Chroniques météo de 1991 à 2000

 
Retrouvez ici les grandes dates de la météorologie belge de 1991 à 2000.
 
Année 1991

Février 1991 est marqué par une vague de froid. Elle dure du 3 au 15 février et voit les températures passer sous les -10°C certaines nuits. Le 7 février, on mesure -15°C à Reims, -13,1°C à Uccle, -12,3°C à Middelkerke et -20,8°C à Libramont. Cette vague de froid est liée à l’émergence début février d’un puissant anticyclone sur la Scandinavie. Une goutte froide se déplace sur le flanc sud de cet anticyclone et se stabilise sur nos régions, donnant des chutes de neige importantes pendant plusieurs jours. Le 8 février, la neige provoque pas mal d’embarras de circulation sur le Brabant wallon. La nuit du 10 au 11 février, c’est au tour des provinces de Namur et de Luxembourg de recevoir une dizaine de centimètres de neige. On mesure 17 cm de neige à Uccle le 14 février à la faveur d’un conflit entre l’air continental et l’air maritime polaire arrivant. Le 15 février, le redoux s’accompagne de vents forts, de neige puis de pluie qui provoquent de gros problèmes de circulation. Des congères de deux mètres sont observées dans le Brabant wallon.

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Orages diluviens de fin mai/début juin : une analyse stratosphérique

L’intense épisode orageux que nous avons vécu en cette fin mai et début juin méritait une première explication et l’équipe d’Info Météo s’est livré au difficile exercice de la pédagogie en environ 4 minutes avec cette vidéo reprenant plusieurs facteurs : El Nino, sa chaleur, et son humidité tropicale d’une part, le réchauffement climatique et la pauvreté de la banquise et de la neige nord-hémisphérique d’autre part.

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De Pluviis – Genèse et Histoire d’un déluge

Petite anecdote pour commencer: en écrivant cet article, je cherchais un bon titre pour refléter le caractère remarquable, sinon exceptionnel, de la longue période pluvieuse et orageuse que nous venons de traverser, avec un lot de bizarreries météorologiques conséquent. Je me souvins alors d’un livre écrit voici plusieurs siècles et nommé « De Thermis », soit « A propos des températures » si l’on veut passer du latin au français. Un « De Pluviis » – « A propos des pluies » – m’a dès lors semblé tout à fait à propos comme entame de ce dossier.

Nous sortons donc d’une période très orageuse au cours de laquelle nos régions ont vu défiler une impressionnante série de systèmes météorologiques. La pluie en a été un dénominateur commun, puisque bien présente, et a mené parfois à de graves inondations, notamment en Flandre, dans l’ouest du Hainaut et en Ardenne. Ce mauvais temps est monté en puissance pour culminer avec une première apothéose catastrophique en Flandre le lundi 30 mai, suivie d’une deuxième le jeudi 2 juin dans la région de Nassogne, en Ardenne. Cet article fait office de compte rendu de ces événements et détaille la situation atmosphérique ayant mené à ces orages.

 

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Le Pérou affronte son enfant Jésus

(Cet article est dédié à tous les Péruviens qui m’ont chaleureusement accueilli dans leur pays et à qui je continue de penser très fort, particulièrement en ces jours un peu difficiles).

Au 20° siècle, les pêcheurs péruviens constataient à des intervalles de temps plus ou moins réguliers un réchauffement anormal des eaux de la côte Nord, de Trujillo à Tumbes, perturbant ainsi leurs pêches. En effet, les eaux classiquement froides apportées par le courant de Humboldt sont de bonnes conditions pour le développement des poissons de la région, notamment l’anchois. Lorsque ces eaux se réchauffent, les poissons ont tendance à fuir ces conditions anormales. Les pêcheurs constatant cette anomalie aux alentours de la fin décembre, ils la surnommèrent « El Nino », en référence à l’Enfant Jésus. Cependant, c’est au maximum solaire, vers fin février/début mars, que les conditions sont les plus favorables pour un impact majeur de El Nino sur le pays qui l’a nommé. Et l’épisode exceptionnel 2015-2016 ne déroge pas à la règle. Cet article propose une chronologie des événements région par région tout en la replaçant dans son contexte météorologique.

