Evénements 2018 – Janvier à avril

 

Retrouvez ici tous les événements météorologiques s’étant produits en Belgique entre janvier et mars 2018. Les autres périodes peuvent être atteintes via les liens à la droite de cet article ou dans la rubrique « Faits météo en Belgique ».

3 janvier – tempête Eleanor

En soirée du 2 janvier, la dépression Eleanor se creuse sur l’Irlande y apportant des rafales de plus de 140-150 km/h. Le lendemain 3 janvier, elle se trouve en mer du Nord. Son front froid très violent balaie la Belgique en deuxième partie de nuit, engendrant une véritable tempête. On relève 101 km/h à Chièvres, 105 km/h à Ernage, 112 km/h à Uccle, 115 km/h à Humain, 116 km/h à Zeebrugge et 126 km/h à Florennes. Des coupures de courant sont signalées tandis que de nombreuses chutes d’arbres et des dégâts aux toitures sont enregistrés dans de nombreuses régions. En matinée, le vent reste très présent (rafales de 70 à 90 km/h), tandis qu’un orage modéré est observé en province de Liège. Dans le nord de la France, on relève 147 km/h à Cambrai, 135 km/h au Cap Gris Nez. Aux Pays-Bas, des rafales de 140 km/h sont enregistrées sur les côtes zélandaises.

 
La tempête Eleanor au petit matin du 3 janvier (source: Wokingham Weather).
 

Dans le même temps, les cours d’eau du sud de la Wallonie sont en crue par endroits, en réponse aux précipitations abondantes tombant depuis plusieurs semaines.

 
Le 4 janvier, un nouvel épisode venteux, cependant moins intense, concerne la Belgique, au passage de la dépression Christine. Les rafales sont généralement comprises entre 70 et 80 km/h, mais une pointe de 94 km/h est observée à Florennes. 
 
En soirée du 16 janvier et la nuit suivante, de multiples giboulées (grésil et neige) sont observées au-dessus de 150 mètres, parfois accompagnées d’une faible activité orageuse. La neige accroche temporairement sous les averses, plus durablement dans l’est de l’Ardenne. Ces giboulées sont également observées le 17 janvier.
 
Averse de neige en début de nuit du 16 au 17 janvier sur les hauteurs de Namur (auteur: Info Meteo).

 

18 janvier – tempête David le matin et orages en soirée
 
En fin de nuit et en matinée, une dépression de tempête se creuse en traversant la mer du Nord, elle est nommée David par Meteo France. Aux Pays-Bas, les rafales atteignent 140 km/h sur les côtes. En Flandre, on relève 119 km/h à Deurne, 112 km/h à Zeebrugge et 90 km/h à Zaventem. En Wallonie, les rafales atteignent 101 km/h au Mont Rigi, 97 km/h à Ernage et Gosselies et 94 km/h à Humain. Dans le nord de la France, les rafales atteignent 120 km/h à Lille et 136 km/h au Cap Gris-Nez. La tempête frappe ensuite le nord de l’Allemagne avec des pointes à 120 km/h en plaine. Une personne décède dans le Brabant wallon suite à la chute d’un arbre.
 
La tempête David vers 11h00 le 18 janvier, alors centrée sur les Pays-Bas (source: Wokingham Weather).
 
En soirée, à la faveur d’une branche puissante de Jet-stream et d’un creux au-dessus de la Belgique, une ligne d’orages se forme sur la côte – une maison est incendiée par la foudre – puis traverse tout le pays jusqu’en province de Liège en prenant la forme d’un bow echo. Les orages sont modérés sur la Flandre et Bruxelles, donnant des chutes de grêle parfois importantes et pas mal de vent (une rafale de 76 km/h est mesurée à Uccle au passage du système). En Wallonie, l’activité électrique est plus sporadique. Des foyers orageux plus isolés sont signalés du côté de Bastogne.
 
Activité électrique observée en soirée du 18 janvier et la nuit suivante (source: Lightningmaps).

 

Au milieu de l’hiver climatologique, le nombre remarquablement faible de gelées depuis le début de la saison pose question. 
 
Le 20 janvier, il neige en Ardenne et temporairement un peu plus bas (jusque 200 mètres d’altitude). La couche de neige dépasse 10 cm au-dessus de 500 mètres. 
 
Quelques jours plus tard, c’est un coup de douceur qui concerne notre pays, en lien avec l’arrivée d’air d’origine tropicale maritime. Les maximales du 24 janvier sont remarquablement élevées: 13,4°C à Beauvechain, 13,1°C à Chièvres, 12,9°C à Uccle, 12,4°C à Bierset, 12,0°C à Gosselies… 
 
Après un décembre extraordinairement sombre, l’ensoleillement est à nouveau exceptionnellement bas pour ce mois de janvier. A cela s’ajoute une douceur persistante qui le fait sortir des normes.
 
Bilan pour Uccle (source: RTBF, données de l’IRM).

 

La Chandeleur est par contre, comme le dit l’adage, une période charnière: l’Hiver (re)prend enfin vigueur, et de la neige est observée les 1er et 2 février en Ardenne, avec localement plus de 10 cm d’acumulation. Le Condroz et le sud de la Hesbaye blanchissent légèrement à la faveur des plus fortes averses poussées dans un flux de nord-ouest à nord. Les jours suivants restent froids mais parfois beaux.

Coucher de soleil sur les Hautes-Fagne le 5 février (auteur: A. Papapanayotou).

 

Le 6 février, un front chaud se coince sur le sud du pays. Une zone neigeuse subsiste pendant toute la journée le long du sillon Sambre-et-Meuse, donnant de 5 à 10 cm de neige (7-8 cm dans l’est du Namurois par exemple) sous des températures négatives tout au long de la journée. La nuit suivante, les températures descendent localement jusqu’à -5°C. 
 
Le front bloqué sur la Wallonie (source: IRM).
 
 

La nuit du 7 au 8 février est froide. Au petit matin, on relève -16,1°C à Elsenborn, -10,4°C à Dourbes, -9,9°C au Mont-Rigi, -9,1°C à Humain et à Florennes.

Le 9 février au soir et la nuit suivante, une nouvelle perturbation apporte quelques centimètres de neige, essentiellement au sud du sillon Sambre-et-Meuse.

En fin de nuit et en début de matinée du 16 février, le verglas consécutif à la mise en gel de l’eau tombée la veille pose des problèmes par endroits.

24 février au 1er mars – vague de froid

Entretemps, début février, le vortex polaire a éclaté dans la stratosphère. En l’espace de deux semaines, ses effets se communiquent à la troposphère et le temps se refroidit nettement à partir du 24 février, avec l’établissement d’un puissant anticyclone sur le nord de l’Europe et un flux d’est continental bien froid sur nos régions. Les minimales tombent sous -10°C à plusieurs reprises en Ardenne, une ou deux fois sur le centre du pays et selon les stations. C’est le 28 février qu’il fait le plus froid en de nombreuses stations du pays, avec des minimales de -14 à -18°C en Ardenne.

 
 
Le 26 février, une zone neigeuse inattendue se déplace du Limbourg au Hainaut sur un couloir étroit: il tombe entre 5 et 10 cm de neige sur la Hesbaye alors que Bruxelles et Namur sont épargnés.
 
Situation du 28 février au soir. On note l’énorme front chaud annonciateur du redoux sur la Méditerranée (source: KNMI).

 

Le mois de février qui se termine marque une rupture complète avec décembre et janvier: très anormalement ensoleillé, anormalement sec et anormalement froid. Le soleil aura en effet été le roi de la météo belge durant ce mois.

Le 2 mars, le redoux atteint la Belgique sous la forme d’un front chaud. L’air devient plus doux en altitude, surplombant de l’air toujours bien froid dans les basses couches. Des pluies verglaçantes gagnent ainsi la Belgique depuis la frontière française en matinée, causant des embarras de circulation. Par la suite, un front froid rejoint le front chaud sur notre pays, formant ainsi une occlusion et refermant de fait le secteur chaud. L’air redevient progressivement froid à tous les étages, et la pluie verglaçante se change en granules de glace puis en neige dans l’après-midi, menant à une accumulation de quelques centimètres.

