Evénements 2018 – Janvier à avril

 

Retrouvez ici tous les événements météorologiques s’étant produits en Belgique entre janvier et mars 2018. Les autres périodes peuvent être atteintes via les liens à la droite de cet article ou dans la rubrique « Faits météo en Belgique ».

3 janvier – tempête Eleanor

En soirée du 2 janvier, la dépression Eleanor se creuse sur l’Irlande y apportant des rafales de plus de 140-150 km/h. Le lendemain 3 janvier, elle se trouve en mer du Nord. Son front froid très violent balaie la Belgique en deuxième partie de nuit, engendrant une véritable tempête. On relève 101 km/h à Chièvres, 105 km/h à Ernage, 112 km/h à Uccle, 115 km/h à Humain, 116 km/h à Zeebrugge et 126 km/h à Florennes. Des coupures de courant sont signalées tandis que de nombreuses chutes d’arbres et des dégâts aux toitures sont enregistrés dans de nombreuses régions. En matinée, le vent reste très présent (rafales de 70 à 90 km/h), tandis qu’un orage modéré est observé en province de Liège. Dans le nord de la France, on relève 147 km/h à Cambrai, 135 km/h au Cap Gris Nez. Aux Pays-Bas, des rafales de 140 km/h sont enregistrées sur les côtes zélandaises.

 
La tempête Eleanor au petit matin du 3 janvier (source: Wokingham Weather).
 

Dans le même temps, les cours d’eau du sud de la Wallonie sont en crue par endroits, en réponse aux précipitations abondantes tombant depuis plusieurs semaines.

 
Le 4 janvier, un nouvel épisode venteux, cependant moins intense, concerne la Belgique, au passage de la dépression Christine. Les rafales sont généralement comprises entre 70 et 80 km/h, mais une pointe de 94 km/h est observée à Florennes. 
 
En soirée du 16 janvier et la nuit suivante, de multiples giboulées (grésil et neige) sont observées au-dessus de 150 mètres, parfois accompagnées d’une faible activité orageuse. La neige accroche temporairement sous les averses, plus durablement dans l’est de l’Ardenne. Ces giboulées sont également observées le 17 janvier.
 
Averse de neige en début de nuit du 16 au 17 janvier sur les hauteurs de Namur (auteur: Info Meteo).

 

18 janvier – tempête David le matin et orages en soirée
 
En fin de nuit et en matinée, une dépression de tempête se creuse en traversant la mer du Nord, elle est nommée David par Meteo France. Aux Pays-Bas, les rafales atteignent 140 km/h sur les côtes. En Flandre, on relève 119 km/h à Deurne, 112 km/h à Zeebrugge et 90 km/h à Zaventem. En Wallonie, les rafales atteignent 101 km/h au Mont Rigi, 97 km/h à Ernage et Gosselies et 94 km/h à Humain. Dans le nord de la France, les rafales atteignent 120 km/h à Lille et 136 km/h au Cap Gris-Nez. La tempête frappe ensuite le nord de l’Allemagne avec des pointes à 120 km/h en plaine. Une personne décède dans le Brabant wallon suite à la chute d’un arbre.
 
La tempête David vers 11h00 le 18 janvier, alors centrée sur les Pays-Bas (source: Wokingham Weather).
 
En soirée, à la faveur d’une branche puissante de Jet-stream et d’un creux au-dessus de la Belgique, une ligne d’orages se forme sur la côte – une maison est incendiée par la foudre – puis traverse tout le pays jusqu’en province de Liège en prenant la forme d’un bow echo. Les orages sont modérés sur la Flandre et Bruxelles, donnant des chutes de grêle parfois importantes et pas mal de vent (une rafale de 76 km/h est mesurée à Uccle au passage du système). En Wallonie, l’activité électrique est plus sporadique. Des foyers orageux plus isolés sont signalés du côté de Bastogne.
 
Activité électrique observée en soirée du 18 janvier et la nuit suivante (source: Lightningmaps).

 

Au milieu de l’hiver climatologique, le nombre remarquablement faible de gelées depuis le début de la saison pose question. 
 
Le 20 janvier, il neige en Ardenne et temporairement un peu plus bas (jusque 200 mètres d’altitude). La couche de neige dépasse 10 cm au-dessus de 500 mètres. 
 
Quelques jours plus tard, c’est un coup de douceur qui concerne notre pays, en lien avec l’arrivée d’air d’origine tropicale maritime. Les maximales du 24 janvier sont remarquablement élevées: 13,4°C à Beauvechain, 13,1°C à Chièvres, 12,9°C à Uccle, 12,4°C à Bierset, 12,0°C à Gosselies… 
 
Après un décembre extraordinairement sombre, l’ensoleillement est à nouveau exceptionnellement bas pour ce mois de janvier. A cela s’ajoute une douceur persistante qui le fait sortir des normes.
 
Bilan pour Uccle (source: RTBF, données de l’IRM).

 

La Chandeleur est par contre, comme le dit l’adage, une période charnière: l’Hiver (re)prend enfin vigueur, et de la neige est observée les 1er et 2 février en Ardenne, avec localement plus de 10 cm d’acumulation. Le Condroz et le sud de la Hesbaye blanchissent légèrement à la faveur des plus fortes averses poussées dans un flux de nord-ouest à nord. Les jours suivants restent froids mais parfois beaux.

Coucher de soleil sur les Hautes-Fagne le 5 février (auteur: A. Papapanayotou).

 

Le 6 février, un front chaud se coince sur le sud du pays. Une zone neigeuse subsiste pendant toute la journée le long du sillon Sambre-et-Meuse, donnant de 5 à 10 cm de neige (7-8 cm dans l’est du Namurois par exemple) sous des températures négatives tout au long de la journée. La nuit suivante, les températures descendent localement jusqu’à -5°C. 
 
Le front bloqué sur la Wallonie (source: IRM).
 
 

La nuit du 7 au 8 février est froide. Au petit matin, on relève -16,1°C à Elsenborn, -10,4°C à Dourbes, -9,9°C au Mont-Rigi, -9,1°C à Humain et à Florennes.

Le 9 février au soir et la nuit suivante, une nouvelle perturbation apporte quelques centimètres de neige, essentiellement au sud du sillon Sambre-et-Meuse.

En fin de nuit et en début de matinée du 16 février, le verglas consécutif à la mise en gel de l’eau tombée la veille pose des problèmes par endroits.

24 février au 1er mars – vague de froid

Entretemps, début février, le vortex polaire a éclaté dans la stratosphère. En l’espace de deux semaines, ses effets se communiquent à la troposphère et le temps se refroidit nettement à partir du 24 février, avec l’établissement d’un puissant anticyclone sur le nord de l’Europe et un flux d’est continental bien froid sur nos régions. Les minimales tombent sous -10°C à plusieurs reprises en Ardenne, une ou deux fois sur le centre du pays et selon les stations. C’est le 28 février qu’il fait le plus froid en de nombreuses stations du pays, avec des minimales de -14 à -18°C en Ardenne.

 
 
Le 26 février, une zone neigeuse inattendue se déplace du Limbourg au Hainaut sur un couloir étroit: il tombe entre 5 et 10 cm de neige sur la Hesbaye alors que Bruxelles et Namur sont épargnés.
 
Situation du 28 février au soir. On note l’énorme front chaud annonciateur du redoux sur la Méditerranée (source: KNMI).

 

Le mois de février qui se termine marque une rupture complète avec décembre et janvier: très anormalement ensoleillé, anormalement sec et anormalement froid. Le soleil aura en effet été le roi de la météo belge durant ce mois.

Le 2 mars, le redoux atteint la Belgique sous la forme d’un front chaud. L’air devient plus doux en altitude, surplombant de l’air toujours bien froid dans les basses couches. Des pluies verglaçantes gagnent ainsi la Belgique depuis la frontière française en matinée, causant des embarras de circulation. Par la suite, un front froid rejoint le front chaud sur notre pays, formant ainsi une occlusion et refermant de fait le secteur chaud. L’air redevient progressivement froid à tous les étages, et la pluie verglaçante se change en granules de glace puis en neige dans l’après-midi, menant à une accumulation de quelques centimètres.

Schéma illustrant la situation particulière de ce 2 mars (auteur: Info Meteo).

 

Dans les jours qui suivent, la douceur marque le début du printemps météorologique. A la faveur d’un flux de sud au-devant d’un front froid qui ondule sur la France et la mer du Nord, un orage fort pluvieux mais peu actif électriquement se déplace du Hainaut jusqu’à la Zélande la nuit du 10 au 11 mars. Quelques inondations locales sont signalées en Wallonie picarde. Le 11 mars, les maximales atteignent les 15°C en de nombreuses régions.

Du 18 au 21 mars, alors qu’il faisait bien doux les jours précédents, le temps redevient remarquablement froid, avec de temps en temps un peu de neige. La nuit du 19 au 20, il fait -9,2°C à Elsenborn. Le 20 au matin, il ne tombe qu’un centimètre de poudreuse grand maximum sur la province de Liège, mais ça suffit à générer pas mal de problèmes de circulation.

Le mois de mars qui s’achève a été un peu plus frais que la normale (à la limite de l’anormalité).

Le 8 avril est très chaud pour la saison. On relève 24,0°C à Uccle et à Gosselies.

Le 14 avril, des orages modérés éclatent sur la région lilloise et le Brabant wallon. Sur la province brabançonne, on observe quelques chutes de grêle.

A partir du 18 avril, la chaleur fait son retour. Le 19, on frôle les 30°C par endroits – il fait 28,1°C à Uccle. Le 22 avril, plusieurs foyers orageux faibles à modérés sont observés ça et là. Pour plus d’information, voire l’article de notre partenaire Belgorage.