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Les orages du 20 septembre 2014

La mi-septembre a été marquée par quelques orages, dont certains de bonne facture. Ainsi, la journée du samedi 20 septembre a été particulièrement électrique, avec la survenue de cellules très organisées et à la base d’inondations, notamment en Wallonie. Quelques dégâts liés à la foudre et au vent sont également à déplorer.
 
Cet épisode termine une période de temps chaud et relativement sec, avec plusieurs journées au cours desquelles les températures maximales ont dépassé les 25°C. De l’air instable et humide venant du sud-ouest stagnait sur nos régions durant la journée de samedi. Le passage d’un talweg (extension d’une dépression) en altitude a accéléré le flux au-dessus de la Belgique, générant une dynamique propice aux développements orageux.
 
En fin d’après-midi, une première convergence se créée suite à la collision entre un flux d’air descendant du nord-ouest et l’air chaud présent sur le sud de la Wallonie. En réponse, les premiers orages se sont développés sur la province de Liège notamment, mais leur ampleur est restée relativement faible. Les orages se sont ensuite multipliés le long de cette limite au sud du sillon Sambre-et-Meuse. En parallèle, une nouvelle série d’orages s’est organisée sur le nord de la France sur une deuxième convergence – à l’avant d’un front froid arrivant du nord-ouest – mieux formée. Ces cellules orageuses ont alors transité lentement à travers la Wallonie en fin d’après-midi et en début de soirée, tout en prenant un caractère de MCS. Ce lent déplacement explique la durée des orages et des précipitations liées responsables des inondations, notamment à Celles, dans le Condroz. 
 
La première image ci-dessous, en fin d’après-midi, montre, outre les premiers orages sur la province de Liège, l’organisation du MCS sur le nord de la France.
 
Radar de 17h15 (source: IRM)

 

Les images suivantes montrent, d’heure en heure, la progression des orages à travers la Belgique. L’image de 19h00 est très instructive, car elle montre clairement les deux lignes de convergence: la première sur le centre de la Wallonie et la deuxième sur le Nord-Pas-de-Calais. L’organisation de ces convergences explique pourquoi les orages ont été les plus intenses sur le sillon Sambre-et-Meuse, le Condroz et la Botte du Hainaut.
 

 

 

 

 

 

 
L’activité électrique s’est montrée par endroits très intense, avec jusqu’à un éclair toutes les deux ou trois secondes. Le sud du Namurois a à ce titre été très bien servi. L’équipe Belgorage en poste dans la région de Ciney a ramené quelques clichés spectaculaires de son déplacement dans le Condroz:
 
 
A Crupet, non loin de là, la foudre a également été au rendez-vous (auteur: Zolfanello Aoc):
 
 
A Liège aussi, les orages se sont montrés particulièrement intenses (auteur: R. Jamar):
 
 
Comme évoqué plus tôt, l’activité pluviométrique n’a pas été en reste, avec plusieurs cumuls de plus de 30 mm de pluie. De la grêle a également été observée localement. La carte ci-dessous reprend les relevés des stations du réseau Météo Belgique. Celle-ci affiche les cumuls de pluie relevés entre samedi 8h00 et dimanche 8h00. La palme revient à Courrière (sud-est de Namur) avec 47 mm.
 
 
Les orages en septembre ne sont pas rares, mais il est remarquable de les voir atteindre une telle violence à cette époque de l’année. Ceci est la conséquence de la situation atmosphérique particulière détaillée dans cet article et tout à fait particulière.
 
 

2011: une année explosive

L’année 2011 a marqué les amateurs d’orages tant celle-ci a vu se produire régulièrement de grands épisodes parfois destructeurs, sinon spectaculaires dans l’enchaînement de violence qui les a caractérisés. De ces événements, le grand public n’en retient dans doute qu’un seul: le tristement célèbre « orage du Pukkelpop », un des rares orages mortels que nos régions aient connus depuis le début de ce siècle. Cependant, ce terrible orage n »est pas plus violent que les autres grandes offensives que cette année 2011 a vu survenir. Cette année ressort également des annales en raison de son encadrement par deux autres années « pourries »: 2010 avec toutefois les terribles orages du 14 juillet, l’épisode le plus destructeur de la décennie qui s’achevait, et 2012, une année faible en terme d’orages. Cet article propose de repasser en revue les grands moments kérauniques de l’année 2011.
 

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