Et le climat s’est effectivement détraqué en 2015 …

En avril 2014, notre équipe avait écrit un article qui peut paraître aujourd’hui prophétique au vu du bilan établi conjointement par la NOAA et la NASA. Cet article se terminait par la phrase suivante : « Cependant, nous pouvons noter que la tendance serait d’avoir une année 2015 exceptionnellement chaude, probablement record, au niveau global. » Nous vous proposons donc de revenir sur quelques chiffres de cette année folle où le climat s’est effectivement détraqué.

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Pali et Alex, 2 ouragans qui défient la physique !

Ce mois de janvier 2016 est dans la continuité de toute l’année 2015 en ce qui concerne les ouragans, avec Pali, ouragan du Pacifique Central qui défia la force de Coriolis, et Alex, ouragan de l’Atlantique Nord, qui défia les eaux « froides » des Açores.

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Septembre 2015: un mois… frais

Dans le petit monde de la météo, c’est presque un événement. Dans un océan de mois trop (et parfois beaucoup trop) chauds, voici venir un mois assez frais par rapport à la moyenne. Le fait est d’autant plus remarquable qu’il s’agit d’un mois d’automne, et que le dernier mois d’automne frais remonte à bien longtemps. Nous verrons que l’anomalie n’est pas très importante, mais suffisamment pour éveiller l’intérêt d’Info Meteo. L’effet de surprise passé, survient rapidement la question du « pourquoi? ». Nous essayerons d’y répondre.

Septembre fut calme, et propice à l’apparition de brumes, comme ici près de Ramillies (auteur: F. Nicolas)
 

Septembre 2015 en chiffres

En fait, septembre 2015 est un mois très normal d’un point de vue climatologique, en attestent les données de la station de Uccle:

  • Le total des précipitations s’établit à 59,1 mm, contre une moyenne de 68,9 mm. Ceci est considéré comme normal;
  • Le nombre de jours de précipitations est de 21, contre une moyenne de 15,7. Malgré l’écart apparent, ceci est considéré comme normal;
  • La durée de l’ensoleillement, 142h28, contre une moyenne de 143h04, est très normale;
  • Le paramètre intéressant est donc la température. La moyenne du mois de septembre s’établit à 13,5°C, contre une moyenne normale de 14,9°C. L’écart est donc de -1,4°C, ce qui est loin d’être négligeable. Pourtant, le seuil de l’anormalité est situé à… 13,5°C. Statistiquement parlant, notre mois de septembre 2015 doit donc être considéré comme « normalement frais », alors que si nous avions obtenu 13,4°C, nous aurions dû parler d’un mois anormalement frais. Les statistiques et leur rigueur sont ce qu’elles sont…

Pour information, le dernier mois « frais » est celui de mai 2015 avec une déviation de -0,5°C par rapport à la moyenne, considérée comme normale. Si nous recherchons le dernier mois avec -1,0°C d’anomalie ou moins, il faut remonter jusqu’à août 2014 (déviation très anormale de -1,8°C). Enfin, pour trouver un mois automnal avec une anomalie sous -1°C, il faut remonter à septembre 2001. C’était alors un mois très anormalement froid au regard de la norme 81-10.

Le graphique ci-dessous réalisé par nos soins montre l’ensemble des moyennes de tous les mois de septembre jusqu’à 2014. La droite rouge indique le seuil de l’anomalie -1°C par rapport à la norme 81-10. Nous voyons clairement que cette anomalie n’a plus été atteinte depuis 2001, alors que cela arrivait assez régulièrement avant. Les derniers septembres ont même tendance à être trop doux, dans un contexte de réchauffement climatique qui se note surtout sur l’automne depuis une dizaine d’années maintenant.

Evolution de la température des mois de septembre.
 

Quelles sont les causes? 

Ce mois de septembre 2015 a vu se produire quelques bizarreries à l’échelle de l’hémisphère nord. La principale d’entre elles est la persistance anormale et surtout la stabilité d’une ceinture d’anticyclones vers 60° de latitude Nord, donc bien au nord de nos régions. Or, au début de l’automne, les anticyclones sont sensés se déplacer au gré du vortex dépressionnaire polaire se reconstituant. Ce placement d’anticyclones au nord de la Belgique n’a été perturbé que quelques fois, et de manière assez courte. Cette barrière anticyclonique a contribué à limiter les afflux d’air doux vers nos régions.

La carte ci-dessous présente les anomalies de géopotentiels à 500 hPa. Le géopotentiel est la hauteur à laquelle se trouve une pression donnée (ici 500 hPa). Plus ce géopotentiel, et donc l’altitude, est haute, plus les conditions sont anticycloniques. L’anomalie présente donc l’écart entre la hauteur qui est observée et la hauteur moyenne normale que nous devrions avoir. Nous voyons, vers les hautes latitudes, des anomalies positives assez conséquentes (couleur jaune-orange). En d’autres termes, sur ces régions, le géopotentiel dans le courant du mois de septembre a été bien plus élevé que ce que nous aurions dû avoir; la persistance des anticyclones dans ces régions en est responsable.

