2014, année des records, et 2015 est encore à venir….

La nouvelle a été commenté dans les divers journaux, l’année 2014 est officiellement l’année la plus chaude qu’il soit à la surface du globe. Cependant, il ne s’agit pas du seul seul record cette année. L’Europe a également connu une année extraordinairement chaude, marquée par la succession de violents épisodes pluvieux. En Californie et au Brésil, la sécheresse a durement frappé. Tout ces événements traduisent l’évolution rapide de notre climat, et menacent de plus en plus la stabilité de notre civilisation. Ici, nous ramasserons tout les records qui sont tombés, afin de vous présenter une vue synthétique de l’année météorologique 2014.

Anomalies des températures en surface par rapport à la normale du 20ème siècle. Crédit image, Goddard Institute for Space Study, National Aeronautic and Space Administration : GISSTEMP NASA

Records

En Belgique

Nous commencerons par notre pays, la Belgique. Cette année, la température moyenne a atteint un nouveau record depuis 1833. En effet, de Janvier à Décembre, la température a atteint 11.9°C à Uccle, siège de l’IRM. Le précédent record de 11.6°C établi en 2011 est aisément battu. Pour donner une idée du caractère exceptionnelle de cette valeur ; il s’agit là de la température annuelle habituellement enregistré dans la région de Poitiers à Cognac, quelques 600 kilomètres plus au Sud-Ouest.

Température moyenne annuelle à Uccle. Sources des données : Institut Royal de Météorologie

Avant 2011, les autres années particulièrement chaudes furent 2007 avec 11.5°C, 2006 avec 11.4°C et 1989 avec 11.3°C.

Il convient cependant de relativiser quelque peu ce record. En effet, une année civile s’étend de Janvier à Décembre. Pourtant, une quelconque période de 12 mois peut aussi être considéré comme une « année ». Ainsi, en prenant une autre période de 12 mois, de Juillet 2006 à Juin 2007, la température moyenne a atteint 13.0°C… Pour trouver de telles valeurs, il faut habituellement descendre jusqu’à Pau, dans le pays basque français. De ce point de vue, la période qui s’étend de Décembre 2013 à Novembre 2014 a atteint une température moyenne de 12.1°C, et représente donc la deuxième période la plus chaude de l’histoire d’Uccle. Ce graphique illustre ainsi la température moyenne sur 12 mois quelconque à Uccle depuis le début des mesures.

 

 

Température moyenne sur 12 mois à Uccle, à comparer au graphique précédent. Sources des données : Institut Royal de Météorologie

Cette année aura surtout été remarquable par l’absence quasi complète de froid. Dans certaines stations météorologiques de Belgique il n’aura tout simplement jamais gelé entre Mars 2013 et Décembre 2014. De plus l’Hiver (saison qui va de Décembre 2013 à Février 2014) se sera distingué par le fait qu’il aura été le moins froid depuis 1833, n’étant cependant que le 2ème plus doux derrière l’Hiver 2006-2007.

Aux Pays-Bas

À la station de référence du KNMI, à savoir De Bilt, des mesures sont effectués depuis 1706. Là aussi la température a explosé le plafond, atteignant la valeur de 11.7°C, soit un bon 0.5°C au dessus du précédent record de 11.2°C établi en 2007.

Température moyenne annuel à De Bilt, Pays-Bas. Source de données : Koninklijk Nederlands Meteorologisch Instituut

Cependant, nous pouvons faire la même remarque qu’en Belgique. Sur une période quelconque de 12 mois, les anomalies élevées enregistrées entre 2006 et 2007 gardent la première position.

Température moyenne sur 12 mois à De Bilt, Pays-Bas. Source de données : Koninklijk Nederlands Meteorologisch Instituut

Les Pays-Bas ont aussi connu un « non Hiver », certaines stations n’enregistrant aucun jour de gel durant la saison froide 2013-2014.

 

En Angleterre

Chez nos voisins britanniques, la température de l’année fut là aussi la plus douce qui soit. Chez eux les mesures commencent en 1659. C’est donc l’année la plus chaude depuis au moins 350 ans qu’ils viennent de connaître…

Température moyenne annuel Angleterre, série de référence « HadCET ». Source des données : Hadley Center du MetOffice

Le précédent record de 10.8°C établi en 2006 est battu d’une courte marge par l’année 2014, qui enregistre une température moyenne de 10.9°C.

Au Danemark 

Si le Danemark a lui aussi connu une année chaude, chez eux le caractère exceptionnel de 2014 est vraiment… exceptionnel. La température moyenne aura atteint la valeur de 10.0°C, ce qui pulvérise le record de 2007 avec une marge de 0.5°C, une marge conséquente s’il en est. L’anomalie de température est de 2.3°C par rapport à la normale 1961-1990. Un tel niveau de température serait plus commun aux Pays-Bas ou en Belgique. De plus, chez eux aussi le nombre de jours de gel fut particulièrement faible, avec en moyenne nationale 30.9 jours de gel. Le graphique de température n’a pas encore été mis à jour sur le site du DMI, en voici donc un aperçu avec la valeur de 2014 :

Température moyenne annuelle. Crédit Image : Danmarks Meteorologiske Institut

En Slovaquie

 

Tempértaure moyenne annuelle en Slovaquie. Crédit Image : Slovenský hydrometeorologický ústav

