Evénements 2016

Cette page reprendra progressivement les chroniques des événements météorologiques de nos régions se déroulant au cours de cette année 2016. Des liens vers des articles plus aboutis seront également disponibles pour les phénomènes les plus importants.

Janvier 

La nuit du 3 au 4 janvier, quelques centimètres de neige se déposent sur les Hautes Fagnes et le nord-est de l’Ardenne. Cette situation serait presque banale si nous ne nous trouvions pas au cœur d’un hiver très doux et pauvre en neige jusqu’à présent.
 
Le Mont-Rigi au matin du 4 janvier (webcam de l’IRM).

Le 7 janvier, le passage d’une dépression secondaire (nommée Britta 2) sur la Mer du Nord donne pas mal de vent, avec des rafales atteignant 101 km/h à Ostende, 87 km/h à Ernage (Gembloux), 102 km/h à Dunkerque et 110 km/h à Boulogne.

A partir du 13 janvier, le temps se rafraîchit nettement, à la faveur d’un flux maritime polaire de nord-ouest. Ce jour, une petite accumulation de neige est observée en Hautes-Fagnes.

Le 14 janvier, un front froid associé à une dépression sur la Mer du Nord traverse le pays en matinée et en début d’après-midi, et est suivi par une invasion d’air froid en altitude, ce qui explique la transition de la pluie vers la neige observée dans de nombreuses régions en-dehors du massif ardennais où la neige tombe seule. Les précipitations se trouvent sur le centre de la Belgique aux alentours de 8h00 et atteignent les frontières allemandes et luxembourgeoises peu avant midi. Ce front est responsable de précipitations hivernales un peu plus étendues que ce qui était prévu. Il neige partout au sud du sillon Sambre-et-Meuse avec une accumulation temporaire observée dès 200 mètres et atteignant quelques centimètres maximum. Au-delà de 450 mètres, l’accumulation est plus importante et durable, comprise entre 5 et 10 cm, rendant les conditions parfois plus difficiles.

Orgeo (Bertrix) sous la neige ce 14 janvier (auteur: A. Henrion).
 

A noter que des précipitations hivernales sont également observées sur le sillon Sambre-et-Meuse ainsi que sur les plateaux hennuyers, brabançons et hesbignons. Localement, une petite pellicule se dépose, mais fond très vite dès l’arrêt des précipitations.

Le 15 janvier, l’hiver se rappelle au souvenir des Wallons de manière violente. Un épisode hivernal remarquable concerne surtout une grande partie est de la Wallonie où il tombe de 10 à 35 cm de neige. La Hesbaye, le Condroz, la Famenne, l’Ardenne et le pays d’Arlon sont particulièrement touchés. Les grands axes routiers de la Haute Belgique s’encombrent, piégeant des milliers d’automobilistes pendant plusieurs heures, et privant d’électricité une vingtaine de communes de Hesbaye et du Condroz. Voir notre DOSSIER SPÉCIAL.

Le lendemain 16 janvier, quelques averses de neige continuent de défiler, tandis que l’électricité n’est toujours pas rétablie dans la vingtaine de communes concernées. En soirée, un verglas généralisé se met en place sur une bonne moitié sud-est de la Belgique par gel de l’humidité présente sur les routes. Le 17 janvier est une belle journée d’hiver.

Lever de soleil sur l’Ardenne enneigée (webcam IRM de Wideumont).
 

La nuit du 17 au 18 janvier est glaciale: ciel dégagé et épaisse couche de neige favorisent un refroidissement brutal des basses couches de l’atmosphère. Les minimales relevées en fin de nuit du 18 sont parfois largement sous la barre des -10°C:

– 16,5°C à Elsenborn
– 12,1°C à Ernage (Gembloux)
– 10,7°C à Buzenol (Virton)
– 10,3°C à Saint-Hubert (-10,9°C la veille au soir)
– 10,2°C au Mont-Rigi

Minimales du 18 janvier (source: Infoclimat)
 

La nuit du 18 au 19 janvier est également très froide, avec des températures minimales très basses en Haute Belgique et en Campine. Elsenborn améliore son score de la veille avec -17,2°C. On relève aussi -11,9°C au Mont-Rigi, -10,9°C à Saint-Hubert et -10,1°C à Kleine-Brogel. Le 20 janvier, de l’air maritime moins froid envahit une bonne partie de la Belgique par le nord-ouest. Seule la Lorraine belge reste bien à l’abri, le massif ardennais faisant office de barrière. Le minimum de Buzenol descend à – 12,8°C.

Le 22 janvier, les conditions hivernales établies depuis plus d’une semaine prennent fin en soirée avec un épisode de pluies verglaçantes qui concerne essentiellement l’Ardenne, les Hautes Fagnes et la Lorraine belge. Le réseau routier secondaire est rendu très glissant, mais peu de dégâts sont à déplorer.

La douceur revient en force par après… Le 25 janvier, des records de températures maximales pour un mois de janvier sont battus: on atteint 15,4°C à Anvers et 16,6°C à Kleine-Brogel.

Février

Le 8 février, une tempête (nommée Ruzica par les Allemands) concerne les Iles britanniques. En Belgique, les rafales les plus fortes atteignent 108 km/h à Zeebruges et 101 km/h à Ostende. Elle est suivie le lendemain 9 février par la tempête Suzanna qui se creuse de la Bretagne aux Pays-Bas et qui donne des rafales jusqu’à 110 km/h dans les terres de la Vendée à la Lorraine française et de 130 à 145 km/h sur les côtes ouest-françaises. En Belgique, les plus fortes rafales concernent le sud-est et sont mesurées à 97 km/h au Mont-Rigi et 83 km/h à Humain. Cependant, les vents peuvent avoir été plus forts localement sous le front froid très orageux ayant concerné une région au sud d’une ligne Chimay – Liège. Sur le massif ardennais, il neige aussi au-devant du front chaud en matinée puis à l’arrière de la dépression en soirée avec une accumulation de plusieurs centimètres.

La tempête Suzanna vers midi trente. La dépression est alors sur l’ouest du Nord-Pas-de-Calais.
 
Activité électrique dans le front froid de Suzanna en début d’après-midi (impacts durant deux heures).
 
Les pluies abondantes (15 à 25 mm) apportées par Suzanna se superposent aux cumuls des jours précédents. Résultat, des cours d’eau du Hainaut et du Brabant wallon (Dendre, Senne…) sont en crue dès la fin d’après-midi. La Lesse sort également de son lit par endroits.
L’état du réseau hydrographique au soir du 9 février.
 
Les jours suivants, des précipitations hivernales concernent la Haute Belgique, menant à une petite accumulation. Le 15 février, une perturbation descend des Pays-Bas et donne de la neige pendant plusieurs heures sur une bonne moitié est de la Belgique. Il tombe environ 5 cm sur les hauteurs de Liège, parfois jusqu’à une dizaine sur la frange nord de l’Ardenne. Les jours suivants, les gelées sont parfois sévères, avec par exemple -11,7°C à Elsenborn au matin du 17 février.
 
Il neige à nouveau en Ardenne, de manière limitée, au matin du 19 février.
 
Le 23 février en fin de nuit ainsi qu’en matinée, il neige en provinces de Liège et de Luxembourg ainsi que plus localement en province de Namur. La neige tient au sol par endroits au-dessus de 200 mètres et de manière générale au-dessus de 300 mètres. L’accumulation dépasse parfois les 5 cm.
 
Harzé sous la neige au matin du 23 février (auteur: D. Gaillard).
 
Par la suite, un régime d’averses hivernales et de giboulées prend le relais sur tout le pays, et l’instabilité est suffisante pour mener à l’orage. Un de ces orages, assez actif, déverse des chutes de grésil significatives sur l’est du Hainaut en pleine heure de pointe du soir. Plusieurs accidents routiers sont à déplorer suite aux chaussées rendues subitement glissantes.
 