Anomalie de géopotentiel à 500 hPa.
 

A la fin du mois de septembre, cette barrière anticyclonique a été particulièrement puissante au nord de nos régions, avec une haute pression très stable qui nous a placé dans des courants d’est bien secs, mais aussi assez frais car provenant de la Russie et de la Scandinavie commençant à se refroidir. Vers le 10, l’anticyclone se trouvait sur les îles britanniques et faisait entrer de l’air maritime lui aussi assez frais sur nos régions. Ajoutons à cela des nuits bien dégagée et donc très fraîches, et nous avons là une explication de la fraîcheur constatée pour ce mois de septembre.

Situation le 29 septembre.

Enfin, une autre hypothèse peut être avancée pour aussi expliquer cette fraîcheur. Cette année, l’anomalie froide de l’Atlantique nord, connue depuis longtemps maintenant, s’est encore accentuée. Les eaux de l’Atlantique ont ainsi atteint des records de froid, alors que toute la planète explose des records de chaleur. Les causes de cette anomalie sont encore incertaines (ralentissement régulier et connu du Gulf Stream provoqué par la fonte d’une partie des glaces du Groenland, persistance dépressionnaire sur l’Atlantique cette année, basculement de l’Oscillation Multidécenale Atlantique ou AMO en phase négative), mais il est possible que ce froid se soit transmis aux masses d’air maritime se déplaçant vers l’est en direction de nos régions.
 
En d’autres termes, lorsque le flux n’était pas piloté par les anticyclones anormalement placés au nord de nos régions, des dépressions atlantiques entraînaient avec elles de l’air plus frais que la normale.
 
L’anomalie froide de l’Atlantique nord à la fin septembre.
 
L’ensemble des causes énoncées ici a sans doute une bonne part d’explication de ce mois frais.
 

Des Bermudes à l’Europe: Henri et les orages du 16 septembre 2015

L’année passée, nous avions publié un article s’intitulant « Bertha et les tornades« . Aujourd’hui, c’est Henri et les orages. Le point commun entre les deux dépressions dont nous évoquons ici les noms, c’est leur origine tropicale: ce sont des cyclones tropicaux évoluant dans l’Atlantique qui, en se dirigeant vers l’Europe, perdent leurs caractéristiques tropicales mais véhiculent néanmoins avec eux des masses d’air chaud et bien humide. L’expérience nous apprend que l’arrivée de telles dépressions post-tropicales en Europe est souvent synonyme de grabuge, avec la survenue d’orages et parfois de tornades en série, comme cela fut le cas l’année passée avec Bertha. Ce le fut également cette année avec Henri.
 
Trajectoire de Henri en tant que cyclone tropical, du sud vers le nord.
 

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Orages intenses du 13 août 2015

Autant le début de la saison orageuse (et juillet surtout) fut pauvre, autant ce mois d’août semble se plaire à nous rappeler que cette saison des orages est loin d’être finie. Après le 3 août sur l’ouest, le 7 août sur le centre et l’est, ce jeudi 13 août voit se produire une dégradation orageuse sévère, qui sera peut-être la plus importante de cette année avec celle du 5 juin. L’IRM a annoncé avoir détecté environ 30 000 éclairs au-dessus de la Belgique. Ce chiffre, bien qu’assez loin des records, reflète une dégradation intense et constitue le plus haut score de cette année.
 
Situation météorologique
 
C’est une situation à laquelle on commence à être habitué qui déclenche ces orages. Une dépression assez creuse plonge sur le Golfe de Gascogne, provoquant une brutale remontée d’air chaud vers nos régions. Il a effectivement fait très chaud l’après-midi du 13 août avec 31,9°C à Gosselies, 32,2°C à Uccle, 33,2°C à Dourbes et 33,6°C à Buzenol. Il est intéressant de voir que cette augmentation des températures est liée à l’ensoleillement mais aussi à l’invasion brutale d’une masse d’air très chaud arrivant du département des Ardennes où des températures jusqu’à 35°C ont été enregistrées.
 
Autre élément aggravant, la présence d’une forte humidité dans l’air des basses couches. Ainsi, vers 14h00, des taux d’humidité relative supérieurs à 60% étaient constatés dans l’Entre-Sambre-et-Meuse et le Namurois. Ceci rendait d’ailleurs l’air très insupportable. Sur le coup de 17h00, Ernage enregistrait un humidex de 40,6. En d’autres termes, l’air était tellement moite que le corps humain ressentait la même chose que s’il avait fait 40,6°C par temps sec. Cet air bien moite et chaud a persisté jusqu’à l’arrivée des orages, servant de carburant à ceux-ci.
 
