmenterait alors graduellement sur l’ensemble du pays.

En conclusion, même s’il n’est pas très probable que l’on remplisse les conditions pour avoir une vague de froid à Uccle, nous pourrions tout-de-même faire face à un refroidissement plutôt inhabituel pour la saison. Mais pour cela il faudra que la masse d’air glacial frappe nos régions de plein fouet, ce qui n’est pas encore acquis…

Tout ceci est bien entendu à confirmer, déjà ce soir dans le bulletin à long terme .

Bonne journée et fin de week-end.

Chroniques météo de 1991 à 2000

 
Retrouvez ici les grandes dates de la météorologie belge de 1991 à 2000.
 
Année 1991

Février 1991 est marqué par une vague de froid. Elle dure du 3 au 15 février et voit les températures passer sous les -10°C certaines nuits. Le 7 février, on mesure -15°C à Reims, -13,1°C à Uccle, -12,3°C à Middelkerke et -20,8°C à Libramont. Cette vague de froid est liée à l’émergence début février d’un puissant anticyclone sur la Scandinavie. Une goutte froide se déplace sur le flanc sud de cet anticyclone et se stabilise sur nos régions, donnant des chutes de neige importantes pendant plusieurs jours. Le 8 février, la neige provoque pas mal d’embarras de circulation sur le Brabant wallon. La nuit du 10 au 11 février, c’est au tour des provinces de Namur et de Luxembourg de recevoir une dizaine de centimètres de neige. On mesure 17 cm de neige à Uccle le 14 février à la faveur d’un conflit entre l’air continental et l’air maritime polaire arrivant. Le 15 février, le redoux s’accompagne de vents forts, de neige puis de pluie qui provoquent de gros problèmes de circulation. Des congères de deux mètres sont observées dans le Brabant wallon.

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Double salve orageuse du 6 juillet 2017

Les orages qui ont concerné la Belgique ce jeudi étaient loin d’être exceptionnels, mais constituent la première vague que l’on peut qualifier de « généralisée » par son étendue. C’est assez tardif. Les trois autres épisodes significatifs survenus fin février, fin mai et mi-juin n’ont concerné qu’une petite partie du pays, bien que générant des orages localement forts. Ce 6 juillet donc, l’épisode peut être qualifié à la fois de fort et de généralisé, même si certaines régions sont passées au travers, comme le montre la carte ci-dessous. Elle reprend les éclairs enregistrés entre le 6 juillet minuit et le 7 juillet à 6h00. Les impacts les plus anciens sont en rouge et les plus récents en jaune.

Activité électrique relevée entre le 6 juillet minuit et le 7 6h00 (source: Lightningmaps).

Côté atmosphère, nous nous trouvions dans une configuration propice aux orages assez classique. Une petite dépression remonte le long des côtes de la Manche, établissant un flux de sud-est chaud en basse couche. Une série de lignes de convergence (en rouge) ont initié les orages. Sur la carte ci-dessous, celle en rouge gras porte les orages du début de l’après-midi, tandis que ceux de la soirée seront engendrés plus tard par celle se trouvant sur la Normandie à ce moment (14h00). En altitude, on notait quelques divergences des courants, favorables aux orages, sans que cela ne soit très soutenu. Ceci a permis d’éviter des orages généralisés d’une grande violence car l’énergie disponible était très élevée.

Analyse atmosphérique à 14h00 le 7 juillet (source: KNMI).

La première salve d’orages est apparue sur la Manche et la Picardie en cours de matinée. Bien que donnant des structures nuageuses spectaculaires par moments, l’intensité est restée relativement contenue, jusque sur l’est du Hainaut où les orages se sont réellement organisés. Leur évolution s’est poursuivie jusqu’à former un bow echo particulièrement venteux sur la province de Liège (ligne d’orages courbée, souvent associée à de fortes bourrasques). Au sein de ce fort système, l’activité électrique était notoire, avec un éclair toutes les quelques secondes, bien que cette activité fut surtout intranuageuse. La foudre s’est en effet peu souvent manifestée, ou alors sous la forme de puissants éclairs. L’un d’entre eux a par ailleurs incendié le toit d’une église du côté de Hélécine. Le vent a porté quelques dégâts aux arbres et a provoqué l’interruption temporaire du festival « Les Ardentes » à Liège. Bierset a par ailleurs enregistré une rafale de 80 km/h au passage du système, mais localement les vents ont pu avoir été plus forts. Ci-dessous, l’évolution de la première salve orageuse de 13h30 à 14h30 (source: Belgocontrol).

La seconde salve est partie de Rouen, en France, sous forme d’une division en deux supercellules. La première s’est dirigée vers le nord-est et a frappé la Flandre occidentale, accompagnée de gros grêlons en début de soirée. La seconde s’est avancée plein est vers le département des Ardennes puis vers le sud de la Belgique et le Luxembourg, accompagnée entretemps d’autres cellules formant un amas orageux. Au départ très violent, l’ensemble s’est quelque peu amenuisé en approchant de nos régions en milieu de soirée. Les plus fortes activités ont été observées du côté de Arlon et du Grand Duché où des cellules se sont réactivées, donnant un éclair toutes les 2 à 3 secondes par moments. A nouveau, la foudre ne s’est manifestée que sporadiquement, bien que quelques puissantes chutes aient été observées dans le sud du massif ardennais. Le vent, bien que présent, est resté mesuré. Les orages ont quitté nos régions en début de nuit. Ci-dessous, la progression de l’amas orageux vers et sur le sud de la Belgique en soirée (source: Meteoservices).

A noter que dans le même temps, une petite cellule orageuse s’est déplacée de Gembloux à Liège, tandis que d’autres, plus intenses, étaient observées dans le nord de la Flandre et surtout aux Pays-Bas. 
 
Côté relevés, seuls les 80 km/h de Bierset sortent du lot. Aucune autre station n’a enregistré de rafales significatives. Les relevés pluviométriques ne montrent pas de valeurs remarquables étant donné la rapidité du déplacement des orages.
 
Observations par Info Meteo
 
Quelques membres de notre équipe ont pu assister aux passages des différents orages, en premier lieu au nord de Namur lors du renforcement de la première salve en début d’après-midi. Précédé d’un arcus, cet orage a donné de forts vents et des précipitations soutenues. L’activité électrique était bien active, avec un éclair toutes les 3 à 4 secondes. Pour autant, ce n’est qu’à l’arrière que la foudre s’est montrée, sous la forme de puissantes décharges.
 
Arrivée de l’orage sur la région de Leuze, au nord de Namur (auteur: Info Meteo).

 

Coup de foudre à l’arrière du système orageux (auteur: Info Meteo)

Plus tard en soirée, nous avons rejoint nos partenaires de Belgorage dans la région de Léglise pour observer le passage de la seconde salve. Plus modérée que celle du début de l’après-midi, elle a néanmoins donné quelques beaux éclairs et deux-trois chutes de foudre assez proches autour de notre point d’observation. L’activité au zénith était fluctuante et peu intense, mais nous pouvions sans problème observer les noyaux durs très actifs qui concernaient alors le Pays d’Arlon et le Luxembourg, ceux-ci donnant des éclairs toutes les quelques secondes.

Coup de foudre sur la région de Léglise (auteur: Info Meteo)

 

Coups de foudre sous une cellule très active sur l’extrême sud de la Belgique (auteur: Info Meteo)

 

Eclairs internuageux au-dessus de la région de Léglise (auteur: Info Meteo)

 

Edito du 2 août 2017: Mais où sont passés les orages?

Le titre de cet article est volontairement un peu provocateur, mais reflète certaines interrogations et réflexions qui nous parviennent depuis plusieurs semaines, surtout de la part des amateurs d’orages. Le cru 2017 est-il moins fourni en orages actifs?

Je tiens cependant à redire ici ce que nous avons déjà dit à de nombreuses reprises: les amateurs d’orages ne cherchent en aucun cas les dégâts qui vont avec (ça va de soi). Il est donc normal que la grande majorité de nos lecteurs soient satisfaits du manque d’orages, surtout lorsque l’on a déjà expérimenté les conséquences néfastes qui en découlent. Même si certains dégâts sont accentués par l’aménagement du territoire et l’urbanisme – l’auteur de cet article travaillant dans le domaine, il est bien au fait de la chose – le but de ce billet n’est pas de faire un procès, mais de montrer que le manque d’orages de cette année n’est que relatif, et surtout variable à travers notre territoire.

 

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Orages de la fin mai 2017 : de la difficulté de la prévision locale

La fin du mois de mai 2017 a été marquée par une chaleur inhabituelle à cette période de l’année. Elle s’est accompagnée de manifestations que l’on pourrait qualifier de cas d’école d’orages locaux mais particulièrement actifs. Cet épisode nous permet de développer un peu de pédagogie mais aussi de montrer comment Info Meteo s’est « époumonné » à tenter d’anticiper et de suivre ces orages sur le terrain. Il s’agit ici de bien comprendre à quel point l’orage local peut-être particulièrement sournois, et surtout provoquer l’interrogation d’une partie de la population. Celle-ci, après avoir pris connaissance du risque orageux par la météo, reste interrogative lorsqu’elle ne connait finalement pas la moindre manifestation orageuse, à part les cumulonimbus lointains qui attirent l’attention de la personne avertie.
 
Outre l’évolution de la situation, nous synthétisons ici les échanges entre les membres d’Info Meteo et de Belgorage qui ont été particulièrement riches au cours de cet épisode orageux. Nous avons volontairement mis certains éléments clés en gras, ceux-ci expliquant le comportement des orages observés.
 

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Des orages estivaux « sans chaleur »: comment est-ce possible?

17 juin 2012 en fin d’après-midi, quelque part dans un train entre Charleroi et Namur.

« Alors, prêt pour l’examen d’AGERU* de demain?