29 avril – Première dégradation orageuse d’envergure

La situation météo du dimanche 29 avril est particulière. Un thalweg d’altitude sur l’ouest de la France guide une dépression de surface en creusement vers nos régions. Son secteur chaud lèche à peine l’est du pays; sur le centre cette masse d’air chaud est décollée du sol par une pellicule d’air maritime frais où souffle un vent de nord à nord-est. Ainsi dans le Namurois, le temps avant les orages était relativement frais, très humide, avec de la brume par endroits (maximales autour de 15°C à Namur). Le cisaillement des vents est de plus bien marqué, tandis qu’une convergence très nette se dessine le long du pseudofront chaud (représenté sur la carte par une plume rouge), au devant du noyau dépressionnaire. Ainsi, ce sont surtout ces éléments dynamiques forçant l’ascension des masses d’air qui ont expliqué l’intensité des orages (surtout sur le centre du pays), et ce alors que l’instabilité est restée modérée. C’est une situation typique de pointe d’air chaud, comme nous l’avions expliqué récemment.

Carte des fronts du 29 avril 20h00 (source: KNMI).

Ce pseudofront est le siège d’un premier orage modéré sur la province de Namur en fin d’après-midi. Puis en début de soirée, un puissant système orageux arrive de France par la pointe de Givet et fonce jusque l’est de la Flandre via le Namurois et l’est du Brabant wallon. L’activité électrique est impressionnante sur fond de ciel livide (jusqu’à un éclair toutes les 2 à 3 secondes) et de très fortes rafales sont localement observées. Ce système hybride présente les caractéristiques d’un echo en arc mais aussi une possible supercellule en son sein. Cette cellule particulière déclenche une tornade qui se déplace entre Dion (Beauraing) et Crupet (Assesse), atteignant une force F2-F3 près de Waulsort. Côté français, l’écho en arc a engendré d’énormes dégâts entre Aube et Ardennes (source: Kéraunos).

Evolution du système orageux sur le Namurois de 20h15 à 20h45 (source: Kachelmann).

En soirée, d’autres forts orages multicellulaires remontent du sud au nord sous la forme d’un rail de foyers à travers l’est de la province de Liège, le Luxembourg et l’ouest de l’Allemagne. Des grêlons de 2 à 3 cm sont observés localement sous ces cellules. Dans l’ensemble, cette dégradation d’ampleur est assez précoce pour la saison.

Les précipitations récoltées sur 24 heures sont localement remarquables (et pas uniquement dues aux orages du soir): entre le 29 8h00 et le 30 8h00, on relève 47 mm à Schaffen, 40 mm à Wartet (source: Info Meteo), 39 mm à Spa et 38 mm à Ernage. Aucune rafale de vent de plus de 90 km/h n’a été mesurée sur le réseau officiel, toutefois des dégâts portés aux bâtiments et à la végétation laissent penser que cette vitesse a été largement dépassée localement sur les communes de Beauraing, Hastière, Onhaye, Dinant, Yvoir et Assesse.

Lien vers l’article de Belgorage à ce sujet: ICI

Le lendemain 30 avril, le temps est d’abord calme, puis devient pluvieux et très frais dans l’après-midi (6°C sur le Namurois vers 18h00). Le vent se fait très présent avec des rafales jusqu’à 80 km/h localement.

Le mois d’avril a été très anormalement chaud, affichant un excédent thermique de +3,1°C à Uccle.

 

Bulletin météorologique spécial

UPDATE 20/02 SCENARIO FROID CONFIRME.

Comme redouté depuis plusieurs jours, c’est maintenant une certitude, nous allons grelotter à partir de dimanche dans nos régions pour au moins deux, trois jours. Voici les températures prévues ci-dessous et donc confirmées du lundi  26/02 au mardi/mercredi -27-28/02 au moins: les maximas plongeront entre -6 et -2°C en Ardenne, -2 à 1°C du centre à la côte. Les minimas, sous ciel partiellement dégagé, dégringoleraient généralement entre -13 et -7°C, voire un peu moins dans les vallées ardennaises abritées. Le vent jouera également un rôle important sur notre sensation de froid. En effet dès la fin de semaine il soufflera en rafales souvent entre 35 et 45km/h, donnant une sensation d’air glacial entre -5 et -15°C de jour et -13 à -25°C de nuit (températures ressenties ->risque d’engelures en 30min).

Comme le prouve l’image ci-jointe, c’est une masse d’air d’origine arctique qui va débouler rapidement sur notre pays, associé au reliquat d’une partie du vortex polaire, éclaté début février.  Celle-ci provient de l’est de l’Europe et de Sibérie, étant à fortiori assez sèche, elle donnera souvent un ciel bien dégagée.

Pour le début du mois de mars, les températures devraient lentement remonter, mais il faudra alors surveiller la circulation de perturbations neigeuses dans nos parages.

C’est donc un refroidissement assez conséquent qui nous attend, mais cela aurait pu être bien pire au niveau du mercure, avec des sols bien plus enneigés sur le continent européen, et un vent nul durant la nuit…. On continue de toute façon à vous tenir informé de l’évolution de la situation.

Michael- Info météo
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SIMPLE REFROIDISSEMENT OU PROBABLE VAGUE DE FROID FIN DE SEMAINE PROCHAINE ?! ET LA NEIGE ?

Bonjour ,

Je ne vais pas trop revenir sur notre publication du 10 février dernier à propos de l’éclatement du vortex polaire, suite à un réchauffement soudain de la stratosphère au-dessus du pôle.
Mais en bref, ce genre d’événement induit des répercussions dans la troposphère environ 2 semaines après s’être produit. C’est-à-dire que déjà maintenant, de l’air véritablement glacial s’écoule depuis le pôle nord vers des latitudes d’habitude plus tempérées.
En d’autres-mots, dès la fin de cette semaine, il faudra surveiller les masses d’air d’origine arctique et leur trajectoire en fonctions des différents centres de pression.
Dans les faits, comme prévu dans le précédent bulletin hebdomadaire, nous assisterons jusqu’en fin de semaine prochaine à un temps se refroidissant légèrement et devenant souvent bien ensoleillé. Entre -2 et 0°C pour les maximas en Haute-Ardenne, 1 à 3°C pour le centre et jusqu’à 5-6°C pour la côte.
La nuit les minimas pourraient descendre entre -5 et -10°C sur le relief, entre -3 et -6°C sur le centre ,-1 et -3°C le long de la mer. Pendant cette période, le risque de précipitation et donc de neige paraît bien faible étant donné que nous serions sous influence anticyclonique. Avant cela, en début de semaine, il fera plus nuageux avec quelques précipitations principalement sur l’ouest. Et en Ardenne, des flocons sans trop de conséquence pourraient virevolter. L’est de l’Europe, c’est désormais acquis, sera en première ligne de mire, avec des températures constamment sous -15°C du nord de l’Ukraine à la Norvège dès la fin de semaine.

Ensuite, c’est véritablement à partir du 26 février que le froid pourrait s’intensifier pour quelques jours sur nos régions. Suivant la trajectoire que prendrait la masse d’air glacial mentionnée ci-dessus, tantôt vers nos régions, tantôt plutôt vers les Îles Britanniques. Les maximas pourraient plonger entre -6 et -2°C en Ardenne, -3 à 0°C du centre à la côte. Les minimas, sous ciel partiellement dégagé, dégringoleraient généralement entre -15 et -7°C.
Mais, selon la configuration la plus probable, de faibles fronts neigeux pourraient alors transiter par notre pays. Le risque de précipitations neigeuses augmenterait alors graduellement sur l’ensemble du pays.

En conclusion, même s’il n’est pas très probable que l’on remplisse les conditions pour avoir une vague de froid à Uccle, nous pourrions tout-de-même faire face à un refroidissement plutôt inhabituel pour la saison. Mais pour cela il faudra que la masse d’air glacial frappe nos régions de plein fouet, ce qui n’est pas encore acquis…

Tout ceci est bien entendu à confirmer, déjà ce soir dans le bulletin à long terme .

Bonne journée et fin de week-end.

Double salve orageuse du 6 juillet 2017

Les orages qui ont concerné la Belgique ce jeudi étaient loin d’être exceptionnels, mais constituent la première vague que l’on peut qualifier de « généralisée » par son étendue. C’est assez tardif. Les trois autres épisodes significatifs survenus fin février, fin mai et mi-juin n’ont concerné qu’une petite partie du pays, bien que générant des orages localement forts. Ce 6 juillet donc, l’épisode peut être qualifié à la fois de fort et de généralisé, même si certaines régions sont passées au travers, comme le montre la carte ci-dessous. Elle reprend les éclairs enregistrés entre le 6 juillet minuit et le 7 juillet à 6h00. Les impacts les plus anciens sont en rouge et les plus récents en jaune.

Activité électrique relevée entre le 6 juillet minuit et le 7 6h00 (source: Lightningmaps).

Côté atmosphère, nous nous trouvions dans une configuration propice aux orages assez classique. Une petite dépression remonte le long des côtes de la Manche, établissant un flux de sud-est chaud en basse couche. Une série de lignes de convergence (en rouge) ont initié les orages. Sur la carte ci-dessous, celle en rouge gras porte les orages du début de l’après-midi, tandis que ceux de la soirée seront engendrés plus tard par celle se trouvant sur la Normandie à ce moment (14h00). En altitude, on notait quelques divergences des courants, favorables aux orages, sans que cela ne soit très soutenu. Ceci a permis d’éviter des orages généralisés d’une grande violence car l’énergie disponible était très élevée.

Analyse atmosphérique à 14h00 le 7 juillet (source: KNMI).