 
L’analyse de surface ci-dessus (à 14h00 heure belge) montre que nos régions sont dans un marais dépressionnaire dominé par un léger flux d’est. Sur le centre de la France par contre, le vent est de sud. Il se crée entre les deux une zone de convergence de ces vents, formant une ligne de convergence sur le nord de la France et remontant vers la Belgique (trait rouge gras). Elle y parvient en fin d’après-midi en butant sur l’air chaud et moite possédant une forte énergie potentielle pour la convection (CAPE supérieure à 2000 J/kg d’air). En altitude par contre, la dynamique reste modérée, avec un courant Jet de sud présent mais pas exceptionnel. S’il avait été plus présent avec des noyaux de divergence bien organisés, les orages auraient été bien plus violents encore.
 
Déroulement de l’épisode
 

Les premiers orages ont commencé à se déclencher aux alentours de 15h00 au sud de nos régions. L’un ou l’autre foyer s’est développé à l’avant comme sur la région de Thuin, mais ces derniers furent brefs. C’est vraiment le long de la ligne de convergence remontant de France qu’a commencé à se mettre en place la majeure partie de l’activité.

A 16h10, un axe bien actif s’est déjà formé au sud du Pas-de-Calais. A noter que l’activité électrique est déjà très intense: chaque rond rouge entoure un impact se produisant au moment où l’image a été enregistrée. Plus à l’est par contre, les cellules ne sont pas encore soudées entre elles, mais certaines sont déjà fortes.

Activité électrique dans les deux heures précédant l’enregistrement de l’image à 16h10. Les impacts blancs sont les plus récents.
 
L’activité va en se renforçant, et à 16h30, c’est un début de QLCS qui entre sur le département du Pas-de-Calais. Le QLCS est un système convectif de mésoéchelle (MCS) qui se traduit en français par Système convectif quasi linéaire. Ce type d’organisation orageuse prend donc pratiquement la forme d’un axe, souvent très intense. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter l’article écrit par Info Meteo à ce sujet: MCS et QLCS. Plus à l’est, une organisation en orages multicellulaires est observée, mais leur puissance reste modérée.
 
Radar des précipitations à 16h30.
 
Vers 17h15, les choses ont déjà bien évolué: le QLCS sur les départements du Nord et du Pas-de-Calais ne cesse de se renforcer. En plus d’une activité électrique qui devient impressionnante (une moyenne de 250 éclairs par minute), le système est générateur de pluies diluviennes, de grêle et de puissantes rafales de vent provoquant des dégâts, notamment autour de Lens dans les instants suivants. Plus à l’est, les cellules jusque là alignées mais non soudées entre elles commencent à resserrer les rangs tout en se renforçant rapidement. Ainsi, un orage est en train d’exploser sur le nord-ouest du département des Ardennes, au sud de Chimay.
 
Image de l’activité électrique enregistrée à 17h15.
 
Vers 17h40, une section violente du QLCS balaye donc Lens, tandis que plus à l’est, les cellules commencent à entrer en Belgique. Une autre touche le Cambresis, avec les mêmes effets. On note aussi l’apparition de petits mais très intenses noyaux orageux à l’avant de l’axe, au sud de Charleroi et près de Mons. A partir de ce moment-là, tout va aller très vite.
 
Radar des précipitations à 17h40.
 
L’image suivante montre la situation environ une demi-heure plus tard, et souligne un net renforcement de l’axe orageux avec l’allongement du QLCS jusqu’à la région de Charleroi. Les conditions se dégradent effectivement très rapidement sur le nord de l’Entre-Sambre-et-Meuse avec l’explosion brutale de multiples cellules orageuses qui adoptent immédiatement un caractère très intense en provoquant des dégâts dus au vent et des grêlons de plusieurs centimètres de diamètre. La même modification de morphologie est observée autour de Mons. L’ensemble prend ainsi la forme d’un bow echo, mais la persistance de cette structure étant brève, nous ne pouvons en être totalement sûrs.
 
Radar des précipitations vers 18h15.
 
L’enregistrement de l’image des impacts de foudre à 18h45 illustre très bien ce déplacement du maximum d’intensité vers la Belgique, avec une violente activité électrique sur le Hainaut et l’ouest de la province de Namur. A ce moment-là, le QLCS s’est donc étendu jusqu’à la capitale wallonne par formation et agglomération de nouvelles cellules orageuses.
 
Image de l’activité électrique enregistrée à 18h45.
 
Une heure plus tard, le QLCS atteint la région de Bruxelles. A l’est, des cellules orageuses nouvellement formées ont continué à s’y agglomérer, de telle sorte que le système s’étend désormais jusqu’à Liège. Par contre, sa partie ouest se dilue complètement au-dessus de la Mer du Nord en un paquet pluvio-orageux sans réelle intensité. Quelques orages parfois assez intenses se produisent à l’arrière, notamment au sud de Tournai.
 
Radar des précipitations à 19h45.
 