Schéma illustrant la situation particulière de ce 2 mars (auteur: Info Meteo).

 

Dans les jours qui suivent, la douceur marque le début du printemps météorologique. A la faveur d’un flux de sud au-devant d’un front froid qui ondule sur la France et la mer du Nord, un orage fort pluvieux mais peu actif électriquement se déplace du Hainaut jusqu’à la Zélande la nuit du 10 au 11 mars. Quelques inondations locales sont signalées en Wallonie picarde. Le 11 mars, les maximales atteignent les 15°C en de nombreuses régions.

Du 18 au 21 mars, alors qu’il faisait bien doux les jours précédents, le temps redevient remarquablement froid, avec de temps en temps un peu de neige. La nuit du 19 au 20, il fait -9,2°C à Elsenborn. Le 20 au matin, il ne tombe qu’un centimètre de poudreuse grand maximum sur la province de Liège, mais ça suffit à générer pas mal de problèmes de circulation.

Le mois de mars qui s’achève a été un peu plus frais que la normale (à la limite de l’anormalité).

Le 8 avril est très chaud pour la saison. On relève 24,0°C à Uccle et à Gosselies.

Le 14 avril, des orages modérés éclatent sur la région lilloise et le Brabant wallon. Sur la province brabançonne, on observe quelques chutes de grêle.

A partir du 18 avril, la chaleur fait son retour. Le 19, on frôle les 30°C par endroits – il fait 28,1°C à Uccle. Le 22 avril, plusieurs foyers orageux faibles à modérés sont observés ça et là. Pour plus d’information, voire l’article de notre partenaire Belgorage.

29 avril – Première dégradation orageuse d’envergure

La situation météo du dimanche 29 avril est particulière. Un thalweg d’altitude sur l’ouest de la France guide une dépression de surface en creusement vers nos régions. Son secteur chaud lèche à peine l’est du pays; sur le centre cette masse d’air chaud est décollée du sol par une pellicule d’air maritime frais où souffle un vent de nord à nord-est. Ainsi dans le Namurois, le temps avant les orages était relativement frais, très humide, avec de la brume par endroits (maximales autour de 15°C à Namur). Le cisaillement des vents est de plus bien marqué, tandis qu’une convergence très nette se dessine le long du pseudofront chaud (représenté sur la carte par une plume rouge), au devant du noyau dépressionnaire. Ainsi, ce sont surtout ces éléments dynamiques forçant l’ascension des masses d’air qui ont expliqué l’intensité des orages (surtout sur le centre du pays), et ce alors que l’instabilité est restée modérée. C’est une situation typique de pointe d’air chaud, comme nous l’avions expliqué récemment.

Carte des fronts du 29 avril 20h00 (source: KNMI).

Ce pseudofront est le siège d’un premier orage modéré sur la province de Namur en fin d’après-midi. Puis en début de soirée, un puissant système orageux arrive de France par la pointe de Givet et fonce jusque l’est de la Flandre via le Namurois et l’est du Brabant wallon. L’activité électrique est impressionnante sur fond de ciel livide (jusqu’à un éclair toutes les 2 à 3 secondes) et de très fortes rafales sont localement observées. Ce système hybride présente les caractéristiques d’un echo en arc mais aussi une possible supercellule en son sein. Cette cellule particulière déclenche une tornade qui se déplace entre Dion (Beauraing) et Crupet (Assesse), atteignant une force F2-F3 près de Waulsort. Côté français, l’écho en arc a engendré d’énormes dégâts entre Aube et Ardennes (source: Kéraunos).

Evolution du système orageux sur le Namurois de 20h15 à 20h45 (source: Kachelmann).

En soirée, d’autres forts orages multicellulaires remontent du sud au nord sous la forme d’un rail de foyers à travers l’est de la province de Liège, le Luxembourg et l’ouest de l’Allemagne. Des grêlons de 2 à 3 cm sont observés localement sous ces cellules. Dans l’ensemble, cette dégradation d’ampleur est assez précoce pour la saison.

Les précipitations récoltées sur 24 heures sont localement remarquables (et pas uniquement dues aux orages du soir): entre le 29 8h00 et le 30 8h00, on relève 47 mm à Schaffen, 40 mm à Wartet (source: Info Meteo), 39 mm à Spa et 38 mm à Ernage. Aucune rafale de vent de plus de 90 km/h n’a été mesurée sur le réseau officiel, toutefois des dégâts portés aux bâtiments et à la végétation laissent penser que cette vitesse a été largement dépassée localement sur les communes de Beauraing, Hastière, Onhaye, Dinant, Yvoir et Assesse.

Lien vers l’article de Belgorage à ce sujet: ICI

Le lendemain 30 avril, le temps est d’abord calme, puis devient pluvieux et très frais dans l’après-midi (6°C sur le Namurois vers 18h00). Le vent se fait très présent avec des rafales jusqu’à 80 km/h localement.

Le mois d’avril a été très anormalement chaud, affichant un excédent thermique de +3,1°C à Uccle.

 

L’Islande : paradis des hivernophiles

Terre de glace, d’air frais et pur, de feu et de volcans, l’Islande est sans aucun doute le pays des amateurs de nature sauvage et sans limite… C’est avec plaisir que je me suis rendu dans ces contrées lointaines et que j’écris aujourd’hui ce billet essentiellement axé sur le climat et la météo locale particulièrement sauvage de ce pays, à l’image de ses paysages ! 

On ne va pas en Islande pour chercher la chaleur et le beau temps fixe pendant des semaines certes. Mais pour ceux qui étaient en manque de soleil après les semaines de grisaille que l’hiver belge peut fournir, ce n’est pas une mauvaise solution non plus ! En effet, les crêtes anticycloniques et dépressions se succèdent dans l’Atlantique nord et puisque l’Islande se trouve en plein milieu de celui-ci, au niveau du cercle polaire arctique, c’est l’endroit rêvé pour observer différents éléments se déchaîner. Cependant après la pluie (ou la neige) vient le beau temps, c’est bien connu et l’Islande n’échappe pas à cet adage. C’est d’ailleurs plus vrai encore dans ce pays où les anticyclones ne restent pas coincés pendant une semaine entière dans une position défavorable. Cela évite la formation de nuages bas persistants comme chez nous en novembre/décembre. Tout ça pour dire que le soleil fait partie intégrante de la vie des Islandais et que si jamais il n’est pas au rendez-vous, attendez quelques minutes ou une journée tout au plus et il se montrera. 

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Bulletin météorologique spécial

UPDATE 20/02 SCENARIO FROID CONFIRME.

Comme redouté depuis plusieurs jours, c’est maintenant une certitude, nous allons grelotter à partir de dimanche dans nos régions pour au moins deux, trois jours. Voici les températures prévues ci-dessous et donc confirmées du lundi  26/02 au mardi/mercredi -27-28/02 au moins: les maximas plongeront entre -6 et -2°C en Ardenne, -2 à 1°C du centre à la côte. Les minimas, sous ciel partiellement dégagé, dégringoleraient généralement entre -13 et -7°C, voire un peu moins dans les vallées ardennaises abritées. Le vent jouera également un rôle important sur notre sensation de froid. En effet dès la fin de semaine il soufflera en rafales souvent entre 35 et 45km/h, donnant une sensation d’air glacial entre -5 et -15°C de jour et -13 à -25°C de nuit (températures ressenties ->risque d’engelures en 30min).

Comme le prouve l’image ci-jointe, c’est une masse d’air d’origine arctique qui va débouler rapidement sur notre pays, associé au reliquat d’une partie du vortex polaire, éclaté début février.  Celle-ci provient de l’est de l’Europe et de Sibérie, étant à fortiori assez sèche, elle donnera souvent un ciel bien dégagée.

Pour le début du mois de mars, les températures devraient lentement remonter, mais il faudra alors surveiller la circulation de perturbations neigeuses dans nos parages.

C’est donc un refroidissement assez conséquent qui nous attend, mais cela aurait pu être bien pire au niveau du mercure, avec des sols bien plus enneigés sur le continent européen, et un vent nul durant la nuit…. On continue de toute façon à vous tenir informé de l’évolution de la situation.

Michael- Info météo
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SIMPLE REFROIDISSEMENT OU PROBABLE VAGUE DE FROID FIN DE SEMAINE PROCHAINE ?! ET LA NEIGE ?