Pour la première fois de son histoire, la température moyenne en Slovaquie a atteint 10°C. Les anomalies dans ce pays sont extraordinaires. Certaines stations battent leur précédent record de température moyenne annuel avec une marge de 1°C, un écart énorme pour une année entière.

http://www.shmu.sk/sk/?page=2049&id=583

En Russie

Il faut aller aussi loin à l’Est que peut l’être la Russie pour trouver des températures qui ne soient pas à un niveau record. Le pays a ainsi connu sa sixième année la plus chaude, a égalité avec 2013. Le record chez eux reste à l’année 2007.

http://www.meteorf.ru/press/news/8727/

En Europe

Après ce rapide tour de différents pays européen (nous aurions pu continuer la liste…), il apparait clair que le continent a connu en 2014 une douceur exceptionnelle. Pour synthétiser, nous pouvons regarder la température moyenne à l’échelle du continent. L’année 2014 fut là aussi remarquablement chaude. À nouveau, l’ancien record remonte à la période chaude entre 2006 et 2007. Ainsi, la température moyenne pour le continent européen a atteint la valeur de 10.5°C de Janvier à Décembre 2014. Le précédent record établi en 2007 est battu avec une marge appréciable de 0.3°C.

Les anomalies positives sont généralisées à l’ensemble du continent :

Anomalie de la température moyenne annuelle pour l’Europe par rapport à la normale 81-10. Source des données : wiki de l’ECAD

Des recherches ont permis d’établir une reconstruction des températures en Europe depuis 500 ans, depuis 1500 de notre ère. Il en ressort que le continent européen n’a pas connu de telles températures sur cette période. Il s’agit donc de l’année la plus chaude depuis au moins 500 ans ; et possiblement même depuis 2000 ans d’après certaines estimations.

Un autre record notable est celui de l’humidité. Si nous prenons la région qui s’étend du proche Atlantique à l’Europe de l’Est, il est évident que 2014 a atteint un record en terme d’humidité. Il n’a pas fait seulement chaud, il a fait aussi humide.

Humidité spécifique annuelle à 925 hPa (environ 750 mètres), de 60°W à 20°E et de 35°N à 60°N, par année. Source des données : Réanalyse du NCEP/NCAR

Cette anomalie d’humidité a alimenté tout au long de l’année sécheresse et inondations sur le continent. En effet, si l’air est plus chaud, il évapore l’eau plus rapidement (penser à votre linge séchant au Soleil en Été…). L’air contient donc plus d’humidité. Mais dans l’autre sens, cette surcharge d’humidité donnera des pluies plus abondantes quand elle précipitera. L’humidité peut se mesurer de deux façons. Soit elle est mesurée en tant que masse de vapeur d’eau contenu par kilogramme d’air sec (représentation choisi ici). Soit elle est mesurée par le point de rosée, c’est-à-dire la température à laquelle la vapeur d’eau condense et devient liquide. Les deux méthodes sont équivalentes. Cependant, il est important ici de voir une logique assez simple. L’Océan est le principal pourvoyeur de vapeur d’eau à l’atmosphère. Plus la température de l’Océan est élevée, plus le point de rosée peut être élevée. Ce record d’humidité pour notre coin est donc à mettre en lien avec un Océan global très chaud, point que nous détaillons ci-après.

Pour le globe

L’année aura aussi été la plus chaude qui soit pour la planète. Habituellement, sur la planète, les records s’établissent dans un contexte El Niño. Nous avions parler ici même d’El Niño, et de ses conséquences :

http://infometeobelgique.blogspot.be/2014/04/et-le-climat-se-detraqua-en-2015.html

Pour une rapide explication, El Niño est un réchauffement périodique de la surface de l’Océan Pacifique équatorial. Un événement El Niño commence généralement en Été-Automne, et se finit au Printemps-Été de l’année suivante. Les années El Niño provoquent une hausse temporaire des températures globales, qui se superpose à la tendance au réchauffement. Les années El Niño sont donc généralement des années particulièrement agité du point de vue du climat.
Cette année, comme nous l’annoncions, un événement El Niño a commencé à se mettre en place. Il est cependant resté particulièrement faible, certains considérant que l’événement ne qualifiant d’ailleurs pas comme un El Niño (de la subtilité des définitions…). Le Pacifique est en tout cas dans une phase chaude.

Multivariate ENSO Index (MEI). Crédit Image : Earth System Reasearch Laboratory

Ce graphique présente l’évolution du MEI, un indice permettant de quantifier un événement chaud (El Niño) ou froid (La Niña). On voit que l’événement de 2014/2015 ne paye pas de mine en effet… Une carte des anomalies de températures de l’Océan en 2014 permet d’avoir une approche plus visuelle.

Anomalies des températures de surface de l’Océan le 03 Juillet 2014. Crédit Image : Office of Satellite and Production Operations

L’anomalie le long du Pacifique équatorial, pointée par la flèche blanche, correspond au développement de l’événement El Niño.

Classiquement donc, un événement El Niño s’accompagne d’anomalies positives au niveau planétaire. Cette année, malgré un événement El Niño franchement faiblard, les températures ont réussi le tour de force d’établir un nouveau record. Et de dépasser la valeur des années 2005 et 2010, portée par un El Niño autrement plus important.