Vers 20h30, nous retrouvons le QLCS sur la Flandre, où il commence à rétrécir en taille. Dans l’heure suivante, il s’évacue en direction des Pays-Bas tout en continuant à faiblir.
 
Radar des précipitations à 20h30.
 
Plus tard cependant, des orages se reformant sans cesse sur la région de Liège engendrent des pluies diluviennes sur la région de Genk ainsi que des dégâts liés au vent. D’autres foyers débordent en fin de soirée sur le sud de la province de Liège et un petit système multicellulaire concerne la région de Arlon et de Bastogne, avant la fin de l’épisode en début de nuit.
 
 
 
Synthèse
 
Les orages ont été très pluvieux avec des lames d’eau importantes observées localement, la plus haute étant Diepenbeek (56 mm). De même, de la grêle a été reportée, avec parfois des grêlons de taille significative (jusqu’à 3-4 cm) comme dans la région de Thuin, le nord du Hainaut et l’ouest de la Flandre. Des grêlons de belle taille sont aussi tombés en plusieurs endroits du Nord-Pas-de-Calais, ainsi que dans l’ouest de la province de Liège. Des dégâts dus au vent ont été largement signalés dans le Hainaut et dans le Nord-Pas-de-Calais, correspondant au passage des segments les plus violents du QLCS. Plus à l’est, des dégâts liés aux fortes rafales ont également été signalés, mais plus sporadiquement. Les relevés montrent de fortes rafales, mais pas excessives. Cependant, vu leur dispersion, il est certain qu’ils n’ont pas enregistrés les plus violentes bourrasques.
 
Grêlons récoltés à Lobbes, dans l’est du Hainaut. Auteur: C. Tournay.
 
 
 

L’activité électrique n’a pas été en reste, comme le montre la carte ci-dessous qui reprend les impacts enregistrés entre le 13 à midi et 14 à midi. L’IRM a comptabilité environ 30 000 éclairs au-dessus de la Belgique. Ce chiffre est important, mais pas extrême. A titre d’exemple, le 28 juin 2011 a connu environ 80 000 éclairs belges.

Observations Montigny-le-Tilleul (sud-ouest de Charleroi)

Vers 14h30, les premiers cumulus bourgeonnent dans un air étouffant de moiteur. Néanmoins, ils ne parviennent pas à évoluer jusqu’au cumulonimbus. Il semble manquer un peu de dynamique et, de fait, la ligne de convergence n’est pas encore là. Mais vers 15h15, l’un d’entre eux finit par évoluer en orage, mais très faible vu qu’il ne dure qu’un gros quart d’heure en ne donnant que quelques coups de tonnerre. Le ciel s’éclaircit et l’air se réchauffe à nouveau.Aux alentours de 17h30, des cumulus s’élèvent à vue d’oeil vers le sud-est, en direction de Walcourt, et le ciel s’assombrit rapidement. Un orage finit par se déclencher à une dizaine de kilomètres et adopte très vite un caractère intense: le tonnerre est continu et bruyant et le radar montre de très fortes précipitations. L’orage passe ensuite à quelques kilomètres au sud-ouest, en restant intense et en donnant une bonne averse. Par contre, aucun éclair ne se montre.Tandis que celui-ci s’éloigne, le ciel devient noir à l’horizon sud, et un semblant d’arcus se forme à quelques kilomètres. Le vent commence à souffler avec insistance tandis que ce qui arrive du sud se renforce violemment et forme un véritable barrage de précipitations dans lesquelles scintillent des flashes d’éclairs en continu.

 
Peu après 18h00, l’orage est très proche et le vent souffle en violentes rafales. L’activité électrique est impressionnante, surtout vers Thuin où le ciel prend des teintes livides (vert et gris), aspect renforcé par la violence de l’activité électrique intranuageuse qui éclaire de violet cet ensemble. La séquence suivante est tirée d’une vidéo, la qualité n’est pas optimale. Mais l’on remarque bien l’arrivée de l’orage avec surtout le noyau de très fortes précipitations (pluies et grêle) qui tombent vers Thuin et Lobbes.
 
 
 
 
Durant son passage au zenith, l’orage se fait très intense avec de fortes pluies soufflées en rafales violentes. L’activité électrique est presque entièrement composée d’intranuageux qui éclairent brillamment les nuées au zénith, à raison d’un par seconde, parfois plus! Les précipitations sont à ce point intense que des accumulations d’eau commencent à se former, faute de pouvoir être évacuées par les égouts qui saturent. Heureusement, le QCLS ne s’attarde qu’un petit quart d’heure, et commence à s’éloigner vers le nord-ouest. C’est à son arrière que les éclairs commencent à se montrer, soit sous la forme de violents coups de foudre positifs, soit sous la forme d’internuageux:
 
 
 
Passé 18h45, l’orage quitte définitivement la région.
 
