Des orages estivaux « sans chaleur »: comment est-ce possible?

17 juin 2012 en fin d’après-midi, quelque part dans un train entre Charleroi et Namur.

« Alors, prêt pour l’examen d’AGERU* de demain?

– Ouaip, ça devrait aller. Dans l’ensemble, je maîtrise. Mais je pense rebosser un peu ça ce soir. En plus, il y a un risque d’orages, donc ça me tiendra éveillé.

– …un risque d’orages? Mouais c’est vrai que je l’ai entendu à la radio, mais ce serait quand même surprenant!

– Bah avec cette dépression qui remonte, on ne sait jamais… »

 
Coup d’œil à moitié convaincu par la fenêtre du train. Quelques altocumulus aplatis garnissent le bleu du ciel. Ambiance assez fraîche et légère pour une journée de juin, une vingtaine de degrés au meilleur de l’après-midi. Absolument pas pré-orageux. 

 

« Enfin on verra. Peut-être des orages faibles à modérés… »

 
Fin de soirée. Cours rangé, prêt pour demain. Bon, voyons ces orages… Il y a bien quelques foyers sur l’ouest de la France, bien loin. Bon, laissons la fenêtre ouverte, on verra bien…
 

6h55. Grondement sourd parmi les rêves. Le tonnerre sans doute… le tonnerre!? Réveil brutal. Il pleut dans le kot. Deuxième grondement. Ca gronde même en continu. La tête par la fenêtre, le ciel gris-beige scintille. Un grand éclair zigzague au-dessus des toits de Namur. Les nuées filent à une vitesse réellement dantesque. C’est déjà en train de se terminer. Coup d’oeil au radar: un grand système orageux, MCS dans le jargon météo, est en train de traverser le pays. Un peu plus tard, la radio énumère les dégâts et les inondations sur les chaussées. Le temps est redevenu léger, le même qu’hier…

*Analyse et gestion des espaces ruraux et urbains (cours de troisième bac de Géographie aux FUNDP)

 

Ces propos ont été tenus et vécus par l’auteur de cet article, qui à l’époque n’avait pas encore fait le tour de toute la mécanique atmosphérique et de ses multiples rouages. Comme d’autres encore aujourd’hui lorsque ce cas de figure se reproduit, il s’était alors interrogé sur le pourquoi de ces orages, et surtout, sur un élément qu’il croyait clé et qui manquait alors à l’appel: où est passé l’habituelle chaleur lourde annonciatrice? ». Ceci montre à quel point, dans l’imaginaire commun, un orage se précède de chaleur. Or, et spécialement en Belgique, c’est loin d’être toujours le cas.

On vous a déjà parlé d’orages d’hiver ou d’orages de traîne en été, soit des orages où la chaleur n’est pas réellement présente. Et encore, la chaleur est une question relative: dans un cas classique de traîne ou d’hiver, on peut parler de « chaleur » près du sol avec 5, 10 ou 15°C lorsqu’on se retrouve avec des températures glaciales en altitude, du genre -30 ou -40°C. Bien que ça arrive, ces orages sont rarement violents.

Ensuite, il y a les orages d’été qu’on dira « typiques »: ceux qui surviennent lorsqu’un front ou une ligne de convergence vient buter contre une masse d’air chaud et humide, génératrice d’une atmosphère moite qui nous fait dire que « ca va finir par craquer ».

Et puis, il y a la situation exposée dans la petite narration introductive, à savoir de violents orages, souvent nocturnes ou très matinaux, qui ne s’annoncent pas par cette chaleur lourde. Dans les meilleurs cas, on a un air léger, assez frais et un assez beau temps le jour qui précède, et ce même type de temps le jour qui suit, comme ce fut le cas pour l’offensive du 18 juin 2012. Parfois, il arrive même qu’il fasse bien plus chaud après les orages, alors que le temps de la veille était tout à fait quelconque. Ces orages sont particulièrement sournois pour la personne non avertie (comprenez, celle qui ne passe pas son temps à regarder les radars) car ils se produisent alors que rien ne semblait indiquer leur survenue.

Dans un premier temps, nous allons passer en revue quelques situations orageuses qui ne se sont pas annoncées par de la chaleur, le tout accompagné d’une analyse la plus précise possible de la situation atmosphérique qui les a engendrés, puis nous en tirerons quelques points communs.

 

Arrivée tardive du secteur chaud: quand il s’agit simplement d’une question de timing

A noter qu’on peut aussi parler de configuration de coin d’air chaud, tant la région qui connait cette situation se retrouve à l’étroit entre le front chaud et le front froid.

Rappelons d’abord que le secteur chaud est le triangle formé entre le front chaud et le front froid.

Schéma d’une situation classique de secteur chaud.

Ce cas de figure d’arrivée tardive du secteur chaud est relativement simple à comprendre et arrive régulièrement. Il s’agit de l’arrivée du secteur chaud instable d’une perturbation deux à trois heures maximum avant l’orage, et dont on a à peine le temps de sentir les effets. La situation du 18 mai 2006 à 1h00 illustre assez bien cela. Sur la carte ci-dessous, on voit un secteur chaud occuper la Belgique. On voit que le front chaud vient de traverser la Belgique, en cours de soirée du 17 mai. A l’heure de l’analyse, c’est une ligne de convergence qui concerne le pays, sur laquelle prennent place les orages parfois intenses observés cette nuit-là.

Situation atmosphérique de surface à 1h00 le 18 mai 2006 (source: KNMI).

Pour observer le passage des différents éléments, faire appel aux observations météorologiques des stations officielles est intéressant. Voici les relevés pour Charleroi les 17 et 18 mai. Attention que le sens temporel va du bas vers le haut, et exprimé en temps universel. Il faut donc rajouter deux heures pour avoir l’heure d’été belge. A 23h00 TU (donc 1h00 localement), on observe le vent tourner progressivement de l’est-sud-est au sud, tandis que la température connait une petite hausse. C’est l’arrivée du front chaud. A 0h00 TU (2h00 locales), la température affiche donc plus de 17°C, ce qui est relativement doux pour une nuit de la mi-mai. Avant cela, la journée a été assez douce pour la saison, avec une maximale de 21,1°C. Le temps a oscillé entre éclaircies et ciel couvert, avec même quelques ondées dans le courant de la soirée. Rien qui semble annoncer les orages, puisque nous sommes à ce moment-là dans de l’air maritime. L’air plus chaud arrive en cours de nuit avec le front chaud, « rafraîchi » par l’heure tardive, suivi à peine quelques heures plus tard par la ligne de convergence et les orages qu’elle porte. Le front froid passe quant à lui en tout début de matinée.

Relevés météorologiques de la station de Gosselies les 17 et 18 mai. Cliquez sur l’image pour l’agrandir (source: Ogimet).

Ce genre de situation est donc une première manière qu’a la météo de dissimuler l’air chaud et humide que l’on peut rencontrer avant les orages. Avec une arrivée tardive en soirée ou en cours de nuit, l’air chaud ne donne pas d’après-midi « lourde ».

A noter que, plus on se dirige vers le coin du secteur chaud, plus on évolue vers une situation de pointe d’air chaud ou de point triple. Nous parlerons de ces configurations plus loin.

Schéma d’une arrivée tardive du secteur chaud.

La situation ondulante: jeu (parfois) dangereux

Cette configuration, que l’on peut aussi définir comme une situation de front ondulant, apparaît lorsqu’un front vient onduler sur nos régions ou près de celles-ci. Seules quelques situations ondulantes ne donnent pas de chaleur avant les orages.

Il convient ici de (re)préciser ce qu’on entend par front ondulant. En météo, un front est dit ondulant lorsque celui-ci ne progresse pas vraiment, et semble stagner sur la région sur laquelle il se trouve. Puisque les mouvements des masses d’air sont lents de part et d’autre du front, il est difficile d’identifier quelles sections sont à caractère de front froid et quelles sections sont à caractère de front chaud. Dès lors, les cartes météorologiques tendent à les représenter comme une succession de petits fronts chauds et froids alignés.

Le front ondulant, d’où le nom de la situation, se présente en travers ou très près de la région concernée. Ce front se déplace en crabe, donc parallèlement à son orientation, de telle sorte qu’il ne progresse ni ne régresse pratiquement pas. Cependant, ce front peut être déstabilisé, avec la présence de plusieurs ondes dépressionnaires, voire de dépressions, dont la taille est relativement petite (de l’ordre de la centaine de kilomètres) et qui ne sont pas toujours représentées sur les cartes des fronts classiques. C’est pourquoi il faut souvent mener une analyse à « mésoéchelle » (=échelle moyenne), d’où le fait que l’on parle parfois de mésodépressions pour caractériser les petits noyaux de basse pression qui se promènent le long du front. On observe un vent au sol de sud à sud-ouest lorsque le front se trouve un peu au nord ou au nord-ouest de la région concernée. Lorsque le front se trouve au sud ou au sud-est, on observe un vent au sol d’est ou de nord-est.

Schéma représentant une situation ondulante « classique ».

Le front peut ainsi être « sage » dans un premier temps, apportant un ciel bouché et même de la pluie, avec une température qui ne s’élève pas, restant autour de 20-22°C. Cependant, une certaine lourdeur de l’air peut mettre la puce à l’oreille. En effet, un air chargé en humidité, même peu chaud, peut être un carburant très puissant pour l’alimentation des orages. Ceux-ci peuvent venir à la faveur d’une mésodépression ou encore d’une ligne de convergence des vents de surface, et peuvent être très violents.

Lorsque le front ondulant est orienté grosso modo ouest-est (voire sud-ouest – nord-est dans certains cas particuliers) en travers de nos régions et en défilant vers l’est, il s’accompagne d’autant plus d’humidité qu’il est passé sur la Manche avant d’atteindre nos régions. On peut ainsi parler de situation ondulante de Manche, ou encore de front ondulant de Manche. Par dessus, on trouve souvent une branche de Jet-stream particulièrement active, elle aussi orientée ouest-est ou sud-ouest – nord-est. La virulence de cette branche est responsable du danger que peut représenter une configuration pareille qui peut être à la base d’orages peu étendus mais extrêmement violents, comme ce fut le cas le 3 août 2008 avec la tornade de Hautmont, près de la frontière franco-belge.

Cette date est d’ailleurs prise en exemple pour décrire cette configuration. L’analyse au sol du 3 août à 20h00 (voir carte ci-dessous) montre donc un front qui ondule sur la Manche et le nord de la Belgique. Ce front a circulé en crabe sur nos régions toute la journée, donnant un ciel chargé avec peu d’éclaircies et une série de pluies régulières ou d’averses parfois déjà orageuses. Le vent a soufflé de sud-ouest tout au long de la journée. Côté températures, on note des maximales peu élevées (21,9°C à Charleroi, 22,7°C à Bierset, mais avec une ambiance assez lourde) et, par ailleurs, la température ne varie pas réellement tout au long de l’après-midi et de la soirée. Au niveau de la Manche justement, on distingue une petite ondulation, marquant une mesodépression. Pour autant, on ne peut pas réellement parler d’une situation de secteur chaud. L’ensemble est ici bien plus petit que la disposition que l’on peut trouver avec cette autre situation.

Cette petite ondulation va traverser nos régions en soirée. Ainsi, à 23h00, elle est centrée du côté de Quiévrain, alors que quelques kilomètres au sud-est, la tornade vient d’achever ses ravages à Hautmont et Maubeuge.

Ce que la carte ne montre pas, c’est que la langue d’air qui circule juste au sud du front, donc au niveau de Hautmont mais aussi de la Wallonie, est d’origine maritime tropicale. La chaleur est ici cachée par l’importante humidité de l’air, puisqu’une masse d’air très humide contient en quelque sorte plus d’énergie pour les orages qu’une masse d’air plus sèche à la même température. En ce 3 août 2008 donc, seule une certaine lourdeur de l’air aura éventuellement intrigué les observateurs attentifs.

Analyse de surface du 3 août 2008 à 20h00 (source: KNMI).

A noter que, la même année, le 10 juillet a vu se produire de forts orages très pluvieux dans la région de Charleroi notamment. Ces orages ont également été engendrés par une situation ondulante originaire de la Manche, à la fin d’une journée grise et légèrement pluvieuse, le tout sous des températures maximales peu estivales (21,1°C à Gosselies, 21,8°C à Bierset). 

La situation du front ondulant incliné: le comportement sournois des « pentes frontales »

Une première chose qui peut être dite dès ici est que ce genre de configuration de l’atmosphère est fréquent en Belgique et à la base d’un bon nombre d’épisodes orageux violents survenus depuis le début de ce siècle. A la base, on peut l’assimiler à une situation de front ondulant un peu particulière. En anglais, on parle de « tilted front » pour décrire cette situation, ce qui peut être traduit en français par « front incliné ».

En fait, il est ici nécessaire d’évoquer ce qu’on appelle la « pente frontale ». Le front que l’on dessine sur les cartes météos n’est jamais que la base de cette pente frontale, soit son contact avec le sol (la trace du front). Or, plus on s’élève, plus on a tendance à trouver cette limite entre froid et chaud en décalé de la trace. L’air chaud a tendance à se retrouver par dessus l’air froid. Dès lors, dans un front ondulant classique et lorsqu’on effectue une coupe, on se retrouve avec une situation semblable à ceci:

Coupe à travers un front ondulant « classique ».

Dans certains cas, et particulièrement lorsque le front ondulant stationne dans nos parages, la pente peut devenir très inclinée, pratiquement plate. Dans ces cas-là, on se retrouve avec une trace du front au sol qui peut être très éloignée de la position frontale en altitude. Chez nous, on a ainsi observé des décalages de plus de 200 km. Dès lors, la situation de front ondulant incliné ressemble à peu près à ceci:

Coupe à travers un front ondulant incliné.

 

14 juin 2003


Cet épisode remonte, mais illustre parfaitement toute la surprise que peuvent générer des orages ne s’annonçant pas par de la chaleur. Les jours précédents ont en effet connu un temps certes agréable pour une mi-juin, mais sans chaleur excessive. Ainsi, si on prend les maximales du 13 juin, on note 24,3°C à Charleroi, 24,9°C à Uccle ou 23,9°C à Bierset. Comme cela arrive souvent, la Lorraine belge connait des températures plus élevées.