Bonjour ,

Je ne vais pas trop revenir sur notre publication du 10 février dernier à propos de l’éclatement du vortex polaire, suite à un réchauffement soudain de la stratosphère au-dessus du pôle.
Mais en bref, ce genre d’événement induit des répercussions dans la troposphère environ 2 semaines après s’être produit. C’est-à-dire que déjà maintenant, de l’air véritablement glacial s’écoule depuis le pôle nord vers des latitudes d’habitude plus tempérées.
En d’autres-mots, dès la fin de cette semaine, il faudra surveiller les masses d’air d’origine arctique et leur trajectoire en fonctions des différents centres de pression.
Dans les faits, comme prévu dans le précédent bulletin hebdomadaire, nous assisterons jusqu’en fin de semaine prochaine à un temps se refroidissant légèrement et devenant souvent bien ensoleillé. Entre -2 et 0°C pour les maximas en Haute-Ardenne, 1 à 3°C pour le centre et jusqu’à 5-6°C pour la côte.
La nuit les minimas pourraient descendre entre -5 et -10°C sur le relief, entre -3 et -6°C sur le centre ,-1 et -3°C le long de la mer. Pendant cette période, le risque de précipitation et donc de neige paraît bien faible étant donné que nous serions sous influence anticyclonique. Avant cela, en début de semaine, il fera plus nuageux avec quelques précipitations principalement sur l’ouest. Et en Ardenne, des flocons sans trop de conséquence pourraient virevolter. L’est de l’Europe, c’est désormais acquis, sera en première ligne de mire, avec des températures constamment sous -15°C du nord de l’Ukraine à la Norvège dès la fin de semaine.

Ensuite, c’est véritablement à partir du 26 février que le froid pourrait s’intensifier pour quelques jours sur nos régions. Suivant la trajectoire que prendrait la masse d’air glacial mentionnée ci-dessus, tantôt vers nos régions, tantôt plutôt vers les Îles Britanniques. Les maximas pourraient plonger entre -6 et -2°C en Ardenne, -3 à 0°C du centre à la côte. Les minimas, sous ciel partiellement dégagé, dégringoleraient généralement entre -15 et -7°C.
Mais, selon la configuration la plus probable, de faibles fronts neigeux pourraient alors transiter par notre pays. Le risque de précipitations neigeuses augmenterait alors graduellement sur l’ensemble du pays.

En conclusion, même s’il n’est pas très probable que l’on remplisse les conditions pour avoir une vague de froid à Uccle, nous pourrions tout-de-même faire face à un refroidissement plutôt inhabituel pour la saison. Mais pour cela il faudra que la masse d’air glacial frappe nos régions de plein fouet, ce qui n’est pas encore acquis…

Tout ceci est bien entendu à confirmer, déjà ce soir dans le bulletin à long terme .

Bonne journée et fin de week-end.

Glossaire des précipitations hivernales

Un peu de vocabulaire hivernal… pour bien préparer l’arrière-saison 😉
 
Tout le monde sait ce qu’est la pluie, la neige ou la neige fondante. Par contre, si je vous parle de neige roulée, de granules de glace ou encore de neige lourde, ça devient plus difficile. Voici donc un petit pavé utile pour frimer en famille ou en société lors des prochaines précipitations hivernales!
 

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Quand une tempête de neige mexicaine provoque une vague de douceur états-unienne …

Depuis plusieurs mois, les flux méridionaux semblent particulièrement exacerbés dans tout l’Hémisphère Nord. Nous avons pu déjà le voir aux Etats-Unis, mais aussi en Europe Occidentale, dans les Balkans européens, et aussi en Asie Centrale. Une nouvelle fois, l’amplification du courant Jet à partir du Pacifique a créé une situation globale que l’on peut qualifier d’exceptionnelle, et qui a largement perturbé la météo et la société depuis le Mexique vers le Nord-Est des Etats-unis.

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Chutes de neige du 7 mars 2016

Revenons sur ces chutes de neige qui ont concerné une bonne partie de la Wallonie. Si elles n’ont rien d’exceptionnel, il s’agit néanmoins d’un épisode quelque peu remarquable, lié entre autres au comportement des zones de précipitations. En effet, certaines régions ont presque connu un remake de l’épisode du 15 janvier, de moindre importance toutefois. De ce fait, cet épisode du 7 mars peut être considéré comme la deuxième offensive sérieuse de cet hiver.

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Les Etats-Unis sous les orages, la neige, et les inondations de Jonas

 
Du 20 au 24 janvier 2016, une dépression baptisée Jonas a longuement affecté toute la partie Sud et Est des Etats-Unis, d’abord provoquant de sévères orages et des tornades du côté de la Louisiane, de l’Alabama, et du Mississippi, avant de se déplacer vers le Nord-Est pour ensevelir la côte Est sous une couche de neige parfois record.
 

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Episode neigeux du 15 janvier 2016

Ce 15 janvier 2016, le général Hiver s’est rappelé au souvenir des Wallons de manière brutale. Après des semaines de douceur, un épisode hivernal de grande envergure a concerné une bonne partie de l’est de la Wallonie, provoquant d’énormes embarras de circulation et privant d’électricité une vingtaine de communes de Hesbaye et du Condroz.

Les premiers frimas ont pris place le 13 janvier en Hautes-Fagnes, mais surtout le 14 janvier avec un avertissement sans grands frais de la part d’un front froid lié à une dépression sur la Mer du Nord. Ce front froid a apporté plusieurs centimètres de neige au sud du sillon Sambre-et-Meuse, plus sporadiquement en Hesbaye (voir les chroniques de l’année 2016).

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Evénements 2016

Cette page reprendra progressivement les chroniques des événements météorologiques de nos régions se déroulant au cours de cette année 2016. Des liens vers des articles plus aboutis seront également disponibles pour les phénomènes les plus importants.

Janvier 

La nuit du 3 au 4 janvier, quelques centimètres de neige se déposent sur les Hautes Fagnes et le nord-est de l’Ardenne. Cette situation serait presque banale si nous ne nous trouvions pas au cœur d’un hiver très doux et pauvre en neige jusqu’à présent.
 
Le Mont-Rigi au matin du 4 janvier (webcam de l’IRM).

Le 7 janvier, le passage d’une dépression secondaire (nommée Britta 2) sur la Mer du Nord donne pas mal de vent, avec des rafales atteignant 101 km/h à Ostende, 87 km/h à Ernage (Gembloux), 102 km/h à Dunkerque et 110 km/h à Boulogne.

A partir du 13 janvier, le temps se rafraîchit nettement, à la faveur d’un flux maritime polaire de nord-ouest. Ce jour, une petite accumulation de neige est observée en Hautes-Fagnes.

Le 14 janvier, un front froid associé à une dépression sur la Mer du Nord traverse le pays en matinée et en début d’après-midi, et est suivi par une invasion d’air froid en altitude, ce qui explique la transition de la pluie vers la neige observée dans de nombreuses régions en-dehors du massif ardennais où la neige tombe seule. Les précipitations se trouvent sur le centre de la Belgique aux alentours de 8h00 et atteignent les frontières allemandes et luxembourgeoises peu avant midi. Ce front est responsable de précipitations hivernales un peu plus étendues que ce qui était prévu. Il neige partout au sud du sillon Sambre-et-Meuse avec une accumulation temporaire observée dès 200 mètres et atteignant quelques centimètres maximum. Au-delà de 450 mètres, l’accumulation est plus importante et durable, comprise entre 5 et 10 cm, rendant les conditions parfois plus difficiles.

Orgeo (Bertrix) sous la neige ce 14 janvier (auteur: A. Henrion).
 

A noter que des précipitations hivernales sont également observées sur le sillon Sambre-et-Meuse ainsi que sur les plateaux hennuyers, brabançons et hesbignons. Localement, une petite pellicule se dépose, mais fond très vite dès l’arrêt des précipitations.