Profondsart
 
La Province du Brabant Wallon, qui semblait en première phase en bordure de l’axe orageux, profita d’une dynamisation de la ligne de convergence au fur et à mesure du début de soirée. En effet, un foyer orageux se constitua dans la région de Charleroi et permit à l’axe orageux présent sur les Flandres et l’Ouest du Hainaut de s’étendre vers l’Est. Parallèlement, des cellules orageuses de prime abord isolées se formèrent à l’Est de Namur. Au milieu, une simple masse pluvieuse, un « trou » dans la dynamique orageuse. Cette situation ne pouvait perdurer.
 
En effet, au fil minutes, l’axe hennuyer tendit un « pont » vers les cellules namuroises et c’est finalement tout un axe qui se forma depuis le Westhoek jusqu’à l’Est de Namur, avec différents foyers de plus grande activité. L’un d’entre eux se constitua sur le Namurois, et remonta vers le Nord-Nord-Ouest. Depuis ma position, le ciel s’obscurcit mais c’est surtout le vent qui commença à se lever. L’axe orageux, tel qu’il fut détecté par le radar, semblait d’abord mince. Tout au plus quelques kilomètres. L’offensive devait donc être courte. Le tonnerre se fit progressivement entendre et les premiers éclairs furent visibles. Cependant, comme l’indique bien la capture de l’application Blitzortung, la plus grosse activité électrique se concentra sur l’Est du Brabant Wallon, à l’Est de ma position. Dans la vidéo ci-dessous, cette tendance est assez nette : peu de coups de foudre autour de ma position, mais des flashs plus nombreux dans la direction Est.
 
 
 
Au passage de l’axe orageux, ce sont évidemment de fortes pluies qui s’abattent sur ma position, mais le vent, bizarrement, se calme. Aucune grêle n’est enregistrée. Les flashes continuent longuement, et ce passage dure plus longtemps que pressenti. A la fin de celui-ci, alors que j’avais précautionneusement éteint mon ordinateur, je le rallume et constate un brutal élargissement de l’axe orageux sur ma position, s’étendant à une trentaine de kilomètres. Il est donc remarquable que la ligne de convergence, d’abord concentrée sur les départements français de l’Ouest, les Flandres belges, et le Hainaut Occidental, a vu sa dynamique s’étendre vers le pays de Charleroi et a, grâce à la naissance de cellules orageuses namuroises, pu se refermer sur le centre du pays, avec des dégâts aussi enregistrés dans la région bruxelloise.
 
 
Vos photos
 
Vous avez été quelques-uns à nous faire parvenir vos photos.
 
Arrivée d’un acus à Westende. Auteur: A. Fetteke
 
Eclair internuageux à Ramillies. Auteur: F. Nicolas.
 
Coup de foudre à Villers-le-Bouillet. Auteur: G. Schroeders.
 
Cellule orageuse en développement à Gourdinne. Auteur: H. Vicenzi
 
Séquence d’éclairs à Horion-Hozemont. Auteur: A. Roland.
 
Coup de foudre à Chênée. Auteur: J. Gauthier.
 
Coup de foudre à Crisnée. Auteur: P. Lottin.
 
Sources: Meteo France, IRM, Keraunos, Blitzortung, KNMI…
 

Double salve orageuse du 7 août 2015

Comme indiqué dans le titre, les orages ont frappé nos régions en deux fois: la première dans la nuit du 6 au 7 et la seconde en soirée du 7, après une journée du 6 très estivale (températures maximales de 26 à 30°C).
 
Nuit du 6 au 7 août
 
Les orages étaient attendus, mais les modélisations prévoyaient des intensités raisonnables. Au final, ce sont de forts orages qui ont concerné un axe allant de Chimay au nord-ouest de Liège via le Namurois. Aussi bien les cumuls de précipitations que les cartes d’impacts de foudre montrent l’étroitesse de cet axe. Les quantités de pluie relevées varient parfois fortement sur de petites distances, notamment dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. Un deuxième axe formé en fin de nuit a léché les Hautes Fagnes en concernant l’ouest de l’Allemagne.
 
 
 
Ces orages ont été initiés par l’apparition d’une petite ligne de convergence en travers de la Belgique. Les différences de température de part et d’autre étaient suffisamment marquées pour que nous puissions la considérer comme un pseudofront ondulant. En effet, dès la fin de l’après-midi, le vent de nord-ouest puis de nord a poussé de l’air plus frais depuis les côtes vers l’intérieur des terres, jusqu’à rejoindre le centre de la Belgique. En plus de cela, l’arrivée d’une petite dépression thermique par le sud a fait tourner le vent au nord-est sur le sud-est de la Belgique, ramenant ainsi de l’air chaud et forçant la collision des deux masses d’air, d’où la formation de la ligne de convergence/pseudofront. La limite ainsi formée sert de « rail à orages », ceux-ci se déplaçant en suivant le front, guidés par le flux en altitude qui était alors de sud-ouest. De plus, un noyau de divergence dans ces courants d’altitude a provoqué un forçage, soit un appel d’air ayant entraîné l’ascension de l’air. L’analyse de surface de 2h00 montre le pseudofront en travers de la Belgique, ainsi que la petite dépression sur le nord-est de la France.
 