L’analyse de la situation en surface du 14 juin 2003 à 8h00 locales montre un front ondulant qui, depuis la veille, stationne au sud de la Belgique. On remarque aussi la présence d’un faible mais vaste anticyclone au nord de nos régions. Cet anticyclone est important car il permet à l’air maritime de s’infiltrer dans les basses couches jusqu’au niveau du massif ardennais. De fait, pendant vingt-quatre heures, le vent s’est maintenu de nord-nord-est à est-nord-est dans la plupart des stations officielles au nord de l’Ardenne, à quelques hiatus temporels près. Enfin, autre chose et non des moindres, la présence d’un creux d’altitude (trait bleu gras) qui approche nos régions par l’ouest. Ce petit creux va servir de détonateur pour générer les orages du jour.

Analyse de surface du 14 juin 2003 à 8h00 locales (source: KNMI).

L’analyse de quelques sondages atmosphériques révèle des choses très intéressantes. Celui de Trappes, près de Paris, ne montre rien d’anormal, avec cependant la confirmation que toute l’épaisseur de la troposphère est conforme avec ce qu’on peut attendre dans une masse d’air tropical continentale; Trappes est en effet au sud du front. Celui d’Essen, dans le nord-ouest de l’Allemagne, montre les caractéristiques d’une masse d’air maritime, même si une petite influence de l’air chaud en altitude est noté vers 2100 mètres d’altitude. Essen est en effet au nord du front, et en altitude, son influence commence à se faire sentir.

Celui d’Idar-Oberstein (sud-ouest de l’Allemagne) montre par contre que l’arrivée progressive d’air doux donne un véritable mille-feuille, avec un premier maximum vers 700 mètres d’altitude: à 2h00, on note 17,2°C, et à 8h00, il y fait 18,2°C. A 8h00 toujours, on trouve un second maximum autour de 480 mètres (16,2°C) et troisième maximum vers 1700 mètres, avec 13,8°C, alors que l’air est légèrement plus frais en-dessous. A noter que cette valeur de 13,8°C est particulièrement élevée à une telle altitude, même en juin. C’est là que réside l’aspect de « chaleur cachée »: une température de 14°C à cette altitude, dans une atmosphère normale, trouverait un équivalent d’une trentaine de degrés au niveau du sol. Or, au niveau du sol justement, l’air est plus frais, autour de 13°C vers 8h00.

Compte tenu de la localisation de ces sondages et de leurs résultats, on peut penser que la structure de l’air au niveau de la Wallonie – concernée par les orages – est assez semblable à celle observée à Idar-Oberstein. On y trouve d’abord de l’air frais près du sol, avec un vent de nord-est à est, avec une température de 16-17°C. Quelques centaines de mètres plus haut, le vent tourne progressivement au sud, puis à l’ouest encore plus haut, et l’air garde la même température, voire s’élève légèrement, alors qu’elle devrait au contraire commencer à baisser. Relativement et en tenant compte de la décroissance qui devrait être observée, la température est donc plus élevée quelques centaines de mètres plus haut qu’au niveau du sol. Toutefois, cette configuration est loin d’être la plus prononcée.

Le système orageux qui concerne violemment nos régions ce matin-là a eu une durée de vie importante: plus d’une vingtaine d’heures! Cela lui permet de se déplacer de son lieu de naissance en Manche au nord de la Bretagne jusqu’au niveau de la Hongrie. Grosso modo, ce système orageux (MCS dans le jargon) s’est déplacé sur le nord du front ondulant, là où il a rencontré tout au long de son trajet des conditions semblables à celles observées en Belgique.

Accumulation de l’activité électrique le 14 juin 2003 (source: Wetterzentrale).

Au niveau de nos régions, ça donne à peu près ça. La résolution du radar est loin d’être optimale, mais on y décèle un semblant de ligne de plus fortes intensités courbée dans la partie avant de l’ensemble. Il se pourrait qu’il s’agisse d’un écho en arc, ou encore d’un LEWP (structure en vagues), des structures orageuses reconnues pour leur grand potentiel venteux.

Animation radar de la journée du 14 juin 2003 (source: KNMI).

 

8 juin 2014

Cette date présente sans doute la plus belle situation de front incliné de ces dernières années. Tout d’abord, un front ondulant se place sur le nord-ouest de nos régions, grosso modo parallèlement à la côte. Pourtant, ce qui saute aux yeux lorsque l’on regarde les relevés des stations officielles à l’intérieur des terres, c’est qu’on constate que le vent au sol s’est maintenu au nord ou au nord-est tout au long de la journée. Côté températures, on note des maximales autour de 26°C. C’est estival, mais pas non plus extrême. Sur la Lorraine belge, il fait cependant plus de 30°C, avec un vent de sud-ouest. En d’autres termes, il existe une pellicule d’air maritime près du sol qui se propage jusqu’au massif ardennais, surplombée par de l’air sec et relativement plus chaud. A la limite sud de la pellicule maritime, sur le massif ardennais donc, on trouve un pseudofront ondulant, avec un vent de nord-est au nord de cette limite, et un vent de sud-ouest au sud. Au-dessus de tout cela, le vent souffle de secteur sud-ouest en altitude. C’est à proximité de ce pseudofront que se développent de violents orages en soirée et en cours de nuit suivante. Ils défileront ainsi de Philippeville au sud de Liège via Ciney, donnant par endroits de fortes chutes de grêle. Voir le dossier sur ces orages: 7-10 juin 2014: un épisode orageux très inhabituel

Il est à noter qu’avec le refroidissement nocturne classique de l’air près du sol, front et pseudofront n’étaient plus identifiables au niveau du sol. Par contre, dès les premières centaines de mètres d’altitude, ces structures réapparaissaient très clairement.

Situation en surface le 8 juin 2014 à 20h00 (source: KNMI).

En résumé, la situation du front incliné se caractérise par une couche d’air relativement plus chaud en altitude (comprendre par là que l’air est bien plus chaud que ce qu’on devrait trouver à cette altitude), et une mince pellicule d’air maritime plus « frais » et humide près de sol, en général entre 0 et 1000 mètres d’altitude. En journée, la base de cette couche peut toutefois fortement se réchauffer. Ainsi, l’orage du Pukkelpop le 18 août 2011 a été engendré, entre autres, par une situation de front incliné avec une base de la pellicule d’air maritime fortement réchauffée. La nuit, cette base peut se refroidir, parfois assez fortement, compliquant encore plus la structure verticale de la troposphère, et pouvant rendre l’identification des structures très difficiles durant les heures nocturnes.

Le vent a également un comportement très particulier avec l’altitude. Près du sol, dans la pellicule d’air maritime, il souffle de nord-ouest, de nord, de nord-est ou d’est. Au-dessus, dans l’air chaud, il souffle de sud, de sud-ouest ou d’ouest. Ceci engendre des cisaillements de vent extrêmement importants qui ne font que renforcer les cellules orageuses. Ce schéma est valable si le front principal est un peu au nord ou au nord-ouest de nos régions. S’il est au sud, on retrouvera un vent au sol venant grosso modo de l’ouest.

Cette configuration est liée à la présence de pressions plus faibles sur le continent ouest-européen et de pressions plus anticycloniques sur la mer du Nord. Dans les cas les plus rodés, on a même un unique petit anticyclone de faible épaisseur, dit anticyclone thermique, sur la Mer du Nord et qui pousse l’air maritime sous l’air chaud, en direction de l’intérieur des terres.

Cette interface pellicule maritime – couche d’air chaud et sec par dessus est un facteur aggravant d’une situation orageuse. Il y a ici un phénomène d’inversion qui coince toute tentative de convection dans la basse couche humide. Le ciel reste donc assez clair tant que cette inversion tient, avec juste quelques petits cumulus ou altocumulus aplatis qui ne semblent rien annoncer de terrible. Toutefois, si la pellicule d’air maritime finit par chauffer fortement ou si un forçage comme un front, une dépression ou une ligne de convergence des vents se met en place, la force engendrée par les tentatives d’ascension de l’air de la pellicule maritime peut devenir telle que cette seule force finit par rompre l’inversion. Dès ce moment, l’air peut s’élever librement sur des kilomètres d’altitude au droit de cette rupture, engendrant d’énormes cumulonimbus très vigoureux, responsables d’orages tout aussi violents.

Dans l’ensemble, il semble que cette situation de front incliné se produise assez régulièrement en Belgique.

Schéma d’une situation de front ondulant incliné.

La situation de la pointe d’air chaud: quand la surprise est (quasi) totale

A noter que nous pourrions aussi parler d’orages d’onde dépressionnaire, de tête d’onde… Il n’y a pas réellement de terme tout trouvé, mais le concept de pointe d’air chaud nous semblait plutôt adéquat pour illustrer le plus clairement possible ce mécanisme. Signalons que la situation « de pointe » est plus rare que celle du front incliné, car le placement des différents éléments doit ici être d’une précision quasi chirurgicale. Cette situation est par ailleurs une des plus difficile à prévoir, mais a été à la base de quelques uns des plus violents épisodes orageux nous ayant concerné depuis le début de ce siècle.

 

20 juin 2002: un cas d’école


Cet épisode est très particulier car l’auteur de ce dossier l’a vécu et en garde un souvenir très vif. Alors enfant et presque angoissé par la violence et la durée de l’orage qui éclatait cette nuit-là, il en avait oublié par la suite le caractère sournois, la journée de la veille ayant été très quelconque météorologiquement parlant (température maximale de 22,6°C à Charleroi le 19). Par contre, une canicule avait opéré pendant quelques jours, jusqu’au 18. Cet épisode orageux reste pour l’auteur, encore aujourd’hui, l’un des plus violents qu’il ait vécu.

A noter que nous avions réalisé un article sur ces orages voici deux ans: 20 juin 2002: brasier électrique sur la Belgique

Il est donc intéressant de noter que le 18 juin, malgré une forte chaleur et l’arrivée d’un front froid, n’a vu que très peu d’orages se produire. Il faudra donc attendre 36 heures avant que ce soit le cas, mais à ce moment, la chaleur n’était plus là, ou tout du moins avait-elle été dissimulée à nos yeux…

L’analyse de surface ci-dessous est réalisée par l’IRM pour le 20 juin à 2h00. On y voit un front chaud et un front froid dessinant un large secteur chaud, avec une pointe alors située sur la région parisienne, mais se rapprochant rapidement de notre pays: d’ailleurs, le front chaud en travers du pays montre que l’invasion a déjà commencé à cette heure, en même temps que les premiers orages. La pointe se retrouvera peu après sur notre pays, marquant alors une dépression en cours de creusement, ce qui a probablement renforcé la dynamique atmosphérique. Il faut donc comprendre que le 19, nous étions dans de l’air maritime humide, et que nous sommes à nouveau retrouvé dans cet air dès la matinée du 20. Entre les deux, un passage bref et inaperçu de l’air tropical en altitude, à la base d’orages violents qui eux sont loin d’être passés incognito.

La carte ne le montre pas précisément, mais les masses sont un peu plus anticycloniques sur la Mer du Nord, ce qui engendre un faible vent de nord-est dans les basses couches au niveau de nos régions, permettant à l’air maritime d’entrer loin à l’intérieur des terres.

Analyse de surface le 20 juin 2002 à 2h00 (Source: IRM).

A nouveau, l’étude de quelques sondages atmosphériques nous montre l’ampleur de la machinerie. C’est le sondage d’Idar-Oberstein, dans l’ouest de l’Allemagne, qui est le plus parlant. Si on note une température assez classique dans les plus basses couches, c’est surtout la présence d’une température de 19,2°C à 886 hPa (1213 mètres) qui saute aux yeux. Une telle température à cette altitude en juin, c’est énorme. On devrait plutôt y trouver des températures de 12-13°C. En d’autres termes, on a une langue d’air relativement bien plus chaude que l’air en dessous, cette langue n’étant rien d’autre que la masse d’air pointue du secteur chaud en-dessous de laquelle se trouve Idar-Oberstein à cette heure. On notera, marquée par la ligne bleue, une décroissance très rapide de la température avec l’altitude, matérialisant une instabilité très forte dans les couches moyennes de la troposphère.

Températures relevées par le sondage de Idar-Obrestein de 2h00 le 20 juin 2002 (source: University of Wyoming).

De plus, cette langue d’air chaud n’est pas identifiable douze heures plus tôt. Vers 1200 mètres, on note une température autour de 16°C vers 14h00 le 19. En soi, c’est déjà assez élevé, mais moins que les 19°C qui seront mesurés douze heures plus tard.

Le sondage d’Essen, dans le nord-ouest de l’Allemagne, est effectué lui aussi à 2h00. Cette station est par ailleurs sur la trajectoire des orages qui l’atteindront dans quelques heures. La langue d’air chaud est moins prononcée, le secteur chaud atteignant seulement la région à ce moment-là. De plus, cette station voit passer la pointe plus tard, donc la limite entre air chaud et air froid. Et c’est un troisième sondage, celui de Herstmonceux (sud-est de l’Angleterre) qui permet de comprendre à quelle point cette zone de conflit est importante. Cette station reste pleinement dans l’air maritime à tous les étages, la langue d’air chaud ne l’atteignant pas. A 2h00 le 20 juin, il n’y fait que 7,2°C à 1200 mètres. Pour rappel, Idar, elle dans la langue d’air chaud, mesure au même moment 19,2°C à cette même altitude.

Il est intéressant de voir à quel point les stations officielles belges n’enregistrent absolument pas le passage de cette langue d’air relativement très chaud. Après avoir graduellement baissé en début de nuit, la température se stabilise autour de 16-17°C juste avant les orages et ce dans la plupart des stations. Le vent au sol souffle faiblement de nord-est, aidé par le faible anticyclone sur la Mer du Nord. Pendant ce temps, l’air chaud envahit nos régions plus haut, et servira de pompe à carburant aux cellules orageuses. A ce niveau et plus haut, le vent tourne au sud puis au sud-ouest, produisant des cisaillements de vent extrêmes, permettant aux cellules de se maintenir et de se renforcer. On a donc une superposition entre une pellicule d’air maritime près du sol et de l’air tropical continental juste au-dessus.

Et le résultat est explosif!