Impacts détectés le 23 février.
 
Giboulée liée au système orageux dans la région de Charleroi (auteur: H. Vicenzi).
 
Mars
 
Le 2 mars est une journée de giboulées accompagnées d’orages dans l’après-midi. La région de Charleroi est une nouvelle fois bien servie. De fortes rafales accompagnent ces averses: elles atteignent 70 à 90 km/h dans l’intérieur des terres et jusqu’à 120 km/h sur les côtes du Nord-Pas-de-Calais.
 
Impacts détectés entre 14h00 et 19h15 (source: blitzortung).
 
Du 3 au 5 mars, de l’air polaire maritime concerne nos régions. De nombreuses giboulées concernent la Basse et la Moyenne Belgique, tandis que de la neige plâtre à plusieurs reprises l’Ardenne, par moments le Condroz. Le 5 mars, les épaisseurs cumulées atteignent parfois l’ordre de la vingtaine de centimètres du côté de la Baraque de Fraiture et en Hautes-Fagnes.
 
Boussu-lez-Walcourt au matin du 5 mars (auteur: B. Bertaux).
 
Le 6 mars, après un régime de giboulées, un épisode neigeux assez conséquent prend place le 7 mars sur la province de Luxembourg, le sud de la province de Namur et le nord du département des Ardennes. Il tombe parfois plus de 15 cm de neige. Voir notre dossier spécial sur ces chutes de neige: ICI
 

Le 28 mars, la dépression Jeanne traverse les Iles britanniques, creusée à 970 hPa. Elle provoque un épisode de tempête sur les côtes du nord de la France et du sud-est de l’Angleterre, où les rafales atteignent 120 à 150 km/h. En Belgique, on mesure 97 km/h à Zeebruges (mais 140 km/h en mer au large de La Panne) et à Zaventem, 94 km/h à Ernage (Gembloux) et 90 km/h à Bierset.

La tempête Jeanne en fin de matinée du 28 mars.
 
Le front froid de la dépression se déstabilise sur le sud-est de la Belgique et provoque des orages à l’intensité électrique significative.
 
Activité électrique entre 12h00 et 14h00 le 28 mars.
 

A l’arrière du front, une traîne très active se met en place, et de vigoureux orages concernent les départements du Nord et la Wallonie. Par endroits, notamment près de Maubeuge, des grêlons de belle taille (plusieurs centimètres) sont observés, témoignant de l’importance de la dynamique présente.

Activité électrique entre 16h40 et 18h40 le 28 mars.
 
Activité électrique sous un orage concernant Montigny-le-Tilleul en fin d’après-midi du 28 mars. Des grêlons de 1-1,5 cm sont observés à son passage. Auteur: Info Meteo
 
Avril
 
Le 12 avril dans l’après-midi, des orages assez actifs concernent les provinces de Luxembourg et de Liège, accompagnés localement de grêle. D’autres foyers concernent la Flandre occidentale. Dans cette dernière région, des tubas sont observés ça et là, l’un ou l’autre ayant pu mener à une tornade temporaire et locale de faible intensité. C’est toute cette période de mi-avril qui est orageuse en réalité. Le 15, de nouveaux orages parfois accompagnés de fortes pluies concernent le Hainaut et le Brabant wallon dans la soirée.
 
Après quelques belles journées, une descente polaire très froide pour la saison (-38°C à 500 hPa) atteint nos régions. Elle engendre toute une série d’averses hivernales entre le 24 et le 27 avril, perturbant notamment la course cycliste Liège-Bastogne-Liège puisque la neige accroche localement au sol l’après-midi de l’événement (24 avril), mais aussi dans la nuit du 25 au 26 de manière plus généralisée au massif ardennais cette fois. Les averses se poursuivent dans la journée du 26, enneigeant parfois temporairement des régions aussi basses que 200 mètres d’altitude, et l’accumulation atteint 15 cm au Mont-Rigi en fin de journée. Cette neige tardive est très remarquable. Le 27 avril, on dépasse les 20 cm d’accumulation en Hautes-Fagnes. Cette offensive et sa prévisibilité à long terme ont été analysées dans notre anthologie de la désinformation météorologique.
 
La région de Wideumont (Libramont) enneigée au matin du 26 avril.
 
Mai
 
Le long week-end de l’Ascension est pleinement estival. A partir du 4 mai, les températures montent pour culminer le dimanche 8 mai. Il fait jusqu’à 28,2°C à Gand ce jour. De nombreuses stations enregistrent des maximales supérieures à 25°C les 7 et 8 mai.
 
Coucher de soleil sur la vallée mosane à Seraing au soir du 4 mai (Auteur: Info Meteo).
 
Par la suite, le temps se déstabilise. Quelques averses orageuses éclatent sporadiquement le 10 mai.
 
11 mai – premier épisode orageux sérieux avec supercellule sur le Hainaut
 
Le 11 mai en fin d’après-midi prend place la première offensive orageuse sérieuse de l’année. Une occlusion remontant de France vient buter contre de l’air chaud et instable, faisant naître de nombreux orages multicellulaires. Un de ces orages, particulièrement intense, se déplace depuis Philippeville jusqu’au nord de Lille en donnant de très fortes précipitations – des inondations sont signalées à Binche et à Cour-sur-Heure notamment – et des chutes de grêle significatives, notamment sur la région de Walcourt où les grêlons atteignent 3 cm de diamètre. Cet orage a ainsi eu un comportement supercellulaire pendant ses cinq heures d’existence, des photographies attestant de la présence d’un mésocyclone.
 
La supercellule évoluant sur l’est du Hainaut en fin d’après-midi du 11 mai (Auteur: Jeroen Vanheers).
 
Les orages se sont ainsi répétés sur le Hainaut et l’ouest de la province de Namur, mais surtout sur le nord de la France. En début de soirée, l’activité électrique retombe progressivement.
 
La première image illustre la probable supercellule sur la région de Walcourt vers 16h20. Sur la seconde image, la zone orageuse a évolué vers un couloir d’orages multicellulaires vers 18h00, mais la supercellule est toujours observable du côté de Mouscron et Tournai (Source: Belgocontrol).
 
Activité électrique sous un faible orage évoluant sur la Thudinie en début de soirée (Auteur: Info Meteo).
 
Activité électrique relevée entre 14h00 et 22h00. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).
 
Voir aussi les actualités de Belgorage à ce sujet: Orages 11 mai 2016
 
12 mai – Nouveaux orages parfois intenses
 
La Belgique reste en bordure d’une vieille occlusion sur le nord de la France, avec de l’air continental chaud couvrant la moitié nord du pays. Sur l’occlusion même, quelques orages se produisent, avec l’un ou l’autre débordement sur les régions frontalières belges. En fin d’après-midi, un orage isolé très actif se forme aux Pays-Bas et dérive à travers la Campine jusque la région de Leuven. Enfin, en début de soirée, une petite zone de convergence se met en place sur les Limbourg néerlandais et belges, organisant un axe orageux se déplaçant lentement vers l’ouest-sud-ouest, jusque sur le nord de la Wallonie. L’activité électrique au sein de cet axe est par moments bien présente avec un éclair toutes les 5 à 10 secondes.
 
Séquence radar montrant l’orage campinois vers 19h30 et l’axe orageux aux alentours de 23h00.
 
Activité électrique relevée entre midi le 12 et minuit le 13. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (source: Lightningmaps).
 
Double coup de foudre sous l’axe orageux limbourgeois en fin de soirée (Auteur: Info Meteo).
 