La première salve d’orages est apparue sur la Manche et la Picardie en cours de matinée. Bien que donnant des structures nuageuses spectaculaires par moments, l’intensité est restée relativement contenue, jusque sur l’est du Hainaut où les orages se sont réellement organisés. Leur évolution s’est poursuivie jusqu’à former un bow echo particulièrement venteux sur la province de Liège (ligne d’orages courbée, souvent associée à de fortes bourrasques). Au sein de ce fort système, l’activité électrique était notoire, avec un éclair toutes les quelques secondes, bien que cette activité fut surtout intranuageuse. La foudre s’est en effet peu souvent manifestée, ou alors sous la forme de puissants éclairs. L’un d’entre eux a par ailleurs incendié le toit d’une église du côté de Hélécine. Le vent a porté quelques dégâts aux arbres et a provoqué l’interruption temporaire du festival « Les Ardentes » à Liège. Bierset a par ailleurs enregistré une rafale de 80 km/h au passage du système, mais localement les vents ont pu avoir été plus forts. Ci-dessous, l’évolution de la première salve orageuse de 13h30 à 14h30 (source: Belgocontrol).

La seconde salve est partie de Rouen, en France, sous forme d’une division en deux supercellules. La première s’est dirigée vers le nord-est et a frappé la Flandre occidentale, accompagnée de gros grêlons en début de soirée. La seconde s’est avancée plein est vers le département des Ardennes puis vers le sud de la Belgique et le Luxembourg, accompagnée entretemps d’autres cellules formant un amas orageux. Au départ très violent, l’ensemble s’est quelque peu amenuisé en approchant de nos régions en milieu de soirée. Les plus fortes activités ont été observées du côté de Arlon et du Grand Duché où des cellules se sont réactivées, donnant un éclair toutes les 2 à 3 secondes par moments. A nouveau, la foudre ne s’est manifestée que sporadiquement, bien que quelques puissantes chutes aient été observées dans le sud du massif ardennais. Le vent, bien que présent, est resté mesuré. Les orages ont quitté nos régions en début de nuit. Ci-dessous, la progression de l’amas orageux vers et sur le sud de la Belgique en soirée (source: Meteoservices).

A noter que dans le même temps, une petite cellule orageuse s’est déplacée de Gembloux à Liège, tandis que d’autres, plus intenses, étaient observées dans le nord de la Flandre et surtout aux Pays-Bas. 
 
Côté relevés, seuls les 80 km/h de Bierset sortent du lot. Aucune autre station n’a enregistré de rafales significatives. Les relevés pluviométriques ne montrent pas de valeurs remarquables étant donné la rapidité du déplacement des orages.
 
Observations par Info Meteo
 
Quelques membres de notre équipe ont pu assister aux passages des différents orages, en premier lieu au nord de Namur lors du renforcement de la première salve en début d’après-midi. Précédé d’un arcus, cet orage a donné de forts vents et des précipitations soutenues. L’activité électrique était bien active, avec un éclair toutes les 3 à 4 secondes. Pour autant, ce n’est qu’à l’arrière que la foudre s’est montrée, sous la forme de puissantes décharges.
 
Arrivée de l’orage sur la région de Leuze, au nord de Namur (auteur: Info Meteo).

 

Coup de foudre à l’arrière du système orageux (auteur: Info Meteo)

Plus tard en soirée, nous avons rejoint nos partenaires de Belgorage dans la région de Léglise pour observer le passage de la seconde salve. Plus modérée que celle du début de l’après-midi, elle a néanmoins donné quelques beaux éclairs et deux-trois chutes de foudre assez proches autour de notre point d’observation. L’activité au zénith était fluctuante et peu intense, mais nous pouvions sans problème observer les noyaux durs très actifs qui concernaient alors le Pays d’Arlon et le Luxembourg, ceux-ci donnant des éclairs toutes les quelques secondes.

Coup de foudre sur la région de Léglise (auteur: Info Meteo)

 

Coups de foudre sous une cellule très active sur l’extrême sud de la Belgique (auteur: Info Meteo)

 

Eclairs internuageux au-dessus de la région de Léglise (auteur: Info Meteo)

 

« D’un ex-trop, tu te méfieras » – Lorsque les cyclones interagissent avec la météo européenne

En été, le météorologue est souvent occupé par les orages, lorsqu’il n’apprécie pas les belles journées ensoleillées (même si c’est une passion prenante, il faut arrêter de penser à la météo à certains moments). Néanmoins, conforté par une série d’événements survenus depuis une dizaine d’années, il sait que la période qui va de août à octobre voit généralement survenir une autre « saison », celle de l’influence directe des cyclones tropicaux sur la météorologie européenne, voire belge.
 
Nous allons le voir, les conséquences du transit de ces vieux systèmes à proximité de nos régions sont diverses, et souvent générateurs de surprises. D’où cette méfiance à chaque fois que le cas de figure se présente.
 
Révisons les bases… comment ça marche, un cyclone tropical?
 

Il convient de rappeler brièvement ce qu’un est cyclone tropical. Il s’agit d’une dépression très creuse tirant son carburant de la chaleur latente liée à la condensation d’une quantité gigantesque de vapeur d’eau au sein des nuages convectifs (ou orageux) s’élevant autour du centre dépressionnaire. Sans rentrer dans les détails de la physique de l’atmosphère, le passage de l’état gazeux (vapeur) à l’état liquide (eau liquide) de la matière dégage de l’énergie calorique qui, à travers les lois de la thermodynamique, entretient l’ascension des masses d’air, donc des cumulonimbus qui à leur tour dégagent de la chaleur et ainsi de suite. Dit platement, un cyclone tropical est une réaction en chaîne qui peut complètement dégénérer en tempête dévastatrice lorsque les conditions sont propices:

  • De l’air à basse et moyenne altitude chaud et chargé en humidité, que l’on rencontre exclusivement au-dessus des océans tropicaux. On admet ainsi qu’il faut que la température de la mer soit d’au-moins 26°C pour fournir suffisamment de chaleur et de vapeur aux cyclones.
  • De l’instabilité, parfois uniquement à l’initiation du cyclone. Une fois la machine lancée, le système, par son mécanisme interne, peut évoluer dans un environnement stable sans faiblir, pourvu qu’il trouve de la chaleur et de l’humidité.
  • Une convergence des vents, qui va forcer l’air à s’élever, et donc former les premiers nuages orageux.
  • Peu de cisaillement, donc des vents de direction et de force semblable à toutes les altitudes.

Si ces critères expliquent le renforcement, leur absence signe la mort à court terme du système tropical. Cela arrive lorsque l’ouragan arrive à terre ou lorsqu’il s’aventure vers le nord, où les eaux marines se rafraîchissent et où le cisaillement augmente.

L’ensemble des éléments permet ici de bien faire la distinction entre cyclone tropical et cyclone extra-tropical. Ce dernier terme est une manière un peu sexy d’appeler nos dépressions classiques qui évoluent en-dehors des tropiques. Mais ce critère géographique n’est pas le seul à les différencier. En effet, et contrairement à nos dépressions extra-tropicales, le cyclone tropical n’est associé à aucun front, ou dit autrement, aucun conflit de températures. A l’inverse, nos dépressions évoluent et se renforcent en raison de l’instabilité barocline, un autre terme bien scientifique pour désigner la déstabilisation d’un front séparant de l’air froid et de l’air chaud. Il existe d’autres différences, comme le coeur chaud des cyclones tropicaux versus le coeur froid de nos dépressions, mais nous n’entrerons pas dans les détails ici.

En octobre 2014, une dépression classique et un cyclone tropical sur l’Atlantique, séparés de plusieurs milliers de kilomètres.
 

On dit parfois qu’un cyclone tropical est un grand système orageux. C’est vrai et faux à la fois. Chez nous, les orages ont besoin d’instabilité mais aussi de cisaillement des vents pour devenir violents. Le cyclone tropical, non, sauf éventuellement à sa formation. C’est aussi à ce moment-là que l’on observe de l’activité orageuse. En effet, une fois que le cyclone est bien formé, l’activité électrique, la grêle et les éventuelles tornades sont absentes, sauf éventuellement en bordure. Pourtant, il est aussi constitué de cumulonimbus, donc de nuages orageux. De manière un peu simplifiée, un cyclone tropical pleinement formé est un grand système orageux… sans activité orageuse.

Une lente procession à travers l’océan, avant une métamorphose spectaculaire

Les cyclones tropicaux de l’Atlantique peuvent naître n’importe où, pourvu qu’ils trouvent les conditions nécessaires. Toutefois, ces conditions sont généralement rencontrées entre 10 et 35° de latitude nord. Quoiqu’il en soit, la trajectoire habituelle des systèmes qui finissent sur l’Europe part généralement de cette zone et ne croise pratiquement aucune terre, en-dehors éventuellement d’îles comme les Bermudes ou les Açores, voire l’est du Canada dans certains cas.

En s’éloignant des Tropiques, le cyclone s’éloigne aussi des zones propices à son maintien. En montant au nord, il rencontre des eaux de plus en plus froides et un cisaillement des vents de plus en plus fort. S’il n’est pas rapidement phagocyté par une dépression classique, il entame ce qu’on appelle une transition extra-tropicale. Il s’agit de la phase hybride durant laquelle le cyclone tropical perd progressivement ses caractéristiques en évoluant vers une dépression classique.

En premier lieu, on note une diminution de la convection, une augmentation de la taille du champ des vents associé au système et surtout une perte de la symétrie de ce champ, la partie à la droite du système devenant plus étendue que la partie à la gauche. Ensuite, on note l’apparition d’un front chaud à son nord, délimitant l’air d’origine tropicale qu’il promène de l’air maritime, voire polaire, plus au nord. Par après, un front froid devient également identifiable à l’ouest du système, et celui-ci peut entamer une nouvelle intensification suite à l’instabilité barocline, pour rappel le schéma classique de formation de nos dépressions.