Le 15 janvier, l’hiver se rappelle au souvenir des Wallons de manière violente. Un épisode hivernal remarquable concerne surtout une grande partie est de la Wallonie où il tombe de 10 à 35 cm de neige. La Hesbaye, le Condroz, la Famenne, l’Ardenne et le pays d’Arlon sont particulièrement touchés. Les grands axes routiers de la Haute Belgique s’encombrent, piégeant des milliers d’automobilistes pendant plusieurs heures, et privant d’électricité une vingtaine de communes de Hesbaye et du Condroz. Voir notre DOSSIER SPÉCIAL.

Le lendemain 16 janvier, quelques averses de neige continuent de défiler, tandis que l’électricité n’est toujours pas rétablie dans la vingtaine de communes concernées. En soirée, un verglas généralisé se met en place sur une bonne moitié sud-est de la Belgique par gel de l’humidité présente sur les routes. Le 17 janvier est une belle journée d’hiver.

Lever de soleil sur l’Ardenne enneigée (webcam IRM de Wideumont).
 

La nuit du 17 au 18 janvier est glaciale: ciel dégagé et épaisse couche de neige favorisent un refroidissement brutal des basses couches de l’atmosphère. Les minimales relevées en fin de nuit du 18 sont parfois largement sous la barre des -10°C:

– 16,5°C à Elsenborn
– 12,1°C à Ernage (Gembloux)
– 10,7°C à Buzenol (Virton)
– 10,3°C à Saint-Hubert (-10,9°C la veille au soir)
– 10,2°C au Mont-Rigi

Minimales du 18 janvier (source: Infoclimat)
 

La nuit du 18 au 19 janvier est également très froide, avec des températures minimales très basses en Haute Belgique et en Campine. Elsenborn améliore son score de la veille avec -17,2°C. On relève aussi -11,9°C au Mont-Rigi, -10,9°C à Saint-Hubert et -10,1°C à Kleine-Brogel. Le 20 janvier, de l’air maritime moins froid envahit une bonne partie de la Belgique par le nord-ouest. Seule la Lorraine belge reste bien à l’abri, le massif ardennais faisant office de barrière. Le minimum de Buzenol descend à – 12,8°C.

Le 22 janvier, les conditions hivernales établies depuis plus d’une semaine prennent fin en soirée avec un épisode de pluies verglaçantes qui concerne essentiellement l’Ardenne, les Hautes Fagnes et la Lorraine belge. Le réseau routier secondaire est rendu très glissant, mais peu de dégâts sont à déplorer.

La douceur revient en force par après… Le 25 janvier, des records de températures maximales pour un mois de janvier sont battus: on atteint 15,4°C à Anvers et 16,6°C à Kleine-Brogel.

Février

Le 8 février, une tempête (nommée Ruzica par les Allemands) concerne les Iles britanniques. En Belgique, les rafales les plus fortes atteignent 108 km/h à Zeebruges et 101 km/h à Ostende. Elle est suivie le lendemain 9 février par la tempête Suzanna qui se creuse de la Bretagne aux Pays-Bas et qui donne des rafales jusqu’à 110 km/h dans les terres de la Vendée à la Lorraine française et de 130 à 145 km/h sur les côtes ouest-françaises. En Belgique, les plus fortes rafales concernent le sud-est et sont mesurées à 97 km/h au Mont-Rigi et 83 km/h à Humain. Cependant, les vents peuvent avoir été plus forts localement sous le front froid très orageux ayant concerné une région au sud d’une ligne Chimay – Liège. Sur le massif ardennais, il neige aussi au-devant du front chaud en matinée puis à l’arrière de la dépression en soirée avec une accumulation de plusieurs centimètres.

La tempête Suzanna vers midi trente. La dépression est alors sur l’ouest du Nord-Pas-de-Calais.
 
Activité électrique dans le front froid de Suzanna en début d’après-midi (impacts durant deux heures).
 
Les pluies abondantes (15 à 25 mm) apportées par Suzanna se superposent aux cumuls des jours précédents. Résultat, des cours d’eau du Hainaut et du Brabant wallon (Dendre, Senne…) sont en crue dès la fin d’après-midi. La Lesse sort également de son lit par endroits.
L’état du réseau hydrographique au soir du 9 février.
 
Les jours suivants, des précipitations hivernales concernent la Haute Belgique, menant à une petite accumulation. Le 15 février, une perturbation descend des Pays-Bas et donne de la neige pendant plusieurs heures sur une bonne moitié est de la Belgique. Il tombe environ 5 cm sur les hauteurs de Liège, parfois jusqu’à une dizaine sur la frange nord de l’Ardenne. Les jours suivants, les gelées sont parfois sévères, avec par exemple -11,7°C à Elsenborn au matin du 17 février.
 
Il neige à nouveau en Ardenne, de manière limitée, au matin du 19 février.
 
Le 23 février en fin de nuit ainsi qu’en matinée, il neige en provinces de Liège et de Luxembourg ainsi que plus localement en province de Namur. La neige tient au sol par endroits au-dessus de 200 mètres et de manière générale au-dessus de 300 mètres. L’accumulation dépasse parfois les 5 cm.
 
Harzé sous la neige au matin du 23 février (auteur: D. Gaillard).
 
Par la suite, un régime d’averses hivernales et de giboulées prend le relais sur tout le pays, et l’instabilité est suffisante pour mener à l’orage. Un de ces orages, assez actif, déverse des chutes de grésil significatives sur l’est du Hainaut en pleine heure de pointe du soir. Plusieurs accidents routiers sont à déplorer suite aux chaussées rendues subitement glissantes.
 
Impacts détectés le 23 février.
 
Giboulée liée au système orageux dans la région de Charleroi (auteur: H. Vicenzi).
 
Mars
 
Le 2 mars est une journée de giboulées accompagnées d’orages dans l’après-midi. La région de Charleroi est une nouvelle fois bien servie. De fortes rafales accompagnent ces averses: elles atteignent 70 à 90 km/h dans l’intérieur des terres et jusqu’à 120 km/h sur les côtes du Nord-Pas-de-Calais.
 
Impacts détectés entre 14h00 et 19h15 (source: blitzortung).
 
Du 3 au 5 mars, de l’air polaire maritime concerne nos régions. De nombreuses giboulées concernent la Basse et la Moyenne Belgique, tandis que de la neige plâtre à plusieurs reprises l’Ardenne, par moments le Condroz. Le 5 mars, les épaisseurs cumulées atteignent parfois l’ordre de la vingtaine de centimètres du côté de la Baraque de Fraiture et en Hautes-Fagnes.
 
Boussu-lez-Walcourt au matin du 5 mars (auteur: B. Bertaux).
 
Le 6 mars, après un régime de giboulées, un épisode neigeux assez conséquent prend place le 7 mars sur la province de Luxembourg, le sud de la province de Namur et le nord du département des Ardennes. Il tombe parfois plus de 15 cm de neige. Voir notre dossier spécial sur ces chutes de neige: ICI
 

Le 28 mars, la dépression Jeanne traverse les Iles britanniques, creusée à 970 hPa. Elle provoque un épisode de tempête sur les côtes du nord de la France et du sud-est de l’Angleterre, où les rafales atteignent 120 à 150 km/h. En Belgique, on mesure 97 km/h à Zeebruges (mais 140 km/h en mer au large de La Panne) et à Zaventem, 94 km/h à Ernage (Gembloux) et 90 km/h à Bierset.

La tempête Jeanne en fin de matinée du 28 mars.
 
Le front froid de la dépression se déstabilise sur le sud-est de la Belgique et provoque des orages à l’intensité électrique significative.
 
Activité électrique entre 12h00 et 14h00 le 28 mars.
 

A l’arrière du front, une traîne très active se met en place, et de vigoureux orages concernent les départements du Nord et la Wallonie. Par endroits, notamment près de Maubeuge, des grêlons de belle taille (plusieurs centimètres) sont observés, témoignant de l’importance de la dynamique présente.

Activité électrique entre 16h40 et 18h40 le 28 mars.
 
Activité électrique sous un orage concernant Montigny-le-Tilleul en fin d’après-midi du 28 mars. Des grêlons de 1-1,5 cm sont observés à son passage. Auteur: Info Meteo
 
Avril
 
Le 12 avril dans l’après-midi, des orages assez actifs concernent les provinces de Luxembourg et de Liège, accompagnés localement de grêle. D’autres foyers concernent la Flandre occidentale. Dans cette dernière région, des tubas sont observés ça et là, l’un ou l’autre ayant pu mener à une tornade temporaire et locale de faible intensité. C’est toute cette période de mi-avril qui est orageuse en réalité. Le 15, de nouveaux orages parfois accompagnés de fortes pluies concernent le Hainaut et le Brabant wallon dans la soirée.
 