Température moyenne annuelle à la surface du globe. Source des données : NASA et NCDC

Le dernier point au dessus de tous les autres à la fin du graphique est bien sûr 2014. Les anomalies du NCDC sont légèrement plus élevées que les anomalies de la NASA, mais cela n’a aucune signification particulière. Les deux séries sont remarquablement alignées, et la tendance à l’accélération du réchauffement est nette. Le florilège des 11 années les plus chaudes est le suivant :

NOAA NASA
Année T NCDC Année T GISS
2014 0.69 2014 0.68
2010 0.65 2010 0.66
2005 0.65 2005 0.65
1998 0.63 2007 0.62
2003 0.62 1998 0.61
2013 0.62 2013 0.60
2002 0.61 2002 0.60
2009 0.60 2009 0.59
2006 0.59 2006 0.59
2007 0.59 2003 0.59
2012 0.57 2012 0.57

Les deux mesures sont très proches, la seule différence notable venant de la position de l’année 2003 et 2007 dans la série. Exception faite de l’année 1998, toutes les années dans ce tableau sont au 21ème siècle. Notons aussi les fortes chaleurs persistantes au niveau global depuis 2010. L’année 2010 a établi un nouveau record, 2012 est aussi une année très chaude, 2013 ne passe pas loin du record, puis 2014 établit un nouveau record. Et il est vraisemblable que 2015 soit encore dans le haut du tableau.

Pour reprendre sur le sujet de l’Océan global, il est à noter qu’il fut particulièrement chaud. Le record de température en 2014 a été en large partie porté par un record des températures de la surface de la mer.

Moyenne annuelle de la température de surface de la mer (SST). Source des données : National Climate Data Center

En conséquence de quoi l’humidité spécifique a atteint de très fortes valeurs en 2014. Elle se place en troisième place, juste devant la valeur atteinte en 2013 et laissant à quelques distances les pics de 1998 et 2010. Ces deux dernières années furent des années avec un El Niño marqué, ce qui justifie les très fortes anomalies du contenu en vapeur d’eau de l’atmosphère.

Humidité spécifique annuelle à 925 hPa (environ 750 mètres) pour le globe par année. Source des données : Réanalyse du NCEP/NCAR

 

Conséquences

Contrairement aux apparences, l’année 2014 ne fut pas sans conséquences tangibles, y compris pour le citoyen belge, et ce même si nous n’en avons pas toujours eu l’impression.

Sécheresse en Californie

Comme nous l’annoncions sur ce blog il y a un an maintenant :

http://infometeobelgique.blogspot.be/2014/01/de-la-californie-lalaska-un-climat.html

La Californie a été durement touché par la sécheresse. Les précipitations à San Francisco ont été lourdement déficitaires. Ce graphique du National Weather Service de la NOAA montre les températures et les précipitations dans la ville:

 


Petit détail technique, les états-uniens compte en °F et en inches de pluie. Pour la conversion, 1 inch représente 25 mm environ de pluie (une journée bien pluvieuse d’Hiver, en général un mois belge typique accumule 60 à 80 mm de pluie). Cependant, la particularité de cette sécheresse n’est pas le faible niveau des précipitations ; mais bien la chaleur exceptionnelle. En effet, les fortes températures provoquent une plus forte évaporation, et donc un asséchement plus marqué. Si le déficit de précipitations est remarquable, il n’est pas record. C’est bien le caractère absolument exceptionnel des températures en 2014 en Californie qui a fait la différence.

 

Température moyenne annuelle en Californie. Sources des données : National Climate Data Center


Une récente étude a ainsi montré que la Californie a connu sa pire sécheresse depuis 1500 ans, autant à cause du manque de précipitations qu’à cause des températures excessives.

D’après les estimations des assureurs, la sécheresse a pu coûté jusqu’à 4 milliards de dollars. Cependant, dans le cas d’une sécheresse, les impacts sont très difficiles à évaluer, ceux-ci étant généralement très diffus. Entre autre conséquence, le prix de la viande a grimpé au niveau global. La sécheresse persistante dans l’Ouest des USA a provoqué une contraction sans précédent des cheptels du pays.

 

Sécheresse au Brésil

Le Sud-Est du Brésil, la région de São Paulo, fut aussi sévèrement touché par la sécheresse en 2014, et continue d’être durement affecté. Les causes de cette sécheresse ne sont pas seulement le changement climatique. La déforestation de l’Amazonie a aussi contribué à assécher les masses d’airs. La forêt équatoriale recycle l’eau en permanence sur le continent, et contribue ainsi par une rétroaction positive aux fortes précipitations coutumières au Brésil. Cependant, l’Amazonie a déjà perdu environ 15% de sa superficie, et une superficie de 15 – 20% est déjà fragmentée et profondément altérée. Le manque de précipitations est ainsi probablement lié à la perte de la couverture forestière. Pour illustrer, les précipitations à São Carlos en 2014 :

Cependant, le réchauffement climatique aggrave la situation en augmentant l’évaporation. Ainsi, tout comme en Californie, non seulement il n’a pas plu, mais il a fait également particulièrement chaud. 

http://sao-paulo.estadao.com.br/noticias/geral,combinacao-de-seca-e-calor-extremo-agrava-crise-do-cantareira,1620492

La combinaison de ces deux éléments a été explosif.

http://earthobservatory.nasa.gov/IOTD/view.php?id=84564


Cette sécheresse a fortement réduit les exportations d’Arabica du pays, provoquant une hausse des prix mondial du café. De même, la région est une terre d’élevage. Le cheptel du pays a donc particulièrement souffert. Combiné à la sécheresse en Californie, ces deux facteurs ont contribué à alimenter de fortes tensions sur les prix de la viande au niveau mondial. Les marchés restent plutôt séparés, l’Europe a été moins affectée, mais le fut malgré tout par la hausse des cours mondiaux.