– Ouaip, ça devrait aller. Dans l’ensemble, je maîtrise. Mais je pense rebosser un peu ça ce soir. En plus, il y a un risque d’orages, donc ça me tiendra éveillé.

– …un risque d’orages? Mouais c’est vrai que je l’ai entendu à la radio, mais ce serait quand même surprenant!

– Bah avec cette dépression qui remonte, on ne sait jamais… »

 
Coup d’œil à moitié convaincu par la fenêtre du train. Quelques altocumulus aplatis garnissent le bleu du ciel. Ambiance assez fraîche et légère pour une journée de juin, une vingtaine de degrés au meilleur de l’après-midi. Absolument pas pré-orageux. 

 

« Enfin on verra. Peut-être des orages faibles à modérés… »

 
Fin de soirée. Cours rangé, prêt pour demain. Bon, voyons ces orages… Il y a bien quelques foyers sur l’ouest de la France, bien loin. Bon, laissons la fenêtre ouverte, on verra bien…
 

6h55. Grondement sourd parmi les rêves. Le tonnerre sans doute… le tonnerre!? Réveil brutal. Il pleut dans le kot. Deuxième grondement. Ca gronde même en continu. La tête par la fenêtre, le ciel gris-beige scintille. Un grand éclair zigzague au-dessus des toits de Namur. Les nuées filent à une vitesse réellement dantesque. C’est déjà en train de se terminer. Coup d’oeil au radar: un grand système orageux, MCS dans le jargon météo, est en train de traverser le pays. Un peu plus tard, la radio énumère les dégâts et les inondations sur les chaussées. Le temps est redevenu léger, le même qu’hier…

*Analyse et gestion des espaces ruraux et urbains (cours de troisième bac de Géographie aux FUNDP)

 

Ces propos ont été tenus et vécus par l’auteur de cet article, qui à l’époque n’avait pas encore fait le tour de toute la mécanique atmosphérique et de ses multiples rouages. Comme d’autres encore aujourd’hui lorsque ce cas de figure se reproduit, il s’était alors interrogé sur le pourquoi de ces orages, et surtout, sur un élément qu’il croyait clé et qui manquait alors à l’appel: où est passé l’habituelle chaleur lourde annonciatrice? ». Ceci montre à quel point, dans l’imaginaire commun, un orage se précède de chaleur. Or, et spécialement en Belgique, c’est loin d’être toujours le cas.

On vous a déjà parlé d’orages d’hiver ou d’orages de traîne en été, soit des orages où la chaleur n’est pas réellement présente. Et encore, la chaleur est une question relative: dans un cas classique de traîne ou d’hiver, on peut parler de « chaleur » près du sol avec 5, 10 ou 15°C lorsqu’on se retrouve avec des températures glaciales en altitude, du genre -30 ou -40°C. Bien que ça arrive, ces orages sont rarement violents.

Ensuite, il y a les orages d’été qu’on dira « typiques »: ceux qui surviennent lorsqu’un front ou une ligne de convergence vient buter contre une masse d’air chaud et humide, génératrice d’une atmosphère moite qui nous fait dire que « ca va finir par craquer ».

Et puis, il y a la situation exposée dans la petite narration introductive, à savoir de violents orages, souvent nocturnes ou très matinaux, qui ne s’annoncent pas par cette chaleur lourde. Dans les meilleurs cas, on a un air léger, assez frais et un assez beau temps le jour qui précède, et ce même type de temps le jour qui suit, comme ce fut le cas pour l’offensive du 18 juin 2012. Parfois, il arrive même qu’il fasse bien plus chaud après les orages, alors que le temps de la veille était tout à fait quelconque. Ces orages sont particulièrement sournois pour la personne non avertie (comprenez, celle qui ne passe pas son temps à regarder les radars) car ils se produisent alors que rien ne semblait indiquer leur survenue.

Dans un premier temps, nous allons passer en revue quelques situations orageuses qui ne se sont pas annoncées par de la chaleur, le tout accompagné d’une analyse la plus précise possible de la situation atmosphérique qui les a engendrés, puis nous en tirerons quelques points communs.

 

Arrivée tardive du secteur chaud: quand il s’agit simplement d’une question de timing

A noter qu’on peut aussi parler de configuration de coin d’air chaud, tant la région qui connait cette situation se retrouve à l’étroit entre le front chaud et le front froid.

Rappelons d’abord que le secteur chaud est le triangle formé entre le front chaud et le front froid.

Schéma d’une situation classique de secteur chaud.

Ce cas de figure d’arrivée tardive du secteur chaud est relativement simple à comprendre et arrive régulièrement. Il s’agit de l’arrivée du secteur chaud instable d’une perturbation deux à trois heures maximum avant l’orage, et dont on a à peine le temps de sentir les effets. La situation du 18 mai 2006 à 1h00 illustre assez bien cela. Sur la carte ci-dessous, on voit un secteur chaud occuper la Belgique. On voit que le front chaud vient de traverser la Belgique, en cours de soirée du 17 mai. A l’heure de l’analyse, c’est une ligne de convergence qui concerne le pays, sur laquelle prennent place les orages parfois intenses observés cette nuit-là.

Situation atmosphérique de surface à 1h00 le 18 mai 2006 (source: KNMI).

Pour observer le passage des différents éléments, faire appel aux observations météorologiques des stations officielles est intéressant. Voici les relevés pour Charleroi les 17 et 18 mai. Attention que le sens temporel va du bas vers le haut, et exprimé en temps universel. Il faut donc rajouter deux heures pour avoir l’heure d’été belge. A 23h00 TU (donc 1h00 localement), on observe le vent tourner progressivement de l’est-sud-est au sud, tandis que la température connait une petite hausse. C’est l’arrivée du front chaud. A 0h00 TU (2h00 locales), la température affiche donc plus de 17°C, ce qui est relativement doux pour une nuit de la mi-mai. Avant cela, la journée a été assez douce pour la saison, avec une maximale de 21,1°C. Le temps a oscillé entre éclaircies et ciel couvert, avec même quelques ondées dans le courant de la soirée. Rien qui semble annoncer les orages, puisque nous sommes à ce moment-là dans de l’air maritime. L’air plus chaud arrive en cours de nuit avec le front chaud, « rafraîchi » par l’heure tardive, suivi à peine quelques heures plus tard par la ligne de convergence et les orages qu’elle porte. Le front froid passe quant à lui en tout début de matinée.

Relevés météorologiques de la station de Gosselies les 17 et 18 mai. Cliquez sur l’image pour l’agrandir (source: Ogimet).

Ce genre de situation est donc une première manière qu’a la météo de dissimuler l’air chaud et humide que l’on peut rencontrer avant les orages. Avec une arrivée tardive en soirée ou en cours de nuit, l’air chaud ne donne pas d’après-midi « lourde ».

A noter que, plus on se dirige vers le coin du secteur chaud, plus on évolue vers une situation de pointe d’air chaud ou de point triple. Nous parlerons de ces configurations plus loin.

Schéma d’une arrivée tardive du secteur chaud.

La situation ondulante: jeu (parfois) dangereux

Cette configuration, que l’on peut aussi définir comme une situation de front ondulant, apparaît lorsqu’un front vient onduler sur nos régions ou près de celles-ci. Seules quelques situations ondulantes ne donnent pas de chaleur avant les orages.

Il convient ici de (re)préciser ce qu’on entend par front ondulant. En météo, un front est dit ondulant lorsque celui-ci ne progresse pas vraiment, et semble stagner sur la région sur laquelle il se trouve. Puisque les mouvements des masses d’air sont lents de part et d’autre du front, il est difficile d’identifier quelles sections sont à caractère de front froid et quelles sections sont à caractère de front chaud. Dès lors, les cartes météorologiques tendent à les représenter comme une succession de petits fronts chauds et froids alignés.

Le front ondulant, d’où le nom de la situation, se présente en travers ou très près de la région concernée. Ce front se déplace en crabe, donc parallèlement à son orientation, de telle sorte qu’il ne progresse ni ne régresse pratiquement pas. Cependant, ce front peut être déstabilisé, avec la présence de plusieurs ondes dépressionnaires, voire de dépressions, dont la taille est relativement petite (de l’ordre de la centaine de kilomètres) et qui ne sont pas toujours représentées sur les cartes des fronts classiques. C’est pourquoi il faut souvent mener une analyse à « mésoéchelle » (=échelle moyenne), d’où le fait que l’on parle parfois de mésodépressions pour caractériser les petits noyaux de basse pression qui se promènent le long du front. On observe un vent au sol de sud à sud-ouest lorsque le front se trouve un peu au nord ou au nord-ouest de la région concernée. Lorsque le front se trouve au sud ou au sud-est, on observe un vent au sol d’est ou de nord-est.

Schéma représentant une situation ondulante « classique ».

Le front peut ainsi être « sage » dans un premier temps, apportant un ciel bouché et même de la pluie, avec une température qui ne s’élève pas, restant autour de 20-22°C. Cependant, une certaine lourdeur de l’air peut mettre la puce à l’oreille. En effet, un air chargé en humidité, même peu chaud, peut être un carburant très puissant pour l’alimentation des orages. Ceux-ci peuvent venir à la faveur d’une mésodépression ou encore d’une ligne de convergence des vents de surface, et peuvent être très violents.

Lorsque le front ondulant est orienté grosso modo ouest-est (voire sud-ouest – nord-est dans certains cas particuliers) en travers de nos régions et en défilant vers l’est, il s’accompagne d’autant plus d’humidité qu’il est passé sur la Manche avant d’atteindre nos régions. On peut ainsi parler de situation ondulante de Manche, ou encore de front ondulant de Manche. Par dessus, on trouve souvent une branche de Jet-stream particulièrement active, elle aussi orientée ouest-est ou sud-ouest – nord-est. La virulence de cette branche est responsable du danger que peut représenter une configuration pareille qui peut être à la base d’orages peu étendus mais extrêmement violents, comme ce fut le cas le 3 août 2008 avec la tornade de Hautmont, près de la frontière franco-belge.