Après quelques belles journées, une descente polaire très froide pour la saison (-38°C à 500 hPa) atteint nos régions. Elle engendre toute une série d’averses hivernales entre le 24 et le 27 avril, perturbant notamment la course cycliste Liège-Bastogne-Liège puisque la neige accroche localement au sol l’après-midi de l’événement (24 avril), mais aussi dans la nuit du 25 au 26 de manière plus généralisée au massif ardennais cette fois. Les averses se poursuivent dans la journée du 26, enneigeant parfois temporairement des régions aussi basses que 200 mètres d’altitude, et l’accumulation atteint 15 cm au Mont-Rigi en fin de journée. Cette neige tardive est très remarquable. Le 27 avril, on dépasse les 20 cm d’accumulation en Hautes-Fagnes. Cette offensive et sa prévisibilité à long terme ont été analysées dans notre anthologie de la désinformation météorologique.
 
La région de Wideumont (Libramont) enneigée au matin du 26 avril.
 
Mai
 
Le long week-end de l’Ascension est pleinement estival. A partir du 4 mai, les températures montent pour culminer le dimanche 8 mai. Il fait jusqu’à 28,2°C à Gand ce jour. De nombreuses stations enregistrent des maximales supérieures à 25°C les 7 et 8 mai.
 
Coucher de soleil sur la vallée mosane à Seraing au soir du 4 mai (Auteur: Info Meteo).
 
Par la suite, le temps se déstabilise. Quelques averses orageuses éclatent sporadiquement le 10 mai.
 
11 mai – premier épisode orageux sérieux avec supercellule sur le Hainaut
 
Le 11 mai en fin d’après-midi prend place la première offensive orageuse sérieuse de l’année. Une occlusion remontant de France vient buter contre de l’air chaud et instable, faisant naître de nombreux orages multicellulaires. Un de ces orages, particulièrement intense, se déplace depuis Philippeville jusqu’au nord de Lille en donnant de très fortes précipitations – des inondations sont signalées à Binche et à Cour-sur-Heure notamment – et des chutes de grêle significatives, notamment sur la région de Walcourt où les grêlons atteignent 3 cm de diamètre. Cet orage a ainsi eu un comportement supercellulaire pendant ses cinq heures d’existence, des photographies attestant de la présence d’un mésocyclone.
 
La supercellule évoluant sur l’est du Hainaut en fin d’après-midi du 11 mai (Auteur: Jeroen Vanheers).
 
Les orages se sont ainsi répétés sur le Hainaut et l’ouest de la province de Namur, mais surtout sur le nord de la France. En début de soirée, l’activité électrique retombe progressivement.
 
La première image illustre la probable supercellule sur la région de Walcourt vers 16h20. Sur la seconde image, la zone orageuse a évolué vers un couloir d’orages multicellulaires vers 18h00, mais la supercellule est toujours observable du côté de Mouscron et Tournai (Source: Belgocontrol).
 
Activité électrique sous un faible orage évoluant sur la Thudinie en début de soirée (Auteur: Info Meteo).
 
Activité électrique relevée entre 14h00 et 22h00. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).
 
Voir aussi les actualités de Belgorage à ce sujet: Orages 11 mai 2016
 
12 mai – Nouveaux orages parfois intenses
 
La Belgique reste en bordure d’une vieille occlusion sur le nord de la France, avec de l’air continental chaud couvrant la moitié nord du pays. Sur l’occlusion même, quelques orages se produisent, avec l’un ou l’autre débordement sur les régions frontalières belges. En fin d’après-midi, un orage isolé très actif se forme aux Pays-Bas et dérive à travers la Campine jusque la région de Leuven. Enfin, en début de soirée, une petite zone de convergence se met en place sur les Limbourg néerlandais et belges, organisant un axe orageux se déplaçant lentement vers l’ouest-sud-ouest, jusque sur le nord de la Wallonie. L’activité électrique au sein de cet axe est par moments bien présente avec un éclair toutes les 5 à 10 secondes.
 
Séquence radar montrant l’orage campinois vers 19h30 et l’axe orageux aux alentours de 23h00.
 
Activité électrique relevée entre midi le 12 et minuit le 13. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).
 
Double coup de foudre sous l’axe orageux limbourgeois en fin de soirée (Auteur: Info Meteo).
 
13 mai – Episode orageux de longue durée en Lorraine belge
 
La situation de ce jour est très particulière. Le flux est établi au nord-nord-est sur la Belgique, tandis qu’une petite ligne de convergence se forme en Lorraine et sur le Grand-Duché de Luxembourg. Elle y entraîne une répétition d’orages pendant parfois plus de 13 heures entre le début d’après-midi et la soirée. Certains orages sont bien actifs, accompagnés d’une activité électrique soutenue et de fortes précipitations. Néanmoins, aucun dégât n’a été signalé. Plus au nord, quelques orages sont observés en Entre-Sambre-et-Meuse, sur le Condroz, la Famenne et l’Ardenne, mais leur ampleur est bien plus faible.
 
Activité électrique relevée entre midi le 13 et minuit le 14. Les plus vieux impacts sont en bleu et les plus récents en jaune. (source: Lightningmaps)
 
En fin de nuit du 21 au 22 mai, des orages localement assez intenses traversent nos régions du centre du Hainaut en direction de la Flandre orientale. Quelques inondations locales et un peu de grêle sont observées. 
 
Fin mai – début juin – longue période orageuse avec inondations. Voir dossier spécial où le compte rendu de chaque jour est détaillé: ICI
 
Juin
 
Le 3 juin, toujours et à nouveau des orages localement très pluvieux qui provoquent des inondations locales dans l’après-midi et en soirée du côté de Virton et de Arlon, mais aussi par endroits à Verviers. Un foyer orageux se réactive en milieu de nuit du 3 au 4 sur le centre du Brabant wallon.
 
L’après-midi du 4 juin et la nuit suivante, des orages sont encore observés sur le Limbourg et la province du Luxembourg dans un premier temps, puis sur le centre de la Belgique. Un système orageux progresse ensuite de la région bruxelloise vers Tournai et Lille en milieu de nuit. Quelques inondations locales sont signalées du côté de Virton.
 
Activité électrique relevée entre 14h00 le 4 juin et 2h00 le 5. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (Source: Lightningmaps).
 
Du 5 au 7 juin, une puissante dégradation orageuse prend place sur nos régions et provoque à nouveau des inondations ainsi que des dégâts dus à la grêle. Voir dossier spécial: ICI
 
La suite du mois de juin est tout sauf estivale. De fréquentes perturbations maritimes concernent nos régions, amenant de la pluie en quantité et de manière très régulière, le tout sous des températures qui peinent à atteindre les normes de saison. Des orages se manifestent à plusieurs reprises, notamment le 17 juin, mais restent généralement contenus, sauf localement où des inondations sont encore observées, notamment dans l’ouest de la Belgique.
 
Du 22 au 24 juin, plusieurs salves orageuses parfois violentes frappent nos régions, provoquant de nombreux dégâts. Voir dossier spécial: ICI. Le 23 juin est le seul jour du mois où la température atteint ou dépasse les 30°C par endroits.
 
Les statistiques confirment un mois de juin particulièrement mauvais. Si les températures sont normales et proches de la moyenne, ce n’est pas le cas de l’ensoleillement, anormalement faible, mais surtout de la quantité de pluie tombée, exceptionnelle, qui établit par ailleurs un nouveau record pour le mois de juin. 
 
Juillet
 
Après un début hésitant, juillet se cale sur une météo normale pour ce mois en Belgique, tantôt avec de la chaleur et du soleil, tantôt avec de la pluie et plus frais. Le 10 juillet est une journée avec des températures élevées, avec 31,0°C à Angleur, 30,5°C à Kleine-Brogel, 30,2°C à Aubange et 29,7°C à Bierset.
 