Animation radar du 20 juin 2002 (source: KNMI).

Au tout début de l’image radar ci-dessus, on voit un premier système quitter la Belgique par l’est en tangentant le Grand-Duché de Luxembourg. Ce premier système orageux vient de traverser tout le massif ardennais entre 22h00 et 1h00 en donnant environ 11 000 éclairs détectés par le système SAFIR de l’IRM.

Vers 2h00, on voit une deuxième zone orageuse entrer sur l’Entre-Sambre-et-Meuse et y exploser littéralement, se transformant rapidement en un énorme amas orageux qui concerne une grande part de la Belgique. Ce système ira jusqu’à donner plus de 200 éclairs par minutes, notamment entre Charleroi et Chimay. Par succession de cellules orageuses, il tiendra éveillé de nombreux habitants du centre du pays pendant plusieurs heures, s’achevant au petit matin. Les dégâts dus à la foudre sont particulièrement nombreux dans la région de Charleroi, et des inondations sont signalées en de nombreux endroits du territoire.

Et la suite de la journée se déroulera sous un temps grisonnant, avec peu d’éclaircies, quelques bruines et une température maximale de 18,3°C à Charleroi. A peine quatre de moins que la veille…

 

18 juin 2012: le cas « pedigree »


C’est sans doute le cas le plus « pur » de ces dernières années, et pour preuve, cet épisode a réussi à faire douter et surprendre votre serviteur sur sa survenue 🙂 (voir la petite histoire tout au début). Pour ce cas, nous nous basons sur l’analyse réalisée par Belgorage qui a, à l’époque, réalisé un excellent dossier sur ces orages.

L’analyse de surface du 18 juin à 6h00 TU (8h00 locales) montre une configuration classique de la pointe d’air chaud. Une onde dépressionnaire se trouve en plein sur notre pays, avec son secteur chaud très ouvert à l’est et délimité par le triangle front chaud – front froid. A noter que, pour en revenir à notre remarque terminologique du tout début de ce chapitre, on ne peut plus réellement parler d’une onde dépressionnaire, mais bien d’une dépression à part entière, celle-ci étant clairement marquée et identifiée par les champs de pression (le L sur la carte).

Pour terminer cette observation rigoureuse, on signalera que, dans le cas du 18 juin 2012, il n’y a pas eu d’intervention d’anticyclone en Mer du Nord pour pousser l’air maritime dans les terres. Cet air était de facto déjà présent sur nos régions le 17 juin, et s’y est maintenu jusqu’à l’arrivée de la dépression, celle-ci reprenant le rôle de l’anticyclone en maintenant le vent près du sol de nord-est à est sur la Belgique.

Situation en surface le 18 juin 2012 à 8h00.

La veille, le 17 juin, le temps est loin d’être franchement estival. Nous sommes à l’arrière d’un front froid qui a amené de l’air polaire maritime sur nos régions. C’est au long de ce même front, bien plus au sud, que commence à se créer l’onde dépressionnaire qui va amener les orages du lendemain matin. De fréquents passages nuageux sont observables entre quelques périodes de ciel bleu. Les températures maximales tournent autour d’une vingtaine de degrés (20,2°C à Gosselies, 20,0°C à Bierset, 17,2°C à Saint-Hubert…).

Une seule station officielle enregistre le chambardement thermique dont la Belgique est le siège au cours de la nuit suivante. Elsenborn a commencé à se rafraîchir assez fortement en début de nuit, de manière assez classique dans de l’air polaire maritime. A 5h00, on y observe une température de 7,4°C. A 8h00, il y fait 16,9°C, soit une élévation très rapide de la chaleur que le seul lever du jour ne peut expliquer. Il s’agit simplement de l’arrivée du secteur chaud que seule des stations élevées comme Elsenborn peuvent enregistrer. A noter que, pour être rigoureux, on ne peut pas réellement parler de situation de pointe à Elsenborn, mais plutôt d’arrivée tardive du secteur chaud.

Par contre, pour les stations du centre du pays, nous sommes bien en situation de pointe: le vent se maintient au nord-est ou à l’est jusqu’à l’arrivée des orages et la température ne remonte pas avant ceux-ci, se maintenant autour de 13-14°C. On peut donc une nouvelle fois se dire que l’air chaud du secteur chaud plane à quelques centaines de mètres au-dessus du centre de la Belgique, mais que l’épaisseur en-dessous reste dans une fine pellicule d’air maritime. Ceci est confirmé par les sondages atmosphériques des régions voisines qui montrent clairement l’existence d’une pointe d’air très doux à quelques centaines de mètres du sol, large à l’est de nos régions et se terminant sur la Belgique. Son extrémité s’enfonce contre de l’air franchement froid à la même altitude, donnant un contraste thermique particulièrement violent au-dessus de notre pays, mais du sol, nous n’en percevons absolument rien.

Le sondage d’Idar-Oberstein (ouest de l’Allemagne) est très clair à ce niveau, avec de l’air à plus de 20°C vers 900 mètres d’altitude, ce qui est franchement chaud pour cette altitude. Au sol, il ne fait que 12°C. Ce sondage est effectué vers 8h00. A cette heure-là, le système orageux achève de traverser la Belgique et gagne les Pays-Bas.

Sondage d’Idar-Oberstein à 8h00 le 18 juin 2012 (source: University of Wyoming).

Le système orageux qui a concerné la Belgique ce matin-là peut être qualifié de système orageux (MCS) avec écho en arc (bow echo). Il s’agit d’un grand ensemble orageux qui comporte, en son sein, une ligne orageuse très intense et arquée. Cette structure est connue pour son potentiel très venteux, et ce potentiel sera concrétisé ce 18 juin 2012. De nombreux dégâts dus au vent sont signalés, en plus de fortes précipitations et d’une d’activité électrique très soutenue. Le système mettra à peine un peu plus de deux heures à traverser le pays, entre 6 et 8h00.

L’imposant MCS sur la Belgique vers 7h15 le 18 juin 2012. L’echo en arc est très visible sur son flanc est et gagne alors la province de Liège (source: Infoclimat).

Quelques heures plus tard, la Belgique retrouve à nouveau son air maritime polaire, avec un temps mitigé et des maximales inférieures à 20°C dans bon nombre de stations officielles.

 

19 juillet 2015: la version avec un peu de chaleur avant


Les orages que l’on a observé la nuit du 18 au 19 juillet 2015 n’ont pas été très violents. Il manquait un peu de dynamisme en plus pour rendre l’offensive réellement intense. Toutefois, de forts orages ont concerné une petite partie de la province de Luxembourg cette nuit-là, le tout accompagné de pluies non-orageuses parfois abondantes.

Un peu à l’instar de la situation du 20 juin 2002, le passage d’un front froid la nuit du 17 au 18 juin a mis fin à une période de fortes chaleurs. Cependant, ce front est passé en silence, ne s’accompagnant que de quelques nuages. Seules les températures chutent à son passage. Le 18, nous sommes ainsi dans de l’air maritime, mais qui se dénature près du sol en raison d’un assez bon ensoleillement. Les maximales tournent ainsi autour des 25°C. C’est relativement chaud, mais pas extrême non plus.

Cet exemple du 19 juillet 2015 est justement choisi pour montrer que la situation de pointe peut quand même présenter de l’air assez chaud à son avant. Cependant, dans le secteur chaud, l’air est réellement caniculaire, avec des maximales de plus de 30°C enregistrées en France notamment le 18. La nuit suivante donc, la pointe d’air chaud atteint le sud-est de la Belgique, avec une petite dépression en son sein. A la vue de la carte ci-dessous, on pourrait penser de prime abord à une situation de point triple (voir plus loin). Toutefois, le fait que le noyau dépressionnaire soit situé à la pointe du secteur chaud et que le vent soit resté de nord à est pendant plusieurs heures avant les orages dans la plupart des stations officielles permet de cerner que nous sommes bien en présence d’une situation de pointe d’air chaud.

On notera que l’anticyclone de Mer du Nord est plutôt situé sur l’Allemagne, mais son association avec la petite dépression alors sur la France favorise l’établissement d’un flux de nord à nord-est dans les basses couches dès le début de soirée.

Situation en surface le 19 juillet 2015 à 2h00. La pointe d’air chaud se trouve encore près de Paris à cette heure (source: KNMI).

Le sondage de Trappes, près de Paris, montre le passage de l’air chaud à plusieurs centaines de mètres du sol, même si ce passage n’est qu’assez peu prononcé. Ce phénomène s’entrevoit aussi à Essen (nord-ouest de l’Allemagne), avec une remontée de quelques degrés en cours de nuit vers 1000 et 1500 mètres d’altitude.

Les orages qui concernent nos régions cette nuit-là sont donc peu étendus, mais ça ne les empêche pas d’être très électriques par endroits, notamment en province du Luxembourg en fin de nuit. 

Impacts relevés au cours de la nuit du 18 au 19 juillet 2015 (source: Lightningmaps).

A titre d’information, cette situation s’est aussi observée le 25 juin 2008.

Donc, dans la situation de la pointe d’air chaud, on retrouve l’extrémité d’un secteur chaud sur nos régions, marqué par une dépression plus ou moins importante. Dans les basses couches, l’air reste « frais », avec un vent au sol soufflant de nord-ouest, de nord, de nord-est ou d’est. Vers 1-2 km, l’air est plus chaud au-dessus et sur la droite de la dépression, avec un vent de sud, de sud-ouest ou d’ouest. Sur la gauche de la dépression, l’air est froid à ces mêmes 1-2 km. Nous avons donc un important contraste de températures en altitude, dont on ne perçoit rien au sol. La chaleur est donc absente des basses couches, étant rejetée un peu plus haut dans la troposphère, et se résumant grosso modo à une langue coincée entre le front chaud et le front froid.

On notera que, dans ce genre de situation, les orages les plus violents tendent à se placer un peu au devant de la tête d’onde/de la dépression naissante. Cela donne alors parfois l’impression qu’ils sont engendrés par le front chaud, alors que ce n’est pas réellement le cas. Il s’agit juste de l’endroit où l’air chaud afflue vers les orages et là où les cisaillements de vent sont les mieux organisés. De même, cette zone juste derrière le front chaud et à proximité de la dépression est souvent le siège de diffluences en altitude, ce qui entraîne un appel d’air depuis les basses altitudes pouvant entretenir la convection, même si le système voyage dans un environnement de moins en moins instable avec l’avancée de la nuit. Ceci explique pourquoi les grands systèmes orageux bien portants ont tendance à nous concerner la nuit ou en matinée.

Schéma d’une situation de pointe d’air chaud.

Schéma d’un situation de pointe d’air chaud avec front occlus.

L’advection chaude d’Allemagne: un cas particulier

Cette situation requiert un placement des fronts très particulier. Ils sont liés au positionnement d’une dépression sur l’ouest de l’Allemagne ou le Luxembourg, avec un anticyclone loin au nord de nos régions. Cette situation amène de l’air continental chaud à s’engouffrer, en triangle, à travers de l’air maritime bien humide et plus frais. Ainsi, les orages se développent à la pointe de cette arrivée d’air chaud, et avancent en général d’est en ouest ou du nord-est au sud-ouest, de telle sorte que l’observateur voit arriver des orages alors que l’air est loin d’être chaud. Cet air chaud se trouve en réalité derrière. Cette situation peut présenter les caractéristiques d’une situation d’arrivée tardive du secteur chaud, de front ondulant incliné, de pointe d’air chaud ou plusieurs d’entre elles à la fois.

1er juin 2016

Les conditions atmosphériques qui ont été observées ce jour-là sont très particulières. L’auteur de cet article, parti observer les orages avec un membre de Belgorage, l’a particulièrement bien expérimenté. Postée du côté de Landen, notre petite équipe baignait dans un air humide, complètement couvert et de surcroît brumeux, avec une température de 15°C et un vent d’ouest. Là où cela devient très inhabituel, c’est que les orages descendaient progressivement de la Campine, et ne se trouvaient qu’à une dizaine de kilomètres au nord. De ces orages, on ne pouvait entendre que le tonnerre, alors que la brume nous empêchait de voir quoique ce soit en-dehors d’une zone un peu plus sombre au nord. L’équipe percevait alors le côté quelque peu sensationnel de cette situation. Pour mieux la comprendre, il est d’abord utile de regarder aux analyses de surface.

Situation en surface le 1er juin 2016 à 14h00 (source: KNMI)

Un front chaud s’est enfoncé depuis le nord vers la Wallonie, et est responsable du temps couvert que nous connaissons, accompagné de bruines ou de faibles pluies. Pourtant, même après son passage tel que représenté sur la carte, l’air reste très frais et le vent continue à souffler d’ouest. En réalité, la pente de ce front chaud est peu prononcée, presque plate. Elle n’atteint le sol qu’au niveau de la frontière avec les Pays-Bas, de telle sorte que la Flandre et le nord de la Wallonie baignent dans une mince couche d’air maritime très frais, surplombée par de l’air chaud. Le sondage de Beauvechain réalisé à ce moment le montre à merveille, avec de l’air à 14°C au sol, surplombé par de l’air à presque 17°C 500 mètres plus haut. Cela n’a pas l’air très important dans l’absolu, mais en relatif, trouver de l’air à 17°C à cette altitude devrait avoir comme correspondance de l’air à 19-20°C au sol. De plus, le vent d’ouest au sol tourne rapidement au nord quelques centaines de mètres plus haut, puis à l’est à partir de 5 km d’altitude. Ceci donne des cisaillements particulièrement prononcés qui peuvent maintenir, voire renforcer les orages.

Ces orages ont été plutôt mesurés, sauf en début de soirée où certains d’entre eux ont été particulièrement électriques sur l’est de la Campine.

Le point triple

Il s’agit d’une situation d’arrivée tardive du secteur chaud poussée à l’extrême. La région qui connait cette configuration ne voit absolument rien de l’air chaud qui alimente les orages, celui-ci ne faisant que tangenter cette région. Elle se retrouve ainsi à la jonction entre le front chaud, le front froid et le front occlus, avec le centre dépressionnaire passant un peu au nord, au nord-ouest ou à l’ouest. Contrairement à la situation de pointe, le vent reste orienté au sud, au sud-ouest ou à l’ouest avant les orages. Pour autant, cette configuration peut être particulièrement propice aux orages parfois violents car elle accumule l’air chaud arrivant du secteur chaud et une convergence des vents de surface au droit du point triple.