Cette date est d’ailleurs prise en exemple pour décrire cette configuration. L’analyse au sol du 3 août à 20h00 (voir carte ci-dessous) montre donc un front qui ondule sur la Manche et le nord de la Belgique. Ce front a circulé en crabe sur nos régions toute la journée, donnant un ciel chargé avec peu d’éclaircies et une série de pluies régulières ou d’averses parfois déjà orageuses. Le vent a soufflé de sud-ouest tout au long de la journée. Côté températures, on note des maximales peu élevées (21,9°C à Charleroi, 22,7°C à Bierset, mais avec une ambiance assez lourde) et, par ailleurs, la température ne varie pas réellement tout au long de l’après-midi et de la soirée. Au niveau de la Manche justement, on distingue une petite ondulation, marquant une mesodépression. Pour autant, on ne peut pas réellement parler d’une situation de secteur chaud. L’ensemble est ici bien plus petit que la disposition que l’on peut trouver avec cette autre situation.

Cette petite ondulation va traverser nos régions en soirée. Ainsi, à 23h00, elle est centrée du côté de Quiévrain, alors que quelques kilomètres au sud-est, la tornade vient d’achever ses ravages à Hautmont et Maubeuge.

Ce que la carte ne montre pas, c’est que la langue d’air qui circule juste au sud du front, donc au niveau de Hautmont mais aussi de la Wallonie, est d’origine maritime tropicale. La chaleur est ici cachée par l’importante humidité de l’air, puisqu’une masse d’air très humide contient en quelque sorte plus d’énergie pour les orages qu’une masse d’air plus sèche à la même température. En ce 3 août 2008 donc, seule une certaine lourdeur de l’air aura éventuellement intrigué les observateurs attentifs.

Analyse de surface du 3 août 2008 à 20h00 (source: KNMI).

A noter que, la même année, le 10 juillet a vu se produire de forts orages très pluvieux dans la région de Charleroi notamment. Ces orages ont également été engendrés par une situation ondulante originaire de la Manche, à la fin d’une journée grise et légèrement pluvieuse, le tout sous des températures maximales peu estivales (21,1°C à Gosselies, 21,8°C à Bierset). 

La situation du front ondulant incliné: le comportement sournois des « pentes frontales »

Une première chose qui peut être dite dès ici est que ce genre de configuration de l’atmosphère est fréquent en Belgique et à la base d’un bon nombre d’épisodes orageux violents survenus depuis le début de ce siècle. A la base, on peut l’assimiler à une situation de front ondulant un peu particulière. En anglais, on parle de « tilted front » pour décrire cette situation, ce qui peut être traduit en français par « front incliné ».

En fait, il est ici nécessaire d’évoquer ce qu’on appelle la « pente frontale ». Le front que l’on dessine sur les cartes météos n’est jamais que la base de cette pente frontale, soit son contact avec le sol (la trace du front). Or, plus on s’élève, plus on a tendance à trouver cette limite entre froid et chaud en décalé de la trace. L’air chaud a tendance à se retrouver par dessus l’air froid. Dès lors, dans un front ondulant classique et lorsqu’on effectue une coupe, on se retrouve avec une situation semblable à ceci:

Coupe à travers un front ondulant « classique ».

Dans certains cas, et particulièrement lorsque le front ondulant stationne dans nos parages, la pente peut devenir très inclinée, pratiquement plate. Dans ces cas-là, on se retrouve avec une trace du front au sol qui peut être très éloignée de la position frontale en altitude. Chez nous, on a ainsi observé des décalages de plus de 200 km. Dès lors, la situation de front ondulant incliné ressemble à peu près à ceci:

Coupe à travers un front ondulant incliné.

 

14 juin 2003


Cet épisode remonte, mais illustre parfaitement toute la surprise que peuvent générer des orages ne s’annonçant pas par de la chaleur. Les jours précédents ont en effet connu un temps certes agréable pour une mi-juin, mais sans chaleur excessive. Ainsi, si on prend les maximales du 13 juin, on note 24,3°C à Charleroi, 24,9°C à Uccle ou 23,9°C à Bierset. Comme cela arrive souvent, la Lorraine belge connait des températures plus élevées.

L’analyse de la situation en surface du 14 juin 2003 à 8h00 locales montre un front ondulant qui, depuis la veille, stationne au sud de la Belgique. On remarque aussi la présence d’un faible mais vaste anticyclone au nord de nos régions. Cet anticyclone est important car il permet à l’air maritime de s’infiltrer dans les basses couches jusqu’au niveau du massif ardennais. De fait, pendant vingt-quatre heures, le vent s’est maintenu de nord-nord-est à est-nord-est dans la plupart des stations officielles au nord de l’Ardenne, à quelques hiatus temporels près. Enfin, autre chose et non des moindres, la présence d’un creux d’altitude (trait bleu gras) qui approche nos régions par l’ouest. Ce petit creux va servir de détonateur pour générer les orages du jour.

Analyse de surface du 14 juin 2003 à 8h00 locales (source: KNMI).

L’analyse de quelques sondages atmosphériques révèle des choses très intéressantes. Celui de Trappes, près de Paris, ne montre rien d’anormal, avec cependant la confirmation que toute l’épaisseur de la troposphère est conforme avec ce qu’on peut attendre dans une masse d’air tropical continentale; Trappes est en effet au sud du front. Celui d’Essen, dans le nord-ouest de l’Allemagne, montre les caractéristiques d’une masse d’air maritime, même si une petite influence de l’air chaud en altitude est noté vers 2100 mètres d’altitude. Essen est en effet au nord du front, et en altitude, son influence commence à se faire sentir.

Celui d’Idar-Oberstein (sud-ouest de l’Allemagne) montre par contre que l’arrivée progressive d’air doux donne un véritable mille-feuille, avec un premier maximum vers 700 mètres d’altitude: à 2h00, on note 17,2°C, et à 8h00, il y fait 18,2°C. A 8h00 toujours, on trouve un second maximum autour de 480 mètres (16,2°C) et troisième maximum vers 1700 mètres, avec 13,8°C, alors que l’air est légèrement plus frais en-dessous. A noter que cette valeur de 13,8°C est particulièrement élevée à une telle altitude, même en juin. C’est là que réside l’aspect de « chaleur cachée »: une température de 14°C à cette altitude, dans une atmosphère normale, trouverait un équivalent d’une trentaine de degrés au niveau du sol. Or, au niveau du sol justement, l’air est plus frais, autour de 13°C vers 8h00.

Compte tenu de la localisation de ces sondages et de leurs résultats, on peut penser que la structure de l’air au niveau de la Wallonie – concernée par les orages – est assez semblable à celle observée à Idar-Oberstein. On y trouve d’abord de l’air frais près du sol, avec un vent de nord-est à est, avec une température de 16-17°C. Quelques centaines de mètres plus haut, le vent tourne progressivement au sud, puis à l’ouest encore plus haut, et l’air garde la même température, voire s’élève légèrement, alors qu’elle devrait au contraire commencer à baisser. Relativement et en tenant compte de la décroissance qui devrait être observée, la température est donc plus élevée quelques centaines de mètres plus haut qu’au niveau du sol. Toutefois, cette configuration est loin d’être la plus prononcée.

Le système orageux qui concerne violemment nos régions ce matin-là a eu une durée de vie importante: plus d’une vingtaine d’heures! Cela lui permet de se déplacer de son lieu de naissance en Manche au nord de la Bretagne jusqu’au niveau de la Hongrie. Grosso modo, ce système orageux (MCS dans le jargon) s’est déplacé sur le nord du front ondulant, là où il a rencontré tout au long de son trajet des conditions semblables à celles observées en Belgique.

Accumulation de l’activité électrique le 14 juin 2003 (source: Wetterzentrale).

Au niveau de nos régions, ça donne à peu près ça. La résolution du radar est loin d’être optimale, mais on y décèle un semblant de ligne de plus fortes intensités courbée dans la partie avant de l’ensemble. Il se pourrait qu’il s’agisse d’un écho en arc, ou encore d’un LEWP (structure en vagues), des structures orageuses reconnues pour leur grand potentiel venteux.

Animation radar de la journée du 14 juin 2003 (source: KNMI).

 

8 juin 2014

Cette date présente sans doute la plus belle situation de front incliné de ces dernières années. Tout d’abord, un front ondulant se place sur le nord-ouest de nos régions, grosso modo parallèlement à la côte. Pourtant, ce qui saute aux yeux lorsque l’on regarde les relevés des stations officielles à l’intérieur des terres, c’est qu’on constate que le vent au sol s’est maintenu au nord ou au nord-est tout au long de la journée. Côté températures, on note des maximales autour de 26°C. C’est estival, mais pas non plus extrême. Sur la Lorraine belge, il fait cependant plus de 30°C, avec un vent de sud-ouest. En d’autres termes, il existe une pellicule d’air maritime près du sol qui se propage jusqu’au massif ardennais, surplombée par de l’air sec et relativement plus chaud. A la limite sud de la pellicule maritime, sur le massif ardennais donc, on trouve un pseudofront ondulant, avec un vent de nord-est au nord de cette limite, et un vent de sud-ouest au sud. Au-dessus de tout cela, le vent souffle de secteur sud-ouest en altitude. C’est à proximité de ce pseudofront que se développent de violents orages en soirée et en cours de nuit suivante. Ils défileront ainsi de Philippeville au sud de Liège via Ciney, donnant par endroits de fortes chutes de grêle. Voir le dossier sur ces orages: 7-10 juin 2014: un épisode orageux très inhabituel

Il est à noter qu’avec le refroidissement nocturne classique de l’air près du sol, front et pseudofront n’étaient plus identifiables au niveau du sol. Par contre, dès les premières centaines de mètres d’altitude, ces structures réapparaissaient très clairement.