L’animation ci-dessous montre la transition de l’ouragan Noel de 2007, passant d’un système tropical au début à un système pleinement extra-tropical à la fin. Entre les deux, on note l’agrandissement du système ainsi que la perte de symétrie, le tout précédé d’un front chaud à son nord qui prend de l’ampleur au fil du temps.

 

Cette transition fait en sorte qu’un nombre infime de systèmes aient gardé leurs caractéristiques tropicales jusqu’à leur arrivée en Europe. Depuis l’avènement des satellites, le seul système tropical avéré ayant touché l’Europe est Vince, en 2005, en atteignant le sud de l’Espagne à l’état de faible dépression tropicale. En 1961, l’ouragan Debbie a frappé l’Irlande, mais il est impossible d’affirmer que le système était encore pleinement tropical à son arrivée. En 1967, le cyclone Chloé a terminé sa transition extra-tropicale juste devant les côtes françaises, avant de balayer ces dernières. En 2009, la tempête Grace a perdu ses caractéristiques tropicales à quelques centaines de kilomètres à peine de l’Irlande et de la Grande-Bretagne. Ses restes ont par ailleurs transité sur le nord de la Belgique vingt quatre heures plus tard, mais nous y reviendrons.

Avec le réchauffement climatique, la donne pourrait changer. En effet, les températures nécessaires au maintien des cyclones se trouvent progressivement rapprochées des côtes européennes, ce qui pourrait permettre à terme à des cyclones tropicaux d’atteindre l’Europe sans s’être trop affaiblis et en ayant conservé certaines caractéristiques tropicales. Toutefois, nous parlons ici de systèmes modérés, donc des tempêtes tropicales, voire éventuellement un ouragan de catégorie 1. Néanmoins, un tel événement représenterait en soi une grande date dans l’histoire de la météorologie européenne. Certaines études prédisent un tel cas de figure avant la fin de ce siècle, d’autant plus que la Méditerranée, et en 2016 le Golfe de Gascogne, parviennent déjà à former des systèmes subtropicaux hybrides, ayant à la fois des caractéristiques de nos dépressions et des cyclones tropicaux.

Une formidable machine à purger les tropiques

Un cyclone tropical ne fait pas que vivre de la chaleur, il en produit aussi, par la condensation comme on l’a vu. De plus, par son caractère de dépression, il attire à lui des masses d’air chargées de chaleur humide. Cela se note particulièrement bien lorsque le cyclone sort de la zone tropicale et qu’il promène avec lui une vague de chaleur humide, en la prélevant de son aire de stagnation habituelle: l’Atlantique tropical.

Pour visualiser la quantité de chaleur humide, nous utiliserons ici un paramètre un peu bizarre, à savoir la température potentielle équivalente. Plus cette valeur est élevée, et plus la masse d’air est chargée en chaleur et en humidité. Les quelques exemples ci-dessous permettent de bien visualiser comment les cyclones s’affaiblissant dans l’Atlantique nord promènent avec eux une masse d’air chaud et humide, même lorsque le système en lui-même n’est plus tropical. Sur les cartes ci-dessous, de telles masses apparaissent en orange-rouge. Le système tropical est à chaque fois entouré en noir. Dans l’ordre, Karl, Helene, Danielle et Cristobal.




…et à provoquer du grabuge à nos latitudes
 

Le fait qu’une telle quantité de chaleur et d’humidité soit injectée à l’ouest de l’Europe n’est pas sans conséquences, encore faut-il qu’elles aient lieu sur le Vieux Continent. Parfois, le déséquilibre est corrigé en plein océan, bien loin de nos côtes. Toutefois, même à distance, l’ancien cyclone tropical peut avoir des effets directs et indirects sur notre météo européenne. Nous allons passer en revue les différents systèmes ayant eu une influence sur notre météo depuis le début de ce siècle. Après une description de leur parcours, nous analyserons les conditions météorologiques qui ont été observées en Belgique lors de leur plus grande approche. Dans un deuxième temps, nous remonterons le temps, en présentant quelques grands systèmes ex-tropicaux ayant violemment impacté notre météo européenne (ou même belge dans certains cas).Nous différencierons les systèmes ayant conservé leur indépendance jusqu’à nos régions de ceux qui ont été absorbés en chemin par une dépression extra-tropicale classique de nos latitudes.

Humberto (2001), fusionné avec une dépression classique

Le cyclone Humberto est né en septembre 2001 à la limite nord de l’Atlantique tropical. C’est en plein océan, à l’est des Etats-Unis, qu’il atteint son apogée en tant qu’ouragan de catégorie 2. Néanmoins, repris dans la circulation d’ouest classique de nos latitudes, il dérive vers l’est et le cisaillement l’affaiblit progressivement en tempête tropicale. Le 28 septembre, il sera absorbé par une petite dépression classique arrivant de Terre Neuve, en plein milieu de l’Atlantique nord. Sur la carte ci-dessous, chaque rond représente la localisation du centre du cyclone tropical au fil du temps. Les couleurs jaune indiquent le statut d’ouragan (de plus en plus orangé avec le nombre de catégories), le bleu clair indique le stade en-dessous, celui de la tempête tropicale, et le bleu foncé, encore plus faible, celui de la dépression tropicale. Le dernier point bleu le plus à l’est est le dernier pointage de Humberto en tant que tempête tropicale, avant son absorption par l’autre dépression.

 

 

Par instabilité barocline accentuée par la chaleur apportée par Humberto, la dépression s’intensifiera en tempête et fusionnera avec un autre champ dépressionnaire à l’ouest des Iles britanniques. L’impact sur notre météo sera ici indirect. Le champ dépressionnaire sur l’Atlantique, renforcé par l’apport de chaleur d’Humberto, soumettra nos régions à un temps venteux et automnal. Le 6 octobre, de forts orages éclateront sur nos régions, mais ceux-ci n’ont pas été engendrés par la chaleur de Humberto, à ce moment-là déjà bien plus à l’est.

Gordon (2006), arrivé en tant que système indépendant

Gordon est un système survenu en septembre 2006, en ayant notamment concerné l’archipel des Açores. Il a atteint la catégorie 3 six jours auparavant. Le National Hurricane Center américain prévoyait sa transition extratropicale au niveau des Açores, pourtant Gordon a défié les prévisions en conservant ses caractéristiques tropicales jusqu’au 21 septembre, alors qu’il se trouvait juste à l’ouest du Portugal. Il a alors viré au nord en passant très rapidement juste à l’ouest de la Bretagne qui a ainsi essuyé un épisode tempétueux assez inhabituel: des rafales jusqu’à 130 km/h avec des températures bien chaudes pour la saison. Quelques heures plus tard, Gordon touchait terre en Irlande, soumettant ce pays et la Grande Bretagne à de fortes précipitations orageuses et des rafales tempétueuses sur les côtes. Avec l’afflux de chaleur d’origine tropicale, des records de température pour la saison y ont été battus.

Sur la carte ci-dessous, les petits triangles sur la trajectoire montrent les moments où Gordon n’était pas considéré comme tropical.

 

 

En Belgique, Gordon a eu des effets bienfaiteurs, ce qui peut paraître paradoxal. En effet, le passage de l’ancien cyclone tropical bien à l’ouest de nos régions a amplifié le flux de sud très doux que nous connaissions déjà depuis un bon moment. Ainsi, le 21 septembre a été une magnifique journée d’été tardif, avec des maximales de 25 à 28°C sous un soleil brillant de mille feux. Comme quoi, l’influence des ex-cyclones tropicaux sur notre météo n’est pas toujours néfaste…

Helene (2006), fusionné avec une dépression classique

Dans le sillage de Gordon se forme le cyclone Helene et celui-ci va, au contraire de son prédécesseur, avoir des effets désagréables sur la météo belge. Il est ce qu’on appelle un ouragan capverdien, qui naît à proximité de l’archipel éponyme comme dépression tropicale, puis se renforce en tempête tropicale puis en ouragan, en dérivant à travers l’Atlantique. Helene, en tant que système tropical, ne s’approchera d’aucune terre. C’est donc en tant que tempête extra-tropicale qu’Helene s’approche de l’Irlande. Elle fusionne alors avec une autre dépression classique le 27 septembre, la résultante donnant une très large tempête sur l’Atlantique y stagnant pendant plusieurs jours. Elle envoie alors un flux de sud-ouest très doux sur l’Europe occidentale.

 

 

En Belgique, on observe des orages en soirée du 29 et du 30 septembre, en lien avec cet air doux dans les basses couches et de l’air bien plus froid en altitude. Mais c’est surtout le 1er octobre que les orages seront violents. Ils s’accompagnent par endroits d’une forte activité électrique visible de très loin et de grêlons atteignant parfois 2 cm de diamètre. Mais le plus spectaculaire provient de la formation de deux tornades, une sur la région de Braine-le-Comte et l’autre dans la région d’Anvers. La tornade de Braine-le-Comte, en atteignant le niveau F2 sur l’échelle de Fujita, provoque de gros dégâts sur différentes habitations et exploitations agricoles. Voir l’article rédigé par nos soins à propos de cette tornade: La tornade de Braine-le-Comte le 1er octobre 2006

Grace (2009), absorbée par un front

Dans l’historique des ex-cyclones tropicaux ayant influencé notre météo, Grace occupe une place à part. Outre le fait qu’il s’agisse d’une tempête tropicale exceptionnelle, elle sera responsable d’un des plus grand épisode orageux de l’année 2009, survenu qui plus est tardivement. Pour les personnes intéressées, un article détaille plus précisément ce phénomène.