Tempête Ela du 8 au 10 Juin 2014

Entre le 8 et le 10 Juin 2014, plusieurs pays européens -France, Belgique, Allemagne- furent sévèrement étrillés par une vague orageuse. Cette catastrophe naturelle a l’honneur d’être sans doute la catastrophe plus coûteuse pour les assurances en 2014. Les chiffres varient un peu d’un réassureur à l’autre, mais restent similaires. Les trois catastrophes naturelles les plus couteuses pour les assurances sont donc la tempête Ela du 8 au 10 Juin 2014, un épisode orageux du 18 au 23 Mai aux USA, et une tempête hivernale au Japon du 7 au 16 Février. Ces trois épisodes ont causé des dégâts pour une valeur de 4 milliards, 4 milliards, et 5 à 6 milliards de dollars respectivement environ. De cette somme environ 3 milliards de dollars étaient couverts par l’assurance pour chaque événement. Si le tarif de votre assurance habitation a augmenté depuis l’année dernière, vous savez maintenant pourquoi…

Notons que ce ne sont pas les événements les plus dommageables de 2014. Le cyclone Hudhud en Inde a coûté entre 7 et 11 milliards de dollars selon les estimations, mais seulement 600 à 700 millions de dollars étaient couverts par l’assurance.

Conséquences sanitaires en Europe…

L’Europe a connu une année particulièrement douce et humide comme nous l’avons vu. Ces conditions climatiques ont été favorables à un nouveau venu, le moustique tigre. Cet insecte est originaire de l’Asie du Sud-Est. Avec la mondialisation et l’accélération des échanges, il a trouvé l’opportunité de voyager. Il s’est implanté dans les années 1990 en Italie, en 2005 en Catalogne, entre 2007 et 2010 en France. C’est ainsi que ce moustique a pu être aperçu à Anvers, une première fois en 2000 ; puis à nouveau en Juillet 2013 et Novembre 2013 :

http://reflexions.ulg.ac.be/cms/c_358639/fr/le-moustique-tigre-arrive-en-belgique

http://www.moustique.be/actu-societe/295185/les-invasions-barbares

Nous ne parlons évidement pas de changement climatique à ce niveau. Le moustique-tigre a saisi l’opportunité de voyager dans des vieux pneus usagés pour visiter les ports du monde. Cependant, il est sensible aux températures froides, et en particulier au gel. La hausse des températures en Europe a donc permis au moustique de s’implanter durablement et de devenir actif. Il n’est ainsi plus un simple voyageur croisé occasionnellement, mais un insecte endémique. C’est ainsi qu’à l’Automne 2014, les premiers cas autochtones de Chikungunya se sont déclarés à Montpellier, dans le Sud-Est français.

http://www.lemonde.fr/sante/article/2014/10/21/quatre-cas-autochtones-de-chikungunya-a-montpellier_4509891_1651302.html

Au total, onze cas furent recensés. Les températures atteintes en 2014 ne sont pas encore la nouvelle norme, et des hivers froids surviendront encore dans les années à venir. Pour autant, cette année a montré la possibilité que des maladies comme la dengue ou le chikungunya deviennent endémique dans le Sud-Est européen d’ici quelques dizaines d’années.

Un autre enjeu sanitaire a aussi commencé à émerger, le caractère létal d’une forte humidité.  L’être humain supporte assez bien des températures sèches de 45°C ou 50°C. Dans le Sahara, des gens vivent dans de telles conditions. Par contre, une humidité élevée peut rapidement devenir dangereuse, voire mortelle. Quelque soit la tenue vestimentaire, un point de rosée de 35°C conduit rapidement à la mort. Pour l’instant, une humidité aussi forte n’a pas encore été atteinte à la surface de la Terre. Pour autant, avec le réchauffement des Océans, ce seuil pourrait finir par être atteint, rendant inhabitable des régions entières.
L’Europe est encore assez loin de cette extrémité. Cependant, ces grandes vacances, il était courant d’entendre dire que l’été était frais et pourri. La réalité est cependant plus nuancée et moins joyeuse. Le fait est que l’Europe de l’Ouest a connu un été chaud et humide qui est un premier pas vers ces climats si humides qu’ils en sont invivables. Ainsi, les températures de Juillet furent particulièrement élevées, et l’impression de temps frais et pourri fut donné par la fréquence des pluies intenses et le manque de Soleil. Pour remettre en perspective, il faut savoir qu’en certains points de l’Amazonie par exemple il pleut un jour sur deux et le Soleil est encore moins présent qu’en Belgique. Pourtant il ne viendrait à personne l’idée de dire qu’en Amazonie, le temps est frais et pourri. Sans dire que la Belgique en Juillet, c’était l’Amazonie, il convient donc quand même de relativiser un peu.
L’Europe n’est donc pas encore arrivé au point où le climat devient invivable disions-nous, mais nous avons en Juillet en 2014 un petit « test ». L’Europe Occidentale, entre le 16 et le 19 Juillet, a ainsi connu une situation très particulière. Les températures furent remarquablement élevées sans être exceptionnelles ni caniculaire ; mais elles se combinèrent à une très forte humidité. Cette vague de chaleur humide est probablement sans précédent pour la région. L’épisode fut heureusement bref, et nous avons évité une catastrophe sanitaire de même ampleur qu’en 2003. Pourtant, les chiffres de la mortalité pour la France par exemple, montre que la chaleur humide de ce mois de Juillet 2014 est sans doute mal passée.