Situation en surface le 8 juin 2014 à 20h00 (source: KNMI).

En résumé, la situation du front incliné se caractérise par une couche d’air relativement plus chaud en altitude (comprendre par là que l’air est bien plus chaud que ce qu’on devrait trouver à cette altitude), et une mince pellicule d’air maritime plus « frais » et humide près de sol, en général entre 0 et 1000 mètres d’altitude. En journée, la base de cette couche peut toutefois fortement se réchauffer. Ainsi, l’orage du Pukkelpop le 18 août 2011 a été engendré, entre autres, par une situation de front incliné avec une base de la pellicule d’air maritime fortement réchauffée. La nuit, cette base peut se refroidir, parfois assez fortement, compliquant encore plus la structure verticale de la troposphère, et pouvant rendre l’identification des structures très difficiles durant les heures nocturnes.

Le vent a également un comportement très particulier avec l’altitude. Près du sol, dans la pellicule d’air maritime, il souffle de nord-ouest, de nord, de nord-est ou d’est. Au-dessus, dans l’air chaud, il souffle de sud, de sud-ouest ou d’ouest. Ceci engendre des cisaillements de vent extrêmement importants qui ne font que renforcer les cellules orageuses. Ce schéma est valable si le front principal est un peu au nord ou au nord-ouest de nos régions. S’il est au sud, on retrouvera un vent au sol venant grosso modo de l’ouest.

Cette configuration est liée à la présence de pressions plus faibles sur le continent ouest-européen et de pressions plus anticycloniques sur la mer du Nord. Dans les cas les plus rodés, on a même un unique petit anticyclone de faible épaisseur, dit anticyclone thermique, sur la Mer du Nord et qui pousse l’air maritime sous l’air chaud, en direction de l’intérieur des terres.

Cette interface pellicule maritime – couche d’air chaud et sec par dessus est un facteur aggravant d’une situation orageuse. Il y a ici un phénomène d’inversion qui coince toute tentative de convection dans la basse couche humide. Le ciel reste donc assez clair tant que cette inversion tient, avec juste quelques petits cumulus ou altocumulus aplatis qui ne semblent rien annoncer de terrible. Toutefois, si la pellicule d’air maritime finit par chauffer fortement ou si un forçage comme un front, une dépression ou une ligne de convergence des vents se met en place, la force engendrée par les tentatives d’ascension de l’air de la pellicule maritime peut devenir telle que cette seule force finit par rompre l’inversion. Dès ce moment, l’air peut s’élever librement sur des kilomètres d’altitude au droit de cette rupture, engendrant d’énormes cumulonimbus très vigoureux, responsables d’orages tout aussi violents.

Dans l’ensemble, il semble que cette situation de front incliné se produise assez régulièrement en Belgique.

Schéma d’une situation de front ondulant incliné.

La situation de la pointe d’air chaud: quand la surprise est (quasi) totale

A noter que nous pourrions aussi parler d’orages d’onde dépressionnaire, de tête d’onde… Il n’y a pas réellement de terme tout trouvé, mais le concept de pointe d’air chaud nous semblait plutôt adéquat pour illustrer le plus clairement possible ce mécanisme. Signalons que la situation « de pointe » est plus rare que celle du front incliné, car le placement des différents éléments doit ici être d’une précision quasi chirurgicale. Cette situation est par ailleurs une des plus difficile à prévoir, mais a été à la base de quelques uns des plus violents épisodes orageux nous ayant concerné depuis le début de ce siècle.

 

20 juin 2002: un cas d’école


Cet épisode est très particulier car l’auteur de ce dossier l’a vécu et en garde un souvenir très vif. Alors enfant et presque angoissé par la violence et la durée de l’orage qui éclatait cette nuit-là, il en avait oublié par la suite le caractère sournois, la journée de la veille ayant été très quelconque météorologiquement parlant (température maximale de 22,6°C à Charleroi le 19). Par contre, une canicule avait opéré pendant quelques jours, jusqu’au 18. Cet épisode orageux reste pour l’auteur, encore aujourd’hui, l’un des plus violents qu’il ait vécu.

A noter que nous avions réalisé un article sur ces orages voici deux ans: 20 juin 2002: brasier électrique sur la Belgique

Il est donc intéressant de noter que le 18 juin, malgré une forte chaleur et l’arrivée d’un front froid, n’a vu que très peu d’orages se produire. Il faudra donc attendre 36 heures avant que ce soit le cas, mais à ce moment, la chaleur n’était plus là, ou tout du moins avait-elle été dissimulée à nos yeux…

L’analyse de surface ci-dessous est réalisée par l’IRM pour le 20 juin à 2h00. On y voit un front chaud et un front froid dessinant un large secteur chaud, avec une pointe alors située sur la région parisienne, mais se rapprochant rapidement de notre pays: d’ailleurs, le front chaud en travers du pays montre que l’invasion a déjà commencé à cette heure, en même temps que les premiers orages. La pointe se retrouvera peu après sur notre pays, marquant alors une dépression en cours de creusement, ce qui a probablement renforcé la dynamique atmosphérique. Il faut donc comprendre que le 19, nous étions dans de l’air maritime humide, et que nous sommes à nouveau retrouvé dans cet air dès la matinée du 20. Entre les deux, un passage bref et inaperçu de l’air tropical en altitude, à la base d’orages violents qui eux sont loin d’être passés incognito.

La carte ne le montre pas précisément, mais les masses sont un peu plus anticycloniques sur la Mer du Nord, ce qui engendre un faible vent de nord-est dans les basses couches au niveau de nos régions, permettant à l’air maritime d’entrer loin à l’intérieur des terres.

Analyse de surface le 20 juin 2002 à 2h00 (Source: IRM).

A nouveau, l’étude de quelques sondages atmosphériques nous montre l’ampleur de la machinerie. C’est le sondage d’Idar-Oberstein, dans l’ouest de l’Allemagne, qui est le plus parlant. Si on note une température assez classique dans les plus basses couches, c’est surtout la présence d’une température de 19,2°C à 886 hPa (1213 mètres) qui saute aux yeux. Une telle température à cette altitude en juin, c’est énorme. On devrait plutôt y trouver des températures de 12-13°C. En d’autres termes, on a une langue d’air relativement bien plus chaude que l’air en dessous, cette langue n’étant rien d’autre que la masse d’air pointue du secteur chaud en-dessous de laquelle se trouve Idar-Oberstein à cette heure. On notera, marquée par la ligne bleue, une décroissance très rapide de la température avec l’altitude, matérialisant une instabilité très forte dans les couches moyennes de la troposphère.

Températures relevées par le sondage de Idar-Obrestein de 2h00 le 20 juin 2002 (source: University of Wyoming).

De plus, cette langue d’air chaud n’est pas identifiable douze heures plus tôt. Vers 1200 mètres, on note une température autour de 16°C vers 14h00 le 19. En soi, c’est déjà assez élevé, mais moins que les 19°C qui seront mesurés douze heures plus tard.

Le sondage d’Essen, dans le nord-ouest de l’Allemagne, est effectué lui aussi à 2h00. Cette station est par ailleurs sur la trajectoire des orages qui l’atteindront dans quelques heures. La langue d’air chaud est moins prononcée, le secteur chaud atteignant seulement la région à ce moment-là. De plus, cette station voit passer la pointe plus tard, donc la limite entre air chaud et air froid. Et c’est un troisième sondage, celui de Herstmonceux (sud-est de l’Angleterre) qui permet de comprendre à quelle point cette zone de conflit est importante. Cette station reste pleinement dans l’air maritime à tous les étages, la langue d’air chaud ne l’atteignant pas. A 2h00 le 20 juin, il n’y fait que 7,2°C à 1200 mètres. Pour rappel, Idar, elle dans la langue d’air chaud, mesure au même moment 19,2°C à cette même altitude.

Il est intéressant de voir à quel point les stations officielles belges n’enregistrent absolument pas le passage de cette langue d’air relativement très chaud. Après avoir graduellement baissé en début de nuit, la température se stabilise autour de 16-17°C juste avant les orages et ce dans la plupart des stations. Le vent au sol souffle faiblement de nord-est, aidé par le faible anticyclone sur la Mer du Nord. Pendant ce temps, l’air chaud envahit nos régions plus haut, et servira de pompe à carburant aux cellules orageuses. A ce niveau et plus haut, le vent tourne au sud puis au sud-ouest, produisant des cisaillements de vent extrêmes, permettant aux cellules de se maintenir et de se renforcer. On a donc une superposition entre une pellicule d’air maritime près du sol et de l’air tropical continental juste au-dessus.

Et le résultat est explosif!

Animation radar du 20 juin 2002 (source: KNMI).

Au tout début de l’image radar ci-dessus, on voit un premier système quitter la Belgique par l’est en tangentant le Grand-Duché de Luxembourg. Ce premier système orageux vient de traverser tout le massif ardennais entre 22h00 et 1h00 en donnant environ 11 000 éclairs détectés par le système SAFIR de l’IRM.

Vers 2h00, on voit une deuxième zone orageuse entrer sur l’Entre-Sambre-et-Meuse et y exploser littéralement, se transformant rapidement en un énorme amas orageux qui concerne une grande part de la Belgique. Ce système ira jusqu’à donner plus de 200 éclairs par minutes, notamment entre Charleroi et Chimay. Par succession de cellules orageuses, il tiendra éveillé de nombreux habitants du centre du pays pendant plusieurs heures, s’achevant au petit matin. Les dégâts dus à la foudre sont particulièrement nombreux dans la région de Charleroi, et des inondations sont signalées en de nombreux endroits du territoire.