 
C’est entre minuit et 1h00 du matin que tous les facteurs se mettent en place, et la réaction ne se fait pas attendre avec la rapide apparition de foyers orageux.
 
 
Une heure et demi plus tard, un axe orageux s’est constitué le long de la convergence, de telle sorte que les cellules défilent sur les mêmes régions. Ainsi, l’Entre-Sambre-et-Meuse est concernée par des orages multicellulaires intenses accompagnés d’une forte activité électrique (parfois un éclair toutes les deux à trois secondes). De la grêle est également signalée du côté de Chimay. D’autres orages plus sporadiques sévissent plus à l’est, sur le nord du massif ardennais, la Famenne et le Condroz.
 
 
A 3h25, l’axe est toujours sur les mêmes régions, et se met également en place vers le nord-est. 
 
 
Le déplacement du système reste très lent puisque à 6h00 du matin, il vient à peine de quitter le sud-est de l’Entre-Sambre-et-Meuse en faiblissant. Par contre, il continue de donner de bonnes intensités sur la province de Liège.
 
 
Quelques photos ont été prises par Info Meteo depuis Montigny-le-Tilleul. La plus grande part de l’activité électrique était intranuageuse.
 
 
 
Certains de nos lecteurs ont eu par contre plus de chance!
 
Coup de foudre à Ramillies (F. Nicolas).
 
Eclair internuageux à Villers-le-Gambon (O’Neill Keegan).
 
Soirée du 7 août
 
Cette deuxième salve était vue plus intense par les différents modèles, dont le français Arome récemment rendu libre d’accès et dont il faut souligner la très bonne prévision! Sur base de cela, Info Meteo émettait en fin d’après-midi un avis d’orages intenses pour une grande partie du sud-est de la Belgique ainsi que le nord-est du département des Ardennes.
 
 
Les cumuls de précipitations permettent de constater que les zones les plus touchées furent globalement celles qui avaient été pointées dans l’avis.
 
 
Il en va de même pour les impacts de foudre. Les concentrations ont été très importantes là où on sévit les plus gros orages: d’une part sur un axe Rocroi – Dinant – Andenne et d’autre part sur l’est du département des Ardennes et la région de Bouillon. L’activité électrique fut de fait très importante avec par moment des phases de successions ininterrompues de décharges.
 
 
Par rapport à la situation de la nuit précédente, peu de choses ont bougé. Une dépression se trouve toujours sur le nord-est de la France où stagne de l’air très chaud (30-35°C), et le pseudofront est maintenant représenté comme un vrai front ondulant sur le sud-est de la Belgique, jouant le rôle de convergence des vents. La zone de conflit se trouve donc là, et est de plus surplombée par des diffluences du Jet.
 
 
Lors du lancement de l’avis à 18h30, deux zones orageuses se présentaient aux portes de nos régions: une à l’ouest du département des Ardennes (faible à modérée) et une autre bien au sud-sud-est de ce même département (forte). Pourtant, c’est la zone entre ces deux orages qui nous intéressaient puisque c’est là que devaient s’initier les cellules les plus intenses. A 20h20, c’est ce qui commence à être observé avec une multiplication des orages sur le département des Ardennes.
 
 
A 21h15, des orages très entraînés occupent ainsi le sud de la zone soumise à l’avis. Deux orages se font particulièrement remarquer: un entre Couvin et Dinant et l’autre, violent, entre Sedan et Bouillon. Plus tôt, un autre fort orage concernait la région de Gedinne.
 
 
Vers 22h00 l’activité électrique générée par deux orages (sud de Liège et ouest de Bastogne) est particulièrement impressionnante. Dans le même temps, un axe très actif se maintient plus à l’ouest, entre Rocroi et Dinant, tandis qu’une autre orage éclate sur le Namurois. Il est possible que l’orage près de Bastogne ait à ce moment pris la forme d’un bow echo, mais cela reste à confirmer.
 
 
Une heure plus tard, le gros de l’activité commence à migrer vers l’Allemagne, tandis que l’orage venant de Bouillon s’affaiblit sur la région de Vielsalm. On note toujours cet axe Rocroi – Dinant – Andenne, avec débordements vers Beauraing.
 
 
Une région n’avait jusque là pas été touchée: la Lorraine belge. C’est chose faite avant minuit avec l’apparition d’orages sur et au sud de cette zone. L’axe Rocroi – Andenne persiste encore, mais dans l’ensemble l’activité est en baisse, surtout que les plus gros orages se trouvent alors sur l’ouest de l’Allemagne.
 
 
La plupart des orages disparaîtront dans les heures suivantes, l’activité devenant pratiquement nulle vers 3h00 du matin.
 