Mortalité en pour mille en Juillet en France. Source des données : Institut national de la statistique et des études économiques

Les chiffres sont évidement dominés par les progrès de la médecine, qui font reculer la mortalité. Cependant, les chiffres pour 2014 sont au même niveau qu’en Juillet 2010 par exemple, autre mois caniculaire. Sur les 11 dernières années, Juillet 2014 se place ainsi en 4ème position en terme de mortalité en France, derrière les mois de Juillet 2006, 2013, 2010, tous les trois caniculaires et exceptionnellement chaud en leur temps. Qualifier l’été 2014 de pourri, frais, et tout ce qu’on veut ; alors que les gens sont morts de chaud ; est donc malvenu.

La forêt de Soignes

Il n’y a pas que la population humaine qui souffre des températures anormalement élevées. La forêt de Soignes par exemple est aussi de plus en plus fragilisé par le changement climatique. Là encore, le problème est certes multifactoriel, mais le changement climatique rajoute un poids supplémentaire à l’évidence. La forêt de Soignes étant majoritairement composé de hêtres, le manque de diversité des espèces est un facteur de vulnérabilité majeure. Cependant, la hausse des températures a aussi un impact négatif. Il faut savoir que le hêtre ne se développe que dans des climats ou la température moyenne annuelle est comprise entre 5°C et 12°C. Les niveaux de températures atteint entre 2006 et 2007 et en 2014 représente donc la borne haute de ce que peuvent supporter les hêtres. Ainsi, la forêt de Soignes est de plus en plus mal en point. Environ deux tiers des arbres présentent déjà des signes de dépérissement plus ou moins avancés :

http://www.lalibre.be/actu/planete/le-climat-change-la-foret-de-soignes-aussi-52dfbf6d3570ba3e183ff169

De même, la flore a été particulièrement stressée cette année par le manque de froid. L’hiver 2013-2014 remarquablement doux a empêché les arbres d’entrer correctement en dormance. En conséquence, la végétation a été très précoce. Cette absence de froid a même eu des impacts. Certains arbres fruitiers ont mal bourgeonné par exemple, ce qui a eu un impact négatif sur certaines cultures.

http://www.feef.org/Portals/0/La%20Presse%20parle%20de%20nous/2014-0514-FLD.pdf

Inondations dans les Balkans

L’excès de vapeur d’eau atmosphérique dû à un excès d’évaporation, a du se condenser sur certaines régions. En Europe, les Balkans ont particulièrement été touchés par ces pluies diluviennes. Au mois de Mai, la Serbie et la Bosnie ont été frappées par les pires inondations de leur histoire. Les dégâts ont eu un coût qui s’élève à environ 6% du PIB de la Bosnie, et environ 2.5% du PIB de la Serbie. Nous rêvons d’une croissance à 2 ou 3% en rythme annuel, alors imaginons un instant une récession de 5% en rythme annuel… L’Europe a dépensé environ 60 millions d’euros pour venir en aide à la Serbie.

http://reliefweb.int/report/serbia/economic-cost-floods-serbia-and-bosnia

La catastrophe a mobilisé une réponse internationale bien sûr.

http://www.rs.one.un.org/organizations//UN%20Floods-FINAL%2010.pdf

Pourtant, il aurait coûté moins cher de s’inquiéter du réchauffement climatique, avant la catastrophe…

Conclusions

L’année 2014 est une anomalie positive dans un contexte de réchauffement climatique. Comme nous l’avons dit, l’année 2014 ne représente donc pas une nouvelle situation qui soit définitive. Pour autant, elle ouvre des perspectives sur ce qui pourrait être la norme d’ici 20 ou 30 ans seulement. Et le portrait brossé par cette année 2014 est inquiétant. Les experts ne sont guère prompts à souligner le caractère extrême et dommageable de certains événements. Il est en effet plus facile pour notre esprit de se mobiliser sur des événements ponctuels et qui marque une rupture franche, comme en ce début Janvier. Pourtant, si 12 personnes sont mortes à Charlie Hebdo, en France il y a eu environ 800 morts de « trop » en Juillet, 86 personnes sont mortes dans les inondations de Mai en Europe, etc… Et à chaque fois la menace, la charge symbolique, est tout aussi importante. Les risques liés au changement climatique ne feront que grandir avec le temps.