 

 

Grace, en tant que système tropical, a existé à peine trois jours, du 4 au 6 octobre, et n’a pas atteint le stade d’ouragan, en restant une tempête tropicale. Toutefois, le cyclone fut vécu comme un événement pratiquement inouï dans le monde de la météo, car voir se former un système tropical aux Açores, si haut en latitude, était pratiquement quelque chose de totalement nouveau. Que ce même système garde ses caractéristiques jusqu’à quelques centaines de kilomètres à peine de l’Irlande le fut encore plus. La tempête termina sa vie sensationnelle en étant absorbée par un front lié à une dépression classique au nord de l’Ecosse. Néanmoins, ses effets se firent encore sentir deux jours de plus.

En effet, Grace a amené le 7 octobre une masse d’air chaud pour la saison, et surtout très humide, sur le nord de la France et la Belgique, entre autres. Les restes de la tempête en elle-même, ingérée au front, passèrent juste au nord de notre pays. A l’ouest, une autre dépression classique arrivant du Golfe de Gascogne se heurta à cette masse d’air très doux et humide, déclenchant un épisode orageux remarquablement intense pour la saison. Des précipitations diluviennes provoquèrent des inondations à Bruxelles et en Brabant wallon, tandis que le vent portait des dégâts à la nature et au bâti en province de Luxembourg.

Katia (2011), arrivé en tant que système indépendant

Le cyclone Katia a existé en septembre 2011 dans l’Atlantique, atteignant même la catégorie 4. A partir du 10, il fut repris dans la circulation d’ouest de nos latitudes, se changea en système extratropical et transita rapidement au nord de nos régions les 12 et 13 septembre.

 

 

Les effets de Katia sur la météo belge furent mesurés. Un coup de vent avec des rafales de 80 km/h concerna le littoral, tandis qu’on notait une douceur assez nette pour la saison.

Nadine (2012), influences en tant que système indépendant puis fusionnée à une autre dépression classique

Nadine est aussi un cyclone spécial. Sa durée de vie est exceptionnellement longue, du 11 septembre au 4 octobre, soit plus de trois semaines. De plus, le système n’a cessé d’errer dans une partie bien précise de l’Atlantique nord, passant deux fois aux Açores, et a eu une influence, certes indirecte, à plusieurs reprises sur la météo européenne. L’influence directe, lorsque les restes du système se sont retrouvés sur l’Europe occidentale, a été bien plus ténue.

 

 

En tournicottant près des Açores, Nadine a à plusieurs reprises envoyé des pulsions d’air chaud en direction de l’Europe occidentale, alimentant plusieurs dépressions classiques qui furent à leur tour responsables de fortes précipitations, de coups de vent et d’orages, notamment sur les Iles britanniques, l’ouest de la France et la péninsule Ibérique. Pour la Belgique, on notera les orages assez intenses de la nuit du 23 au 24 septembre, en lien avec l’arrivée d’air très doux en basse couche lié à une dépression de tempête sur le nord-ouest de la France, celle-ci ayant été initiée en partie par le flux de chaleur de Nadine. Quelques heures plus tard, le passage de la dépression au nord-ouest de la Belgique donnera un coup de vent assez marqué pour la saison, avec des rafales de 97 kmh à Zeebrugge, 90 km/h à Ostende et 87 km/h à Florennes.

Plus tard, le passage des restes de Nadine ingérés dans un front ne donnera que de bonnes pluies.

Bertha (2014), arrivée en tant que système indépendant

Le cyclone Bertha fut un ouragan de catégorie 1 tout ce qui a de plus banal, formé le 1er août dans l’Atlantique tropical. Après avoir traversé les Antilles, le système a faibi et a effectué sa transition extratropicale au large de la côte est des Etats-Unis. Le 10 août à 2h00, la dépression Bertha se trouvait alors au large de la Bretagne, en approche d’un complexe dépressionnaire au nord des Iles britanniques. Bertha s’est alors brutalement intensifiée en une tempête classique de nos latitudes, en traversant l’Angleterre puis la mer du Nord.
 
 

Cette intensification s’est faite au départ de l’air chaud et humide de Bertha, qui entrant en contact avec de l’air bien frais plus au nord, a entraîné une croissance de l’instabilité barocline, aidée par le Jet stream bien présent. Ce comportement a entraîné en Belgique des dommages collatéraux puisque de puissants orages supercellulaires ont traversé le pays dans l’après-midi, donnant une série de tornades dont une particulièrement spectaculaire sur les communes de Fleurus et de Sambreville, provoquant de gros dégâts à Ligny et à Tongrinne notamment. L’air était particulièrement moite, puisqu’on a relevé une maximale de 23,3°C à Gosselies par temps couvert et humide. Quelques bruines étaient même observées avant l’arrivée des orages.

Gonzalo (2014), fusionné à une autre dépression classique

Dans l’Atlantique, Gonzalo est surtout connu pour avoir frappé durement les Bermudes le 18 octobre. Trois jours plus tard, il provoquait des dégâts en Europe sous la forme d’une dépression classique issue de la fusion entre les restes du cyclone et d’autres dépressions classiques. Elle a déclenché un épisode de tempête sur les Iles britanniques ainsi qu’en Allemagne (122 km/h à Stuttgart). En Belgique, de fortes rafales ont également été mesurées au passage du front froid de l’ex-cyclone, mais aussi à l’arrière, sous des orages particulièrement turbulents. Les rafales ont atteint 105 km/h à Ostende et 94 km/h à Ernage.

 

 

Henri (2015), fusionné à une autre dépression classique

La tempête tropicale Henri a végété au milieu de l’Atlantique début septembre, et est loin d’avoir été un foudre de guerre. Elle a ensuite fusionné avec une dépression classique près des côtes canadiennes, et la résultante a pris la direction de l’Europe, avant d’arriver en France le 16 septembre. Donnant des rafales jusqu’à 120 km/h sur les côtes ouest-françaises et dans la vallée du Rhône, elle a aussi initié une série d’orages bien alimentés par la chaleur humide issue des restes du cyclone tropical. Ces orages ont été violents par endroits en Belgique, donnant des rafales à 115 km/h à Buzenol (en Gaume), mais surtout en déclenchant une tornade sur le village de Melreux, dans la commune de Hotton.

 

 

Ophelia (2017), arrivée en tant que système indépendant

Ce système a fait sensation en Europe en octobre 2017 puisqu’il a perdu ses caractéristiques tropicales à moins de 1000 km des côtes européennes. Un long article lui a été dédié: Ophelia, sa transition extratropicale aux portes de l’Europe. Ses conséquences ont été une violente tempête en Irlande et un beau temps automnal spectaculaire sur une grande partie de l’Europe, avec même une canicule hors saison en Espagne.


Plus loin dans le temps

Le cyclone Chloé (1967) a perdu ses caractéristiques tropicales entre les Açores et le Golfe de Gascogne et en causant de nombreux naufrages dans ce dernier, avant de frapper durement les côtes de l’ouest de la France, qui connaîtra des pluies diluviennes débouchant sur des inondations. Sur la carte ci-dessous, on voit que Chloé s’est approché près de l’Espagne en tant que tempête tropicale.

 

 

Quelques années plus tard, en 1973, c’est Fran qui approche de la Bretagne en tant qu’ouragan tropical de catégorie 1. Heureusement, un front froid déstructurera rapidement le système avant qu’il n’atteigne la France, dont les côtes ne connaîtront que quelques bonnes bourrasques.

Charley, en 1986, a traversé les Iles britanniques à la fin août, amenant un véritable déluge sur l’Irlande dont certaines stations voient tomber plus de 200 mm de pluie en vingt-quatre heures, ce qui est énorme sous nos latitudes. La capitale, Dublin, connut des inondations catastrophiques. Le Royaume-Uni, le nord de la France et la Belgique furent également concerné par des précipitations importantes.

Le 12 septembre 1993, l’ex-cyclone tropical Floyd atteint le nord de la France. Même si le système a perdu ses caractéristiques tropicales à ce moment, il se comporte en véritable ouragan. Les rafales atteignent 160 km/h sur les côtes, provoquant de nombreux dégâts. 

Le 7 septembre 1995, l’arrivée de l’ex-cyclone Iris donne une houle énorme sur le littoral de la Bretagne, tandis que les rafales dépassent 100 km/h dans les terres, ce qui est peu commun à cette période (en-dehors des orages).

En résumé… 

Les cyclones, même en ayant perdu leurs caractéristiques tropicales, peuvent profondément perturber la météo européenne (ou même belge). Comme montré à travers les exemples ci-dessous, les conséquences sont multiples:
  • L’apport de chaleur peut être à la base d’orages particulièrement intenses si d’autres paramètres (Jet-stream, convergence des vents…) sont présents.
  • Si l’instabilité barocline est importante (dit autrement, s’il y a un puissant conflit entre l’air chaud et l’air froid), la dépression classique (ou extratropicale) marquant le vieux cyclone tropical peut à nouveau s’intensifier et donner des épisodes de coup de vent, voire de tempête dans nos régions.
  • L’humidité apportée par les systèmes tropicaux et charriée par notre flux d’ouest maritime peut donner des épisodes pluvieux de longue durée, débouchant sur plusieurs dizaines de millimètres de pluie.
  • Mais l’influence des cyclones tropicaux peut aussi être bénéfique. Leur chaleur, si le temps est sec, peut amener de superbes journées d’automne sous des températures particulièrement douces ou, indirectement, déplacer et nourrir un anticyclone bienfaiteur qui vient ainsi nous garantir plusieurs jours de beau temps.

Le lecteur comprendra dès lors pourquoi les météorologues sont particulièrement attentifs à ces bestioles lorsqu’elles viennent s’aventurer dans nos parages!