Schéma d’une situation de point triple.

…et des situations hybrides

Dans certains cas, l’identification d’une situation claire peut devenir très compliquée, plusieurs schémas se succédant au cours d’un même épisode orageux. C’est notamment ce qui s’est passé la nuit du 22 au 23 août 2011, qui est reprise ici comme exemple.

Un premier front froid traverse nos régions la nuit du 21 au 22, mettant fin à un épisode de chaleur. Pourtant, peu d’orages se sont manifestés à son passage. Une situation de déjà vu…

Rapidement cependant, le front rebrousse chemin, et retraverse la Belgique en direction du nord, sous la forme d’un front chaud cette fois. Une nouvelle dépression se forme ainsi dans le sud-ouest de la France. Pour la Belgique, nous pourrions penser à une situation de secteur chaud classique. Pour autant, deux éléments nous montrent que ce n’est pas le cas:

  • Premièrement, les températures maximales qui sont observées l’après-midi du 22 août ne sont pas celles que nous devrions retrouver dans de l’air maritime tropical. On note ainsi 21,6°C à Gosselies, avec un temps nébuleux et même quelques faibles pluies par moments. Même chose à Bierset, avec 21,1°C. Même sur le sud-est du pays, qui profite de davantage de soleil, les températures ne sont pas très élevées (25,8°C à Saint-Hubert).
  • Deuxièmement, nous aurions du avoir un vent de sud-est au sol. Or, c’est un vent de nord à nord-est qui s’établit dans la plupart des stations officielles. 

Ainsi, on semble avoir une pellicule d’air maritime dans les basses couches, et de l’air plus chaud par dessus. Cette situation est clairement identifiée à Essen (ouest de l’Allemagne) vers 2h00 du matin, avec une invasion d’air chaud à quelques centaines de mètres au-dessus du sol, et sur environ un kilomètre d’épaisseur. On retrouve ainsi une température de 17°C à 1500 mètres, ce qui est très chaud à cette altitude. Il y faisait plus frais douze heures plus tôt, lors du précédent sondage. Le conflit est également très violent à cette altitude. En effet, au-dessus du sud-est de l’Angleterre, il ne fait que 9°C à 1500 mètres. Mais de ce conflit, l’observateur n’en perçoit rien depuis le sol.

Ces différents éléments permettent clairement d’identifier une situation de front incliné au-dessus de la Belgique dans l’après-midi du 22 et en début de nuit du 22 au 23.

Situation en surface le 23 août 2011 à 2h00 (source: KNMI).

Pour autant, l’analyse de 2h00 le 23 août permet de montrer que la dépression s’est mise en route vers nos régions, en refermant progressivement le secteur chaud. Sa pointe passera par ailleurs assez loin à l’ouest de nos régions. Pour autant, cet air chaud n’est toujours pas visible en basses couches, où le vent reste de nord à est selon les régions. Nous sommes donc en présence d’une situation devenue hybride, mêlant les caractéristiques d’une situation de pointe, de front incliné et de secteur chaud.

A noter que cette situation finira d’ailleurs par évoluer en secteur chaud classique avant le passage du front froid vers midi le 23, avec une rotation des vents au sud-ouest en début de matinée, accompagnée d’une remontée rapide des températures.

En attendant, cette nuit-là, ce ne sont pas moins de cinq systèmes orageux (MCS) qui concerneront notre pays éveillé, parfois pendant une grande partie de la nuit. Ces orages seront par endroits violents, notamment au sud de Charleroi où des inondations seront observées.

Image radar de 23h00 le 22 août 2011. Le premeir MCS atteint le Hainaut et Namur. D’autres suivront en cours de nuit (source: Meteoservices).

Nous avons déjà réalisé un article décrivant l’année orageuse 2011, avec un long passage sur cet épisode des 22 et 23 août: 2011, une année orageuse explosive

A noter qu’une situation également hybride a été observée quelques jours plus tôt, le 18 août. Ce jour-là, le Pukkelpop s’était retrouvé sur la trajectoire des orages, avec des conséquences bien plus dramatiques.

Parmi les autres situations hybrides, citons celle du 29 mai 2008 qui a donné lieu aux orages diluviens qui ont inondé Liège, plus particulièrement Tilff, Ougrée et le Sart-Tilman.

Synthèse 

Comment différencier ces situations?

  • Pour la pointe et le front incliné, le vent au sol se maintient entre le nord-ouest et l’est-nord-est jusqu’à l’arrivée des orages. Il n’y a pas de remontée des températures à l’arrivée du front chaud (dans le cas où l’un de ceux-ci traverse le pays). L’air chaud envahit nos régions au-dessus de la pellicule d’air frais qui campe dans les premières centaines de mètres au-dessus du sol (ou l’air frais pelliculaire envahit nos régions par le nord ou le nord-est et passe sous la langue d’air chaud). Pour la situation d’arrivée tardive du secteur chaud, on note, à la station, une remontée des températures (ou tout du moins, une rupture dans la chute nocturne habituelle), avec une rotation des vents au sud ou au sud-ouest. 
  • Bien que ce ne soit pas un gage de différenciation absolue, une situation de front incliné ou de pointe d’air chaud présente un front stationnaire ou une tête d’onde en travers de notre pays. Mais il convient ici de rappeler la difficulté de définir le tracé des fronts dans ces situations où la pente de contact entre les masses d’air est très peu inclinée.
  • Il existe un continuum entre ces situations. Ainsi, il arrive régulièrement que le centre de la Belgique connaisse une situation de front incliné ou de pointe d’air chaud, alors que le sud-est connaît une arrivée tardive du secteur chaud plus classique (exemple du 18 juin 2012). 
  • La distinction entre situation de front incliné et situation de pointe peut ne pas être très claire. Pour le premier cas, il faut garder à l’esprit que le front qui nous concerne doit être parfaitement stationnaire et libre de toute dépression à la base d’une frontogenèse. Dit autrement, on ne doit pas pouvoir identifier un secteur chaud, donc la formation d’un triangle par le front chaud et le front froid. Si c’est le cas, c’est une situation de pointe. De plus, on peut observer, au cours d’une même période orageuse, une évolution de la situation de front incliné vers la situation de pointe. Ce fut notamment le cas des 22 et 23 août 2011.
  • Une autre manière de tenter une distinction entre la situation de pointe et la situation d’arrivée tardive du secteur chaud est la position de la dépression par rapport aux fronts, notamment lorsque l’occlusion est formée. Si la dépression passant sur nos régions reste près de la tête du secteur chaud, là où front froid, front chaud et front occlus se rejoignent, on sera dans une situation de pointe. Si cette dépression se trouve au centre de l’enroulement de l’occlusion et passe ainsi à l’ouest ou au nord de nos régions, on sera plutôt dans une situation d’arrivée tardive du secteur chaud, même si la pointe de ce secteur chaud passe sur nos régions. Cette différence est liée aux vents en surface. Dans le second cas, on aura plutôt des vents de sud ou de sud-ouest en lien avec la dépression passant à l’ouest. Nous ne sommes plus à ce moment-là dans une situation de pointe (ou de front incliné) qui doit voir se maintenir des vents de nord à est. Toutefois, et même si nous n’avons pas d’exemple en tête, il doit exister une situation intermédiaire assez difficile à classer et hybride.
  • Une autre hypothèse serait que les situations de pointe engendreraient plus facilement de grands systèmes orageux multicellulaires (amas orageux comme le 20 juin 2002, MCS avec arc en écho comme le 18 juin 2012). Les situations de front incliné seraient aptes à générer aussi bien des MCS que des orages isolés très violents, de type supercellulaire. Toutefois, cette répartition est une supposition, et il serait nécessaire de passer davantage d’épisodes en revue pour confirmer ou infirmer cette hypothèse. 

Entre « front incliné », « pointes » et « hybrides », des déterminants communs

  • Comme évoqué dans un premier temps, le premier dénominateur commun est le maintien d’un fine pellicule d’air plus « frais » dans les basses couches de l’atmosphère, avec un vent faible soufflant de nord, de nord-est ou d’est.
  • Le rôle de « l’anticyclone thermique de Mer du Nord ». Ce petit anticyclone, parfois à peine discernable, est un anticyclone de basse couche, peu épais et d’une dimension de quelques dizaines à quelques centaines de kilomètres. Il se forme au contact des eaux fraîches de la Mer du Nord, à quelques distances des côtes belges ou hollandaises. C’est en partie grâce à lui que s’établit la fine pellicule fraîche évoquée au point précédent, ce petit anticyclone poussant en effet les vents maritimes de nord à nord-est à l’intérieur des terres, jusqu’au massif ardennais dans le meilleur des cas. A noter que, dans certains cas, ce petit anticyclone thermique peut être remplacé par un « vrai » anticyclone ou encore une crête ou un col anticyclonique qui se trouve un peu par hasard sur la Mer du Nord. Toutefois, les effets sont pratiquement similaires, avec à nouveau de l’air maritime rentrant dans les basses couches par flux de nord, de nord-est ou d’est. L’absence d’un tel anticyclone peut être compensée par des pressions plus basses sur le continent ouest-européen, qui ont pour effet d’attirer vers elles l’air maritime de mer du Nord dans les basses couches.
  • Comme vu à travers la revue des différentes situations, la « fraîcheur » des basses couches est parfois toute relative. La base de cette pellicule d’air maritime peut être bien réchauffée l’après-midi par l’ensoleillement. Une température au sol s’élevant jusqu’à 26 ou 27°C n’est pas impossible, surtout en situation de front incliné. Peut-on encore parler de fraîcheur? La réponse semble non. Les situations de pointe et de front incliné ne sont donc pas forcément génératrices de fraîcheur avant de forts orages de sud-ouest, mais il semble que cette dernière évolution « fraîcheur puis orages venant du sud-ouest » soit engendrée en grande partie par ces situations de pointe et de front incliné.
  • Plus haut, un flux de sud à sud-ouest, plus rarement d’ouest, dicté par la présence de dépressions bien actives à l’ouest ou au nord-ouest de nos régions, sur le proche Atlantique, et d’une crête anticyclonique d’altitude sur l’Europe centrale. Ce flux d’altitude est en général assez rapide.
  • Il est à noter que, la nuit, le refroidissement classique de l’air près du sol peut renforcer le phénomène de dissimulation de la chaleur. Il se forme ainsi une couche de quelques dizaines de mètres à partir du sol où l’air peut-être frais et complètement calme. Cette pellicule peut être difficile à déloger, même en cas d’arrivée du secteur chaud d’une situation de pointe. On voit alors la température augmenter à 200 ou 300 mètres d’altitude alors que sous l’inversion nocturne, la température de la pellicule d’air près du sol ne varie que très peu.

…mais la dissimulation de la chaleur est plus efficace en cas de situation de pointe

D’après la revue des nombreux épisodes orageux que nous avons investigué, il semble que les situations de pointe d’air chaud soient bien plus propices à cacher réellement la chaleur aux individus que la situation de front incliné. En effet, la pointe d’air chaud étant au fond du secteur chaud d’une dépression (donc dans le triangle formé entre le front chaud et le front froid), son avant et son après sont composés d’air maritime, parfois à tendance polaire, donc bien frais. Toutefois, si le flux en surface est mou et que l’air maritime a tendance à stagner, ce dernier peut avoir tendance à se réchauffer près du sol, affichant une température de 24 à 25°C en milieu d’après-midi. On dit que cet air se dénature. C’est ce qui s’est notamment passé le 24 juin 2008, avant l’épisode orageux prenant place la nuit suivante.

C’est dans le cas des épisodes les mieux rodés, quand la pointe passe en plein sur nous, que la dissimulation de la chaleur est superbement bien exécutée. En fait, la chaleur est bien là, mais à plusieurs centaines de mètres d’altitude. Il faut cependant comprendra cela à travers le relativisme de la décroissance normale de la température en fonction de l’altitude. Il faut savoir que, grosso modo, pour avoir 30°C au niveau du sol, on compte sur une température de 15°C vers 1500 mètres. Dès lors, avoir à cette altitude des températures de 16, 17 voire 18°C à cette altitude alors que c’est aussi la température observée au niveau du sol, c’est tout simplement dire qu’il fait frais au sol, mais caniculaire en altitude. Le quidam ne perçoit rien de la chaleur, pourtant elle est bien là, à plusieurs centaines de mètres au-dessus de sa tête.

Par contre, la situation de front incliné est moins propice à bien dissimuler la chaleur en basse couche. En effet, et même si le flux de surface se maintient au nord ou au nord-est, l’ensoleillement peut finir, comme on l’a vu, par en échauffer suffisamment la base pour qu’elle atteigne des températures suffisamment estivales dans les premiers mètres du sol (jusqu’à 27, voire localement 28°C). C’est ce qu’il s’est passé le 8 juin 2014: malgré le maintien du flux de nord-est, la pellicule d’air maritime humide a finalement gagné une température de 26 à 27°C. Idem lors de l’orage du Pukkelpop. Toutefois, l’air restait encore plus chaud à quelques centaines de mètres d’altitude, de sorte que la situation de front incliné restait assez bien identifiable.

Conclusion

Enfin, nous terminerons par ce point: ces situations de pointe et de front incliné doivent sans doute exister ailleurs que chez nous, mais la géographie même de nos régions rend ces mécanismes si « performants »: la Mer du Nord est garante du réservoir de fraîcheur maritime qui peut, avec un flux bien placé ou l’anticyclone thermique de mer du Nord, se vider sur nos régions, renvoyant l’air chaud de sud-ouest plus en altitude. Toutefois, à l’échelle de l’Europe occidentale, nous pressentons que ce genre de mécanisme peut se mettre en place sur une bande de 200 à 300 km de large courant de l’ouest de la France au nord-ouest de l’Allemagne, via les Pays-Bas et la Belgique, avec un maximum d’efficacité entre les Hauts-de-France et le nord des Pays-Bas. Ceci expliquerait, en partie, pourquoi ces régions sont particulièrement soumises aux violents orages étendus de sud-ouest.