La neige et le verglas du 2 décembre 2014

Après un automne très doux, le général Hiver a fait une entrée remarquée sur la Belgique en ce 2 décembre. Une perturbation a en effet pris naissance sur l’Ardenne et s’est ensuite étendue et déplacée vers l’ouest. Accompagnée de neige et de pluie verglaçante, elle a compliqué la circulation routière et ferroviaire et fut, il faut le reconnaître, plus étendue que prévu. Bref retour sur les événements de cette soirée et nuit.
 
La situation atmosphérique à 19h00 le 2 décembre montre un courant d’air continental bien établi sur nos régions, amenant du froid depuis l’Europe de l’est. Une perturbation est aux portes de la Belgique, mais ce n’est pas celle-ci qui va nous concerner. C’est une petite dépression arrivant d’Allemagne qui va générer l’épisode. Réduite, mais surprenante… A cette heure-là, elle est sur l’est de la Belgique.
Cette neige a été annoncée dans le bulletin du lundi 1er décembre. Mais à ce stade, les modèles ne simulent que très peu de précipitations, ce qui nous pousse à n’annoncer que quelques flocons, essentiellement sur l’Ardenne. V
 
Mardi 2 au matin, nous revoyons nos prévisions à la hausse. En effet, les modèles ont accentué la perturbation, qui concernera essentiellement le sud du Sillon Sambre-et-Meuse.
 
En début d’après-midi, la perturbation n’est pas encore formée. Elle doit apparaître en plein sur le sud de la Belgique dans quelques heures. Info Météo flaire cependant une entourloupe, et pour cause: les retours d’est, comme celui qui va nous concerner, sont en général mal calibrés par les modèles. Cette situation s’est déjà vue à plusieurs reprises. C’est pourquoi un avis de neige/verglas est diffusé.
 
Vers 16h30, la neige commence à tomber en Ardenne suite à la formation de la perturbation. Bien vite, elle s’étend, et concerne toute une zone à l’est d’une ligne Bouillon – Hasselt. 
 
 
Situation à 17h00: formation de la perturbation
 
C’est à partir de ce moment-là que les choses se compliquent: la perturbation est plus vaste que la modélisation. De la neige ferme se dépose non seulement en Ardenne où l’épaisseur atteint quelques centimètres, mais aussi au nord du sillon Sambre-et-Meuse. Mêlée à la neige, de la pluie tombe par endroits sous des températures négatives, engendrant la formation de verglas. Derrière la perturbation qui avance vers l’ouest, de l’air froid arrive d’Allemagne, garantissant le maintien de la neige. Le front atteint Namur vers 19h00, Charleroi vers 20h00. 
 
 
Situation à 20h00: une perturbation pleinement formée et plus active que prévu
 
Devant l’étendue des événements et l’arrivée de l’air froid à l’arrière, Info Météo réédite son avis de neige/verglas vers 21h30, étendant la zone dans laquelle la neige devrait tenir durablement (zone blanche) et la zone dans laquelle les accumulations sont davantage temporaires (zone bleue). Dans ces deux zones, Info Météo craint l’apparition de verglas à la faveur de l’air froid arrivant de l’est, derrière la perturbation.
 
Photo : 21h30 ~ Mise à jour de l'avis neige/verglas (à partager) En vigueur jusque demain 10h00. De l'air froid déboule de l'Allemagne, descendant progressivement la limite neige ferme/neige fondante. Dans la zone en blanc, il faut s'attendre à une persistance de la neige. Dans la zone bleu, les accumulations sont davantage temporaires. Dans les deux zones, nous craignons l'apparition de verglas suite à la baisse progressive des températures. Il faudra être vigilant demain à l'heure de pointe! H.
 

La région de Mons est touchée vers 22h00. Derrière, quelques poches neigeuses se reforment et concernent le sillon Sambre-et-Meuse tout au long de la soirée, tandis que les températures y descendent à la faveur de l’air froid attiré par la petite dépression s’évacuant alors sur le département des Ardennes.

Au final, c’est le centre de l’Ardenne et les régions de Charleroi et de Gembloux qui auront reçu le plus de neige, avec par endroits jusqu’à 3 cm d’accumulation. Ceci reste très raisonnable, mais marque le retour de la neige dans certaines régions qui n’en ont plus vu depuis près de deux ans maintenant.

 
Lesves sous la neige au matin du 3 décembre (Auteur: B. Becquart).

Octobre 2014 – Quand le vent est au sud…

Quand le vent est aux rires,
Quand le vent est aux blés,
Quand le vent est au Sud,
Ecoutez-le chanter…

Ce couplet de la célèbre chanson Le Plat Pays de Jacques Brel résume parfaitement le mois d’octobre qui vient de se terminer. Ce mois a été constamment dominé par un flux de sud à sud-ouest qui a amené une douceur régulière sur nos régions, tantôt accompagnée d’un temps lumineux, tantôt d’un temps plus sombre. Lorsque le soleil brillait, la météo devenait pratiquement estivale, avec quelques superbes journées tout au long de ce mois.
Les trois premiers jours du mois s’inscrivent dans la poursuite de septembre: agréables, assez lumineux et secs. Le 4, une perturbation gagne nos régions, précédant des courants maritimes un peu plus « frais ». Auparavant, le thermomètre est monté à 22,8°C à Uccle le 3, une température maximale qui se rencontre généralement en juillet et en août.
 
Octobre commence plutôt bien, comme ici à Aywaille en début de soirée du 1er.
 