Pour aller plus loin…

Notre article sur les orages d’automne en Belgique, où nous avions déjà évoqué le rôle des ex-cyclones tropicaux dans leur formation: Les orages d’automne, quand Thor joue les prolongations

Le compte rendu de l’épisode tornadique du 10 août 2014 lié à l’ex-cyclone Bertha: Bertha et les tornades – analyse approfondie des cas de Gozée et de Ligny-Tongrinne

L’article consacré aux orages et à la tornade du 16 septembre 2015, en lien avec l’ex-cyclone Henri: Des Bermudes à l’Europe: Henri et les orages du 16 septembre 2015

 

Edito du 2 août 2017: Mais où sont passés les orages?

Le titre de cet article est volontairement un peu provocateur, mais reflète certaines interrogations et réflexions qui nous parviennent depuis plusieurs semaines, surtout de la part des amateurs d’orages. Le cru 2017 est-il moins fourni en orages actifs?

Je tiens cependant à redire ici ce que nous avons déjà dit à de nombreuses reprises: les amateurs d’orages ne cherchent en aucun cas les dégâts qui vont avec (ça va de soi). Il est donc normal que la grande majorité de nos lecteurs soient satisfaits du manque d’orages, surtout lorsque l’on a déjà expérimenté les conséquences néfastes qui en découlent. Même si certains dégâts sont accentués par l’aménagement du territoire et l’urbanisme – l’auteur de cet article travaillant dans le domaine, il est bien au fait de la chose – le but de ce billet n’est pas de faire un procès, mais de montrer que le manque d’orages de cette année n’est que relatif, et surtout variable à travers notre territoire.

 

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Aux origines de la sécheresse (et d’un été chaud ?)

Après un mois de juin 2016 qui enregistra une pluviosité record dûe à des orages diluviens, tous les mois de la deuxième partie de l’année 2016 (hormis novembre) et les 5 premiers mois de l’année 2017 ont enregistré un déficit pluviométrique qui va en s’accentuant. Nous n’allons pas revenir sur les chiffres qui ont été détaillés dans un autre article. L’objet de ce document est tout autre : partir à la recherche des origines de cette sécheresse, en intégrant des notions de météorologie globale et tropicale relativement techniques, quoique encore accessibles, et tenter, à partir de ce constat, de conclure sur une tendance pour l’été 2017. 

Un régime de temps très méridional

Qui dit temps sec, dit généralement anticyclone. Bien que nous puissions parfaitement profiter d’une belle journée chaude et assez ensoleillée avec une pression de 1010 hPa ou supporter un ciel bas et une journée fraîche par 1035 hPa, considérons que cette thèse un rien réductrice est néanmoins généralement correcte. Afin de mieux cerner comment l’atmosphère nous a traités ces derniers mois, les météorologistes ont de plus en plus recours à ce qu’on appelle « les régimes de temps » de Christophe Cassou, spécialiste au CNRS. Ceux-ci se classent en 4 distributions de pression et permettent de synthétiser le temps des dernières semaines.

 

 

Ainsi apparaissent des schémas établissant des hautes pressions et des basses pressions moyennes positionnées de telle manière qu’elles permettent d’expliquer les anomalies de températures ou de précipitations enregistrées. Au printemps et en été, un temps sec et chaud peut s’expliquer essentiellement par les 2 premiers régimes, à savoir un régime dit de « blocage » positionné principalement sur le Sud de la Scandinavie et envoyant de l’air continental chaud et sec sur nos régions. Le deuxième est celui de « Atlantic Low », basse pression Atlantique envoyant de l’air chaud à l’avant favorablement influencé par une crête anticyclonique. Cet air chaud peut être potentiellement humide, mais celui-ci concerne surtout la Grande-Bretagne qui, à l’heure actuelle, enregistre un mois de juin légèrement excédentaire côté précipitations. L’analyse des régimes de temps est sans équivoque depuis 1 mois :

 

 

Depuis plus d’un mois, nous baignons dans un régime de basse pression Atlantique qui nous octroie ce temps doux/chaud, anticyclonique et donc sec. Les régimes de temps d’avril ont été plus frais, avec un anticyclone Atlantique envoyant de l’air frais parfois sec, parfois humide, ou un blocage garantissant un temps sec. La sécheresse des mois précédents s’explique aussi par la présence d’anticyclones positionnés de diverses manières mais garantissant là aussi un temps plus sec que la normale. Étant donné que la sécheresse commence à s’aggraver vu sa longueur, mais qu’elle se couple de surcroît à un temps de plus en plus chaud qui vient de connaître un (premier ?) summum, concentrons-nous sur ces dernières semaines et posons-nous cette question : Pourquoi les basses pressions restent-elles cantonnées sur l’Atlantique, laissant le champ libre aux crêtes anticycloniques venues d’Espagne et des régions subtropicales ? 

Renforcement de la cellule de Hadley

Pour trouver la réponse, il faut aller chercher dans les grands mécanismes qui régissent la circulation générale de l’atmosphère, essentiellement dans les Tropiques. Les hautes pressions qui remontent vers l’Europe continentale en été et qui ont tendance à recouvrir le bassin méditerranéen durant la belle saison reposent sur leur socle subtropical et sont générées par ce qu’on appelle les cellules de Hadley ci-après représentées :

 
 

La cellule de Hadley est un mécanisme atmosphérique qui génère de la convection à l’Equateur dû fait de l’intense chaleur et de l’intense humidité. Lorsque l’air finit par s’élever en raison de la convergence inter-tropicale, il se condense et et produit d’intenses précipitations généralement orageuses. Intervient ici un premier principe physique important : ces nuages d’orages dégagent de la chaleur latente. En effet, toute condensation dégage de la chaleur alors que l’évaporation en absorbe. Ce principe physique permet à l’orage d’avoir un environnement plus chaud que son entourage, renforçant alors la capacité de l’air à monter, telle une montgolfière. Au sommet du cumulo-nimbus, le flux d’altitude emporte l’air débarrassé de son humidité vers le Nord. A de plus hautes latitudes, il rencontre des masses plus froides, donc plus lourdes, qui le font redescendre. Intervient alors un deuxième principe physique, celui de « la pompe à vélo ». En effet, l’air, en redescendant, se réchauffe et se comprime. Cette compression dite « adiabatique » crée ainsi les hautes pressions subtropicales, véritable ceinture planétaire à l’origine des déserts du Sahara, d’Arabie, d’Atacama, et du Kalahari pour n’en citer que quelques-uns. Autour des anticyclones subtropicaux, le vent circule d’Ouest vers l’Est sur leur flanc Nord et participe au traditionnel flux d’Ouest dans les régions tempérées. Sur leur flanc Sud, le vent circule d’Est vers l’Ouest et converge vers l’Équateur, refermant ainsi la cellule de Hadley. Ce réchauffement et cet assèchement de la masse d’air libérée de son humidité originelle est le même principe que celui de l’effet de Foehn avec un versant humide et un versant sec. Notons que ce même mécanisme peut produire des records de chaleur lors de la présence de cyclones. En effet, ces phénomènes tropicaux de grande taille dégagent beaucoup de chaleur latente qui retombe sur les côtés du système avec subsidence et compression adiabatique. C’est ainsi que l’Inde battit en mai 2016 son record absolu national de température dans le Rajasthan (Ouest) alors que le Bengladesh était frappé par le cyclone Roanu. Partant de ces lois physiques et de cette circulation tropicale, nous pouvons déduire que plus il y a de la convection dans la zone inter-tropicale, plus il y a dégagement de chaleur latente, et plus les hautes pressions sont in fine susceptibles d’être fortement alimentées en subsidence, et donc puissantes. 

 

Le problème est que la zone inter-tropicale est fortement active depuis plusieurs mois. Après les désastreuses inondations endurées par le Pérou (5 fois la pluviosité annuelle dans le Nord péruvien suite à un El Nino côtier), un continent plus proche de nous, l’Afrique, est en proie à des pluies torrentielles, notamment au Niger. Le récapitulatif ci-dessus nous montre que la capitale Niamey a été frappée par des pluies très intenses, soit 130mm en un jour, ce qui représente la pluviosité de 2 mois. De la même manière, tout aussi récemment, mais dans la continuité de ce qu’on observe depuis plusieurs mois dans la zone de convergence inter-tropicale, nous avons vu circuler une impressionnante série d’ondes tropicales sur le continent africain et sa sortie. Ces ondes sont des zones locales de convergence des vents tropicaux où l’air s’élève et produit des nuages d’orages agglomérés. Ces ondes sont le premier stade d’un système cyclonique, avant même la dépression tropicale :

 

Parmi ces ondes, 2 d’entre elles ont fini par évoluer en tempêtes tropicales : Bret sur les côtes vénézuéliennes et Cindy dans le Golfe du Mexique. La précocité de 2 tempêtes tropicales durant le mois de juin devrait nous alerter et nous faire comprendre que les Tropiques sont particulièrement actifs ces derniers mois, en lien avec une circulation de Walker alimentée par un surplus de chaleur cherchant un échappatoire dans la régulation des températures du système climatique mondial car, après tout, chaque phénomène météorologique est une tentative du système atmosphérique planétaire de retourner à l’équilibre. Le problème, c’est que ces tentatives participent plus à un emballement qu’à autre chose. En effet, cette activité tropicale, par dégagement de chaleur latente à  l’Équateur et compression adiabatique dans les zones tropicales, renforce la cellule de Hadley et par conséquent les anticyclones subtropicaux qui poussent toujours plus au Nord et entretiennent des régimes de « Atlantic Low », advectant (i.e. « transportant ») de l’air chaud et sec depuis les Tropiques jusqu’aux latitudes tempérées.