Info Meteo se trouvait au lac de la Plate Taille (Froidchapelle) pour observer le passage lointain des orages de l’axe Rocroi – Andenne.
 
 
 
Dans l’ensemble, cette dégradation orageuse fut assez importante, probablement un peu en-deçà de celle du 5 juin. Néanmoins, elle ressort très bien d’une saison orageuse 2015 assez faible.
 

Edito du 27 juillet 2015: L’ennui en météo – L’année orageuse 2015 est-elle un mauvais crû?

L’année orageuse 2015 est-elle un mauvais crû?
 
Nous serions bien tenté de dire que oui, et effectivement, nous allons montrer ici que cette saison des orages est loin d’être un millésime. Bonheur pour l’absence de dégâts (surtout après 2014, exceptionnelle et par endroits dévastatrice), malheur pour les amateurs et les chasseurs d’orages qui doivent ronger leur frein en attendant le retour de la foudre. Ceci combiné à un temps très basique depuis la fin de la canicule de début juillet, et voilà le météorologue en mal de sensations fortes, mis au « chômage » technique en attendant que change la donne. Et la consultation des modèles ne l’incite guère à l’optimisme, ces modèles qui, de plus cette année, ont une furieuse tendance à être à côté de la plaque lorsque surgit enfin une vague orageuse, où la montagne modélisée finit par accoucher d’une souris dans la réalité.
 
Le bonheur des uns fait le malheur des autres dirons-nous…
 
Les périodes molles en météo arrivent régulièrement, et le météorologue sait que les équinoxes sont particulièrement calmes en ce sens. Il a attendu patiemment que s’achève l’automne 2014, certes exceptionnellement doux, mais pauvre en grands phénomènes. Il a fait de même pendant le printemps 2015, mais là où il se réjouissait de l’arrivée des orages estivaux, c’est la déception. 
 
Les propos tenus ici résultent de plusieurs discussions avec nos partenaires de Belgorage et de l’analyse de quelques statistiques.
 
Le 5 juin reste jusqu’à présent l’un des deux seuls grands moments de cette saison orageuse 2015. La foudre frappe les campagnes thudiniennes sous une ligne orageuse intense (auteur: Info Meteo).
 
Bilan de l’année 2015 jusqu’à présent
 
Les observations menées par Info Meteo et Belgorage indiquent une année pauvre en phénomènes orageux. Les seuls épisodes notoires ont eu lieu aux dates suivantes:
  • Les 4 et 5 mai où plusieurs vagues orageuses transitent sur l’ouest de la Belgique puis dégénèrent aux Pays-Bas et en Allemagne avec la survenue de tornades et de grêlons jusqu’à 5 cm de diamètre
  • Le 5 juin, première offensive sérieuse de la saison
  • Le 5 juillet avec le passage de deux orages supercellulaires, l’un d’eux provoquant des chutes de grêle impressionnantes dans la région de Verviers
Il y eut d’autres dates orageuses (14 et 28 janvier, 2 et 31 mars, 19 et 25 juillet, mais les orages restèrent contenus).
 
Ces observations qualitatives ne sont pas les seules à montrer une anomalie de l’activité orageuse. Prenons les statistiques du nombre de jours d’orages observés à travers le pays.
 
Le mois de mars a cumulé six jours d’orages, contre 4,6 en temps normal. Jusque là, tout va bien. Dès avril pourtant, le décrochage commence avec seulement quatre jours d’orages contre 9,0 en temps normal. A noter que cette déviation est toujours considérée comme normale, le nombre de jours d’orages étant un paramètre soumis à de fortes variations d’années en années. Mai est plus fourni, avec 10 jours d’orages contre 13,3 en moyenne. Par contre, juin dévisse avec sept jours d’orages contre 12,5 en moyenne. La déviation est ici anormalement basse. Dans l’ensemble, cela nous donne trois mois moins orageux que ce que nous sommes en droit d’attendre. 
 
Keraunos, laboratoire français spécialisé dans l’étude des phénomènes orageux, a également constaté cette faiblesse de l’activité orageuse. Il explique que le Nord-Pas-de-Calais connaît le printemps le plus stable depuis la fin des années quarante! A l’échelle de l’Hexagone, l’instabilité de ce printemps 2015 est en déficit de 40% par rapport à la moyenne. L’ensemble du communiqué peut être consulté à l’adresse suivante: 
 
Source: Keraunos.
 
Pourquoi un manque d’orages?