13 mai – Episode orageux de longue durée en Lorraine belge
 
La situation de ce jour est très particulière. Le flux est établi au nord-nord-est sur la Belgique, tandis qu’une petite ligne de convergence se forme en Lorraine et sur le Grand-Duché de Luxembourg. Elle y entraîne une répétition d’orages pendant parfois plus de 13 heures entre le début d’après-midi et la soirée. Certains orages sont bien actifs, accompagnés d’une activité électrique soutenue et de fortes précipitations. Néanmoins, aucun dégât n’a été signalé. Plus au nord, quelques orages sont observés en Entre-Sambre-et-Meuse, sur le Condroz, la Famenne et l’Ardenne, mais leur ampleur est bien plus faible.
 
Activité électrique relevée entre midi le 13 et minuit le 14. Les plus vieux impacts sont en bleu et les plus récents en jaune. (source: Lightningmaps)
 
En fin de nuit du 21 au 22 mai, des orages localement assez intenses traversent nos régions du centre du Hainaut en direction de la Flandre orientale. Quelques inondations locales et un peu de grêle sont observées. 
 
Fin mai – début juin – longue période orageuse avec inondations. Voir dossier spécial où le compte rendu de chaque jour est détaillé: ICI
 
Juin
 
Le 3 juin, toujours et à nouveau des orages localement très pluvieux qui provoquent des inondations locales dans l’après-midi et en soirée du côté de Virton et de Arlon, mais aussi par endroits à Verviers. Un foyer orageux se réactive en milieu de nuit du 3 au 4 sur le centre du Brabant wallon.
 
L’après-midi du 4 juin et la nuit suivante, des orages sont encore observés sur le Limbourg et la province du Luxembourg dans un premier temps, puis sur le centre de la Belgique. Un système orageux progresse ensuite de la région bruxelloise vers Tournai et Lille en milieu de nuit. Quelques inondations locales sont signalées du côté de Virton.
 
Activité électrique relevée entre 14h00 le 4 juin et 2h00 le 5. Les impacts les plus vieux sont en bleu et les plus récents en jaune (Source: Lightningmaps).
 
Du 5 au 7 juin, une puissante dégradation orageuse prend place sur nos régions et provoque à nouveau des inondations ainsi que des dégâts dus à la grêle. Voir dossier spécial: ICI
 
La suite du mois de juin est tout sauf estivale. De fréquentes perturbations maritimes concernent nos régions, amenant de la pluie en quantité et de manière très régulière, le tout sous des températures qui peinent à atteindre les normes de saison. Des orages se manifestent à plusieurs reprises, notamment le 17 juin, mais restent généralement contenus, sauf localement où des inondations sont encore observées, notamment dans l’ouest de la Belgique.
 
Du 22 au 24 juin, plusieurs salves orageuses parfois violentes frappent nos régions, provoquant de nombreux dégâts. Voir dossier spécial: ICI. Le 23 juin est le seul jour du mois où la température atteint ou dépasse les 30°C par endroits.
 
Les statistiques confirment un mois de juin particulièrement mauvais. Si les températures sont normales et proches de la moyenne, ce n’est pas le cas de l’ensoleillement, anormalement faible, mais surtout de la quantité de pluie tombée, exceptionnelle, qui établit par ailleurs un nouveau record pour le mois de juin. 
 
Juillet
 
Après un début hésitant, juillet se cale sur une météo normale pour ce mois en Belgique, tantôt avec de la chaleur et du soleil, tantôt avec de la pluie et plus frais. Le 10 juillet est une journée avec des températures élevées, avec 31,0°C à Angleur, 30,5°C à Kleine-Brogel, 30,2°C à Aubange et 29,7°C à Bierset.
 
Par contre, deux jours plus tard, c’est complètement l’inverse. Le 12 juillet, de l’air maritime polaire s’engouffre sur nos régions, apportant un temps particulièrement maussade. Quelques orages d’air froid sont observés en fin d’après-midi, notamment sur la Hesbaye.
 
Faible orage s’avançant sur la Hesbaye en fin d’après-midi du 12 juillet (auteur: Info Meteo).
 
La journée du 13 juillet, en plus d’être sombre et accompagnée de régulières averses (parfois orageuses), est très fraîche avec des températures maximales parfois sous 15°C. On relève ainsi 17,2°C à Uccle, 15,4°C à Florennes et 14,2°C à Saint-Hubert.
 
A partir du 17 juillet, le temps s’améliore nettement. Le 19 juillet, les températures maximales dépassent les 30°C en de nombreuses stations:
 
30,8°C à Uccle
32,3°C à Gand
31,4°C à Chièvres
31,1°C à Gosselies
31,3°C à Bierset
32,0°C à Koksijde
 
Le 20 juillet est également très chaud. Toutefois, une petite ligne de convergence traverse le pays dans l’après-midi et apporte une air maritime un peu moins chaud, limitant l’envolée des températures. Elle n’atteint que tardivement la Campine où le thermomètre a le temps de scorer à 36,0°C. Ailleurs, on note:
 
32,8°C à Gand
31,9°C à Uccle
32,2°C à Gosselies
32,4°C à Ernage
33,7°C à Bierset
32,3°C à Buzenol
 
En soirée, quelques averses parfois orageuses concernent les environs immédiats de la Lorraine belge.
 
Le parc météorologique de Dourbes grille sous un soleil de plomb ce 20 juillet 2016 (source: IRM).
 
Le 21 juillet, un orage assez actif se produit sur la province du Luxembourg en début de soirée. Il est suivi le lendemain 22 juillet par une série d’orages sur le massif ardennais en début d’après-midi, accompagnés de grêle. Plus tard, d’autres foyers stationnant dans un premier temps sur le nord-est de la France remontent et se constituent progressivement en MCS sur la Wallonie en soirée. Quelques noyaux sont particulièrement costauds et provoquent des inondations en Lorraine belge mais aussi dans le Borinage. C’est justement en Lorraine, notamment du côté de Virton, où les orages ont pris la tournure la plus violente. Ces orages ont été dictés par un flux d’air très humide et doux (23 à 24°C de température maximale) de nord à nord-ouest en surface, et un flux de sud en altitude.
 
Activité électrique sur le Condroz (région de Clavier) sous un noyau bien actif du MCS en soirée (auteur: S. Dumoulin).
 
La séquence suivante montre la progression des orages, heure par heure, de 21h00 à 1h00 le 23. Il est possible que le MCS ait fini par se constituer en MCV, système convectif de mésoéchelle contenant en son centre une dépression marquée par l’enroulement des précipitations côté français.
 
Formation et évolution du MCS en soirée du 22 juillet et en début de nuit suivante, de 21h00 à 1h00 (source: Météo France).
 
Les précipitations ont été localement très abondantes avec 50 mm de pluie à Florennes et 60 mm à Saint-Hubert et à Winenne (précipitations relevées entre 8h00 le 22 et 8h00 le 23).
 
Le 23 juillet dans l’après-midi, de nouveaux orages se développent dans le flux d’air humide de nord et concernent la Hesbaye et le Condroz. Un rail d’orages se constitue entre Diest et Gembloux et entraîne des inondations du côté de Jodoigne et de Orp-Jauche notamment. Il tombe 84 mm de pluie à Ransberg et 46 mm à Marilles.
 
Août
 
Les 2 et 3 août sont particulièrement mauvais: il pleut pendant de longues heures sans discontinuer, le tout sous des températures bien en-dessous des 20°C. Il tombe entre 30 et 50 mm de pluie sur certaines régions pendant ces deux jours.
 
Le 10 août est une journée particulièrement froide en raison d’un flux polaire bien établi sur nos régions. La température maximale n’atteint que 15,1°C à Uccle et 12,2°C à Saint-Hubert. Le lendemain 11 août est une journée exceptionnellement froide pour la saison. A Uccle, il n’a plus fait si froid en deuxième décade d’août depuis 1912: la température maximale s’établit à 14,6°C. On mesure 14,7°C à Gosselies et 14,8°C à Bierset. Ce même jour, il ne fait que 0,5°C au petit matin à Elsenborn. Seul l’ouest de la Belgique, dans de l’air un peu plus doux, échappe à ce temps très froid pour la saison.
 