Du 5 au 17, les courants maritimes dominent nos régions: le ciel se fait sombre, engendrant un déficit d’insolation qui s’accentue au cours de cette période. Des perturbations généralement peu actives défilent, amenant des pluies régulières.
 
Le week-end des 18 et 19, un flux d’air tropical direct atteint l’Europe Occidentale. Le samedi 18 est l’un des plus chauds enregistrés depuis le début des relevés à Bruxelles en 1833. Le thermomètre monte à 24,1°C. La journée est splendide sous un soleil qui brille de l’aube au crépuscule. Le lendemain, le temps se fait un peu plus nuageux, mais les températures atteignent encore 22,5°C.
 
Après-midi dominicale lumineuse à Comblain-au-Pont ce 19 octobre. Auteur: P. Huque.
 
Le 21 octobre, les conditions météorologiques se dégradent: la première tempête de l’automne concerne nos régions. Les rafales dépassent les 90 km/h dans plusieurs stations de l’intérieur des terres et 100 km/h sur les côtes. Quelques dégâts sont signalés et des orages parfois intenses sont observés, notamment sur le centre de la Belgique. La dépression responsable de ce coup de vent est un ancien cyclone tropical nommé Gonzalo et ayant notamment frappé les Bermudes quelques jours plus tôt. 
 
 
La fin du mois se déroule sous un flux maritime apportant quelques faibles perturbations. Les 27 et 28 octobre constitueront toutefois un intermède plus sec et plus lumineux, avec cependant la persistance de brouillards tenaces dans plusieurs régions. Le 31 octobre, par flux tropical, se fera très doux et ensoleillé, avec des températures atteignant 20°C, ce qui est exceptionnel pour la période de l’année.
 
Un mois anormalement doux, normalement pluvieux et anormalement sombre
 
Pour Uccle, le mois finit avec un excédent thermique de +2,5°C, ce qui peut être considéré comme anormalement haut. C’est surtout les températures minimales qui ont été très anormalement élevées.
 
Le déficit pluviométrique, de 16,4 mm, peut être considéré comme normal. A l’inverse, le nombre de jours d’orages a été très anormalement élevé.
 
L’ensoleillement présente un déficit normal (-14h59). Ceci permet de montrer à quel point octobre a été remarquable: l’excédent thermique n’est pas uniquement dû à l’ensoleillement, mais bien à la masse d’air en elle-même, fréquemment d’origine tropicale.
 
L’Atlantic Low, toujours l’Atlantic Low
 
L’ensemble d’octobre a été placé sous le signe du régime de l’Atlantic Low, à l’instar de ce qui est observé depuis plusieurs mois. Les dépressions tendent à prendre place sur l’océan tandis que les anticyclones se cantonnent sur le continent. Ainsi, nos régions se retrouvent placées dans un flux de sud-ouest amenant de la douceur. Selon le fait que les dépressions ou les anticyclones soient les plus proches, cette douceur est accompagnée d’un temps nuageux et/ou pluvieux dans le premier cas, relativement lumineux dans le second. Ce schéma d’organisation des centres d’actions n’a été perturbé qu’à de rares reprises, notamment lors du passage de l’ex-cyclone Gonzalo le 21 octobre.
 
L’Atlantic Low, un régime déjà bien en place en septembre…
 
Un parallèle à faire avec… octobre 2013
 
Finalement, lorsque l’on essaie de tenter une comparaison avec un autre mois, c’est celui d’octobre 2013 qui peut servir de parallèle. Ce mois fut également un mois doux, marqué par des orages et une tempête (Christian) à la fin de celui-ci. En considérant la normale 1981-2010, nous obtenons un excédent thermique de 1,7°C pour ce mois, ce qui est anormalement doux.
 
C’est au niveau de l’ensoleillement que la comparaison est frappante. Tout comme cette année, octobre 2013 s’est caractérisé par un déficit important: le soleil a brillé à raison de 68% de la normale à la station de Fontaine-l’Evêque (Météo Charleroi). Ceci montre clairement que le temps a été régulièrement nuageux mais doux, comme cette année. Au final, la position des centres d’action fut très similaire à cette année, avec également un régime récurrent d’Atlantic Low.
 
 
Plus d’informations sur octobre 2013: analyse climatologique d’octobre 2013
 
 
Retrouvez toutes les photos de ce mois d’octobre et de l’automne ici: Automne 2014

 

Septembre 2014

Voici en annexe les chiffres à retenir de ce mois de Septembre 2014, on notera la température aussi bien maximale que minimale anormalement élevée. 



Mais ce qui est le plus remarquable c’est la quantité de précipitation tombée sur le mois qui est considérée comme exceptionnellement basse ( record 9,2mm en 2001). 

Ces données ont été reprise de l’IRM, référence en la matière en Belgique. Des relevés sont collectés par l’institut à peu près sans discontinuité depuis 1833 faisant une base de valeur pour la climatologie, Uccle étant le lieu choisi. 


Si l’on se penche un peu plus sur la position des centres de pression durant ce mois nous comprenons aisément ces écarts par rapport à la normale. En effet, la première moitié du mois à été dominée par un anticyclone ancré sur la Scandinavie drainant une masse d’air assez chaude et sèche continentale de NNE ( flux majeur de ce mois). Au début de la deuxième quinzaine, celui-ci s’est décalé vers la Russie, nous étions alors situés entre la zone de haute pression et une dépression atlantique amenant un flux de sud mou vers nos régions, le mercure continuait de monter. 