Coup de chaleur de la mi-septembre 2016

Le milieu du mois a donc connu une chaleur d’une ampleur exceptionnelle, sinon inédite par endroits. Des records de températures pour une deuxième décade de septembre sont tombés en de nombreuses stations. Cet article fait un rapide point sur ces derniers jours très chauds pour la saison.
 
12 septembre
 
Première journée avec des températures maximales remarquables, même si ces dernières sont rares à franchir la barre des 30°C. On note ainsi:
 
31,4°C à Koersel
30,4°C à Kruishoutem (record pour une deuxième décade de septembre)
30,2°C à Kleine-Brogel et à Aubange
30,0°C à Angleur et à Hastière
27,6°C à Elsenborn (record pour une deuxième décade de septembre).
 
13 septembre
 
La nuit du 12 au 13 a été extraordinairement douce, avec des niveaux qui ne s’observent que rarement, même en plein milieu de l’été. On note deux records de températures minimales pour une deuxième décade de septembre (mesures depuis 33 ans):
 
20,4°C à Bierset
18,8°C à Florennes
 
Avec de telles minimales, il n’est pas difficile d’imaginer que les thermomètres flambent la journée sous un ciel peu nuageux à serein, établissant de nombreux records de maximales pour une deuxième décade de septembre. On note ainsi:
 
33,8°C à Kleine-Brogel
33,1°C à Koksijde (ampleur inédite pour la côte à cette période de l’année)
32,8°C à Angleur
32,2°C à Zaventem
31,6°C à Uccle, Ernage et Gosselies
31,5°C à Bierset
31,4°C à Buzenol
31,2°C à Aubange.
 
14 septembre
 

A nouveau, la nuit du 13 au 14 est extrêmement douce. Ainsi, le thermomètre ne descend pas en-dessous de 21,8°C à Bierset, ce qui en fait la nuit de septembre la plus douce depuis 1949! Avec 19,7°C, Spa établit un nouveau record de température minimale élevée pour un mois de septembre.Sur le centre de la Belgique, on assiste à la formation d’une énorme inversion de température, avec la présence d’une couche d’air chaud à pratiquement 28°C à 300 mètres d’altitude, alors que le minimum à 2 mètres du sol y est de 18,4°C.

L’après-midi du 14 septembre est un peu moins chaude que la veille. On relève ainsi, comme températures maximales:

32,2°C à Kleine-Brogel
31,1°C à Bierset
30,7°C à Ernage
30,5°C à Buzenol
30,2°C à Gosselies
30,0°C à Uccle.

15 septembre

Ce jour met fin au coup de chaleur. Une ligne de convergence traverse rapidement le pays en cours de journée, amenant de l’air maritime derrière elle. Seule la Campine connait encore des températures élevées, avec encore 29,3°C à Kleine-Brogel avant que la convergence ne passe. Il s’en suit un front froid qui progresse en soirée sur la Wallonie. A son avant, de forts orages se déclenchent et balaie la Campine.

Quelles sont les causes?
 
Plusieurs jours avant le début de ce coup de chaleur, Info Meteo avait expliqué son mécanisme. Une dépression plongeant sur le golfe de Gascogne entraînait une torsion du Jet-stream et du flux, l’orientant du sud au nord sur l’Europe occidentale. De plus, une chaleur accablante régnait depuis plusieurs semaines sur la péninsule ibérique et le Maghreb, en ayant donné par ailleurs des températures de 45°C dans le sud de l’Espagne, inédites en Europe pour un mois de septembre. Ainsi, la dépression et le flux associé ont littéralement purgé ce réservoir de chaleur, entraînant cette dernière vers la France puis vers la Belgique.
 
Ceci a de plus été à la base d’un violent conflit de masses d’air, générateurs de violents orages sur l’ouest de la France et d’une dépression à caractère subtropical dans le golfe de Gascogne.
 
Explication du coup de chaleur donnée par Info Meteo le samedi 10 septembre (source du fond de carte: Meteociel).
 
 

Juillet 2006: le mois où l’omega fit fondre la Belgique

L’été 2003 – et surtout son mois d’août – avait atteint un tel degré d’exceptionnel que l’on n’envisageait pas que cela puisse se reproduire de si tôt. Et pourtant, trois ans plus tard, juillet 2006 décroche le titre du mois estival le plus fou que l’on ait pu voir durant ces dernières décennies. Ces trois décades verront la mise en place et surtout la répétition de placement d’un anticyclone subtropical sur l’Europe, sous une forme connue sous le nom de « blocage Omega » dans le jargon météorologique.
 

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Quand une tempête de neige mexicaine provoque une vague de douceur états-unienne …

Depuis plusieurs mois, les flux méridionaux semblent particulièrement exacerbés dans tout l’Hémisphère Nord. Nous avons pu déjà le voir aux Etats-Unis, mais aussi en Europe Occidentale, dans les Balkans européens, et aussi en Asie Centrale. Une nouvelle fois, l’amplification du courant Jet à partir du Pacifique a créé une situation globale que l’on peut qualifier d’exceptionnelle, et qui a largement perturbé la météo et la société depuis le Mexique vers le Nord-Est des Etats-unis.

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Chaleur hivernale en Asie Centrale : impacts sur l’enneigement et perspectives estivales

Dans la continuité de l’année 2015 record, des nombreux records battus en Europe du Sud-Est et ailleurs, et de la banquise minimale record enregistrée en janvier, plusieurs pays d’Asie Centrale ont eux aussi battu leur record mensuel durant le deuxième mois de l’année 2016. Nous replacerons ces records dans le contexte général avec une analyse de la situation à l’échelle continentale, de la situation de l’enneigement eurasiatique en cette fin d’hiver, et son possible impact sur l’été boréal.

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Flux méridionaux et records

En cette mi-février, le comportement du courant Jet a une fois de plus montré que celui-ci a des conséquences profondes sur la répartition des températures aux latitudes moyennes et méditerranéennes. En effet, suite à l’amplification de ses ondes, certaines zones se sont retrouvées dans une masse d’air particulièrement chaude pour la saison, alors que d’autres ont connu des températures fort basses.

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Canicule du début juillet 2015

Il est arrivé fréquemment, depuis le début des années 2000, que le début du mois de juillet soit assez maussade. Par deux fois par contre, il fut très chaud: en 2003 et en 2006. Ces deux années furent marquées par de sévères épisodes de chaleur. C’est également le cas cette année… Il est bien sûr trop tôt pour savoir si d’autres vagues de chaleur vont survenir durant cet été 2015, mais il semble néanmoins que le mois de juillet montre des signaux de nouvelles périodes de temps chaud. En attendant, voici un compte rendu de la canicule de ce début juillet.
 
Une vague de chaleur officielle
 
Tout d’abord, l’épisode que nous avons connu est bien une vague de chaleur officielle. L’IRM définit une vague de chaleur comme une période de cinq jours consécutifs où la température maximale est au moins égale à 25°C. Parmi ces cinq jours, trois d’entre eux doivent présenter des températures maximales au moins égales à 30°C. Ces conditions ont été atteintes le vendredi 3 juillet, deux jours avant la fin de l’épisode.
 
Une situation atmosphérique typique des grandes canicules: le blocage Omega
 
Blocage Omega… Ce terme est loin de faire partie du vocabulaire de la météo basique, et pourtant il est sans équivoque lorsque l’on s’intéresse aux géopotentiels. Pour rappel, le géopotentiel est l’altitude à laquelle une pression donnée est atteinte. En météo, la hauteur des 500 hPa est très importante et donc fréquemment utilisée. La carte ci-dessous datant du 2 juillet à 2h00 représente l’évolution de cette hauteur en fonction du lieu où l’on se trouve.
 
 
Plus l’altitude de la pression 500 hPa est haute, plus les conditions sont anticycloniques, et inversement pour les dépressions. Sur la carte ci-dessus, les couleurs jaune et orange témoignent de hauts géopotentiels, donc anticycloniques, et les couleurs vert et bleu indiquent de bas géopotentiels dépressionnaires. Nous observons donc des dépressions sur l’océan Atlantique, et une grande crête anticyclonique depuis l’Algérie jusqu’en mer du Nord via la Belgique. Sur l’est de l’Europe, on retrouve des pressions relativement moins élevées, que l’on peut assimiler à une dépression. Si nous nous référons aux contrastes de couleurs (limite serrée entre le vert-jaune et l’orange), nous voyons se dessiner une grande vague ayant ses bases juste à l’ouest du Portugal et au niveau de la Grèce, et son sommet sur la Norvège. Cette forme ressemble à un Omega. Nous avons là un anticyclone en Omega, rempli d’air chaud et très robuste, qui bloque les perturbations de l’Atlantique, d’où le terme de blocage Omega.
 
La carte ci-dessous présente les températures observées à 850 hPa, soit environ 1600 mètres. Nous constatons effectivement la présence d’une langue d’air très chaud sur la Belgique, autour de 20-21°C. Si, au niveau du sol, de telles températures ne sont pas impressionnantes, il en va autrement à cette altitude de 1600 mètres où rencontrer de telles valeurs est assez rare. De plus, la règle veut qu’au début de l’été et par temps ensoleillé, la différence entre la température à 850 hPa et celle au sol soit d’environ 17°C, soit un potentiel pour une température de 38°C au sol!
 
 
Mardi 30 juin
 
Ce jour marque le début de la vague de chaleur. Les températures sont cependant modérées, et n’atteigne les 30°C que dans quelques régions du pays: en Campine (30,0 à Kleine-Brogel), au sud de la province de Namur (30,6°C à Dourbes) et à Gand (30,2°C).
 
Mercredi 1er juillet
 
Cette journée est la première réellement caniculaire, avec des valeurs remarquables. Pratiquement toutes les stations du réseau officiel dépassent les 30°C – seul le Mont-Rigi y échappe de peu avec 29,4°C – et certains postes franchissent la barre des 35°C en Flandre et dans le Nord-Pas-de-Calais. On relève ainsi 36,1°C à Gand, 35,5°C à Kleine-Brogel, 35,2°C à Koksijde, 35,1°C à Lille-Lesquin, 34,9°C à Bierset et à Uccle, 34,5°C à Beauvechain, 34,4°C à Dourbes et 34,0°C à Gosselies. Plus au sud, Paris frôle les 40°C avec 39,7°C relevés à l’observatoire de Montsouris.
 
Jeudi 2 juillet
 
D’un point de vue synoptique, cette journée est intéressante à plus d’un titre. Voici ci-dessous l’analyse de surface de 14h00.
 
 
Nous voyons une petite ligne de convergence glisser sur la Belgique (gros trait rouge). A l’ouest de celle-ci, le vent est d’ouest à nord-ouest, tandis qu’à l’est, le vent continue de souffler du sud-est. Ces différences de direction de vent vont être responsables de grandes disparités de température. En effet, le vent d’ouest, rafraîchi par les eaux marines, s’engouffre sur la Belgique derrière la ligne de convergence, empêchant le thermomètre d’exploser. Par contre, l’est de la Belgique reste à l’écart de cet air plus frais, et vit une après-midi torride et invivable avec des températures partout supérieures à 35°C sauf en Ardenne. On relève 38,1°C à Kleine-Brogel, 37,5°C à Bierset, 35,4°C à Buzenol et 35,0°C à Charleville-Mézières, avant que l’air plus frais n’arrive aussi sur ces régions à la suite de la ligne de la convergence.
 
Plus à l’ouest, les températures sont également chaudes, mais moins extrêmes, avec 32,4°C à Florennes, 30,3°C à Uccle et 31,5°C à Ernage. Plus à l’ouest encore, l’influence du vent marin se fait encore davantage sentir avec « seulement » 25,8°C à Ostende. Il existe ainsi une différence de près de 13°C entre la côte et la Campine!
 
A noter que la nuit précédente, la chaleur n’était descendue que très lentement, de telle sorte que le minimum de Bierset ne s’établit qu’à 24,7°C, à un dixième de degré du record pour cette station.
 
En soirée, quelques orages très locaux se développent du côté de Aywaille ainsi que dans le nord du Limbourg.
 
Vendredi 3 juillet
 
A la faveur des restes de l’air marin apporté la veille, la journée est moins chaude dans l’est de la Belgique. Ailleurs, les conditions sont assez similaires, et c’est la Lorraine belge et le département des Ardennes qui délivrent les plus hautes valeurs. On relève 34,5°C à Charleville-Mézières, 33,7°C à Buzenol, 32,9°C à Kleine-Brogel, 32,0°C à Bierset, 31,8°C à Chièvres, 31,7°C à Uccle et 30,9°C à Gosselies. 
 
Samedi 4 juillet
 
La nuit du 3 au 4 juillet tombe sur un record, celui de la température minimale la plus haute jamais enregistrée à Uccle depuis le début des mesures en 1833: le thermomètre n’y est pas descendu en-dessous de 24,5°C, soit une valeur conforme (voire légèrement supérieure) aux normes de saison des températures… maximales! Le précédent record datait du 18 juin 2002 avec 23,9°C.
 
La journée en elle-même est à nouveau très chaude avec 32,0°C à Chièvres, 34,2°C à Dourbes, 32,1°C à Dourbes, 34,4°C à Buzenol, 34,5°C à Bierset et 36,2°C à Kleine-Brogel. Ces valeurs sont atteintes alors que de nombreux nuages et quelques averses furent observés ce jour, empêchant le thermomètre de grimper davantage et de pulvériser le record de température maximale absolue en Belgique. Cette même journée sans nuages aurait vu les températures maximales avoisiner les 40°C…
 
Dimanche 5 juillet
 
Pour ce dernier jour de la vague de chaleur, le ciel est très nuageux et le temps est orageux. Les températures maximales s’établissent autour de 28-30°C pour les plus hautes valeurs. En fin d’après-midi, de violents orages éclatent sur la province de Liège, déversant des grêlons jusqu’à 6 cm de diamètre dans les régions de Battice et de Verviers. De nombreux dégâts sont signalés dans cette partie du pays.
 
Conclusion
 
Il s’agit d’une vague de chaleur marquante à plusieurs titres. Le premier est que des températures de 36-38°C sont rares dans nos contrées. Le second est l’incroyable potentiel thermique de ces journées: si la nébulosité n’avait pas été présente, empêchant l’explosion du mercure, les températures auraient pu écraser le record de la plus haute température et atteindre le seuil des 40°C, du jamais vu chez nous. Enfin, le dernier réside dans le nouveau record établi pour les températures minimales les plus hautes à Uccle, à 24,5°C.
 