Températures maximales relevées dans la journée du 11 août 2016 (source: Infoclimat).
 
Par la suite, le temps se réchauffe progressivement. Le 18 août, quelques orages modérés sont observés sur le massif ardennais dans l’après-midi.
 
La fin août est marquée par une canicule exceptionnelle (jusqu’à 35,2°C à Ernage le 27 août). Voir notre article spécial: La vague de chaleur de fin août 2016
 
En soirée du 27 août, de puissants orages concernent le sud et l’est de la Belgique. L’activité électrique est exubérante. Voir l’article spécial sur ces orages: ICI
 
Le mois d’août, qui avait commencé avec un important déficit thermique, se termine finalement proche de la normale en raison de la chaleur observée durant la deuxième partie du mois.
 
Septembre
 
Le mois de septembre commence très bien avec de belles journées estivales, notamment le 3. Il fait ainsi 25,2°C à Dourbes ce jour. Le lendemain matin, un front froid très actif traverse nos régions et donne quelques orages sur l’est de la Belgique, notamment sur le Brabant wallon, l’ouest et le sud de la province de Liège. Un foyer particulièrement intense sévit sur Maastricht et frôle nos frontières en se dirigeant vers l’est.
La semaine qui suit, le temps se fait à nouveau pleinement estival, avec d’assez belles journées et des températures supérieures aux normes de saison.
 
Nuages d’altitude au coucher du soleil le 6 septembre sur Seraing (auteur: Info Meteo).
 
A la mi-septembre, la Belgique connait un coup de chaleur exceptionnel pendant quelques jours, avec des températures excédant largement les 30°C, ce qui est très élevé pour la saison. Voir notre dossier spécial: ICI
 
A noter que les trente derniers jours ont connu une moyenne de température exceptionnellement élevée, presque aussi importante que celle du milieu de l’été. Par ailleurs, le déficit pluviométrique entamé à la mi-août s’accentue, et certaines régions n’ayant vu que peu de précipitations commencent à connaître une sécheresse significative des terres superficielles.
 
A la fin du coup de chaleur, au soir du 15 septembre, de forts orages organisés en MCS naissent sur un axe Maastricht – Aachen puis balaient la Campine avant de filer vers le centre des Pays-Bas. L’activité électrique est parfois intense pour un orage de septembre, avec des séquences d’un éclair toutes les 2 à 3 secondes par moments. Ces foyers se développent au-devant d’un front froid remontant de France.
 
Coup de foudre sous le système orageux concernant la Campine le soir du 15 septembre 2016 (auteur: Info Meteo).
 
Septembre qui s’achève a été très anormalement chaud, avec un excédent thermique de +2,5°C. La quantité de pluie est à l’inverse très anormalement basse, accentuant le déficit pluviométrique et la sécheresse entamés à la mi-août. L’ensoleillement est par contre anormalement élevé.
 
Octobre
 
Le 1er octobre nous montre que la saison des orages n’est pas encore finie. Après quelques averses orageuses sur le centre de la Belgique, un front occlus lié à une petite dépression sur la mer du Nord initie une ligne d’orages modérés évoluant même temporairement en LEWP (ligne orageuse en vague) sur le Hainaut, le Brabant wallon et la région de Bruxelles en début de soirée. Le LEWP est habituellement une structure d’orages violents, ce qui ne fut pas réellement le cas ici compte tenu de la saison. La dynamique aura permis de donner naissance à cette structure, bien davantage que l’instabilité qui était plutôt médiocre à cette heure.
 
Le LEWP entre Bruxelles et le département des Ardennes à 19h45 le 1er octobre (source: Meteo Services).
 
Eclair internuageux au-dessus de Fontaine-l’Evêque au passage de l’orage du 1er octobre (auteur: Info Meteo).
 
Le 16 octobre est une très belle et douce journée d’automne. En soirée, un front froid arrivant de l’ouest initie une série d’orages sur le nord de la France et l’ouest de la Belgique. Par endroits, les précipitations sont importantes.
 
A la fin du mois, les températures remontent et dépassent les 15°C par endroits l’après-midi. Pourtant, octobre 2016 est au final un mois anormalement froid par rapport à la moyenne normale.
 
Novembre
 
A l’instar des deux dernières années, la Toussaint connait un coup de douceur et un temps splendide, cependant moins prononcés qu’en 2014 et 2015. 
 
Le village de Herbeumont, en Ardenne, à la Toussaint 2016 (auteur: Info Meteo).
 
Une semaine plus tard, c’est l’inverse. Les hauteurs (>500 mètres) connaissent leur premier épisode hivernal le 9 novembre, avec une accumulation de plusieurs centimètres. 
 
A partir de la mi-novembre, les bas géopotentiels descendent des hautes latitudes en direction de l’Europe occidentale, amenant de l’air maritime humide et doux sur la Belgique. Le 18 novembre, une ligne de grains se développe sur les Hauts de France à la faveur d’une traîne très active, devient orageuse et concerne la moitié nord-ouest du Hainaut en fin d’après-midi. Une autre ligne de grains la devance et est responsable de fortes rafales (81 km/h à Gosselies). Elle devient à son tour orageuse au nord de Liège et sur l’Entre-Vesdre-et-Meuse.
 
Eclairs détectés le 18 novembre 2016 (source: Lightningmaps).
 
La nuit du 19 au 20 novembre, la tempête Nannette/Angus (nom allemand/nom anglais) s’engouffre dans la Manche après s’est creusée sur le Proche Atlantique. Les rafales atteignent 140 à 170 km/h sur les côtes bretonnes et normandes. Le 20 novembre, la tempête concerne la Belgique, le nord de la France et les Pays-Bas. On relève 115 km/h à Zeebruges, 105 km/h à Stabroek, 97 km/h à Chièvres, 94 km/h à Zaventem et 90 km/h à Gosselies. Sur les côtes du Pas-de-Calais, les rafales sont très violentes, avec 155 km/h à Boulogne et 163 km/h au Cap Gris-Nez.
 
La tempête Nannette/Angus le 20 novembre à 10h00 au-dessus de la mer du Nord (source: Eumetsat).
 
La fin novembre est hivernale, avec les premières gelées modérées. Le 30 novembre au matin, il fait -10,8°C à Elsenborn.
 
Décembre
 
En décembre, le temps est de saison, avec de fréquentes gelées. La Noël connait par contre un coup de douceur, avec des maximales au-dessus de 10°C.
 
 

Orages intenses du 13 août 2015

Autant le début de la saison orageuse (et juillet surtout) fut pauvre, autant ce mois d’août semble se plaire à nous rappeler que cette saison des orages est loin d’être finie. Après le 3 août sur l’ouest, le 7 août sur le centre et l’est, ce jeudi 13 août voit se produire une dégradation orageuse sévère, qui sera peut-être la plus importante de cette année avec celle du 5 juin. L’IRM a annoncé avoir détecté environ 30 000 éclairs au-dessus de la Belgique. Ce chiffre, bien qu’assez loin des records, reflète une dégradation intense et constitue le plus haut score de cette année.
 
Situation météorologique
 
C’est une situation à laquelle on commence à être habitué qui déclenche ces orages. Une dépression assez creuse plonge sur le Golfe de Gascogne, provoquant une brutale remontée d’air chaud vers nos régions. Il a effectivement fait très chaud l’après-midi du 13 août avec 31,9°C à Gosselies, 32,2°C à Uccle, 33,2°C à Dourbes et 33,6°C à Buzenol. Il est intéressant de voir que cette augmentation des températures est liée à l’ensoleillement mais aussi à l’invasion brutale d’une masse d’air très chaud arrivant du département des Ardennes où des températures jusqu’à 35°C ont été enregistrées.
 