Par contre, deux jours plus tard, c’est complètement l’inverse. Le 12 juillet, de l’air maritime polaire s’engouffre sur nos régions, apportant un temps particulièrement maussade. Quelques orages d’air froid sont observés en fin d’après-midi, notamment sur la Hesbaye.
 
Faible orage s’avançant sur la Hesbaye en fin d’après-midi du 12 juillet (auteur: Info Meteo).
 
La journée du 13 juillet, en plus d’être sombre et accompagnée de régulières averses (parfois orageuses), est très fraîche avec des températures maximales parfois sous 15°C. On relève ainsi 17,2°C à Uccle, 15,4°C à Florennes et 14,2°C à Saint-Hubert.
 
A partir du 17 juillet, le temps s’améliore nettement. Le 19 juillet, les températures maximales dépassent les 30°C en de nombreuses stations:
 
30,8°C à Uccle
32,3°C à Gand
31,4°C à Chièvres
31,1°C à Gosselies
31,3°C à Bierset
32,0°C à Koksijde
 
Le 20 juillet est également très chaud. Toutefois, une petite ligne de convergence traverse le pays dans l’après-midi et apporte une air maritime un peu moins chaud, limitant l’envolée des températures. Elle n’atteint que tardivement la Campine où le thermomètre a le temps de scorer à 36,0°C. Ailleurs, on note:
 
32,8°C à Gand
31,9°C à Uccle
32,2°C à Gosselies
32,4°C à Ernage
33,7°C à Bierset
32,3°C à Buzenol
 
En soirée, quelques averses parfois orageuses concernent les environs immédiats de la Lorraine belge.
 
Le parc météorologique de Dourbes grille sous un soleil de plomb ce 20 juillet 2016 (source: IRM).
 
Le 21 juillet, un orage assez actif se produit sur la province du Luxembourg en début de soirée. Il est suivi le lendemain 22 juillet par une série d’orages sur le massif ardennais en début d’après-midi, accompagnés de grêle. Plus tard, d’autres foyers stationnant dans un premier temps sur le nord-est de la France remontent et se constituent progressivement en MCS sur la Wallonie en soirée. Quelques noyaux sont particulièrement costauds et provoquent des inondations en Lorraine belge mais aussi dans le Borinage. C’est justement en Lorraine, notamment du côté de Virton, où les orages ont pris la tournure la plus violente. Ces orages ont été dictés par un flux d’air très humide et doux (23 à 24°C de température maximale) de nord à nord-ouest en surface, et un flux de sud en altitude.
 
Activité électrique sur le Condroz (région de Clavier) sous un noyau bien actif du MCS en soirée (auteur: S. Dumoulin).
 
La séquence suivante montre la progression des orages, heure par heure, de 21h00 à 1h00 le 23. Il est possible que le MCS ait fini par se constituer en MCV, système convectif de mésoéchelle contenant en son centre une dépression marquée par l’enroulement des précipitations côté français.
 
Formation et évolution du MCS en soirée du 22 juillet et en début de nuit suivante, de 21h00 à 1h00 (source: Météo France).
 
Les précipitations ont été localement très abondantes avec 50 mm de pluie à Florennes et 60 mm à Saint-Hubert et à Winenne (précipitations relevées entre 8h00 le 22 et 8h00 le 23).
 
Le 23 juillet dans l’après-midi, de nouveaux orages se développent dans le flux d’air humide de nord et concernent la Hesbaye et le Condroz. Un rail d’orages se constitue entre Diest et Gembloux et entraîne des inondations du côté de Jodoigne et de Orp-Jauche notamment. Il tombe 84 mm de pluie à Ransberg et 46 mm à Marilles.
 
Août
 
Les 2 et 3 août sont particulièrement mauvais: il pleut pendant de longues heures sans discontinuer, le tout sous des températures bien en-dessous des 20°C. Il tombe entre 30 et 50 mm de pluie sur certaines régions pendant ces deux jours.
 
Le 10 août est une journée particulièrement froide en raison d’un flux polaire bien établi sur nos régions. La température maximale n’atteint que 15,1°C à Uccle et 12,2°C à Saint-Hubert. Le lendemain 11 août est une journée exceptionnellement froide pour la saison. A Uccle, il n’a plus fait si froid en deuxième décade d’août depuis 1912: la température maximale s’établit à 14,6°C. On mesure 14,7°C à Gosselies et 14,8°C à Bierset. Ce même jour, il ne fait que 0,5°C au petit matin à Elsenborn. Seul l’ouest de la Belgique, dans de l’air un peu plus doux, échappe à ce temps très froid pour la saison.
 
Températures maximales relevées dans la journée du 11 août 2016 (source: Infoclimat).
 
Par la suite, le temps se réchauffe progressivement. Le 18 août, quelques orages modérés sont observés sur le massif ardennais dans l’après-midi.
 
La fin août est marquée par une canicule exceptionnelle (jusqu’à 35,2°C à Ernage le 27 août). Voir notre article spécial: La vague de chaleur de fin août 2016
 
En soirée du 27 août, de puissants orages concernent le sud et l’est de la Belgique. L’activité électrique est exubérante. Voir l’article spécial sur ces orages: ICI
 
Le mois d’août, qui avait commencé avec un important déficit thermique, se termine finalement proche de la normale en raison de la chaleur observée durant la deuxième partie du mois.
 
Septembre
 
Le mois de septembre commence très bien avec de belles journées estivales, notamment le 3. Il fait ainsi 25,2°C à Dourbes ce jour. Le lendemain matin, un front froid très actif traverse nos régions et donne quelques orages sur l’est de la Belgique, notamment sur le Brabant wallon, l’ouest et le sud de la province de Liège. Un foyer particulièrement intense sévit sur Maastricht et frôle nos frontières en se dirigeant vers l’est.
La semaine qui suit, le temps se fait à nouveau pleinement estival, avec d’assez belles journées et des températures supérieures aux normes de saison.
 
Nuages d’altitude au coucher du soleil le 6 septembre sur Seraing (auteur: Info Meteo).
 
A la mi-septembre, la Belgique connait un coup de chaleur exceptionnel pendant quelques jours, avec des températures excédant largement les 30°C, ce qui est très élevé pour la saison. Voir notre dossier spécial: ICI
 
A noter que les trente derniers jours ont connu une moyenne de température exceptionnellement élevée, presque aussi importante que celle du milieu de l’été. Par ailleurs, le déficit pluviométrique entamé à la mi-août s’accentue, et certaines régions n’ayant vu que peu de précipitations commencent à connaître une sécheresse significative des terres superficielles.
 
A la fin du coup de chaleur, au soir du 15 septembre, de forts orages organisés en MCS naissent sur un axe Maastricht – Aachen puis balaient la Campine avant de filer vers le centre des Pays-Bas. L’activité électrique est parfois intense pour un orage de septembre, avec des séquences d’un éclair toutes les 2 à 3 secondes par moments. Ces foyers se développent au-devant d’un front froid remontant de France.
 
Coup de foudre sous le système orageux concernant la Campine le soir du 15 septembre 2016 (auteur: Info Meteo).
 
Septembre qui s’achève a été très anormalement chaud, avec un excédent thermique de +2,5°C. La quantité de pluie est à l’inverse très anormalement basse, accentuant le déficit pluviométrique et la sécheresse entamés à la mi-août. L’ensoleillement est par contre anormalement élevé.
 
Octobre
 
Le 1er octobre nous montre que la saison des orages n’est pas encore finie. Après quelques averses orageuses sur le centre de la Belgique, un front occlus lié à une petite dépression sur la mer du Nord initie une ligne d’orages modérés évoluant même temporairement en LEWP (ligne orageuse en vague) sur le Hainaut, le Brabant wallon et la région de Bruxelles en début de soirée. Le LEWP est habituellement une structure d’orages violents, ce qui ne fut pas réellement le cas ici compte tenu de la saison. La dynamique aura permis de donner naissance à cette structure, bien davantage que l’instabilité qui était plutôt médiocre à cette heure.
 
Le LEWP entre Bruxelles et le département des Ardennes à 19h45 le 1er octobre (source: Meteo Services).
 
Eclair internuageux au-dessus de Fontaine-l’Evêque au passage de l’orage du 1er octobre (auteur: Info Meteo).
 