Le déséquilibre que le système tente de colmater est apparu ces derniers temps avec le phénomène océanographico-atmosphérique « El Nino ». Ce réchauffement des eaux du Pacifique qui a entraîné un bouleversement des schémas atmosphériques classiques a fortement chauffé la planète Terre depuis le début 2015, comme nous l’avions rappelé il y a quelques mois avec ce graphique :

 

 

Les records sont tombés et tombent encore. Actuellement, en phase « post-El Niño », le système climatique mondial tente de retourner à la normale, mais cela est devenu impossible du fait de l’incroyable surchauffe des Tropiques et de nombreuses régions du monde. Dans ces tentatives de colmatage, les zones proches de l’Équateur dégagent de plus en plus de chaleur latente dans les ondes tropicales, alimentant ainsi la ceinture subtropicale anticyclonique. 

 

Évidemment, il serait un peu réducteur de voir encore les conséquences de El Niño derrière cette sécheresse. Les choses sont plus complexes et plus globales que cette équation. La surchauffe de ces derniers mois vient s’additionner à celle que nous vivons depuis plusieurs décennies et qui doit inévitablement déborder vers les régions nordiques à un moment ou à un autre.

D’autres éléments entrent également en ligne de compte. Il nous paraît assez évident que la surchauffe actuelle du système Terre déborde de partout, et est en train de produire ou a produit des records dans les zones de première ligne comme le Moyen-Orient, où il a fait plus de 50° pendant plusieurs jours, le Sud-ouest des Etats-Unis où des valeurs équivalentes ont été enregistrées, sans oublier la péninsule ibérique, avec les incendies portugaises et les premiers 40° de l’histoire de Madrid pour un mois de juin, pour ne citer que quelques exemples. Ces valeurs records dans les tropiques sont ainsi associées à des masses d’air anormalement chaud, qui débouchent donc quasiment automatiquent sur des situations de chaleur extrême quand elles sont advectées vers le Nord. Nous avons donc résumé cet excès de chaleur dans cette infographie :

 

Vers un été chaud ?

Cette récurrence de forte activité tropicale n’est pas anodine et n’est pas unique en son genre. En 2003, lors de l’incroyable été qui avait enfanté peut-être la plus importante vague de chaleur que l’Europe aie connu, les Tropiques avaient forcé un échappatoire vers l’Europe Occidentale et nous l’avions expliqué dans un précédent article où nous citions une étude de Christophe Cassou : « Cassou et Terray ont intégré dans un modèle couplé atmosphère-océan les différents paramètres observés dans l’Afrique maghrébine et sahélienne en 2003, comme la sécheresse du sol, le niveau de convection, et la réflectivité issue des nuages convectifs, pour en faire ressortir un impact sur les régimes de l’Atlantique Nord. La conclusion est que le régime de « Atlantic ridge », haute pression océanique responsable de vents de Nord-Ouest frais sur l’Europe, est moins présent de 54%. Par contre, les régimes de « Atlantic Low », responsable de vent de Sud-Ouest doux/chauds et humides, et de « Blocking », responsable de vents de Sud à Est (très) chauds et secs s’en trouvent renforcés de respectivement 50% en juin 2003 et 69% en août 2003. »

Notre but n’est évidemment pas de vouloir dire que l’été 2017 sera comparable à celui de l’année 2003. D’abord, même si les températures relevées en France durant ce mois de juin 2017 sont très élevées, elles ne concurrencent absolument pas ni sur la longueur ni sur l’intensité la vague de chaleur d’il y a 14 ans. Ensuite, chaque situation est différente et des changements même relativement limités dans certains facteurs peuvent avoir d’importantes conséquences. La répétitivité des advections tropicales avait été stupéfiante en 2003, avec un courant Jet refusant totalement de descendre vers le Sud, ce qui semble manquer à notre année actuelle. Il n’empêche : l’important réservoir de chaleur qui semble vouloir s’échapper très facilement vers le Nord n’est certainement pas épuisé au vu du déferlement des ondes tropicales et des températures mesurées continuellement dans les Tropiques. Parallèlement à cette analyse globale, ajoutons que les modèles saisonniers entrevoient des anomalies parfois fort élevées, dépassant allègrement les +2° pour le mois de juillet, et plutôt entre 1 et 2° pour le mois d’août. Bien entendu, ces calculs sont perfectibles, mais la convergence des résultats et des analyses interpelle et nous conforte dans notre idée que l’été 2017 pourrait bien être (assez) chaud. Entre des périodes chaudes à très chaudes, des intermèdes plus frais devraient intervenir, nous amenant éventuellement quelques épisodes orageux. A la fin de ce mois de juin 2017 qui s’annonce déjà très anormalement chaud, les 2 prochains mois pourraient dès lors bien suivre sur la lancée.

Aléas météorologiques et agriculture : l’éternelle adaptation

L’actuelle sécheresse que vit notre pays est suffisamment importante pour tenter d’analyser les conséquences de ce type d’aléas météorologiques, principalement sur le terrain et dans la vie des personnes qui les affrontent en première ligne. Dans cette optique, nous avons décidé de partir à la rencontre de professionnels bien souvent touchés par les variations de notre météo : les agriculteurs. En cette mi-juin, à un moment où le début de l’été semble confirmer la situation de tout ce début d’année, nous entrons dans une période charnière pour l’agriculture. Cette rencontre avec 5 professionnels du secteur dans la région de Genappe (Brabant Wallon) nous a permis d’avoir une vision globale, hors des idées reçues que les médias traditionnels véhiculent parfois à leur sujet.

En cette mi-juin, l’aléa météorologique « sécheresse » est au cœur des discussions sur le temps de nos régions. Avec plus de 40% de déficit enregistré à Uccle durant le printemps météorologique, le manque d’eau commence à se faire sentir dans la végétation. Les pelouses virent au jaune, la terre est sèche, les arrosages sont fréquents. Toutefois, le premier enseignement que nous tirons de notre circuit agricole est que la sécheresse n’affecte pas encore réellement à l’heure actuelle le monde du travail de la terre. A ce constat général, il faut bien entendu apporter quelques nuances. D’abord, certaines cultures ont besoin de moins d’eau que d’autres, comme les céréales qui se portent actuellement très bien. D’autres cultures, plus demandeuses en eau comme les betteraves, le maïs, ou la pomme de terre, risquent d’être pénalisées mais leurs récoltes se réalisant principalement en août ou septembre, le pronostic n’est pas encore engagé. Ensuite, selon les régions, le déficit et les difficultés sont plus profondes, comme du côté de Tournai où la terre est moins limoneuse, plus argileuse ou sablonneuse, et où le déficit local est plus important. Ajoutons à cela que la partie la plus chaude de l’année arrivant, si ce déficit hydrique venait à se prolonger et à se coupler à des températures trop élevées, la situation pourrait alors radicalement et rapidement changer. En effet, jusqu’à présent, cultures et agriculteurs vivent sur leurs réserves, mais celles-ci s’épuisent progressivement et les plantes sont « obligées » de chercher plus profondément l’eau pour s’alimenter. Les 15 prochains jours devraient s’avérer cruciaux, d’après un agriculteur rencontré.

A l’opposé de cet aléa « sécheresse », les pluies et plus particulièrement les orages, ainsi que les inondations qui en découlent apparaissent comme le cauchemar des agriculteurs. L’année passée, la région de Genappe avait été fortement touchée par les orages diluviens. Encore à l’heure actuelle, les fermes et d’une manière générale les habitations portent les stigmates de cet aléa « inondations ». Beaucoup de cultures ont été endommagées, soit par l’accumulation de pluies, la boue, la grêle, ou les rafales de vent. Les agriculteurs que nous avons rencontrés avaient alors comptabilisé 50% de pertes ! De plus, les machines sont moins consommatrices de carburant en période sèche qu’en période humide, ce qui est un paramètre non-négligeable. Le bétail fut aussi touché et obligé de rester dans les étables alors qu’à l’heure actuelle, ceux-ci peuvent nettement plus rester dehors et paître généralement en toute tranquillité. Au travers des diverses conversations, il apparaît donc clairement que la sécheresse actuelle est une situation plus acceptable que celle de l’année passée où la production agricole avait été durement touchée. Selon les professionnels de cette région du Brabant Wallon, les orages tendent à être plus forts et plus destructeurs, impression ou statistique difficile à confirmer. Il s’agit donc de leur plus grande préoccupation. Lorsque le temps est stable, les agriculteurs ne sont pas spécialement rivés sur les prévisions météorologiques. En cas de risque orageux, la situation est très différente et en juin 2016, beaucoup se sont demandés « quand allait cesser cette vague orageuse » qui se réalimentait sans cesse.

Un autre aléa craint par le secteur agricole est la chaleur. Autant une sécheresse fraîche ou douce peut encore être gérée, autant une chaleur, même ponctuelle est un réel problème. Le bétail peut souffrir des hautes températures, et celui-ci doit être protégé. Des investissements comme par exemple dans des hangars isolants sont alors parfois nécessaires, ce qui élève parfois drastiquement les coûts. De plus, l’augmentation des températures entraîne aussi une prolifération d’insectes, notamment volants, qui étaient alors inconnus jusqu’à il y a peu dans nos régions. Leur piqûre peut entraîner des problèmes sanitaires chez le bétail avec des risques d’avortements. La situation de sécheresse actuelle combinée à un épisode de forte chaleur pourrait alors être une réelle source d’inquiétude pour le secteur, surtout s’il venait à se prolonger durant le mois de juillet, alors que les premières périodes de récoltes s’annonceront. A ce sujet, et toujours concernant la chaleur et la sécheresse, le mois de septembre 2016 particulièrement chaud et sec perturba les moissons, et empêcha les agriculteurs d’effectuer normalement leur travail de récolte. Pris entre les dernières chaleurs, les pluies automnales et les premières gelées, ceux-ci purent néanmoins récupérer les fruits de leur dur labeur sans perte, presque par miracle.