Lorsque l’on passe en revue les bulletins mensuels de l’IRM, on constate qu’un paramètre a très souvent dévié de la norme ces derniers mois, au point de présenter des valeurs exceptionnellement hautes: la pression. Nous avons pratiquement toujours été sous une influence anticyclonique marquée, ces anticyclones se plaçant souvent juste à l’ouest de l’Europe, modérant les flux et donc la dynamique. Ils ont de plus véhiculé de l’air plus doux que la normale en altitude, ce qui a franchement limité l’instabilité, et ce alors que les températures au sol ont été souvent plus douces que la normale.Une faible « qualité »

Le terme n’est sans doute pas le plus approprié, mais il exprime un manque observé cette année, en plus du nombre de jours d’orages bas. Il s’agit de l’intensité et du côté photogénique des orages qui sont, en cette édition 2015, souvent aux abonnés absents. Nous avons en effet vu plus haut que les grands épisodes orageux de cette année sont rares, et cela vient renforcer l’impression d’une mauvaise année. Il est pourtant interpellant de constater que si les grands orages sont très peu nombreux cette année en Belgique et dans le nord de la France, l’ouest de l’Allemagne et les Pays-Bas connaissent par contre une succession d’offensives orageuses virulentes ces derniers mois.Pourquoi peu d’orages lorsque les conditions sont pourtant présentes?

Cette année est également marquée par une fiabilité médiocre des prévisions orageuses: les modélisations ont à plusieurs reprises surestimés l’importance des dégradations orageuses, comme le 12 juin ou les 2, 16 et 18 juillet. A chaque fois, un paramètre a été mal modélisé: manque d’humidité dans les basses couches, forçages trop faibles… Il n’y a pas de réelles explications à cela. 

 
La saison des orages est loin d’être finie!

En effet, les dernières années nous ont montré que des orages parfois violents peuvent se produire en août, voire en septembre ou octobre. Citons ainsi le 7 octobre 2009, les 3 et 10 septembre 2011, le 10 août et le 20 septembre 2014. Tout n’est donc pas perdu pour cette année 2015, même si nous savons déjà qu’elle ne sera pas un millésime. En météo, il faut savoir accepter les variations du climat, et laisser passer les mauvaises années.

Juin 2015: normal, variable et surprenant

Lorsque nous nous interrogeons sur les aspects climatologiques de ce mois de juin, nous nous rendons compte qu’il a été relativement correct vis-à-vis de la météo que nous sommes en droit d’avoir en cette période de l’année. En effet, les trois paramètres les plus utilisés pour qualifier la climatologie d’un mois (température moyenne et, jours de pluie et pluviométrie) présentent tous des valeurs normales pour la station IRM de Uccle:
 
Température moyenne du mois: 16,5°C (norme 80-10: 16,2°C)
Nombre de jours de pluie: 12 (norme 80-10: 15)
Quantité de pluie: 53,4 mm (norme 80-10: 71,8 mm)
 
L’analyse d’autres stations ne montre pas de grands changements à travers le pays.
 
Le dernier paramètre, même s’il est normal, cache une anomalie: le mois de juin a dans l’ensemble été sec, confirmant un déficit pluviométrique certes léger mais durable depuis janvier. Le tableau ci-dessous montre les relevés faits pour Uccle tout au long du mois. Deux pics de précipitations ont été observés: le 5 juin (orages en soirée) et le 22 juin (passage d’une perturbation active apportant parfois plus de 40 mm de pluie dans l’Entre-Sambre-et-Meuse).
 
Le graphique montre aussi le yoyo thermique ayant caractérisé ce mois: des pics ont été observés le 5 juin (jour de canicule), le 12 juin (chaleur lourde) et le 30 juin (début de la canicule de début juillet). A l’opposé, des jours très frais ont été également observés, comme le 22 juin au passage de la perturbation active.
 
Cliquez sur l’image pour l’agrandir.
 
Par contre, d’autres paramètres présentent des valeurs déviant fortement des normes:
 
-la pression atmosphérique a été très anormalement élevée, avec 1019,7 hPa contre 1016,6 hPa en temps normal;
 
-L’ensoleillement a par contre été anormalement élevé, avec 245,35 heures contre 188,05 heures normalement. Ceci montre que le mois a été plutôt beau dans son ensemble.
 
-la vitesse moyenne du vent a été très exceptionnellement élevée. Les personnes attentives au temps auront remarqué le caractère venteux de ce début d’été, impression ici confirmée par les statistiques;
 
-l’humidité relative moyenne a été très exceptionnellement basse, avec 65 % contre 74% en temps normal.
 
-enfin, le nombre de jours d’orage a été anormalement bas (7 contre 12,5 en temps normal), confirmant par les chiffres un début de saison orageuse particulièrement faible. Seule la journée du 5 juin aura accouché d’une offensive orageuse particulièrement marquée.
 
Si nous regardons la position des centres d’action tout au long de ce mois, nous constatons que nos régions ont été souvent placées sous des conditions anticycloniques, ces anticyclones se plaçant fréquemment au nord, nous ramenant des courants continentaux secs. A plusieurs reprises toutefois, le flux a basculé à l’ouest, parfois même au nord-ouest, apportant de l’air maritime plus humide et des perturbations. Les coups de chaleur du mois sont dus à des orientations brèves du flux au sud-ouest, amenant de courtes bouffées d’air tropical maritime, donc lourdes et orageuses.