Le 16 octobre est une très belle et douce journée d’automne. En soirée, un front froid arrivant de l’ouest initie une série d’orages sur le nord de la France et l’ouest de la Belgique. Par endroits, les précipitations sont importantes.
 
A la fin du mois, les températures remontent et dépassent les 15°C par endroits l’après-midi. Pourtant, octobre 2016 est au final un mois anormalement froid par rapport à la moyenne normale.
 
Novembre
 
A l’instar des deux dernières années, la Toussaint connait un coup de douceur et un temps splendide, cependant moins prononcés qu’en 2014 et 2015. 
 
Le village de Herbeumont, en Ardenne, à la Toussaint 2016 (auteur: Info Meteo).
 
Une semaine plus tard, c’est l’inverse. Les hauteurs (>500 mètres) connaissent leur premier épisode hivernal le 9 novembre, avec une accumulation de plusieurs centimètres. 
 
A partir de la mi-novembre, les bas géopotentiels descendent des hautes latitudes en direction de l’Europe occidentale, amenant de l’air maritime humide et doux sur la Belgique. Le 18 novembre, une ligne de grains se développe sur les Hauts de France à la faveur d’une traîne très active, devient orageuse et concerne la moitié nord-ouest du Hainaut en fin d’après-midi. Une autre ligne de grains la devance et est responsable de fortes rafales (81 km/h à Gosselies). Elle devient à son tour orageuse au nord de Liège et sur l’Entre-Vesdre-et-Meuse.
 
Eclairs détectés le 18 novembre 2016 (source: Lightningmaps).
 
La nuit du 19 au 20 novembre, la tempête Nannette/Angus (nom allemand/nom anglais) s’engouffre dans la Manche après s’est creusée sur le Proche Atlantique. Les rafales atteignent 140 à 170 km/h sur les côtes bretonnes et normandes. Le 20 novembre, la tempête concerne la Belgique, le nord de la France et les Pays-Bas. On relève 115 km/h à Zeebruges, 105 km/h à Stabroek, 97 km/h à Chièvres, 94 km/h à Zaventem et 90 km/h à Gosselies. Sur les côtes du Pas-de-Calais, les rafales sont très violentes, avec 155 km/h à Boulogne et 163 km/h au Cap Gris-Nez.
 
La tempête Nannette/Angus le 20 novembre à 10h00 au-dessus de la mer du Nord (source: Eumetsat).
 
La fin novembre est hivernale, avec les premières gelées modérées. Le 30 novembre au matin, il fait -10,8°C à Elsenborn.
 
Décembre
 
En décembre, le temps est de saison, avec de fréquentes gelées. La Noël connait par contre un coup de douceur, avec des maximales au-dessus de 10°C.
 
 

Offensive hivernale du 24 janvier 2015

Ce samedi 24 janvier a été marqué par la deuxième offensive sérieuse de cet hiver 2014-2015. La première remontait au 27 décembre et avait essentiellement concerné une large bande centrale de la Belgique: ainsi, l’axe Bruxelles – Charleroi – Couvin avait reçu jusqu’à 15 cm de neige localement, tandis que l’est du pays était davantage épargné. Cette fois-ci, ce sont justement les provinces de Namur, de Liège et du Luxembourg qui ont vu tomber les plus grandes quantités de neige. De plus, dans le cas présent, des intermèdes de pluie verglaçante sont survenus, rendant la situation très délicate. Cet article revient sur la prévision de l’événement, la complexité de la situation atmosphérique et le déroulement de l’épisode.
 
Situation atmosphérique
 
Le 23 janvier, la veille de l’épisode, nous sommes situés dans une masse d’air hybride, teintée d’origines à la fois maritimes et continentales, le tout porté par un flux mou faisant stagner cet air sur nos régions. En cette journée du 23 justement, les températures restent négatives en de nombreux endroits. Ceci va avoir une importance particulière, puisque c’est sur cet air froid caractérisé par des températures négatives que va venir buter la perturbation.
 
Analyse de surface à 13h00 le 23 janvier.
 
Dans l’après-midi du 23 janvier, la dorsale anticyclonique qui recouvrait l’Europe Occidentale s’affaiblit rapidement face à la perturbation traversant les Iles britanniques. Le secteur chaud (le triangle formé par le front froid et le front chaud et dont le sommet se trouve entre l’Irlande et le Royaume-Uni) est encore suffisamment ouvert pour véhiculer de l’air doux en altitude. Cet air, avec une température légèrement positive vers 1000 mètres, peut donc autoriser la formation de précipitations liquides tombant sur des sols bien gelés. La menace des pluies verglaçantes se fait donc bien présente. 
 
La carte ci-dessous montre les températures à 850 hPa, vers 1500 mètres donc, et ce à 1h00 le 24 janvier. Le secteur chaud de la perturbation est alors bien visible avec une  vague d’air à température positive (couleur verte) se situant aux portes de la Belgique. Ceci, combiné aux températures positives à faible altitude sur la Mer du Nord ne pose à priori pas de problème.
 
Températures à 850 hPa à 1h00 le 24 janvier.
 
Il en va tout autrement au-dessus des terres… En effet, l’air froid de basse couche, déjà présent en cours de journée du 23, est resté stable. En d’autres termes, il gèle sur la Belgique, le Nord-Pas-de-Calais et le département des Ardennes, alors qu’une langue d’air à température positive vers 1000 mètres d’altitude s’apprête à traverser ces régions. Le résultat est donc assez simple: de la pluie ou de la neige fondante gorgée d’eau tombant sur un sol à température négative, entraînant sa mise en gel…
 
Cependant, un autre facteur doit être pris en compte. Comme le montre la carte ci-dessous, similaire à la précédente mais pour 13h00 cette fois, la langue d’air doux a disparu, et nos régions se retrouvent ainsi avec un air bien froid à tous les étages. Dans cette situation, c’est de la neige qui doit tomber.
 
                                           Températures à 850 hPa à 13h00 le 24 janvier.
 
La situation est donc compliquée: le risque de pluie verglaçante va se réduire au fur et à mesure de l’avancée de la perturbation dans les terres. Les modèles peinent alors à savoir où, rendant la prévision très délicate…
 
Analyse de surface à 13h00 le 24 janvier: la perturbation achève de traverser la Belgique, le secteur chaud ayant disparu.
 
 
Prévisions de l’événement
 
L’avis de neige/verglas réalisé par Info Météo fut complexe à établir, compte tenu justement de cette transition de la pluie verglaçante vers la neige seule et des incertitudes des modélisations. L’avis proposait quatre scénarios, un pour chacune des quatre parties du territoire ainsi découpé.
 
Avis lancé par Info Météo au soir du 23 janvier.
 
En résumé, la moitié est de la Belgique devait s’attendre à de la neige, parfois en bonne quantité (Haute Belgique), mais avec un intermède de pluie verglaçante, le tout dans un schéma assez complexe. La moitié ouest de la Belgique, le Nord-Pas-de-Calais et le département des Ardennes devaient s’attendre à peu de neige et surtout de la pluie verglaçante.
 
En parallèle, signalons que l’IRM et Météo France avaient sorti l’alerte orange pour les territoires placés sous leurs prérogatives. Il fallait donc s’attendre à une situation assez sérieuse et à pas mal d’embarras sur les voies de communication.
 
Déroulement de l’événement
 
La perturbation est entrée sur nos régions dans la nuit du 23 au 24. Sur l’extrême ouest de la Belgique et du Nord-Pas-de-Calais, les précipitations ont été essentiellement liquides, tombant sur des sols non-gelés sauf localement. 
 
 
En s’avançant dans les terres, les précipitations ont rencontré de l’air de plus en plus froid, avec des températures négatives dans les basses couches de la troposphère. Ainsi, les pluies sont devenues verglaçantes, en premier lieu sur l’ouest du Hainaut, la Flandre Orientale et la province d’Anvers.
 