Et la suite de la journée se déroulera sous un temps grisonnant, avec peu d’éclaircies, quelques bruines et une température maximale de 18,3°C à Charleroi. A peine quatre de moins que la veille…

 

18 juin 2012: le cas « pedigree »


C’est sans doute le cas le plus « pur » de ces dernières années, et pour preuve, cet épisode a réussi à faire douter et surprendre votre serviteur sur sa survenue 🙂 (voir la petite histoire tout au début). Pour ce cas, nous nous basons sur l’analyse réalisée par Belgorage qui a, à l’époque, réalisé un excellent dossier sur ces orages.

L’analyse de surface du 18 juin à 6h00 TU (8h00 locales) montre une configuration classique de la pointe d’air chaud. Une onde dépressionnaire se trouve en plein sur notre pays, avec son secteur chaud très ouvert à l’est et délimité par le triangle front chaud – front froid. A noter que, pour en revenir à notre remarque terminologique du tout début de ce chapitre, on ne peut plus réellement parler d’une onde dépressionnaire, mais bien d’une dépression à part entière, celle-ci étant clairement marquée et identifiée par les champs de pression (le L sur la carte).

Pour terminer cette observation rigoureuse, on signalera que, dans le cas du 18 juin 2012, il n’y a pas eu d’intervention d’anticyclone en Mer du Nord pour pousser l’air maritime dans les terres. Cet air était de facto déjà présent sur nos régions le 17 juin, et s’y est maintenu jusqu’à l’arrivée de la dépression, celle-ci reprenant le rôle de l’anticyclone en maintenant le vent près du sol de nord-est à est sur la Belgique.

Situation en surface le 18 juin 2012 à 8h00.

La veille, le 17 juin, le temps est loin d’être franchement estival. Nous sommes à l’arrière d’un front froid qui a amené de l’air polaire maritime sur nos régions. C’est au long de ce même front, bien plus au sud, que commence à se créer l’onde dépressionnaire qui va amener les orages du lendemain matin. De fréquents passages nuageux sont observables entre quelques périodes de ciel bleu. Les températures maximales tournent autour d’une vingtaine de degrés (20,2°C à Gosselies, 20,0°C à Bierset, 17,2°C à Saint-Hubert…).

Une seule station officielle enregistre le chambardement thermique dont la Belgique est le siège au cours de la nuit suivante. Elsenborn a commencé à se rafraîchir assez fortement en début de nuit, de manière assez classique dans de l’air polaire maritime. A 5h00, on y observe une température de 7,4°C. A 8h00, il y fait 16,9°C, soit une élévation très rapide de la chaleur que le seul lever du jour ne peut expliquer. Il s’agit simplement de l’arrivée du secteur chaud que seule des stations élevées comme Elsenborn peuvent enregistrer. A noter que, pour être rigoureux, on ne peut pas réellement parler de situation de pointe à Elsenborn, mais plutôt d’arrivée tardive du secteur chaud.

Par contre, pour les stations du centre du pays, nous sommes bien en situation de pointe: le vent se maintient au nord-est ou à l’est jusqu’à l’arrivée des orages et la température ne remonte pas avant ceux-ci, se maintenant autour de 13-14°C. On peut donc une nouvelle fois se dire que l’air chaud du secteur chaud plane à quelques centaines de mètres au-dessus du centre de la Belgique, mais que l’épaisseur en-dessous reste dans une fine pellicule d’air maritime. Ceci est confirmé par les sondages atmosphériques des régions voisines qui montrent clairement l’existence d’une pointe d’air très doux à quelques centaines de mètres du sol, large à l’est de nos régions et se terminant sur la Belgique. Son extrémité s’enfonce contre de l’air franchement froid à la même altitude, donnant un contraste thermique particulièrement violent au-dessus de notre pays, mais du sol, nous n’en percevons absolument rien.

Le sondage d’Idar-Oberstein (ouest de l’Allemagne) est très clair à ce niveau, avec de l’air à plus de 20°C vers 900 mètres d’altitude, ce qui est franchement chaud pour cette altitude. Au sol, il ne fait que 12°C. Ce sondage est effectué vers 8h00. A cette heure-là, le système orageux achève de traverser la Belgique et gagne les Pays-Bas.

Sondage d’Idar-Oberstein à 8h00 le 18 juin 2012 (source: University of Wyoming).

Le système orageux qui a concerné la Belgique ce matin-là peut être qualifié de système orageux (MCS) avec écho en arc (bow echo). Il s’agit d’un grand ensemble orageux qui comporte, en son sein, une ligne orageuse très intense et arquée. Cette structure est connue pour son potentiel très venteux, et ce potentiel sera concrétisé ce 18 juin 2012. De nombreux dégâts dus au vent sont signalés, en plus de fortes précipitations et d’une d’activité électrique très soutenue. Le système mettra à peine un peu plus de deux heures à traverser le pays, entre 6 et 8h00.

L’imposant MCS sur la Belgique vers 7h15 le 18 juin 2012. L’echo en arc est très visible sur son flanc est et gagne alors la province de Liège (source: Infoclimat).

Quelques heures plus tard, la Belgique retrouve à nouveau son air maritime polaire, avec un temps mitigé et des maximales inférieures à 20°C dans bon nombre de stations officielles.

 

19 juillet 2015: la version avec un peu de chaleur avant


Les orages que l’on a observé la nuit du 18 au 19 juillet 2015 n’ont pas été très violents. Il manquait un peu de dynamisme en plus pour rendre l’offensive réellement intense. Toutefois, de forts orages ont concerné une petite partie de la province de Luxembourg cette nuit-là, le tout accompagné de pluies non-orageuses parfois abondantes.

Un peu à l’instar de la situation du 20 juin 2002, le passage d’un front froid la nuit du 17 au 18 juin a mis fin à une période de fortes chaleurs. Cependant, ce front est passé en silence, ne s’accompagnant que de quelques nuages. Seules les températures chutent à son passage. Le 18, nous sommes ainsi dans de l’air maritime, mais qui se dénature près du sol en raison d’un assez bon ensoleillement. Les maximales tournent ainsi autour des 25°C. C’est relativement chaud, mais pas extrême non plus.

Cet exemple du 19 juillet 2015 est justement choisi pour montrer que la situation de pointe peut quand même présenter de l’air assez chaud à son avant. Cependant, dans le secteur chaud, l’air est réellement caniculaire, avec des maximales de plus de 30°C enregistrées en France notamment le 18. La nuit suivante donc, la pointe d’air chaud atteint le sud-est de la Belgique, avec une petite dépression en son sein. A la vue de la carte ci-dessous, on pourrait penser de prime abord à une situation de point triple (voir plus loin). Toutefois, le fait que le noyau dépressionnaire soit situé à la pointe du secteur chaud et que le vent soit resté de nord à est pendant plusieurs heures avant les orages dans la plupart des stations officielles permet de cerner que nous sommes bien en présence d’une situation de pointe d’air chaud.

On notera que l’anticyclone de Mer du Nord est plutôt situé sur l’Allemagne, mais son association avec la petite dépression alors sur la France favorise l’établissement d’un flux de nord à nord-est dans les basses couches dès le début de soirée.

Situation en surface le 19 juillet 2015 à 2h00. La pointe d’air chaud se trouve encore près de Paris à cette heure (source: KNMI).

Le sondage de Trappes, près de Paris, montre le passage de l’air chaud à plusieurs centaines de mètres du sol, même si ce passage n’est qu’assez peu prononcé. Ce phénomène s’entrevoit aussi à Essen (nord-ouest de l’Allemagne), avec une remontée de quelques degrés en cours de nuit vers 1000 et 1500 mètres d’altitude.

Les orages qui concernent nos régions cette nuit-là sont donc peu étendus, mais ça ne les empêche pas d’être très électriques par endroits, notamment en province du Luxembourg en fin de nuit. 

Impacts relevés au cours de la nuit du 18 au 19 juillet 2015 (source: Lightningmaps).

A titre d’information, cette situation s’est aussi observée le 25 juin 2008.

Donc, dans la situation de la pointe d’air chaud, on retrouve l’extrémité d’un secteur chaud sur nos régions, marqué par une dépression plus ou moins importante. Dans les basses couches, l’air reste « frais », avec un vent au sol soufflant de nord-ouest, de nord, de nord-est ou d’est. Vers 1-2 km, l’air est plus chaud au-dessus et sur la droite de la dépression, avec un vent de sud, de sud-ouest ou d’ouest. Sur la gauche de la dépression, l’air est froid à ces mêmes 1-2 km. Nous avons donc un important contraste de températures en altitude, dont on ne perçoit rien au sol. La chaleur est donc absente des basses couches, étant rejetée un peu plus haut dans la troposphère, et se résumant grosso modo à une langue coincée entre le front chaud et le front froid.

On notera que, dans ce genre de situation, les orages les plus violents tendent à se placer un peu au devant de la tête d’onde/de la dépression naissante. Cela donne alors parfois l’impression qu’ils sont engendrés par le front chaud, alors que ce n’est pas réellement le cas. Il s’agit juste de l’endroit où l’air chaud afflue vers les orages et là où les cisaillements de vent sont les mieux organisés. De même, cette zone juste derrière le front chaud et à proximité de la dépression est souvent le siège de diffluences en altitude, ce qui entraîne un appel d’air depuis les basses altitudes pouvant entretenir la convection, même si le système voyage dans un environnement de moins en moins instable avec l’avancée de la nuit. Ceci explique pourquoi les grands systèmes orageux bien portants ont tendance à nous concerner la nuit ou en matinée.

Schéma d’une situation de pointe d’air chaud.

Schéma d’un situation de pointe d’air chaud avec front occlus.