 

2014, année des records, et 2015 est encore à venir….

La nouvelle a été commenté dans les divers journaux, l’année 2014 est officiellement l’année la plus chaude qu’il soit à la surface du globe. Cependant, il ne s’agit pas du seul seul record cette année. L’Europe a également connu une année extraordinairement chaude, marquée par la succession de violents épisodes pluvieux. En Californie et au Brésil, la sécheresse a durement frappé. Tout ces événements traduisent l’évolution rapide de notre climat, et menacent de plus en plus la stabilité de notre civilisation. Ici, nous ramasserons tout les records qui sont tombés, afin de vous présenter une vue synthétique de l’année météorologique 2014.

Anomalies des températures en surface par rapport à la normale du 20ème siècle. Crédit image, Goddard Institute for Space Study, National Aeronautic and Space Administration : GISSTEMP NASA

Records

En Belgique

Nous commencerons par notre pays, la Belgique. Cette année, la température moyenne a atteint un nouveau record depuis 1833. En effet, de Janvier à Décembre, la température a atteint 11.9°C à Uccle, siège de l’IRM. Le précédent record de 11.6°C établi en 2011 est aisément battu. Pour donner une idée du caractère exceptionnelle de cette valeur ; il s’agit là de la température annuelle habituellement enregistré dans la région de Poitiers à Cognac, quelques 600 kilomètres plus au Sud-Ouest.

Température moyenne annuelle à Uccle. Sources des données : Institut Royal de Météorologie

Avant 2011, les autres années particulièrement chaudes furent 2007 avec 11.5°C, 2006 avec 11.4°C et 1989 avec 11.3°C.

Il convient cependant de relativiser quelque peu ce record. En effet, une année civile s’étend de Janvier à Décembre. Pourtant, une quelconque période de 12 mois peut aussi être considéré comme une « année ». Ainsi, en prenant une autre période de 12 mois, de Juillet 2006 à Juin 2007, la température moyenne a atteint 13.0°C… Pour trouver de telles valeurs, il faut habituellement descendre jusqu’à Pau, dans le pays basque français. De ce point de vue, la période qui s’étend de Décembre 2013 à Novembre 2014 a atteint une température moyenne de 12.1°C, et représente donc la deuxième période la plus chaude de l’histoire d’Uccle. Ce graphique illustre ainsi la température moyenne sur 12 mois quelconque à Uccle depuis le début des mesures.

 

 

Température moyenne sur 12 mois à Uccle, à comparer au graphique précédent. Sources des données : Institut Royal de Météorologie

Cette année aura surtout été remarquable par l’absence quasi complète de froid. Dans certaines stations météorologiques de Belgique il n’aura tout simplement jamais gelé entre Mars 2013 et Décembre 2014. De plus l’Hiver (saison qui va de Décembre 2013 à Février 2014) se sera distingué par le fait qu’il aura été le moins froid depuis 1833, n’étant cependant que le 2ème plus doux derrière l’Hiver 2006-2007.

Aux Pays-Bas

À la station de référence du KNMI, à savoir De Bilt, des mesures sont effectués depuis 1706. Là aussi la température a explosé le plafond, atteignant la valeur de 11.7°C, soit un bon 0.5°C au dessus du précédent record de 11.2°C établi en 2007.

Température moyenne annuel à De Bilt, Pays-Bas. Source de données : Koninklijk Nederlands Meteorologisch Instituut

Cependant, nous pouvons faire la même remarque qu’en Belgique. Sur une période quelconque de 12 mois, les anomalies élevées enregistrées entre 2006 et 2007 gardent la première position.

Température moyenne sur 12 mois à De Bilt, Pays-Bas. Source de données : Koninklijk Nederlands Meteorologisch Instituut

Les Pays-Bas ont aussi connu un « non Hiver », certaines stations n’enregistrant aucun jour de gel durant la saison froide 2013-2014.

 

En Angleterre

Chez nos voisins britanniques, la température de l’année fut là aussi la plus douce qui soit. Chez eux les mesures commencent en 1659. C’est donc l’année la plus chaude depuis au moins 350 ans qu’ils viennent de connaître…

Température moyenne annuel Angleterre, série de référence « HadCET ». Source des données : Hadley Center du MetOffice

Le précédent record de 10.8°C établi en 2006 est battu d’une courte marge par l’année 2014, qui enregistre une température moyenne de 10.9°C.

Au Danemark 

Si le Danemark a lui aussi connu une année chaude, chez eux le caractère exceptionnel de 2014 est vraiment… exceptionnel. La température moyenne aura atteint la valeur de 10.0°C, ce qui pulvérise le record de 2007 avec une marge de 0.5°C, une marge conséquente s’il en est. L’anomalie de température est de 2.3°C par rapport à la normale 1961-1990. Un tel niveau de température serait plus commun aux Pays-Bas ou en Belgique. De plus, chez eux aussi le nombre de jours de gel fut particulièrement faible, avec en moyenne nationale 30.9 jours de gel. Le graphique de température n’a pas encore été mis à jour sur le site du DMI, en voici donc un aperçu avec la valeur de 2014 :

Température moyenne annuelle. Crédit Image : Danmarks Meteorologiske Institut

En Slovaquie

 

Tempértaure moyenne annuelle en Slovaquie. Crédit Image : Slovenský hydrometeorologický ústav

Pour la première fois de son histoire, la température moyenne en Slovaquie a atteint 10°C. Les anomalies dans ce pays sont extraordinaires. Certaines stations battent leur précédent record de température moyenne annuel avec une marge de 1°C, un écart énorme pour une année entière.

http://www.shmu.sk/sk/?page=2049&id=583

En Russie

Il faut aller aussi loin à l’Est que peut l’être la Russie pour trouver des températures qui ne soient pas à un niveau record. Le pays a ainsi connu sa sixième année la plus chaude, a égalité avec 2013. Le record chez eux reste à l’année 2007.

http://www.meteorf.ru/press/news/8727/

En Europe

Après ce rapide tour de différents pays européen (nous aurions pu continuer la liste…), il apparait clair que le continent a connu en 2014 une douceur exceptionnelle. Pour synthétiser, nous pouvons regarder la température moyenne à l’échelle du continent. L’année 2014 fut là aussi remarquablement chaude. À nouveau, l’ancien record remonte à la période chaude entre 2006 et 2007. Ainsi, la température moyenne pour le continent européen a atteint la valeur de 10.5°C de Janvier à Décembre 2014. Le précédent record établi en 2007 est battu avec une marge appréciable de 0.3°C.

Les anomalies positives sont généralisées à l’ensemble du continent :

Anomalie de la température moyenne annuelle pour l’Europe par rapport à la normale 81-10. Source des données : wiki de l’ECAD

Des recherches ont permis d’établir une reconstruction des températures en Europe depuis 500 ans, depuis 1500 de notre ère. Il en ressort que le continent européen n’a pas connu de telles températures sur cette période. Il s’agit donc de l’année la plus chaude depuis au moins 500 ans ; et possiblement même depuis 2000 ans d’après certaines estimations.

Un autre record notable est celui de l’humidité. Si nous prenons la région qui s’étend du proche Atlantique à l’Europe de l’Est, il est évident que 2014 a atteint un record en terme d’humidité. Il n’a pas fait seulement chaud, il a fait aussi humide.

Humidité spécifique annuelle à 925 hPa (environ 750 mètres), de 60°W à 20°E et de 35°N à 60°N, par année. Source des données : Réanalyse du NCEP/NCAR

Cette anomalie d’humidité a alimenté tout au long de l’année sécheresse et inondations sur le continent. En effet, si l’air est plus chaud, il évapore l’eau plus rapidement (penser à votre linge séchant au Soleil en Été…). L’air contient donc plus d’humidité. Mais dans l’autre sens, cette surcharge d’humidité donnera des pluies plus abondantes quand elle précipitera. L’humidité peut se mesurer de deux façons. Soit elle est mesurée en tant que masse de vapeur d’eau contenu par kilogramme d’air sec (représentation choisi ici). Soit elle est mesurée par le point de rosée, c’est-à-dire la température à laquelle la vapeur d’eau condense et devient liquide. Les deux méthodes sont équivalentes. Cependant, il est important ici de voir une logique assez simple. L’Océan est le principal pourvoyeur de vapeur d’eau à l’atmosphère. Plus la température de l’Océan est élevée, plus le point de rosée peut être élevée. Ce record d’humidité pour notre coin est donc à mettre en lien avec un Océan global très chaud, point que nous détaillons ci-après.

Pour le globe

L’année aura aussi été la plus chaude qui soit pour la planète. Habituellement, sur la planète, les records s’établissent dans un contexte El Niño. Nous avions parler ici même d’El Niño, et de ses conséquences :

http://infometeobelgique.blogspot.be/2014/04/et-le-climat-se-detraqua-en-2015.html

Pour une rapide explication, El Niño est un réchauffement périodique de la surface de l’Océan Pacifique équatorial. Un événement El Niño commence généralement en Été-Automne, et se finit au Printemps-Été de l’année suivante. Les années El Niño provoquent une hausse temporaire des températures globales, qui se superpose à la tendance au réchauffement. Les années El Niño sont donc généralement des années particulièrement agité du point de vue du climat.
Cette année, comme nous l’annoncions, un événement El Niño a commencé à se mettre en place. Il est cependant resté particulièrement faible, certains considérant que l’événement ne qualifiant d’ailleurs pas comme un El Niño (de la subtilité des définitions…). Le Pacifique est en tout cas dans une phase chaude.

Multivariate ENSO Index (MEI). Crédit Image : Earth System Reasearch Laboratory

Ce graphique présente l’évolution du MEI, un indice permettant de quantifier un événement chaud (El Niño) ou froid (La Niña). On voit que l’événement de 2014/2015 ne paye pas de mine en effet… Une carte des anomalies de températures de l’Océan en 2014 permet d’avoir une approche plus visuelle.

Anomalies des températures de surface de l’Océan le 03 Juillet 2014. Crédit Image : Office of Satellite and Production Operations

L’anomalie le long du Pacifique équatorial, pointée par la flèche blanche, correspond au développement de l’événement El Niño.

Classiquement donc, un événement El Niño s’accompagne d’anomalies positives au niveau planétaire. Cette année, malgré un événement El Niño franchement faiblard, les températures ont réussi le tour de force d’établir un nouveau record. Et de dépasser la valeur des années 2005 et 2010, portée par un El Niño autrement plus important.

Température moyenne annuelle à la surface du globe. Source des données : NASA et NCDC

Le dernier point au dessus de tous les autres à la fin du graphique est bien sûr 2014. Les anomalies du NCDC sont légèrement plus élevées que les anomalies de la NASA, mais cela n’a aucune signification particulière. Les deux séries sont remarquablement alignées, et la tendance à l’accélération du réchauffement est nette. Le florilège des 11 années les plus chaudes est le suivant :

NOAA NASA
Année T NCDC Année T GISS
2014 0.69 2014 0.68
2010 0.65 2010 0.66
2005 0.65 2005 0.65
1998 0.63 2007 0.62
2003 0.62 1998 0.61
2013 0.62 2013 0.60
2002 0.61 2002 0.60
2009 0.60 2009 0.59
2006 0.59 2006 0.59
2007 0.59 2003 0.59
2012 0.57 2012 0.57

Les deux mesures sont très proches, la seule différence notable venant de la position de l’année 2003 et 2007 dans la série. Exception faite de l’année 1998, toutes les années dans ce tableau sont au 21ème siècle. Notons aussi les fortes chaleurs persistantes au niveau global depuis 2010. L’année 2010 a établi un nouveau record, 2012 est aussi une année très chaude, 2013 ne passe pas loin du record, puis 2014 établit un nouveau record. Et il est vraisemblable que 2015 soit encore dans le haut du tableau.

Pour reprendre sur le sujet de l’Océan global, il est à noter qu’il fut particulièrement chaud. Le record de température en 2014 a été en large partie porté par un record des températures de la surface de la mer.

Moyenne annuelle de la température de surface de la mer (SST). Source des données : National Climate Data Center

En conséquence de quoi l’humidité spécifique a atteint de très fortes valeurs en 2014. Elle se place en troisième place, juste devant la valeur atteinte en 2013 et laissant à quelques distances les pics de 1998 et 2010. Ces deux dernières années furent des années avec un El Niño marqué, ce qui justifie les très fortes anomalies du contenu en vapeur d’eau de l’atmosphère.

Humidité spécifique annuelle à 925 hPa (environ 750 mètres) pour le globe par année. Source des données : Réanalyse du NCEP/NCAR

 

Conséquences

Contrairement aux apparences, l’année 2014 ne fut pas sans conséquences tangibles, y compris pour le citoyen belge, et ce même si nous n’en avons pas toujours eu l’impression.

Sécheresse en Californie

Comme nous l’annoncions sur ce blog il y a un an maintenant :

http://infometeobelgique.blogspot.be/2014/01/de-la-californie-lalaska-un-climat.html

La Californie a été durement touché par la sécheresse. Les précipitations à San Francisco ont été lourdement déficitaires. Ce graphique du National Weather Service de la NOAA montre les températures et les précipitations dans la ville:

 


Petit détail technique, les états-uniens compte en °F et en inches de pluie. Pour la conversion, 1 inch représente 25 mm environ de pluie (une journée bien pluvieuse d’Hiver, en général un mois belge typique accumule 60 à 80 mm de pluie). Cependant, la particularité de cette sécheresse n’est pas le faible niveau des précipitations ; mais bien la chaleur exceptionnelle. En effet, les fortes températures provoquent une plus forte évaporation, et donc un asséchement plus marqué. Si le déficit de précipitations est remarquable, il n’est pas record. C’est bien le caractère absolument exceptionnel des températures en 2014 en Californie qui a fait la différence.

 

Température moyenne annuelle en Californie. Sources des données : National Climate Data Center


Une récente étude a ainsi montré que la Californie a connu sa pire sécheresse depuis 1500 ans, autant à cause du manque de précipitations qu’à cause des températures excessives.