Autre élément aggravant, la présence d’une forte humidité dans l’air des basses couches. Ainsi, vers 14h00, des taux d’humidité relative supérieurs à 60% étaient constatés dans l’Entre-Sambre-et-Meuse et le Namurois. Ceci rendait d’ailleurs l’air très insupportable. Sur le coup de 17h00, Ernage enregistrait un humidex de 40,6. En d’autres termes, l’air était tellement moite que le corps humain ressentait la même chose que s’il avait fait 40,6°C par temps sec. Cet air bien moite et chaud a persisté jusqu’à l’arrivée des orages, servant de carburant à ceux-ci.
 
 
L’analyse de surface ci-dessus (à 14h00 heure belge) montre que nos régions sont dans un marais dépressionnaire dominé par un léger flux d’est. Sur le centre de la France par contre, le vent est de sud. Il se crée entre les deux une zone de convergence de ces vents, formant une ligne de convergence sur le nord de la France et remontant vers la Belgique (trait rouge gras). Elle y parvient en fin d’après-midi en butant sur l’air chaud et moite possédant une forte énergie potentielle pour la convection (CAPE supérieure à 2000 J/kg d’air). En altitude par contre, la dynamique reste modérée, avec un courant Jet de sud présent mais pas exceptionnel. S’il avait été plus présent avec des noyaux de divergence bien organisés, les orages auraient été bien plus violents encore.
 
Déroulement de l’épisode
 

Les premiers orages ont commencé à se déclencher aux alentours de 15h00 au sud de nos régions. L’un ou l’autre foyer s’est développé à l’avant comme sur la région de Thuin, mais ces derniers furent brefs. C’est vraiment le long de la ligne de convergence remontant de France qu’a commencé à se mettre en place la majeure partie de l’activité.

A 16h10, un axe bien actif s’est déjà formé au sud du Pas-de-Calais. A noter que l’activité électrique est déjà très intense: chaque rond rouge entoure un impact se produisant au moment où l’image a été enregistrée. Plus à l’est par contre, les cellules ne sont pas encore soudées entre elles, mais certaines sont déjà fortes.

Activité électrique dans les deux heures précédant l’enregistrement de l’image à 16h10. Les impacts blancs sont les plus récents.
 
L’activité va en se renforçant, et à 16h30, c’est un début de QLCS qui entre sur le département du Pas-de-Calais. Le QLCS est un système convectif de mésoéchelle (MCS) qui se traduit en français par Système convectif quasi linéaire. Ce type d’organisation orageuse prend donc pratiquement la forme d’un axe, souvent très intense. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter l’article écrit par Info Meteo à ce sujet: MCS et QLCS. Plus à l’est, une organisation en orages multicellulaires est observée, mais leur puissance reste modérée.
 
Radar des précipitations à 16h30.
 
Vers 17h15, les choses ont déjà bien évolué: le QLCS sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais ne cesse de se renforcer. En plus d’une activité électrique qui devient impressionnante (une moyenne de 250 éclairs par minute), le système est générateur de pluies diluviennes, de grêle et de puissantes rafales de vent provoquant des dégâts, notamment autour de Lens dans les instants suivants. Plus à l’est, les cellules jusque là alignées mais non soudées entre elles commencent à resserrer les rangs tout en se renforçant rapidement. Ainsi, un orage est en train d’exploser sur le nord-ouest du département des Ardennes, au sud de Chimay.
 
Image de l’activité électrique enregistrée à 17h15.
 
Vers 17h40, une section violente du QLCS balaye donc Lens, tandis que plus à l’est, les cellules commencent à entrer en Belgique. Une autre touche le Cambresis, avec les mêmes effets. On note aussi l’apparition de petits mais très intenses noyaux orageux à l’avant de l’axe, au sud de Charleroi et près de Mons. A partir de ce moment-là, tout va aller très vite.
 
Radar des précipitations à 17h40.
 
L’image suivante montre la situation environ une demi-heure plus tard, et souligne un net renforcement de l’axe orageux avec l’allongement du QLCS jusqu’à la région de Charleroi. Les conditions se dégradent effectivement très rapidement sur le nord de l’Entre-Sambre-et-Meuse avec l’explosion brutale de multiples cellules orageuses qui adoptent immédiatement un caractère très intense en provoquant des dégâts dus au vent et des grêlons de plusieurs centimètres de diamètre. La même modification de morphologie est observée autour de Mons. L’ensemble prend ainsi la forme d’un bow echo, mais la persistance de cette structure étant brève, nous ne pouvons en être totalement sûrs.
 
Radar des précipitations vers 18h15.
 
L’enregistrement de l’image des impacts de foudre à 18h45 illustre très bien ce déplacement du maximum d’intensité vers la Belgique, avec une violente activité électrique sur le Hainaut et l’ouest de la province de Namur. A ce moment-là, le QLCS s’est donc étendu jusqu’à la capitale wallonne par formation et agglomération de nouvelles cellules orageuses.
 
Image de l’activité électrique enregistrée à 18h45.
 
Une heure plus tard, le QLCS atteint la région de Bruxelles. A l’est, des cellules orageuses nouvellement formées ont continué à s’y agglomérer, de telle sorte que le système s’étend désormais jusqu’à Liège. Par contre, sa partie ouest se dilue complètement au-dessus de la Mer du Nord en un paquet pluvio-orageux sans réelle intensité. Quelques orages parfois assez intenses se produisent à l’arrière, notamment au sud de Tournai.
 
Radar des précipitations à 19h45.
 
Vers 20h30, nous retrouvons le QLCS sur la Flandre, où il commence à rétrécir en taille. Dans l’heure suivante, il s’évacue en direction des Pays-Bas tout en continuant à faiblir.
 
Radar des précipitations à 20h30.
 
Plus tard cependant, des orages se reformant sans cesse sur la région de Liège engendrent des pluies diluviennes sur la région de Genk ainsi que des dégâts liés au vent. D’autres foyers débordent en fin de soirée sur le sud de la province de Liège et un petit système multicellulaire concerne la région de Arlon et de Bastogne, avant la fin de l’épisode en début de nuit.
 
 
 
Synthèse
 
Les orages ont été très pluvieux avec des lames d’eau importantes observées localement, la plus haute étant Diepenbeek (56 mm). De même, de la grêle a été reportée, avec parfois des grêlons de taille significative (jusqu’à 3-4 cm) comme dans la région de Thuin, le nord du Hainaut et l’ouest de la Flandre. Des grêlons de belle taille sont aussi tombés en plusieurs endroits du Nord-Pas-de-Calais, ainsi que dans l’ouest de la province de Liège. Des dégâts dus au vent ont été largement signalés dans le Hainaut et dans le Nord-Pas-de-Calais, correspondant au passage des segments les plus violents du QLCS. Plus à l’est, des dégâts liés aux fortes rafales ont également été signalés, mais plus sporadiquement. Les relevés montrent de fortes rafales, mais pas excessives. Cependant, vu leur dispersion, il est certain qu’ils n’ont pas enregistrés les plus violentes bourrasques.
 
Grêlons récoltés à Lobbes, dans l’est du Hainaut. Auteur: C. Tournay.
 
 
 

L’activité électrique n’a pas été en reste, comme le montre la carte ci-dessous qui reprend les impacts enregistrés entre le 13 à midi et 14 à midi. L’IRM a comptabilité environ 30 000 éclairs au-dessus de la Belgique. Ce chiffre est important, mais pas extrême. A titre d’exemple, le 28 juin 2011 a connu environ 80 000 éclairs belges.