L’advection chaude d’Allemagne: un cas particulier

Cette situation requiert un placement des fronts très particulier. Ils sont liés au positionnement d’une dépression sur l’ouest de l’Allemagne ou le Luxembourg, avec un anticyclone loin au nord de nos régions. Cette situation amène de l’air continental chaud à s’engouffrer, en triangle, à travers de l’air maritime bien humide et plus frais. Ainsi, les orages se développent à la pointe de cette arrivée d’air chaud, et avancent en général d’est en ouest ou du nord-est au sud-ouest, de telle sorte que l’observateur voit arriver des orages alors que l’air est loin d’être chaud. Cet air chaud se trouve en réalité derrière. Cette situation peut présenter les caractéristiques d’une situation d’arrivée tardive du secteur chaud, de front ondulant incliné, de pointe d’air chaud ou plusieurs d’entre elles à la fois.

1er juin 2016

Les conditions atmosphériques qui ont été observées ce jour-là sont très particulières. L’auteur de cet article, parti observer les orages avec un membre de Belgorage, l’a particulièrement bien expérimenté. Postée du côté de Landen, notre petite équipe baignait dans un air humide, complètement couvert et de surcroît brumeux, avec une température de 15°C et un vent d’ouest. Là où cela devient très inhabituel, c’est que les orages descendaient progressivement de la Campine, et ne se trouvaient qu’à une dizaine de kilomètres au nord. De ces orages, on ne pouvait entendre que le tonnerre, alors que la brume nous empêchait de voir quoique ce soit en-dehors d’une zone un peu plus sombre au nord. L’équipe percevait alors le côté quelque peu sensationnel de cette situation. Pour mieux la comprendre, il est d’abord utile de regarder aux analyses de surface.

Situation en surface le 1er juin 2016 à 14h00 (source: KNMI)

Un front chaud s’est enfoncé depuis le nord vers la Wallonie, et est responsable du temps couvert que nous connaissons, accompagné de bruines ou de faibles pluies. Pourtant, même après son passage tel que représenté sur la carte, l’air reste très frais et le vent continue à souffler d’ouest. En réalité, la pente de ce front chaud est peu prononcée, presque plate. Elle n’atteint le sol qu’au niveau de la frontière avec les Pays-Bas, de telle sorte que la Flandre et le nord de la Wallonie baignent dans une mince couche d’air maritime très frais, surplombée par de l’air chaud. Le sondage de Beauvechain réalisé à ce moment le montre à merveille, avec de l’air à 14°C au sol, surplombé par de l’air à presque 17°C 500 mètres plus haut. Cela n’a pas l’air très important dans l’absolu, mais en relatif, trouver de l’air à 17°C à cette altitude devrait avoir comme correspondance de l’air à 19-20°C au sol. De plus, le vent d’ouest au sol tourne rapidement au nord quelques centaines de mètres plus haut, puis à l’est à partir de 5 km d’altitude. Ceci donne des cisaillements particulièrement prononcés qui peuvent maintenir, voire renforcer les orages.

Ces orages ont été plutôt mesurés, sauf en début de soirée où certains d’entre eux ont été particulièrement électriques sur l’est de la Campine.

Le point triple

Il s’agit d’une situation d’arrivée tardive du secteur chaud poussée à l’extrême. La région qui connait cette configuration ne voit absolument rien de l’air chaud qui alimente les orages, celui-ci ne faisant que tangenter cette région. Elle se retrouve ainsi à la jonction entre le front chaud, le front froid et le front occlus, avec le centre dépressionnaire passant un peu au nord, au nord-ouest ou à l’ouest. Contrairement à la situation de pointe, le vent reste orienté au sud, au sud-ouest ou à l’ouest avant les orages. Pour autant, cette configuration peut être particulièrement propice aux orages parfois violents car elle accumule l’air chaud arrivant du secteur chaud et une convergence des vents de surface au droit du point triple.

Schéma d’une situation de point triple.

…et des situations hybrides

Dans certains cas, l’identification d’une situation claire peut devenir très compliquée, plusieurs schémas se succédant au cours d’un même épisode orageux. C’est notamment ce qui s’est passé la nuit du 22 au 23 août 2011, qui est reprise ici comme exemple.

Un premier front froid traverse nos régions la nuit du 21 au 22, mettant fin à un épisode de chaleur. Pourtant, peu d’orages se sont manifestés à son passage. Une situation de déjà vu…

Rapidement cependant, le front rebrousse chemin, et retraverse la Belgique en direction du nord, sous la forme d’un front chaud cette fois. Une nouvelle dépression se forme ainsi dans le sud-ouest de la France. Pour la Belgique, nous pourrions penser à une situation de secteur chaud classique. Pour autant, deux éléments nous montrent que ce n’est pas le cas:

  • Premièrement, les températures maximales qui sont observées l’après-midi du 22 août ne sont pas celles que nous devrions retrouver dans de l’air maritime tropical. On note ainsi 21,6°C à Gosselies, avec un temps nébuleux et même quelques faibles pluies par moments. Même chose à Bierset, avec 21,1°C. Même sur le sud-est du pays, qui profite de davantage de soleil, les températures ne sont pas très élevées (25,8°C à Saint-Hubert).
  • Deuxièmement, nous aurions du avoir un vent de sud-est au sol. Or, c’est un vent de nord à nord-est qui s’établit dans la plupart des stations officielles. 

Ainsi, on semble avoir une pellicule d’air maritime dans les basses couches, et de l’air plus chaud par dessus. Cette situation est clairement identifiée à Essen (ouest de l’Allemagne) vers 2h00 du matin, avec une invasion d’air chaud à quelques centaines de mètres au-dessus du sol, et sur environ un kilomètre d’épaisseur. On retrouve ainsi une température de 17°C à 1500 mètres, ce qui est très chaud à cette altitude. Il y faisait plus frais douze heures plus tôt, lors du précédent sondage. Le conflit est également très violent à cette altitude. En effet, au-dessus du sud-est de l’Angleterre, il ne fait que 9°C à 1500 mètres. Mais de ce conflit, l’observateur n’en perçoit rien depuis le sol.

Ces différents éléments permettent clairement d’identifier une situation de front incliné au-dessus de la Belgique dans l’après-midi du 22 et en début de nuit du 22 au 23.

Situation en surface le 23 août 2011 à 2h00 (source: KNMI).

Pour autant, l’analyse de 2h00 le 23 août permet de montrer que la dépression s’est mise en route vers nos régions, en refermant progressivement le secteur chaud. Sa pointe passera par ailleurs assez loin à l’ouest de nos régions. Pour autant, cet air chaud n’est toujours pas visible en basses couches, où le vent reste de nord à est selon les régions. Nous sommes donc en présence d’une situation devenue hybride, mêlant les caractéristiques d’une situation de pointe, de front incliné et de secteur chaud.

A noter que cette situation finira d’ailleurs par évoluer en secteur chaud classique avant le passage du front froid vers midi le 23, avec une rotation des vents au sud-ouest en début de matinée, accompagnée d’une remontée rapide des températures.

En attendant, cette nuit-là, ce ne sont pas moins de cinq systèmes orageux (MCS) qui concerneront notre pays éveillé, parfois pendant une grande partie de la nuit. Ces orages seront par endroits violents, notamment au sud de Charleroi où des inondations seront observées.

Image radar de 23h00 le 22 août 2011. Le premeir MCS atteint le Hainaut et Namur. D’autres suivront en cours de nuit (source: Meteoservices).

Nous avons déjà réalisé un article décrivant l’année orageuse 2011, avec un long passage sur cet épisode des 22 et 23 août: 2011, une année orageuse explosive

A noter qu’une situation également hybride a été observée quelques jours plus tôt, le 18 août. Ce jour-là, le Pukkelpop s’était retrouvé sur la trajectoire des orages, avec des conséquences bien plus dramatiques.

Parmi les autres situations hybrides, citons celle du 29 mai 2008 qui a donné lieu aux orages diluviens qui ont inondé Liège, plus particulièrement Tilff, Ougrée et le Sart-Tilman.

Synthèse 

Comment différencier ces situations?

  • Pour la pointe et le front incliné, le vent au sol se maintient entre le nord-ouest et l’est-nord-est jusqu’à l’arrivée des orages. Il n’y a pas de remontée des températures à l’arrivée du front chaud (dans le cas où l’un de ceux-ci traverse le pays). L’air chaud envahit nos régions au-dessus de la pellicule d’air frais qui campe dans les premières centaines de mètres au-dessus du sol (ou l’air frais pelliculaire envahit nos régions par le nord ou le nord-est et passe sous la langue d’air chaud). Pour la situation d’arrivée tardive du secteur chaud, on note, à la station, une remontée des températures (ou tout du moins, une rupture dans la chute nocturne habituelle), avec une rotation des vents au sud ou au sud-ouest. 
  • Bien que ce ne soit pas un gage de différenciation absolue, une situation de front incliné ou de pointe d’air chaud présente un front stationnaire ou une tête d’onde en travers de notre pays. Mais il convient ici de rappeler la difficulté de définir le tracé des fronts dans ces situations où la pente de contact entre les masses d’air est très peu inclinée.
  • Il existe un continuum entre ces situations. Ainsi, il arrive régulièrement que le centre de la Belgique connaisse une situation de front incliné ou de pointe d’air chaud, alors que le sud-est connaît une arrivée tardive du secteur chaud plus classique (exemple du 18 juin 2012). 
  • La distinction entre situation de front incliné et situation de pointe peut ne pas être très claire. Pour le premier cas, il faut garder à l’esprit que le front qui nous concerne doit être parfaitement stationnaire et libre de toute dépression à la base d’une frontogenèse. Dit autrement, on ne doit pas pouvoir identifier un secteur chaud, donc la formation d’un triangle par le front chaud et le front froid. Si c’est le cas, c’est une situation de pointe. De plus, on peut observer, au cours d’une même période orageuse, une évolution de la situation de front incliné vers la situation de pointe. Ce fut notamment le cas des 22 et 23 août 2011.
  • Une autre manière de tenter une distinction entre la situation de pointe et la situation d’arrivée tardive du secteur chaud est la position de la dépression par rapport aux fronts, notamment lorsque l’occlusion est formée. Si la dépression passant sur nos régions reste près de la tête du secteur chaud, là où front froid, front chaud et front occlus se rejoignent, on sera dans une situation de pointe. Si cette dépression se trouve au centre de l’enroulement de l’occlusion et passe ainsi à l’ouest ou au nord de nos régions, on sera plutôt dans une situation d’arrivée tardive du secteur chaud, même si la pointe de ce secteur chaud passe sur nos régions. Cette différence est liée aux vents en surface. Dans le second cas, on aura plutôt des vents de sud ou de sud-ouest en lien avec la dépression passant à l’ouest. Nous ne sommes plus à ce moment-là dans une situation de pointe (ou de front incliné) qui doit voir se maintenir des vents de nord à est. Toutefois, et même si nous n’avons pas d’exemple en tête, il doit exister une situation intermédiaire assez difficile à classer et hybride.
  • Une autre hypothèse serait que les situations de pointe engendreraient plus facilement de grands systèmes orageux multicellulaires (amas orageux comme le 20 juin 2002, MCS avec arc en écho comme le 18 juin 2012). Les situations de front incliné seraient aptes à générer aussi bien des MCS que des orages isolés très violents, de type supercellulaire. Toutefois, cette répartition est une supposition, et il serait nécessaire de passer davantage d’épisodes en revue pour confirmer ou infirmer cette hypothèse. 