D’après les estimations des assureurs, la sécheresse a pu coûté jusqu’à 4 milliards de dollars. Cependant, dans le cas d’une sécheresse, les impacts sont très difficiles à évaluer, ceux-ci étant généralement très diffus. Entre autre conséquence, le prix de la viande a grimpé au niveau global. La sécheresse persistante dans l’Ouest des USA a provoqué une contraction sans précédent des cheptels du pays.

 

Sécheresse au Brésil

Le Sud-Est du Brésil, la région de São Paulo, fut aussi sévèrement touché par la sécheresse en 2014, et continue d’être durement affecté. Les causes de cette sécheresse ne sont pas seulement le changement climatique. La déforestation de l’Amazonie a aussi contribué à assécher les masses d’airs. La forêt équatoriale recycle l’eau en permanence sur le continent, et contribue ainsi par une rétroaction positive aux fortes précipitations coutumières au Brésil. Cependant, l’Amazonie a déjà perdu environ 15% de sa superficie, et une superficie de 15 – 20% est déjà fragmentée et profondément altérée. Le manque de précipitations est ainsi probablement lié à la perte de la couverture forestière. Pour illustrer, les précipitations à São Carlos en 2014 :

Cependant, le réchauffement climatique aggrave la situation en augmentant l’évaporation. Ainsi, tout comme en Californie, non seulement il n’a pas plu, mais il a fait également particulièrement chaud. 

http://sao-paulo.estadao.com.br/noticias/geral,combinacao-de-seca-e-calor-extremo-agrava-crise-do-cantareira,1620492

La combinaison de ces deux éléments a été explosif.

http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=84564


Cette sécheresse a fortement réduit les exportations d’Arabica du pays, provoquant une hausse des prix mondial du café. De même, la région est une terre d’élevage. Le cheptel du pays a donc particulièrement souffert. Combiné à la sécheresse en Californie, ces deux facteurs ont contribué à alimenter de fortes tensions sur les prix de la viande au niveau mondial. Les marchés restent plutôt séparés, l’Europe a été moins affectée, mais le fut malgré tout par la hausse des cours mondiaux.

Tempête Ela du 8 au 10 Juin 2014

Entre le 8 et le 10 Juin 2014, plusieurs pays européens -France, Belgique, Allemagne- furent sévèrement étrillés par une vague orageuse. Cette catastrophe naturelle a l’honneur d’être sans doute la catastrophe plus coûteuse pour les assurances en 2014. Les chiffres varient un peu d’un réassureur à l’autre, mais restent similaires. Les trois catastrophes naturelles les plus couteuses pour les assurances sont donc la tempête Ela du 8 au 10 Juin 2014, un épisode orageux du 18 au 23 Mai aux USA, et une tempête hivernale au Japon du 7 au 16 Février. Ces trois épisodes ont causé des dégâts pour une valeur de 4 milliards, 4 milliards, et 5 à 6 milliards de dollars respectivement environ. De cette somme environ 3 milliards de dollars étaient couverts par l’assurance pour chaque événement. Si le tarif de votre assurance habitation a augmenté depuis l’année dernière, vous savez maintenant pourquoi…

Notons que ce ne sont pas les événements les plus dommageables de 2014. Le cyclone Hudhud en Inde a coûté entre 7 et 11 milliards de dollars selon les estimations, mais seulement 600 à 700 millions de dollars étaient couverts par l’assurance.

Conséquences sanitaires en Europe…

L’Europe a connu une année particulièrement douce et humide comme nous l’avons vu. Ces conditions climatiques ont été favorables à un nouveau venu, le moustique tigre. Cet insecte est originaire de l’Asie du Sud-Est. Avec la mondialisation et l’accélération des échanges, il a trouvé l’opportunité de voyager. Il s’est implanté dans les années 1990 en Italie, en 2005 en Catalogne, entre 2007 et 2010 en France. C’est ainsi que ce moustique a pu être aperçu à Anvers, une première fois en 2000 ; puis à nouveau en Juillet 2013 et Novembre 2013 :

http://reflexions.ulg.ac.be/cms/c_358639/fr/le-moustique-tigre-arrive-en-belgique

http://www.moustique.be/actu-societe/295185/les-invasions-barbares

Nous ne parlons évidement pas de changement climatique à ce niveau. Le moustique-tigre a saisi l’opportunité de voyager dans des vieux pneus usagés pour visiter les ports du monde. Cependant, il est sensible aux températures froides, et en particulier au gel. La hausse des températures en Europe a donc permis au moustique de s’implanter durablement et de devenir actif. Il n’est ainsi plus un simple voyageur croisé occasionnellement, mais un insecte endémique. C’est ainsi qu’à l’Automne 2014, les premiers cas autochtones de Chikungunya se sont déclarés à Montpellier, dans le Sud-Est français.

http://www.lemonde.fr/sante/article/2014/10/21/quatre-cas-autochtones-de-chikungunya-a-montpellier_4509891_1651302.html

Au total, onze cas furent recensés. Les températures atteintes en 2014 ne sont pas encore la nouvelle norme, et des hivers froids surviendront encore dans les années à venir. Pour autant, cette année a montré la possibilité que des maladies comme la dengue ou le chikungunya deviennent endémique dans le Sud-Est européen d’ici quelques dizaines d’années.

Un autre enjeu sanitaire a aussi commencé à émerger, le caractère létal d’une forte humidité.  L’être humain supporte assez bien des températures sèches de 45°C ou 50°C. Dans le Sahara, des gens vivent dans de telles conditions. Par contre, une humidité élevée peut rapidement devenir dangereuse, voire mortelle. Quelque soit la tenue vestimentaire, un point de rosée de 35°C conduit rapidement à la mort. Pour l’instant, une humidité aussi forte n’a pas encore été atteinte à la surface de la Terre. Pour autant, avec le réchauffement des Océans, ce seuil pourrait finir par être atteint, rendant inhabitable des régions entières.
L’Europe est encore assez loin de cette extrémité. Cependant, ces grandes vacances, il était courant d’entendre dire que l’été était frais et pourri. La réalité est cependant plus nuancée et moins joyeuse. Le fait est que l’Europe de l’Ouest a connu un été chaud et humide qui est un premier pas vers ces climats si humides qu’ils en sont invivables. Ainsi, les températures de Juillet furent particulièrement élevées, et l’impression de temps frais et pourri fut donné par la fréquence des pluies intenses et le manque de Soleil. Pour remettre en perspective, il faut savoir qu’en certains points de l’Amazonie par exemple il pleut un jour sur deux et le Soleil est encore moins présent qu’en Belgique. Pourtant il ne viendrait à personne l’idée de dire qu’en Amazonie, le temps est frais et pourri. Sans dire que la Belgique en Juillet, c’était l’Amazonie, il convient donc quand même de relativiser un peu.
L’Europe n’est donc pas encore arrivé au point où le climat devient invivable disions-nous, mais nous avons en Juillet en 2014 un petit « test ». L’Europe Occidentale, entre le 16 et le 19 Juillet, a ainsi connu une situation très particulière. Les températures furent remarquablement élevées sans être exceptionnelles ni caniculaire ; mais elles se combinèrent à une très forte humidité. Cette vague de chaleur humide est probablement sans précédent pour la région. L’épisode fut heureusement bref, et nous avons évité une catastrophe sanitaire de même ampleur qu’en 2003. Pourtant, les chiffres de la mortalité pour la France par exemple, montre que la chaleur humide de ce mois de Juillet 2014 est sans doute mal passée.

Mortalité en pour mille en Juillet en France. Source des données : Institut national de la statistique et des études économiques

Les chiffres sont évidement dominés par les progrès de la médecine, qui font reculer la mortalité. Cependant, les chiffres pour 2014 sont au même niveau qu’en Juillet 2010 par exemple, autre mois caniculaire. Sur les 11 dernières années, Juillet 2014 se place ainsi en 4ème position en terme de mortalité en France, derrière les mois de Juillet 2006, 2013, 2010, tous les trois caniculaires et exceptionnellement chaud en leur temps. Qualifier l’été 2014 de pourri, frais, et tout ce qu’on veut ; alors que les gens sont morts de chaud ; est donc malvenu.

La forêt de Soignes

Il n’y a pas que la population humaine qui souffre des températures anormalement élevées. La forêt de Soignes par exemple est aussi de plus en plus fragilisé par le changement climatique. Là encore, le problème est certes multifactoriel, mais le changement climatique rajoute un poids supplémentaire à l’évidence. La forêt de Soignes étant majoritairement composé de hêtres, le manque de diversité des espèces est un facteur de vulnérabilité majeure. Cependant, la hausse des températures a aussi un impact négatif. Il faut savoir que le hêtre ne se développe que dans des climats ou la température moyenne annuelle est comprise entre 5°C et 12°C. Les niveaux de températures atteint entre 2006 et 2007 et en 2014 représente donc la borne haute de ce que peuvent supporter les hêtres. Ainsi, la forêt de Soignes est de plus en plus mal en point. Environ deux tiers des arbres présentent déjà des signes de dépérissement plus ou moins avancés :

http://www.lalibre.be/actu/planete/le-climat-change-la-foret-de-soignes-aussi-52dfbf6d3570ba3e183ff169

De même, la flore a été particulièrement stressée cette année par le manque de froid. L’hiver 2013-2014 remarquablement doux a empêché les arbres d’entrer correctement en dormance. En conséquence, la végétation a été très précoce. Cette absence de froid a même eu des impacts. Certains arbres fruitiers ont mal bourgeonné par exemple, ce qui a eu un impact négatif sur certaines cultures.

http://www.feef.org/Portals/0/La%20Presse%20parle%20de%20nous/2014-0514-FLD.pdf

Inondations dans les Balkans

L’excès de vapeur d’eau atmosphérique dû à un excès d’évaporation, a du se condenser sur certaines régions. En Europe, les Balkans ont particulièrement été touchés par ces pluies diluviennes. Au mois de Mai, la Serbie et la Bosnie ont été frappées par les pires inondations de leur histoire. Les dégâts ont eu un coût qui s’élève à environ 6% du PIB de la Bosnie, et environ 2.5% du PIB de la Serbie. Nous rêvons d’une croissance à 2 ou 3% en rythme annuel, alors imaginons un instant une récession de 5% en rythme annuel… L’Europe a dépensé environ 60 millions d’euros pour venir en aide à la Serbie.

http://reliefweb.int/report/serbia/economic-cost-floods-serbia-and-bosnia

La catastrophe a mobilisé une réponse internationale bien sûr.

http://www.rs.one.un.org/organizations//UN%20Floods-FINAL%2010.pdf

Pourtant, il aurait coûté moins cher de s’inquiéter du réchauffement climatique, avant la catastrophe…

Conclusions

L’année 2014 est une anomalie positive dans un contexte de réchauffement climatique. Comme nous l’avons dit, l’année 2014 ne représente donc pas une nouvelle situation qui soit définitive. Pour autant, elle ouvre des perspectives sur ce qui pourrait être la norme d’ici 20 ou 30 ans seulement. Et le portrait brossé par cette année 2014 est inquiétant. Les experts ne sont guère prompts à souligner le caractère extrême et dommageable de certains événements. Il est en effet plus facile pour notre esprit de se mobiliser sur des événements ponctuels et qui marque une rupture franche, comme en ce début Janvier. Pourtant, si 12 personnes sont mortes à Charlie Hebdo, en France il y a eu environ 800 morts de « trop » en Juillet, 86 personnes sont mortes dans les inondations de Mai en Europe, etc… Et à chaque fois la menace, la charge symbolique, est tout aussi importante. Les risques liés au changement climatique ne feront que grandir avec le temps.

L’incroyable avril 2007: chaleur, sécheresse et orages estivaux

Alors que l’Europe Occidentale sort d’un automne 2006 surchauffé et d’un hiver complètement détraqué, voici qu’arrive le printemps. Celui-ci ne manque pas de s’installer dans la continuité des mois précédents: avril 2007 est le mois d’avril le plus chaud jamais enregistré. Il est aussi le plus sec et le plus ensoleillé. Il est et restera sans doute pour un moment le mois le plus extraordinaire que notre pays ait connu récemment.

15 avril 2007
Avril 2007 a des airs de juillet. Les magnolias en fleur rappellent cependant la réalité: c’est le printemps… mais quel printemps! (Source : R. Vilmos)


Une météo anticyclonique

La cause de l’établissement de ces records est à chercher en altitude. Les analyses effectuées à 500 hPa, soit environ 5500 mètres d’altitude, montrent tout au long du mois plusieurs advections chaudes sous la forme de dorsales anticycloniques se succédant au-dessus de l’Europe Occidentale. Celles-ci ont maintenu à distance toutes les perturbations actives qui tentaient de s’approcher. Le ciel est donc resté la plupart du temps bien dégagé et la répétition des courants continentaux a achevé la mise en place d’une situation exceptionnelle. Elle l’est d’autant plus que les dorsales ont été générées depuis la ceinture subtropicale d’anticyclones qui, à cette époque de l’année, est censée se trouver bien plus bas en latitude. Une telle situation en été aurait mené à une canicule et une sécheresse sans doute extrêmes et historiques.

Le mois avait pourtant commencé relativement normalement : températures maximales légèrement inférieures à 20°C dans des courants continentaux pas encore trop chauds. La semaine suivante voit se succéder un flux polaire, puis à nouveau un flux continental mais cette fois froid et enfin un flux maritime. Ces régimes entraînent une diminution des températures, mais il ne pleut pas. Certaines nuits, des gelées sont encore observées localement.

Un copier-coller à faire pour la plupart des jours de ce mois complètement fou. Ici Laeken le 21 avril (Source : A. Dufour sur Météo Belgique).

A partir du 10, le temps change. Un anticyclone de surface s’installe sur la Scandinavie et envoie de l’air continental chaud vers l’Europe Occidentale. Celle-ci connait alors un temps magnifique, ensoleillé et surtout chaud. Le 15 avril, Uccle relève 28,7°C, tandis que les 30°C sont atteint à Kleine-Brogel. Pour cette station, c’est le jour de canicule le plus précoce depuis que les observations y sont menées. A Neder-Over-Heembeek, la température maximale du jour s’établit à 30,1°C. Le 16 avril, le mercure atteint 30,7°C à Kleine-Brogel, constituant un record.