Observations Montigny-le-Tilleul (sud-ouest de Charleroi)

Vers 14h30, les premiers cumulus bourgeonnent dans un air étouffant de moiteur. Néanmoins, ils ne parviennent pas à évoluer jusqu’au cumulonimbus. Il semble manquer un peu de dynamique et, de fait, la ligne de convergence n’est pas encore là. Mais vers 15h15, l’un d’entre eux finit par évoluer en orage, mais très faible vu qu’il ne dure qu’un gros quart d’heure en ne donnant que quelques coups de tonnerre. Le ciel s’éclaircit et l’air se réchauffe à nouveau.Aux alentours de 17h30, des cumulus s’élèvent à vue d’oeil vers le sud-est, en direction de Walcourt, et le ciel s’assombrit rapidement. Un orage finit par se déclencher à une dizaine de kilomètres et adopte très vite un caractère intense: le tonnerre est continu et bruyant et le radar montre de très fortes précipitations. L’orage passe ensuite à quelques kilomètres au sud-ouest, en restant intense et en donnant une bonne averse. Par contre, aucun éclair ne se montre.Tandis que celui-ci s’éloigne, le ciel devient noir à l’horizon sud, et un semblant d’arcus se forme à quelques kilomètres. Le vent commence à souffler avec insistance tandis que ce qui arrive du sud se renforce violemment et forme un véritable barrage de précipitations dans lesquelles scintillent des flashes d’éclairs en continu.

 
Peu après 18h00, l’orage est très proche et le vent souffle en violentes rafales. L’activité électrique est impressionnante, surtout vers Thuin où le ciel prend des teintes livides (vert et gris), aspect renforcé par la violence de l’activité électrique intranuageuse qui éclaire de violet cet ensemble. La séquence suivante est tirée d’une vidéo, la qualité n’est pas optimale. Mais l’on remarque bien l’arrivée de l’orage avec surtout le noyau de très fortes précipitations (pluies et grêle) qui tombent vers Thuin et Lobbes.
 
 
 
 
Durant son passage au zenith, l’orage se fait très intense avec de fortes pluies soufflées en rafales violentes. L’activité électrique est presque entièrement composée d’intranuageux qui éclairent brillamment les nuées au zénith, à raison d’un par seconde, parfois plus! Les précipitations sont à ce point intense que des accumulations d’eau commencent à se former, faute de pouvoir être évacuées par les égouts qui saturent. Heureusement, le QCLS ne s’attarde qu’un petit quart d’heure, et commence à s’éloigner vers le nord-ouest. C’est à son arrière que les éclairs commencent à se montrer, soit sous la forme de violents coups de foudre positifs, soit sous la forme d’internuageux:
 
 
 
Passé 18h45, l’orage quitte définitivement la région.
 
Profondsart
 
La Province du Brabant Wallon, qui semblait en première phase en bordure de l’axe orageux, profita d’une dynamisation de la ligne de convergence au fur et à mesure du début de soirée. En effet, un foyer orageux se constitua dans la région de Charleroi et permit à l’axe orageux présent sur les Flandres et l’Ouest du Hainaut de s’étendre vers l’Est. Parallèlement, des cellules orageuses de prime abord isolées se formèrent à l’Est de Namur. Au milieu, une simple masse pluvieuse, un « trou » dans la dynamique orageuse. Cette situation ne pouvait perdurer.
 
En effet, au fil minutes, l’axe hennuyer tendit un « pont » vers les cellules namuroises et c’est finalement tout un axe qui se forma depuis le Westhoek jusqu’à l’Est de Namur, avec différents foyers de plus grande activité. L’un d’entre eux se constitua sur le Namurois, et remonta vers le Nord-Nord-Ouest. Depuis ma position, le ciel s’obscurcit mais c’est surtout le vent qui commença à se lever. L’axe orageux, tel qu’il fut détecté par le radar, semblait d’abord mince. Tout au plus quelques kilomètres. L’offensive devait donc être courte. Le tonnerre se fit progressivement entendre et les premiers éclairs furent visibles. Cependant, comme l’indique bien la capture de l’application Blitzortung, la plus grosse activité électrique se concentra sur l’Est du Brabant Wallon, à l’Est de ma position. Dans la vidéo ci-dessous, cette tendance est assez nette : peu de coups de foudre autour de ma position, mais des flashs plus nombreux dans la direction Est.
 
 
 
Au passage de l’axe orageux, ce sont évidemment de fortes pluies qui s’abattent sur ma position, mais le vent, bizarrement, se calme. Aucune grêle n’est enregistrée. Les flashes continuent longuement, et ce passage dure plus longtemps que pressenti. A la fin de celui-ci, alors que j’avais précautionneusement éteint mon ordinateur, je le rallume et constate un brutal élargissement de l’axe orageux sur ma position, s’étendant à une trentaine de kilomètres. Il est donc remarquable que la ligne de convergence, d’abord concentrée sur les départements français de l’Ouest, les Flandres belges, et le Hainaut Occidental, a vu sa dynamique s’étendre vers le pays de Charleroi et a, grâce à la naissance de cellules orageuses namuroises, pu se refermer sur le centre du pays, avec des dégâts aussi enregistrés dans la région bruxelloise.
 
 
Vos photos
 
Vous avez été quelques-uns à nous faire parvenir vos photos.
 
Arrivée d’un acus à Westende. Auteur: A. Fetteke
 
Eclair internuageux à Ramillies. Auteur: F. Nicolas.
 
Coup de foudre à Villers-le-Bouillet. Auteur: G. Schroeders.
 
Cellule orageuse en développement à Gourdinne. Auteur: H. Vicenzi
 
Séquence d’éclairs à Horion-Hozemont. Auteur: A. Roland.
 
Coup de foudre à Chênée. Auteur: J. Gauthier.
 
Coup de foudre à Crisnée. Auteur: P. Lottin.
 
Sources: Meteo France, IRM, Keraunos, Blitzortung, KNMI…
 

7-10 juin 2014 – Un violent épisode orageux très inhabituel

La Pentecôte 2014 est marquée par des orages violents, plutôt inhabituels. C’est un outbreak de supercellules qui prend place sur la Belgique, avec la survenue d’un grand nombre de ces spécimens en l’espace d’environ 72 heures. Ces orages provoquent énormément de dégâts, ceux-ci se révélant extrêmement coûteux. Retour sur un épisode orageux exceptionnel.

7 juin

 

Ce 7 juin a été marqué par un temps lourd, chaud et humide, avec des maximas proches voire dépassant légèrement les 30°C. Compte tenu de ces conditions, une forte instabilité s’est mise en place dans les basses couches de l’atmosphère, où l’énergie potentielle disponible dépassait allègrement les 2000 J/kg d’air. 

 
Ce temps est dû à la présence d’une profonde dépression pour la saison sur le proche Atlantique, entraînant un appel d’air d’origine tropicale en direction de nos régions. Cet air a pu se charger facilement en humidité en profitant des précipitations tombées les jours précédents. 
 

A la mi-journée du 7, une ligne de convergence (zone de convergence des vents, ceux-ci étant obligés de s’élever à son niveau) a traversé lentement la Belgique. L’inversion a cependant bloqué tout développement orageux, et seuls quelques altocumulus et cumulus aplatis se sont développés à son passage, alors que l’air en basse couche était déjà bien chargé en énergie. Plus à l’ouest, le front froid associés à la dépression sur le proche Atlantique s’est positionné juste à l’ouest du Nord-Pas-de-Calais, où il a pris un caractère de front ondulant (front bloqué dans sa progression dans une masse d’air chaud). Son arrivée, combinée au renforcement de la brise de mer, a créé une pseudo-limite froide qui s’est avancée dans les terres, obligeant l’air chaud à s’élever. Un forçage local s’est ainsi mis en place sur l’extrême nord de la France, déclenchant les premiers orages. Plus au sud-est, une seconde ligne de convergence provoquera un appel d’air chaud en soirée (encore 27°C à 20h00 dans le Hainaut), rognant l’inversion thermique, et donnera naissance à un autre foyer qui concernera le centre de la Belgique plus tard.