Entre « front incliné », « pointes » et « hybrides », des déterminants communs

  • Comme évoqué dans un premier temps, le premier dénominateur commun est le maintien d’un fine pellicule d’air plus « frais » dans les basses couches de l’atmosphère, avec un vent faible soufflant de nord, de nord-est ou d’est.
  • Le rôle de « l’anticyclone thermique de Mer du Nord ». Ce petit anticyclone, parfois à peine discernable, est un anticyclone de basse couche, peu épais et d’une dimension de quelques dizaines à quelques centaines de kilomètres. Il se forme au contact des eaux fraîches de la Mer du Nord, à quelques distances des côtes belges ou hollandaises. C’est en partie grâce à lui que s’établit la fine pellicule fraîche évoquée au point précédent, ce petit anticyclone poussant en effet les vents maritimes de nord à nord-est à l’intérieur des terres, jusqu’au massif ardennais dans le meilleur des cas. A noter que, dans certains cas, ce petit anticyclone thermique peut être remplacé par un « vrai » anticyclone ou encore une crête ou un col anticyclonique qui se trouve un peu par hasard sur la Mer du Nord. Toutefois, les effets sont pratiquement similaires, avec à nouveau de l’air maritime rentrant dans les basses couches par flux de nord, de nord-est ou d’est. L’absence d’un tel anticyclone peut être compensée par des pressions plus basses sur le continent ouest-européen, qui ont pour effet d’attirer vers elles l’air maritime de mer du Nord dans les basses couches.
  • Comme vu à travers la revue des différentes situations, la « fraîcheur » des basses couches est parfois toute relative. La base de cette pellicule d’air maritime peut être bien réchauffée l’après-midi par l’ensoleillement. Une température au sol s’élevant jusqu’à 26 ou 27°C n’est pas impossible, surtout en situation de front incliné. Peut-on encore parler de fraîcheur? La réponse semble non. Les situations de pointe et de front incliné ne sont donc pas forcément génératrices de fraîcheur avant de forts orages de sud-ouest, mais il semble que cette dernière évolution « fraîcheur puis orages venant du sud-ouest » soit engendrée en grande partie par ces situations de pointe et de front incliné.
  • Plus haut, un flux de sud à sud-ouest, plus rarement d’ouest, dicté par la présence de dépressions bien actives à l’ouest ou au nord-ouest de nos régions, sur le proche Atlantique, et d’une crête anticyclonique d’altitude sur l’Europe centrale. Ce flux d’altitude est en général assez rapide.
  • Il est à noter que, la nuit, le refroidissement classique de l’air près du sol peut renforcer le phénomène de dissimulation de la chaleur. Il se forme ainsi une couche de quelques dizaines de mètres à partir du sol où l’air peut-être frais et complètement calme. Cette pellicule peut être difficile à déloger, même en cas d’arrivée du secteur chaud d’une situation de pointe. On voit alors la température augmenter à 200 ou 300 mètres d’altitude alors que sous l’inversion nocturne, la température de la pellicule d’air près du sol ne varie que très peu.

…mais la dissimulation de la chaleur est plus efficace en cas de situation de pointe

D’après la revue des nombreux épisodes orageux que nous avons investigué, il semble que les situations de pointe d’air chaud soient bien plus propices à cacher réellement la chaleur aux individus que la situation de front incliné. En effet, la pointe d’air chaud étant au fond du secteur chaud d’une dépression (donc dans le triangle formé entre le front chaud et le front froid), son avant et son après sont composés d’air maritime, parfois à tendance polaire, donc bien frais. Toutefois, si le flux en surface est mou et que l’air maritime a tendance à stagner, ce dernier peut avoir tendance à se réchauffer près du sol, affichant une température de 24 à 25°C en milieu d’après-midi. On dit que cet air se dénature. C’est ce qui s’est notamment passé le 24 juin 2008, avant l’épisode orageux prenant place la nuit suivante.

C’est dans le cas des épisodes les mieux rodés, quand la pointe passe en plein sur nous, que la dissimulation de la chaleur est superbement bien exécutée. En fait, la chaleur est bien là, mais à plusieurs centaines de mètres d’altitude. Il faut cependant comprendra cela à travers le relativisme de la décroissance normale de la température en fonction de l’altitude. Il faut savoir que, grosso modo, pour avoir 30°C au niveau du sol, on compte sur une température de 15°C vers 1500 mètres. Dès lors, avoir à cette altitude des températures de 16, 17 voire 18°C à cette altitude alors que c’est aussi la température observée au niveau du sol, c’est tout simplement dire qu’il fait frais au sol, mais caniculaire en altitude. Le quidam ne perçoit rien de la chaleur, pourtant elle est bien là, à plusieurs centaines de mètres au-dessus de sa tête.

Par contre, la situation de front incliné est moins propice à bien dissimuler la chaleur en basse couche. En effet, et même si le flux de surface se maintient au nord ou au nord-est, l’ensoleillement peut finir, comme on l’a vu, par en échauffer suffisamment la base pour qu’elle atteigne des températures suffisamment estivales dans les premiers mètres du sol (jusqu’à 27, voire localement 28°C). C’est ce qu’il s’est passé le 8 juin 2014: malgré le maintien du flux de nord-est, la pellicule d’air maritime humide a finalement gagné une température de 26 à 27°C. Idem lors de l’orage du Pukkelpop. Toutefois, l’air restait encore plus chaud à quelques centaines de mètres d’altitude, de sorte que la situation de front incliné restait assez bien identifiable.

Conclusion

Enfin, nous terminerons par ce point: ces situations de pointe et de front incliné doivent sans doute exister ailleurs que chez nous, mais la géographie même de nos régions rend ces mécanismes si « performants »: la Mer du Nord est garante du réservoir de fraîcheur maritime qui peut, avec un flux bien placé ou l’anticyclone thermique de mer du Nord, se vider sur nos régions, renvoyant l’air chaud de sud-ouest plus en altitude. Toutefois, à l’échelle de l’Europe occidentale, nous pressentons que ce genre de mécanisme peut se mettre en place sur une bande de 200 à 300 km de large courant de l’ouest de la France au nord-ouest de l’Allemagne, via les Pays-Bas et la Belgique, avec un maximum d’efficacité entre les Hauts-de-France et le nord des Pays-Bas. Ceci expliquerait, en partie, pourquoi ces régions sont particulièrement soumises aux violents orages étendus de sud-ouest.

Glossaire des formations orageuses

Cet article a pour but de repréciser quelques termes relatifs aux formations orageuses et qui sont régulièrement évoquées dans les bulletins d’Info Meteo. Cet article se veut volontairement descriptif et fait l’impasse sur les conditions météorologiques permettant la formation de ces orages.
 
Orage monocellulaire
 
On ne le cite pas souvent, pourtant c’est l’orage dans sa forme la plus basique, formé par un courant ascendant qui l’alimente et un courant descendant siège des précipitations. Ces orages, généralement faibles à modérés, ne dure qu’une grosse demi-heure maximum. Les orages isolés qui se forment en deuxième partie d’après-midi d’été sans guère subsister sont souvent de ce type.
 
Orage à pulsation
 
Il s’agit aussi d’un orage monocellulaire, mais débridé. Il dure généralement plus longtemps (parfois une à deux heures) et peut être localement fort. Il est capable de chutes de grêle significatives.
 
Orage multicellulaire
 
C’est un type d’orage très fréquent chez nous. Comme son nom l’indique, il est formé de plusieurs cellules à différents stades de vie, rapprochées entre elles. Au radar, il est d’ailleurs parfois compliqué de les identifier clairement une à une. Ce type d’orages peut être assez bref (moins d’une heure) comme durer bien plus longtemps. Il peut être faible ou modéré comme il peut être réellement violent, accompagné de précipitations diluviennes, de grêle et d’une activité électrique parfois incessante.
 

Un orage multicellulaire particulièrement intense sur la région de Charleroi (centre-bas de l’image) l’après-midi du 5 juin 2011. On en remarque un autre sur le sud-est de la province de Liège (source: Buienradar).