Du 16 au 20, une petite incursion d’air polaire entraîne une diminution des températures, surtout la nuit, avant que de l’air continental à teinte tropicale ne gagne à nouveau l’ouest de l’Europe. Les 25 et 26 avril, des températures supérieures à 27°C sont observées en de nombreux endroits. Il en sera de même le 28. Ce jour-là, le temps devient suffisamment instable pour déclencher une dégradation orageuse tout ce qu’il y a de plus estival. Les orages intenses en avril sont plutôt rares et pourtant, tout y est : vent, pluie, grêle et surtout importante activité électrique.

Coup de foudre sur Montigny-le-Tilleul au cours du spectaculaire orage du 28 avril 2007 (Source : Info Météo).

L’orage qui a alors frappé le sud-ouest de la province de Namur et le Hainaut en fin d’après-midi a tout fait à l’envers : il s’est déplacé de l’est-sud-est à l’ouest-nord-ouest en s’attardant au passage sur le sud de la région de Charleroi, y engendrant des inondations. Un cumul de 41 mm de pluie a été observé en une heure à Montigny-le-Tilleul, dont une trentaine tombés en moins de 40 minutes.

Eclair internuageux au-dessus de Montigny-le-Tilleul au cours du spectaculaire orage du 28 avril 2007 (Source : Info Météo).
 
La carte ci-dessous montre la situation le 28 avril à 20h00, environ deux heures et demi après le paroxysme de l’orage. Une ligne de convergence (ligne rouge en épi) stationne à la frontière franco-belge. Elle sépare deux zones où les vents ont des orientations différentes: origine sud-est sur la France et origine nord-est sur la Belgique. Ces vents convergent et se heurtent le long de la convergence, forçant l’air à s’élever. De plus, cet air était chaud dans les basses couches, surplombé par un air plus froid en altitude, provoquant de l’instabilité. Sur le nord de la France, de l’énergie potentielle se trouvait emmagasinée et la masse d’air était propice à s’élever. Ensuite, un peu de cisaillement a sans doute permis à l’orage de se développer et subsister.
 

28 avril 2007

Des paramètres aux valeurs épiques

Avril 2007 explose le record de la température moyenne pour un mois d’avril avec 14,3°C à Uccle. Le précédent record datait de 1987 avec 11,9°C. La moyenne mensuelle s’établit ainsi à 5,3°C au-dessus de la référence alors utilisée (1971-2000), ce qui est énorme. Cette valeur est très exceptionnelle.Des records de température maximale journalière pour avril sont battus, avec 28,7°C à Uccle et 30,7°C à Kleine-Brogel. A Uccle, le nombre de jours d’été (t° max > 25°C) pour un mois d’avril, à savoir neuf, est tout bonnement incroyable.

Mais le paramètre présentant les valeurs les plus ahurissantes est la pluviométrie. En de nombreux endroits, comme à Uccle, il ne tombe aucune goutte de pluie durant tout ce mois d’avril ! Ce mois absolument sec s’inscrit dans une sécheresse qui dure du 30 mars au 5 mai. A Bruxelles, c’est la première fois qu’un mois sans aucune précipitation est observé depuis que les observations ont débuté en 1833. D’une manière générale, c’est une grande partie de l’Europe qui connait un déficit marqué des précipitations comme l’indique la carte ci-dessous.

Ecarts aux moyennes de référence des précipitations, ramenées en base 100 (Source : Météo Belgique)

Il faut néanmoins apporter une nuance à cette carte. Celle-ci est construite sur base d’interpolations et ne fait pas ressortir les particularités locales. Ainsi, l’orage du 28 avril et ses 40 mm de pluie déversés au sud de Charleroi n’apparaît pas. Cependant, une grande partie de la Belgique est restée totalement au sec durant ce mois.Enfin, l’ensoleillement à Uccle présente également un excédent très exceptionnel avec 126,2 heures de plus que la moyenne de référence. Le ciel est resté dégagé pendant pratiquement tout le mois, permettant au soleil de briller sans interruptions autres que les nuits pendant 284,1 heures. A Saint-Hubert, l’astre a encore brillé plus longtemps avec un total de 314,2 heures. Seul un mois a été encore plus ensoleillé : septembre 1959 avec 287 heures de soleil.

Le mois le plus extraordinaire de tous

Parler du mois le plus fou de la récente histoire de la météo en Belgique n’est pas usurpé. Les trois paramètres principaux utilisés pour caractériser la climatologie mensuelle (température moyenne, pluie et ensoleillement) présentent tous des valeurs très exceptionnelles. Ceci est extrêmement rare. Une telle situation en été aurait engendré une canicule sans précédent. Rien que les températures moyennes représentent la rareté d’une telle situation : avril 2007 a en effet présenté des paramètres thermiques dignes d’un juillet ou d’un août normal!

Ce temps exceptionnellement beau a eu un impact considérable sur la végétation. A la fin du mois, on a observé une avance de trois semaines du développement de celle-ci par rapport à la norme. Les premiers pics de concentrations en pollens ont également débuté bien plus tôt que ce qui était attendu.

Sources: Météo Belgique, IRM, Hydrométéo.

Automne 2006 – Un arrière été extraordinaire

Habituellement, l’automne dans nos régions est une saison assez mitigée où l’on rencontre un peu de tout : dernières belles journées, épisodes pluvieux importants, coups de vent, parfois des tempêtes et de temps en temps les premières neiges. Les longues périodes de beau temps sont assez rares. Pourtant, l’automne 2006 sort complètement des normes: très exceptionnellement chaud et sec, il laisse un souvenir d’un quasi été indien (même si ce terme canadien ne peut être transposé à l’Europe, rappelons-le) avec de la chaleur, un temps lumineux et peu de pluie. Il est à ce point exceptionnel que la probabilité de retour d’un tel événement dépasse les 500 ans! Portrait d’une saison incroyable.
 

 
En prologue, un été extrême à deux facettes
 

Les vacances d’été ont été coupées en deux: un mois de juillet exceptionnellement chaud et sec et un mois d’août frais et très pluvieux, avec de nombreux orages et des cas de tornade. Ainsi, juillet a fini avec un excédent thermique de 5,9°C au-dessus de la moyenne à Uccle. A l’opposé, août présente un déficit normal de -0,5°C, mais ce sont surtout les quantités de pluie (exceptionnellement hautes) et l’insolation (très exceptionnellement basse) qui feront de août un mois d’été complètement raté. Pourtant, l’été marque son grand retour dès les premiers jours de septembre.

 
Un septembre complètement estival
 

Si une situation atmosphérique peut résumer ces trente premiers jours de l’automne météorologique, c’est le blocage oméga. Ce blocage intervient quand un puissant anticyclone se place à l’est de nos régions, nous amenant des courants continentaux à teinte tropicale. Il maintient de plus les dépressions atlantiques à l’écart du continent européen. Cette disposition des centres d’action est restée très stable tout au long du mois.

Schéma résumant le blocage oméga.

A quelques reprises, le centre de l’anticyclone s’est rapproché de la Belgique, nous plaçant dans des courants d’est moins chauds, mais toujours très secs. Les seules incursions maritimes et donc plus humides sont survenues les 3, 19, 22, 23, 24, 29 et 30 septembre. Ces jours, de faibles perturbations ont amené quelques pluies, mais qui ne permettront d’atteindre les normes. Septembre s’achève sur un déficit pluviométrique exceptionnel, avec à peine 9,1 mm de pluie à Uccle. A Fontaine-l’Évêque, il ne tombe que 18,1 mm de pluie pour une moyenne de référence de 66,0 mm.

 
Coucher de soleil en septembre 2006 (source: Météo Belgique).
 

C’est surtout du côté des températures que l’écart se marque: l’excédent thermique, de 3,9°C au-dessus de la moyenne, est très exceptionnel. C’est le mois de septembre le plus chaud enregistré depuis que les observations ont commencé à Bruxelles en 1833. Dans une autre station météo retenue, celle de Fontaine-l’Évêque, l’excédent est un peu moins prononcé, mais reste très important, avec 2,5°C. La moyenne de référence utilisée est différente (1981-2010), expliquant une part de l’écart moins important par rapport à Uccle qui utilisait alors une référence antérieure. Cette même station de Fontaine-l’Évêque montre que ce sont essentiellement les températures maximales qui sont responsables de l’excédent thermique de ce mois. La moyenne mensuelle de ces températures maximales s’établit à 23,4°C, ce qui est 4,3°C au-dessus de la moyenne de référence (1981-2010).

Le 12 septembre, les 30°C sont frôlés à Bruxelles (29,7°C à Neder-Over-Heembeek). La journée du 21 est également chaude avec 27°C. Les températures maximales se maintiennent au-dessus des 20°C tout au long du mois, exception faite de quatre jours entre le 24 et le 28. Seul l’ensoleillement, légèrement supérieur à la moyenne, reste normal. A Fontaine-l’Evêque, l’ensoleillement reste également proche de la moyenne.

 

Écarts des températures moyennes par rapport à la normale (source: Météo Belgique)
 

En fin de mois, l’air se déstabilise et des orages concernent notamment le Hainaut et le Brabant Wallon.

Image satellite du 29 septembre à 20h00. La boule blanche sur la frontière franco-belge est un cumulonimbus porteur d’orages. Sur l’Atlantique, l’ex-cyclone tropical Hélène enroule sa spirale nuageuse.
 
Un octobre plus humide mais toujours aussi chaud
 
Le mois d’octobre voit les dépressions atlantiques gagner du terrain sur l’anticyclone. Cependant, le flux d’air est fréquemment orienté au sud-ouest et amène des températures toujours trop élevées. Cette douceur humide est accentuée par l’approche de l’ex-cyclone tropical Hélène qui stationne sur le proche Atlantique. Le 1er octobre, un air doux en basse couche et une très forte dynamique font éclore de multiples supercellules orageuses. Une d’entre elles engendre une brève tornade près d’Anvers. Un autre arrive à maturité près de Braine-le-Comte où elle donne naissance à une forte tornade de F2-F3 qui ravage plusieurs fermes à Petit-Roeulx-lez-Braine.
 
La tornade de Braine-le-Comte vue depuis Enghien (source: L. Mertens).
 

Le mois se termine avec un excédent thermique de 3,7°C, ce qui est très exceptionnel. A Fontaine-l’Évêque, l’excédent atteint 2,2°C par rapport à la moyenne de référence (1981-2010). Contrairement à septembre, ce sont désormais aussi bien les températures maximales que minimales qui contribuent à cet excédent.

C’est surtout durant les quinze derniers jours que l’écart se marque: alors que les températures doivent commencer à décliner avec le raccourcissement du jour, elles restent stables. Le 26 octobre, sous un air maritime tropical, les températures maximales atteignent encore 22°C à Neder-Over-Heembeek. Quelques jours avant, les 23 et 24, la première dépression de tempête de l’automne frappe le nord-ouest de l’Europe, apportant des rafales de vent comprises entre 80 et 100 km/h en Belgique, jusqu’à 140 km/h sur les côtes françaises.

Image satellite du 23 octobre à minuit. La première tempête de l’automne, Xenia, se forme sur l’Atlantique.

Écarts des températures moyennes par rapport à la normale (source: Météo Belgique)
 

Le passage de plusieurs perturbations plus actives amènera davantage de pluie qu’en septembre. Le déficit pluviométrique est donc moins important, dans les normes.

 
Novembre toujours très doux, mais aussi très venteux

Les premiers jours du mois de novembre sont nettement plus frais, annonçant peut-être la prochaine arrivée de l’hiver. En effet, le flux a viré au nord et de l’air polaire a atteint nos régions. Il tombe même quelques flocons sur la Haute Belgique, tandis que des averses de grésil et parfois orageuses sont observées à la Toussaint en Basse et Moyenne Belgique. Mais cela ne dure pas. Rapidement, la récurrence des deux précédents mois reprend le dessus: flux de sud-ouest d’origine tropicale faisant décoller les températures et les maintenant à des niveaux exceptionnels. A plusieurs reprises, elles dépassent les 15°C (station de Neder-Over-Heembeek), comme le 16 (17°C) et surtout le 25 (18,6°C) par flux d’air tropical direct. Ce 25, Uccle enregistre un record pour une dernière décade de novembre, avec 18,5°C. Au final, novembre finit avec un excédent thermique de 3,0°C à Uccle, ce qui est exceptionnel. A Fontaine-l’Évêque, l’excédent atteint 1,5°C.La pluviométrie est quant à elle relativement normale : il a en effet plu assez régulièrement au cours de ce mois, les dépressions atlantiques s’approchant très près de nos régions. Certaines d’entre elles entraînent quelques bons coups de vent à la fin du mois, avec des rafales dépassant les 100 km/h à la côte. Les perturbations n’empêcheront cependant pas le soleil de briller en excès, totalisant un nombre d’heure d’ensoleillement anormalement élevé. A Fontaine-l’Évêque, l’astre du jour a brillé 12 heures et 53 minutes de plus que la moyenne de référence (1981-2010).


Écarts des températures moyennes par rapport à la normale (source: Météo Belgique)

Conclusion: un automne extraordinairement doux
 

La température moyenne de cet automne 2006 s’élève à 13,9°C, faisant de lui l’automne le plus chaud enregistré à Uccle depuis le début des mesures en 1833. Il explose ainsi un record vieux de… un an à peine, puisque le millésime 2005 avait affiché une température moyenne de 12,3°C. La probabilité de retour théorique d’un tel événement est supérieure à 500 ans, alors qu’en pratique, il n’a fallu qu’une année pour aligner deux saisons automnales complètement hors normes.

A Fontaine-l’Évêque, l’excédent pour la saison atteint 2°C. La moyenne saisonnière s’établit à 12,6°C par rapport aux 10,6°C de la moyenne de référence (1981-2010).

 
Ce temps doux ne s’arrêtera pas à cet automne. L’hiver 2006-2007 sera également extraordinairement doux et tempétueux. Très peu de jours de gel et de précipitations hivernales seront répertoriés pendant ces trois mois suivants.
 
Source des données: Météo Belgique, Météo Charleroi, documents personnels.

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