Le premier orage, qui peut être qualifié de fort à violent, est apparu vers 18h00 sur l’ouest du Nord-Pas-de-Calais, où il a rapidement pris un caractère très organisé. Ce foyer, isolé, a en effet profité de l’importante énergie potentielle présente sur la zone pour se développer en une supercellule lors de son arrivée en Belgique. Un storm-splitting s’est alors opéré, et la cellule de droite a commencé à dévier légèrement sur la droite du flux général. Les images radars ont dès lors montré un hook echo (crochet au sud-est du système, montrant sa mise en rotation, caractéristique nécessaire pour la désignation de supercellule) persistant pendant près d’une heure, tandis que l’orage transitait à travers la Flandre Occidentale, jusqu’aux environs de Gand.
 
 
 
Vers 19h35, l’orage a montré temporairement une V notch (entaille en V dans les précipitations) sur son flanc nord, montrant clairement une organisation supercellulaire aboutie.
 
 
A son passage, de fortes chutes de grêle sont signalées. A Wingene, en Flandre Occidentale, il tombe des grêlons de 3 à 4 cm de diamètre. Un témoignage parle de grêlons de 6 cm de diamètre.
 
 
Une équipe de Noodweer Benelux a filmé son passage au sein de la supercellule entre Lichtervelde et Wingene:
 
 
Les nombreuses observations sur le terrain ont mis en évidence l’existence d’un nuage mur, marquant un mesocyclone (zone centrale de rotation au sein des supercellules). L’activité électrique, bien que intranuageuse pour une grande part, s’est faite virulente avec plus de 2000 éclairs en une demi-heure.
 
Passé Wingene, la supercellule, alors en phase classique, a opéré une évolution vers le stade HP (high-precipitation), où la pluie devient excessivement intense et étendue. Observé au radar, le hook echo a alors glissé sur le flanc est de la supercellule, tout en entourant le mesocyclone (confirmé par Belgorage sur le terrain). A noter que le V notch se devine encore sur le flanc nord du système.
 
 
Tandis que cet orage passait la frontière hollandaise en reformant une supercellule classique, un nouvel orage est rapidement apparu entre Ath et Mons. Ce foyer a très rapidement adopté un caractère supercellulaire en se dirigeant vers Bruxelles. Cet orage peut aussi être qualifié de fort. A noter qu’un autre orage suivant la cellule flandrienne a pendant un moment présenté aussi un caractère supercellulaire, mais ce de manière trop courte pour le classifier en temps que supercellule certaine.
 
 
Arrivée à Bruxelles, cette supercellule a engendré une violente averse de grêlons de la taille d’une balle de ping-pong, interrompant notamment le match Belgique – Tunisie et provoquant de nombreux dégâts dans la capitale.
 
 
Belgique – Tunisie au stade Roi Baudouin interrompu par les chutes de grêle:
 
 
L’orage bruxellois vu depuis Kortenberg (Brabant Flamand) par le collectif Belgorage:
 
 
Grêlons récoltés à Bruxelles (source: A. Bavay):
 
 
L’orage à 20h30, vu depuis la région de Frasnes-lez-Anvaing (Hainaut) par le collectif Belgorage:
 
Orage supercellulaire s`étendant progressivement en progressant au nord-ouest de Bruxelles-Capitale. Crédit photo : Jean-Yves Frique
 
L’orage a ensuite poursuivi son trajet à travers la Flandre, en maintenant un caractère supercellulaire.
 
Deux (voire trois) orages supercellulaires en quelques heures constituent un phénomène relativement rare en Belgique, bien que pas exceptionnel. Le 25 mai 2009 en soirée, le Nord-Pas-de-Calais a connu plusieurs supercellules simultanées, certaines accompagnées des plus gros grêlons jamais photographiés en France: 12 cm de diamètre!
 

8 juin 

 
L’air est resté très instable ce 8 juin, avec toujours l’afflux d’une masse d’air chaud et humide sur nos régions. En soirée, une zone de forçage due à des noyaux de diffluence du Jet-Stream en altitude a balayé cette masse d’air, déclenchant de nombreux orages, certains d’entre eux supercellulaires. En outre, de l’air maritime s’est propagé depuis le littoral, uniquement dans les basses couches, formant une inversion thermique vers 1000 mètres d’altitude. Un pseudo-front s’est ainsi dessiné en travers du sud de la Belgique, selon une orientation sud-ouest – nord-est, séparant l’air maritime au nord et l’air continental chaud au sud. En soirée, il a agi comme un déclencheur et un rail pour les violents orages qui ont concerné le Condroz et la Fagne – Famenne. Une seconde et légère inversion formée près du sol par rayonnement est responsable d’un maximum de vent nocturne. Ce dernier et le cisaillement observé le long du pseudo-front ont contribué à la virulence des éléments.
 

Mais tôt en matinée, un système orageux très actif a balayé le nord du département des Ardennes puis une bande allant de Gedinne à la région liégeoise. Dans la région de Gedinne notamment, l’orage a pris un caractère supercellulaire. La supercellule s’est ensuite muée en un bow echo qui a traversé l’est du massif ardennais.

Radar de précipitations vers 10h00. Source : Buienradar
Bow Echo sur la province de Liège vers 9h45 (source: Belgorage).
 

Plus tard, en fin d’après-midi, un orage supercellulaire d’une grande violence a balayé le nord-ouest de l’Ile-de-France, les Yvelines et a poursuivi sa course jusque Charleville-Mézières vers 0h15 le 9. A son passage, des grêlons de plus de 5 cm de diamètre et des rafales de vent supérieures à 130 km/h ont été enregistrées.

Orage supercellulaire sévissant dans le département des Ardennes en France et observé depuis la région de Bertrix en province de Luxembourg. Crédit photo : Samina Verhoeven
Supercellule sur le département des Ardennes vue depuis Bertrix par le collectif Belgorage.
 
Pendant ce temps, une autre supercellule s’est formée sur l’ouest du Nord-Pas-de-Calais et a transité à travers la Flandre Occidentale, de manière assez similaire à celle de la veille. Le hook echo typique était bien visible sur les images radars.
 

En fin de soirée, un axe orageux s’est constitué au nord de la supercellule sur le département des Ardennes, entre Chimay et Dinant. De forts orages ont balayé tour à tour ces régions, certains présentant une très forte activité électrique avec jusqu’à plusieurs éclairs par seconde et par foyer orageux. Ces orages ont parfois présenté des structures très organisées, avec de petits bow echo.

8 juin 23h45 – source: Météo France

En début de nuit du 9, ils ont gagné la rive droite de la Meuse entre Namur/Ciney et Liège où des chutes de grêles de plusieurs centimètres de diamètre (notamment à Marchin et dans la périphérie liégeoise) ont été signalées au passage d’une probable supercellule alors située au sud-est de Namur sur l’image ci-dessous. Ces orages ont ensuite atteint la région de Verviers et le Pays de Herve avant de s’évacuer vers l’Allemagne aux alentours de 2h00 du matin le 9.

9 juin 1h15 – source: Météo France
 
Eclair internuageux et coup de foudre à l’horizon à l’arrière du dernier orage balayant l’Entre-Sambre-et-Meuse en début de nuit du 9 juin. Vu depuis Montigny-le-Tilleul. Source: Info Météo.
 
Plus proche de l’orage, vu depuis Berzée. Source: Info Météo
 

A l’arrière de ces orages, un dernier foyer a explosé sur le Condroz oriental, évoluant en une intense supercellule.

Radar de précipitations vers 02h10. Source : Buienradar
Orage supercellulaire sur le Condroz oriental vers 2h10 (source: Belgorage).
 