 
 
Supercellule
 
D’emblée, précisions ici que le terme « super » peut prêter à confusion. Une supercellule n’est pas forcément un immense orage hyper-violent. On peut trouver des supercellules large de quelques kilomètres à peine et dont les éléments la font passer pour un banal orage auprès du quidam. Les orages multicellulaires peuvent être parfois bien plus violents qu’une supercellule.
 
Pourtant, la supercellule est effectivement, dans sa forme la plus aboutie, le plus violent des orages. Néanmoins, de telles supercellules restent peu fréquentes sous nos latitudes. On en compte que quelques unes par an.
 
Ce qui caractérise la supercellule, c’est la rotation qui l’anime, autour d’un axe plus ou moins vertical que l’on nomme mesocyclone. C’est au niveau de cet axe que peuvent survenir les tornades lorsque les conditions sont réellement propices. Cette rotation peut se remarquer au radar, la supercellule présentant ainsi un crochet sur le radar des précipitations, en lien avec les rideaux de pluie qui s’enroulent autour du mesocyclone.
 
La supercellule est capable de tous les éléments (pluies diluviennes, grêle géante, vents violents et activité électrique ininterrompue), mais dans nos régions, ces différents éléments s’expriment rarement de concert.
 
 Deux supercellules sur l’est de la Belgique l’après-midi du 5 juillet 2015. Celle en haut à gauche vient de déverser des grêlons de grande taille sur la région de Verviers (source: Université de Bonn).
 
Train d’orages
 
En anglais, se dit « training thunderstorms ». Le train d’orages n’est pas exactement un type d’orages à proprement parler, mais plutôt une suite d’orages de différents types (mono, multis et parfois supercellulaires) assez proches mais non soudés entre eux, et qui défilent à la qeuleuleu sur les mêmes régions. Ils se déplacement le long d’un axe peu mobile, de telle sorte que l’observateur qui est en-dessous a l’impression de vivre le même orage pendant parfois plusieurs heures, avec des périodes très intenses et des périodes un peu plus calmes. Toutefois, il ne s’arrête jamais de pleuvoir, ce qui peut mener à des inondations à force de répétition des passages de cellules orageuses sur la même région. 
 

 Un train d’orages la nuit du 6 au 7 août 2015 en travers de la Belgique. La flèche jaune indique le sens de déplacement des cellules, le long de l’axe qu’elles forment (source: IRM).

 
 
Amas d’orages
 
A la base, le concept est assez similaire au train d’orages. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un type d’orages, mais plutôt d’une organisation imparfaite entre différents orages mono, multis et parfois supercellulaires, assez proches mais non soudés entre eux. Plutôt qu’une ligne, les orages sont répartis inégalement au sein d’une masse plus ou moins elliptique. Au radar, cela donne l’impression d’avoir une organisation anarchique, avec une série de noyaux intenses au sein d’une masse de pluies plus faibles (dites pluies stratiformes). Les noyaux peuvent être violents et défiler pendant plusieurs heures au-dessus d’une même région, donnant à nouveau l’impression à l’observateur qui les subit de connaître un seul et même orage pendant un laps de temps très long, avec des hauts et des bas d’intensité. L’ensemble en lui-même ne survit que quelques heures car il finit généralement par s’étouffer dans les pluies stratiformes qu’il génère, à moins qu’il ne finisse par s’organiser en un MCS bien structuré (voir plus loin).
 
 Amas orageux particulièrement violent sévissant la nuit du 19 au 20 juin 2002 sur le centre de la Belgique (source: IRM)

Ligne de grain
 
La ligne de grains est, comme son nom le laisse transparaître, une organisation multicellulaire de plusieurs grains qui se soudent entre eux pour former une ligne assez fine mais parfois longue de plusieurs dizaines, voire centaines de kilomètres. Elle se déplace généralement rapidement et plus ou moins perpendiculairement à son extension. On les observe en toute saison, notamment en hiver.
 
Les échos en bleu foncé composent une ligne de grains traversant l’est de la Belgique la nuit du 13 au 14 janvier 2015, donnant des orages particulièrement bruyants sur la région liégeoise (source: Buienradar).
 
Front NCFR
 
Pour Narrow cold front rainband (bande étroite de front froid). Il est semblable à la ligne de grains, mais est avant tout une organisation synoptique avant d’être liée à la convection. Le front NCFR doit son existence à la quasi seule dynamique atmosphérique. La ligne formée est beaucoup plus régulière et « lisse » qu’une ligne de grains, et n’est pas forcément orageuse sur toute sa longueur. Par contre, elle peut être le siège de phénomènes venteux brutaux. Elle est de plus liée à un front froid là où la ligne de grains a tendance à ne pas l’être, mais ce n’est pas systématique.
 
Un front NCFR traversant le nord de la Belgique l’après-midi du 28 janvier 2015. La ligne semble plus régulière, mais c’est ici l’appartenance à un front froid qui permet d’affirmer la nature de l’organisation orageuse (source: Buienradar).
 
Echo en arc
 
En anglais, on parle de « bow echo ». Il s’agit d’une ligne de grains prenant une forme arquée sur une partie ou sur la totalité de sa longueur. De par sa nature, le bow echo est souvent le siège de violentes bourrasques.
 
Bow echo (flèche en noir) au sein d’une ligne de grains le 3 janvier 2014 (source: Buienradar).
 

Echo en virgule

Pour Comma echo en anglais. Plus rare, il évolue à partir d’un écho en arc et, comme son nom l’indique, prend la forme d’une grande virgule avec, dans la tête à son extrémité nord, un risque de tornade accru.

LEWP

Pour Line Echo Wave Pattern (échos en forme de vagues). Il s’agit d’une ligne de grains présentant des ondulations sur sa longueur, parfois découpée en échelons disposé en quinconce les uns par rapport aux autres. Ce sont des structures en général violentes et très venteuses.
 
LEWP sur le centre-sud de la Belgique en début de soirée du 1er octobre 2016. Les ondulations le long de la ligne permettent de l’identifier comme tel (source: Meteoservices).
 
Système convectif de mésoéchelle
 
On parle aussi de MCS (acronyme anglais). Comme son nom l’indique, il s’agit d’un grand système de minimum 80-100 kilomètres de large, de forme plus ou moins allongée, dans lequel s’individualise deux parties:
  • Une partie dite stratiforme, de loin la plus grande. Il s’agit d’une zone où tombe une pluie modérée, généralement peu active d’un point de vue électrique: on y observe de très rares mais puissants coups de foudre ou alors de grands éclairs internuageux horizontaux qui semblent se répandre dans le ciel.
  • Une zone intense, sorte de noyau dur, qui concentre le maximum d’activité, s’individualisant généralement en bordure de la zone stratiforme, plus rarement à l’intérieur. Cette zone intense peut avoir différentes formes: un grand orage multicellulaire, une ligne de grains, un echo en arc ou plus rarement un LEWP.
 
Un MCS traversant la Wallonie la nuit du 25 au 26 mai 2009, avec les deux parties identifiées (source: Meteo60).
 
MCS traversant très rapidement la Belgique au petit matin du 18 juin 2012. Il renferme un echo en arc (ligne orange-rouge courbée en haut à droite) (source: Infoclimat).
 
Une évolution du MCS est le QLCS, pour Quasi Linear Convective System (système convectif quasi linéaire). Il s’agit d’un cas particulier où la ligne de grains qui compose la partie active devient massive et très allongée. La partie stratiforme est également allongée, en général à l’arrière de la zone intense.
 
Train d’orages achevant sa transformation en un violent QLCS sur l’Entre-Sambre-et-Meuse et l’Aisne au soir du 22 août 2011 (source: Meteoservices).
 
Enfin, citons pour finir le MCC, pour mesoscale convective complex (complexe convectif de mésoéchelle). Il s’agit d’un MCS de grande dimension, capable de couvrir un territoire plus grand que la Belgique. Il doit répondre à des critères bien précis pour être qualifié comme tel. Nous ne les détaillerons pas ici.
 
Pour plus de précisions, voici les liens vers deux articles évoquant les supercellules et les MCS:
 
 

Les orages d’automne: quand Thor joue les prolongations

Traditionnellement, l’automne est une saison colorée durant laquelle les températures se rafraîchissent et les coups de vent sont fréquents. On ne s’attend pas spécialement à y connaître de forts orages, car dans l’imaginaire du quidam, les orages ne se produisent que quand il fait chaud, et donc en été principalement. Pourtant, ce n’est pas toujours le cas. Nous avions déjà montré que des orages étaient possibles en hiver pourvu que de l’air très froid soit présent en altitude et que la dynamique y soit turbulente. Il n’est donc pas illogique d’en avoir aussi en automne. Et lorsque l’on s’intéresse à la récente histoire météorologique de la Belgique, nous constatons que chaque automne nous sert un voire deux épisodes orageux d’envergure, et que parfois, la violence de ces orages les fait rivaliser avec leurs plus puissants collègues estivaux.
 
Dans cet article, nous allons ainsi passer en revue quelques épisodes automnaux mémorables et en tirer quelques causes récurrentes. Nous considérons ici l’automne climatologique qui s’étale du 1er septembre au 30 novembre.
 
Arrivée d’un système orageux (MCS) particulièrement actif sur Liège le 22 octobre 2013 (auteur: Info Meteo).
 

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27 août 2016: furie électrique sur le sud et l’est

Les orages de ce samedi 27 août étaient attendus, mais pas à ce degré de violence. Violence électrique surtout. Ceux qui ont eu l’occasion d’observer le passage des foyers qui se sont développés ce soir-là retiendront surtout le feu d’artifice électrique qui s’est joué au-dessus des collines du Condroz et de la dépression de Famenne notamment. Car c’est en premier lieu l’élément « foudre » qui dominait, avec des séquences de plusieurs éclairs par seconde par moments. S’en suivent le vent et localement la grêle. La pluie, bien qu’intense, fut cependant assez brève.
 

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