Le dernier aléa est celui des gelées, ou plus généralement tout phénomène hivernal. Qu’elle soit précoce comme cela aurait pu être le cas après le magnifique mois de septembre 2016 ou tardive comme c’est souvent le cas en milieu de printemps, la gelée peut sérieusement perturber la récolte ou la semence. Cette année, durant le mois d’avril, des minimales jusqu’à -5° ont perturbé la mise en place des cultures et ce d’autant plus que ce niveau de gelées n’aurait pas été correctement anticipé par les bulletins météorologiques. Ce « détail » montre aussi que l’agrométéorologie reste une science toute particulière et que les champs ont pratiquement leur propre climat, comme chacun peut le constater à leurs bords. Une des personnes rencontrées nous a clairement signifié qu’une petite différence de températures à ce niveau peut entraîner de grosses conséquences. En ce qui concerne les précipitations hivernales et l’accumulation de neige au sol, celle-ci semble être un « ami » des agriculteurs car, en fondant, elle apporte une humidification notable des couches proches de la surface. Or, ces dernières années, les quantités de neige ont été largement insuffisantes.

Ce tour d’horizon de différents aléas nous permet de comprendre que l’agriculteur doit constamment jongler avec la météo, et cela s’avère être un exercice hautement compliqué à une époque où les changements climatiques bouleversent les cultures. Toutefois, en fonction des personnes rencontrées et de leurs cultures, nous avons pu remarquer que le facteur économique, à savoir la concurrence mondiale, reste un autre aléa qui oblige les agriculteurs à se battre chaque jour. Quoiqu’il en soit, les conversations que nous avons eues à ce sujet attestent d’une évolution du climat : « décalage des saisons », « changements brusques », « longues périodes de temps humide ou sec », les mêmes expressions revenaient assez souvent, pointant une nouvelle tendance. Le changement climatique oblige les agriculteurs à s’adapter, comme nous avons pu le constater chez l’un d’entre eux qui s’est diversifié vers des cultures de petite taille, plus gérables. Malgré tout, la sécheresse perturbe à l’heure actuelle la croissance de ses produits.

Loin du cliché de « l’agriculteur qui n’est jamais content », notre tour agricole dans le Brabant Wallon nous a montré que le travail de la terre est a fortiori un métier difficile, qui demande expérience, dur labeur, observations méticuleuses, forte réactivité, et donc adaptation, notamment face aux aléas météorologiques. En Europe Occidentale, où le changement climatique s’opère dans une zone tempérée, nous pouvons encore nous estimer modérément touchés par les évolutions actuelles. D’autres régions, plus proches de climats plus extrêmes, peuvent basculer plus rapidement vers un climat nettement plus défavorable. Beaucoup nous ont signalé que le Sud de la France et l’Espagne rencontrent nettement plus de difficultés à cause des chaleurs plus intenses, des périodes de sécheresse plus longues alternant avec de brusques orages dévastateurs. De notre côté, de nouvelles cultures pourraient voir le jour. Ainsi, non sans un certain sourire, une personne nous a rappelé les possibilités de viticulture qui sont en augmentation dans nos régions. Cette dernière remarque résume à elle seule cette obligation d’adaptation que les agriculteurs doivent prendre en compte chaque année afin de pérenniser leurs exploitations.

 
 

Orages de la fin mai 2017 : de la difficulté de la prévision locale

La fin du mois de mai 2017 a été marquée par une chaleur inhabituelle à cette période de l’année. Elle s’est accompagnée de manifestations que l’on pourrait qualifier de cas d’école d’orages locaux mais particulièrement actifs. Cet épisode nous permet de développer un peu de pédagogie mais aussi de montrer comment Info Meteo s’est « époumonné » à tenter d’anticiper et de suivre ces orages sur le terrain. Il s’agit ici de bien comprendre à quel point l’orage local peut-être particulièrement sournois, et surtout provoquer l’interrogation d’une partie de la population. Celle-ci, après avoir pris connaissance du risque orageux par la météo, reste interrogative lorsqu’elle ne connait finalement pas la moindre manifestation orageuse, à part les cumulonimbus lointains qui attirent l’attention de la personne avertie.
 
Outre l’évolution de la situation, nous synthétisons ici les échanges entre les membres d’Info Meteo et de Belgorage qui ont été particulièrement riches au cours de cet épisode orageux. Nous avons volontairement mis certains éléments clés en gras, ceux-ci expliquant le comportement des orages observés.
 

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La terre a soif ! A propos du déficit pluviométrique qui s’accentue

Rappelez-vous, déjà fin décembre dernier, la Belgique ressentait les premiers effets d’une sécheresse hivernale, consécutive à un mois de décembre très sec. A ce moment-là pourtant, la situation passait relativement inaperçue au niveau de la végétation. 

Par la suite, l’hiver avait quelque peu corrigé le tir: le creusement du déficit pluviométrique, s’il n’était pas interrompu, avait été sérieusement ralenti. Mais dès février, la courbe reprenait son décrochage, avec une véritable chute entamée au tiers de l’actuel printemps.

Pour avoir une vue précise, passons en revue les relevés de Uccle des douze derniers mois avec le tableau ci-dessous (source des données: IRM). 

Il rappelle ainsi à notre bon souvenir (si on peut parler de bon) le mois diluvien de juin 2016 qui, à la suite d’une répétition peu commune de pluies orageuses, avait terminé sur un record à Uccle: celui du mois de juin le plus arrosé depuis que l’on fait des mesures. En toute logique, cet énorme excédent avait alors permis d’établir une réserve car, dès juillet 2016, commençait une suite de mois sous les normes pluviométriques qui sera uniquement interrompue par novembre.

L’été, malgré ces mois « normalement secs », n’a donc connu aucun problème. Toutefois, septembre 2016 porte un premier coup à la série statistique, en s’affichant comme un mois très anormalement sec. Les bonnes mémoires se souviendront que ce mois avait de fait été très beau et surtout chaud, avec une envolée remarquable des températures au milieu du mois. Seule la petite région du Westhoek a « limité » le déficit à 50% alors qu’ailleurs il se positionnait souvent autour de 75%.

Octobre est lui aussi « normalement sec », avant un novembre enfin « normalement pluvieux », mais avec des disparités plutôt importantes entre la région anversoise (proche de 200% d’excédent) et la « Botte du Hainaut » (déficit de 50%). Il est suivi par un mois de décembre extraordinairement calme et anticyclonique durant lequel il ne tombera pratiquement rien du ciel. 28 mm relevés contre 81 mm en temps normal, c’est exceptionnellement sec. Dans les régions de Bastogne et de Libramont, le déficit atteint même 90% ! Même les Hautes Fagnes ne sauvent pas la mise avec 60% de déficit. Et l’on comprend dès lors pourquoi les premiers problèmes de sécheresse sont apparus ça et là durant ce mois.

S’en suit alors un janvier moins sec, qui limite les dégâts, quoique une large partie Sud-Est du territoire n’enregistre que 80% du total normal, avec même 50% de déficit sur le Sud-Ardennes. Seul le Nord des Flandres a enregistré un léger excédent. Mais par la suite, chaque mois se fera un peu plus sec, avant de finir sur un avril très normalement déficitaire en pluie : aucune région n’excède les 65% du total normal et pratiquement toute la Wallonie a subi 70% de déficit. Le mois de mai qui se termine ne corrigera pas le tir.

Le graphique ci-dessous est également plein d’enseignements. Il montre les cumuls mois après mois des précipitations en bleu, comparé au cumul que nous devrions avoir en temps normal en orange.

Ainsi, juin 2016 a très clairement constitué une réserve en eau importante pour l’été: même si juillet, août, et surtout septembre ont été plus secs, l’avance procurée par les pluies de juin a permis d’éviter tout problème. Par la suite, octobre et novembre ont rétabli un cumul normal, mais décembre 2016 a par la suite entamé un déficit qui n’a depuis dès lors pas été corrigé, et qui mois après mois se creuse davantage.

Nous voici donc à l’aube d’une saison estivale où vont s’affronter deux antagonismes qui dirigent les conversations de météo depuis toujours: « espérons un bel été » ou « on a besoin d’eau ». La situation pluviométrique de nos régions est médiatisée depuis plusieurs mois, et ceci tend à s’amplifier ces dernières semaines, du fait de ces 3 mois printaniers qui creusent d’autant plus le déficit que le soleil se montre régulièrement, asséchant encore plus les sols. Dans ce cadre où certaines professions météo-sensibles commencent à ressentir les effets de cette sécheresse, réclamer « un bel été » paraît à première vue compréhensible, ne fût-ce que pour la bonne humeur. Toutefois, si la belle saison devait poursuivre sur la lancée, les conséquences à long terme, pas toujours visibles alors que nous sommes dans l’instant présent les pieds dans l’eau une glace à la main, pourraient s’avérer néfastes pour n’importe quel quidam. En étant même un peu provocateur, un « été pourri » (c’est-à-dire normal) serait plutôt une bonne nouvelle. Un été à la 2003 ou à la juillet 2006 relèverait alors au final plus de la mauvaise nouvelle que de l’allégresse collective à la vue du Hélios flamboyant.

Pluies verglaçantes du 7 janvier 2017

Il n’a donc pas fallu attendre bien longtemps pour que 2017 nous expédie fissa son premier grand événement météorologique, sous la forme d’un épisode neigeo-pluvieux verglaçant particulièrement contraignant. Dans cet article, nous faisons rapidement le point sur le mécanisme et le déroulé des événements.

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