 
En même temps que le verglas se formait sur le centre de la Belgique et l’est du Nord-Pas-de-Calais à la faveur de la langue d’air doux vers 1000 mètres d’altitude, de l’air plus froid déboulait à l’arrière de cette langue et englobait la partie arrière de la perturbation. Dans cette partie, les précipitations sont dès lors devenues solides, menant à la formation de neige qui tenait au sol à l’est d’une ligne Gand – Péruwelz. Au fur et à mesure que l’on se dirigeait vers l’est, la neige tenait d’autant mieux au sol, accrochant sur les sols gelés où la pluie avait parfois au préalable déposé une couche de glace. Sur le centre de la Belgique, ce cocktail a été responsable d’importants désordres sur le réseau routier. A noter que des orages sont observés dans cette perturbation, en raison de l’importante dynamique générant un front très turbulent.
 
 
Plus tard, sur l’est de la Belgique et le département des Ardennes, la langue d’air doux a été pratiquement résorbée, de telle sorte que l’intermède de pluie verglaçante s’est réduit avant de disparaître. C’est donc essentiellement de la neige qui est tombée sur ces régions.
 
L’image radar de 8h00 montre très bien la séparation de la perturbation en deux fronts occlus. Tandis que le premier amène un peu de pluie verglaçante mais surtout de la neige sur l’est de la Belgique, le deuxième, situé dans l’air froid, génère de nouvelles chutes de neige sur le centre du pays et l’est du Nord-Pas-de-Calais.
 
 
A partir de 10h00, la neige a commencé à se retirer du centre du pays, tandis que le massif ardennais recevait encore de fortes intensités. Derrière la perturbation, le flux virant à l’ouest a ramené sur le pays un air bien plus doux que celui qui se trouvait à l’avant de la perturbation, provoquant le dégel et menant à un rapide retour à la normale sur le réseau routier.
 
 
Vers midi, la perturbation a fini par gagner l’Allemagne et le Luxembourg, menant à un retour au calme en Belgique.
 
 
 
Observations
 
Compte tenu de la présence et de la durée des pluies verglaçantes, les épaisseurs de neige ont été irrégulières. Sur le réseau officiel, les quantités suivantes ont été relevées:
 
10 cm de neige à Bierset (Liège)
9 cm au Mont-Rigi (Waimes)
8 cm à Humain (Marche-en-Famenne)
7 cm à Florennes
 
Walhain sous la neige. Auteur: S. Brux.
 
D’une manière générale, des épaisseurs de plus de 10 cm ont été observées en provinces de Namur, de Liège et de Luxembourg. Localement, la couche de neige a pu atteindre 15 cm. Le Hainaut, le Brabant Wallon et Bruxelles ont connu des hauteurs de neige plus modestes, allant du saupoudrage à environ 7-8 cm.
 
La neige est tombée également à Namur. Auteur: L. Lili.
 
Plus à l’ouest, la neige n’aura été qu’éphémère, à la fois en raison de l’importance des pluies verglaçantes, mais aussi à cause de l’arrivée rapide du dégel à la fin de la perturbation. Ces pluies verglaçantes ont été réellement dangereuses dans la région de Bruxelles et le Brabant Wallon où une belle couche de glace s’est parfois déposée sur les chaussées.
 
Abondante couche de neige à Seraing. Auteur: M. Di Salvo.
 
 
 
Phasage des précipitations et observations post-événement

 
Signalons aussi quelques observations intéressantes pendant et après l’épisode. Durant le passage de la perturbation hivernale au nord de Ottignies, plusieurs phases ont pu être détectées, malgré l’obscurité.
 
1) A partir de 5h00, de la pluie verglaçante qui se matérialisait plutôt par des granules de glace, avec un bruit métallique très caractéristique, très différent du bruit sourd de la simple pluie ou du silence de la chute de neige. 30 minutes d’avant-garde du front où les précipitations étaient relativement faibles.
 
2) De 5h30 à 6h30, un premier corps modéré à intense du front provoque une chute de neige brutale avec un paysage qui blanchit presque instantanément. Parfois, des granules de glace se mélangeaient encore à la neige, ce qui donnait un mélange très particulier sans qu’il n’y ait fonte.
 
3) De 6h30 à 7h30, une zone de précipitations plus faibles envahit le Brabant Wallon, avec de nouveau des granules de glace très majoritaires. La couche blanche augmente peu en épaisseur.
 
De 7h30 à 9h00, le deuxième corps de la perturbation apporta plusieurs centimètres de neige avec un paysage chaque minute plus blanc qui apparut à la lumière du jour se levant. Une ambiance très grise-blanche emplit la province centrale, avec un éclair et un coup de tonnerre en prime.

 
A chaque corps modéré à intense, les précipitations furent donc neigeuses alors que les corps faibles furent de granules de glace. Notons que la pluie verglaçante purement liquide et se congélant au sol ne fut a priori jamais observée, ce qui montra que la couche de températures négatives au niveau du sol fut suffisamment épaisse pour recongeler la pluie formée dans les couches moyennes, à l’opposé de régions situées plus à l’Ouest. La forme neigeuse des précipitations dans les corps plus intenses démontra aussi que l’intensité permit un refroidissement de la masse d’air par absorption de la chaleur.
 
Vidéo réalisée par Info Météo au lever du jour, à la fin de la perturbation.
 
 
Le lendemain, dimanche 25 janvier, un déplacement depuis Ottignies vers Bruxelles, Louvain, et Liège nous permit de faire d’autres observations intéressantes. Alors que le paysage était encore partiellement blanc en Brabant-Wallon malgré les températures positives durant l’après-midi du samedi, la neige avait presque complètement disparu dans la capitale et sur le tronçon vers Louvain. A la sortie de la ville flamande, le paysage commença à s’enneiger sans que la couche ne soit vraiment uniforme et parfaitement blanche. A partir de Landen-Waremme, les choses changèrent assez radicalement avec un paysage totalement hivernal. Dans la descente vers le centre de Liège, celui-ci changea peu malgré l’altitude plus basse et l’activité urbaine.
 
Nous pouvons conclure de ce déplacement que la couche de neige, moins épaisse à Bruxelles que dans le Brabant, avait déjà eu le temps de fondre. En effet, la capitale s’était trouvé dans une zone moins favorable à de la neige de longue durée, et reçut effectivement environ 3 centimètres de neige au lieu du double dans le Brabant. La neige avait donc pu fondre. Au-delà de Louvain, le secteur chaud s’était déjà plus refermé et permit donc à un paysage nettement plus hivernal de subsister en Hesbaye par rapport au Brabant-Wallon. Enfin, notons que même le centre de Liège était encore hivernal malgré une altitude plus basse, preuve que ce n’était pas la température des basses couches qui avaient été déterminantes, mais celle des couches moyennes, plus froides vers l’Est que dans le centre.
 
Retour sur la prévision et explications à micro-échelle
 
Nous avions affaire à une situation complexe qui a rendu la prévision extrêmement difficile. Ceci était dû à la présence de l’air doux en altitude mais dont l’importance se réduisait au fur et à mesure des heures. Il était dès lors relativement délicat de déterminer quelles zones allaient être concernées par la neige, par la pluie verglaçante ou par les deux phénomènes. 
 
Les observations montrent que la zone concernée par la neige a été plus étendue que prévue. La zone en bleu foncé aurait dû être davantage étendue vers l’ouest, jusqu’à une ligne Erquelinnes – Tubize. La zone en blanc aurait également dû englober le sud-est de la province de Namur ainsi que la province de Liège. En effet, dans ces régions, très peu ou pas de pluie verglaçante a été constatée. Ceci s’explique par le fait que le secteur chaud de la perturbation s’est refermé plus tôt que prévu par les modèles, et donc que la langue de températures positives vers 1000 mètres a complètement disparu une fois celle-ci arrivée sur l’est du pays. Néanmoins, malgré ces imprécisions, la prévision s’est révélée être satisfaisante au regard de la complexité de la situation.
 
Conclusions
 
Cette deuxième offensive sérieuse de l’hiver 2014-2015 aura donc été un épisode surprenant, mais d’assez courte durée. La situation atmosphérique qui lui a été associée était également intéressante à plus d’un titre, et très représentative des épisodes que nous connaissons cet hiver, à savoir une situation claire pour la Haute Belgique, mais borderline pour la Basse et Moyenne Belgique étant donné l’intervention d’air doux en altitude. 
 
Sources: Infoclimat, KNMI, Met Office, Météo Services.