Orage supercellulaire ayant provoqué la chute de grêlons de 3-4 cm de diamètre dans la région de Tohogne en province de Luxembourg. Crédit photo : Samina Verhoeven
Interception de la supercellule sur le Condroz oriental, dans la région de Tohogne, par le collectif Belgorage.
 
Enfin, une dernière supercellule a gagné le département des Ardennes, tandis qu’un nouvel orage concernait l’Entre-Sambre-et-Meuse vers 2h30 – 3h30 du matin le 9. Celui-ci fut toutefois moins intense que ses prédécesseurs quelques heures plus tôt.
 

9 juin

 
A nouveau, la journée du 9 juin voit se maintenir un flux d’air chaud et humide très instable sur nos régions. Des noyaux de diffluence du Jet-Stream organisent les orages, aidés par des dépressions de surface sur le Luxembourg pour l’orage de l’après-midi et de Nevers à l’est de la Belgique pour l’orage de la nuit suivante. En milieu de nuit du 9 au 10 justement, un puissant forçage en entrée droite du Jet balaye la Belgique, organisant le puissant MCS de la nuit. Mais ce sont en réalité trois de ces systèmes qui nous ont concerné hier et cette nuit.
 
Le premier d’entre eux s’est présenté aux portes de l’Entre-Sambre-et-Meuse aux alentours de 10h00 du matin le 9. Bien organisé, il a rapidement balayé cette région avant de poursuivre vers l’est de Bruxelles et Leuven, puis vers l’ouest de la Campine où l’activité électrique s’est révélée particulièrement intense. Les fortes pluies l’accompagnant ont provoqué des inondations locales dans le Brabant Wallon. La Marche Sainte-Rolende de Gerpinnes, près de Charleroi, a du être temporairement interrompue en raison de vents violents qui ont renversé plusieurs arbres.
 
9 juin 10h00 – Source: Météo France.
 
9 juin 10h45 – Source: Météo France
 
Impacts relevés entre 10h10 et 11h10.
 
Arrivée du MCS matinal sur Montigny-le-Tilleul (source: Info Météo).
 
Ciel tourmenté à l’avant du MCS matinal à Montigny-le-Tilleul (Source: Info Météo).
 
A la suite de cet orage, le ciel s’est progressivement dégagé, permettant l’élévation de la température, mais aussi des niveaux d’énergie qui ont flirté avec les 4000 J/kg d’air, des valeurs extrêmement élevées. Vers 17h30, des orages ont pris naissance sur l’Entre-Sambre-et-Meuse et le département des Ardennes, initiés par l’apparition d’une zone de convergence. Ils se sont rapidement soudés entre eux pour former un QLCS ou système convectif quasi linéaire. Celui-ci, large et organisé, a rapidement balayé toute une zone au sud d’une ligne Charleroi – Hasselt. De très fortes rafales de vent et des pluies diluviennes ont accompagné son passage. De nombreux arbres ont été arrachés, notamment en province du Luxembourg où la circulation des trains sur la ligne Bruxelles – Luxembourg a du être interrompue. Les réseaux de détection des éclairs ont enregistré une très violente activité électrique au sein du système. Dans la région de Saint-Hubert, une supercellule s’est greffée au système orageux et a donné des grêlons de 6 cm de diamètre, à l’emplacement d’un point triple formé par l’intersection de la convergence et d’une dry line (front séparant des masses d’air d’humidité différente) issue du pseudofront de la veille au soir.
 
9 juin 18h20 – Source: Météo France
 
9 juin 18h45 – Source: Météo France
 
9 juin 19h40 – Source: Météo France
 
Arcus développé par l`orage probablement supercellulaire sévissant à St-Hubert en province de Luxembourg. Crédit photo : Samina Verhoeven
Supercellule sur la région de Saint-Hubert, vue depuis Journal, 15 km au nord-est, par le collectif Belgorage.
 
Arrière du système orageux, observé par le collectif Belgorage.
 
Au passage du système sur la province de Liège, un storm-splitting a pu s’opérer, débouchant sur deux supercellules suspectées. Une analyse plus approfondie devra être effectuée pour confirmer cela.
 
Passé 21h00, l’orage s’est évacué en direction de l’Allemagne où il a pris des proportions dantesques en évoluant en un MCV particulièrement dévastateur. Dans l’intervalle, de puissants orages se sont organisés sur l’ouest de la France avant de remonter vers le nord-nord-est, alimenté par un air très doux et à nouveau très instable, avec une forte humidité dans les basses couches de l’atmosphère. Une supercellule donne des grêlons de 10 cm dans l’est de l’Ile-de-France. 
 

10 juin

 
Plus à l’avant encore, quelques orages concernent la région de Lille vers minuit et 1h30. Une ligne de convergence et des cisaillements de vent permettent un renforcement des orages en un MCS, puis en un bow echo, aidés par un forçage en altitude. Ce système balaie alors l’est du Nord-Pas-de-Calais dès 2h30, puis la Wallonie une demi-heure plus tard. Lors de son entrée en Belgique, une ligne orageuse très électrique s’est formée à l’avant de la partie centrale du système, et a généré jusqu’à 4 ou 5 éclairs par seconde sur l’est du Hainaut et l’ouest de la province de Luxembourg. L’orage a ensuite atteint la région bruxelloise aux alentours de 3h45, puis a continué à travers la Flandre avant de quitter la Belgique peu avant 4h30. Au passage du système, de très fortes précipitations ont provoqué plusieurs inondations, tandis que de fortes rafales localisées ont à nouveau endommagé la végétation. De la grêle a également été signalée.
 
10 juin 2h00 – Source: Météo France.
 
10 juin 2h30 – Source: Météo France.
 
10 juin 3h00 – Source: Météo France.
 
10 juin 3h10 – Source: Belgocontrol
 
10 juin 3h35 – Source: Belgocontrol.
 
Formations cumuliformes au-devant de l’orage de la nuit, en avant-plan des décharges électriques intranuageuses, à Montigny-le-Tilleul (source: Info Météo).
 
Spectaculaire cliché du même orage pris par Belgorage depuis Estinnes, environ 15 km à l’ouest de Montigny. Il montre la progression du front orageux précédé de la ligne de cumulus et des striations dans les nuages plus élevés.
C’est donc un épisode particulièrement costaud et inhabituel qui a concerné nos régions. Son caractère remarquable résulte à la fois de la diversité des organisations orageuses observées et la virulence des supercellules observées, mais aussi de l’ensemble des éléments qui ont fait naître ces cellules. A plusieurs reprises pendant ces journées, la configuration de l’atmosphère n’était pas sans rappeler une synoptique à l’américaine, digne de ce qui se rencontre dans la célèbre Tornado Alley.
Pour en savoir plus sur les supercellules: la supercellule, le roi des orages
 
Pour les personnes intéressées, Belgorage a réalisé un volumineux dossier concernant ces orages. Les mécanismes ayant mené à leur formation sont expliqués en détail: Voir ICI
 

2011: une année explosive

L’année 2011 a marqué les amateurs d’orages tant celle-ci a vu se produire régulièrement de grands épisodes parfois destructeurs, sinon spectaculaires dans l’enchaînement de violence qui les a caractérisés. De ces événements, le grand public n’en retient dans doute qu’un seul: le tristement célèbre « orage du Pukkelpop », un des rares orages mortels que nos régions aient connus depuis le début de ce siècle. Cependant, ce terrible orage n »est pas plus violent que les autres grandes offensives que cette année 2011 a vu survenir. Cette année ressort également des annales en raison de son encadrement par deux autres années « pourries »: 2010 avec toutefois les terribles orages du 14 juillet, l’épisode le plus destructeur de la décennie qui s’achevait, et 2012, une année faible en terme d’orages. Cet article propose de repasser en revue les grands moments kérauniques de l’année 2011.
 

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