A la fin de la période, une dépression qui concernait le nord de l’Europe a étendu son influence vers nos régions pour quelques jours, dans un flux septentrional les températures ont temporairement baissé et quelques perturbations on pu s’infiltrer. 


Juste avant début Octobre l’anticyclone des Açores a étiré une dorsale vers l’Europe de l’ouest asséchant à nouveau la masse d’air.


C’est donc un beau « pied de nez » à ceux qui criaient à l’été pourri, voir l’article de notre blog à ce sujet:http://infometeobelgique.blogspot.be/2014/09/anthologie-de-la-desinformation.html
Surtout qu’Octobre est lui aussi bien parti pour être pourvoyeur d’écarts importants, reste à savoir si cette relative douceur va s’éterniser au-delà de l’hiver ou au contraire si celui-ci va se révéler froid et neigeux, les spéculations peuvent commencer…


 

Les orages du 20 septembre 2014

La mi-septembre a été marquée par quelques orages, dont certains de bonne facture. Ainsi, la journée du samedi 20 septembre a été particulièrement électrique, avec la survenue de cellules très organisées et à la base d’inondations, notamment en Wallonie. Quelques dégâts liés à la foudre et au vent sont également à déplorer.
 
Cet épisode termine une période de temps chaud et relativement sec, avec plusieurs journées au cours desquelles les températures maximales ont dépassé les 25°C. De l’air instable et humide venant du sud-ouest stagnait sur nos régions durant la journée de samedi. Le passage d’un talweg (extension d’une dépression) en altitude a accéléré le flux au-dessus de la Belgique, générant une dynamique propice aux développements orageux.
 
En fin d’après-midi, une première convergence se créée suite à la collision entre un flux d’air descendant du nord-ouest et l’air chaud présent sur le sud de la Wallonie. En réponse, les premiers orages se sont développés sur la province de Liège notamment, mais leur ampleur est restée relativement faible. Les orages se sont ensuite multipliés le long de cette limite au sud du sillon Sambre-et-Meuse. En parallèle, une nouvelle série d’orages s’est organisée sur le nord de la France sur une deuxième convergence – à l’avant d’un front froid arrivant du nord-ouest – mieux formée. Ces cellules orageuses ont alors transité lentement à travers la Wallonie en fin d’après-midi et en début de soirée, tout en prenant un caractère de MCS. Ce lent déplacement explique la durée des orages et des précipitations liées responsables des inondations, notamment à Celles, dans le Condroz. 
 
La première image ci-dessous, en fin d’après-midi, montre, outre les premiers orages sur la province de Liège, l’organisation du MCS sur le nord de la France.
 
Radar de 17h15 (source: IRM)

 

Les images suivantes montrent, d’heure en heure, la progression des orages à travers la Belgique. L’image de 19h00 est très instructive, car elle montre clairement les deux lignes de convergence: la première sur le centre de la Wallonie et la deuxième sur le Nord-Pas-de-Calais. L’organisation de ces convergences explique pourquoi les orages ont été les plus intenses sur le sillon Sambre-et-Meuse, le Condroz et la Botte du Hainaut.
 

 

 

 

 

 

 
L’activité électrique s’est montrée par endroits très intense, avec jusqu’à un éclair toutes les deux ou trois secondes. Le sud du Namurois a à ce titre été très bien servi. L’équipe Belgorage en poste dans la région de Ciney a ramené quelques clichés spectaculaires de son déplacement dans le Condroz:
 
 
A Crupet, non loin de là, la foudre a également été au rendez-vous (auteur: Zolfanello Aoc):
 
 
A Liège aussi, les orages se sont montrés particulièrement intenses (auteur: R. Jamar):
 
 
Comme évoqué plus tôt, l’activité pluviométrique n’a pas été en reste, avec plusieurs cumuls de plus de 30 mm de pluie. De la grêle a également été observée localement. La carte ci-dessous reprend les relevés des stations du réseau Météo Belgique. Celle-ci affiche les cumuls de pluie relevés entre samedi 8h00 et dimanche 8h00. La palme revient à Courrière (sud-est de Namur) avec 47 mm.
 
 
Les orages en septembre ne sont pas rares, mais il est remarquable de les voir atteindre une telle violence à cette époque de l’année. Ceci est la conséquence de la situation atmosphérique particulière détaillée dans cet article et tout à fait particulière.
 
 

Orages et tornades du 8 août 2014

Le 8 août, un marais barométrique (faibles différences de pression sur de longues distances) est installé sur nos régions, et entretient un temps moite. Dans l’après-midi, le temps se déstabilise franchement avec l’arrivée de creux, tandis qu’une bonne dynamique se met en place en altitude. Plusieurs orages se déclenchent donc dans ces circonstances. 
 
Double coup de foudre sévissant dans la région de Bleid, le 08 aout 2014. Crédit photo : Samina Verhoeven
Orage en bow echo dans la région de Bleid en soirée (auteur: Belgorage).
 
La dynamique est suffisante pour générer plusieurs supercellules. L’une d’entre elles donne naissance à une tornade à Manhay, dans le nord de la province de Luxembourg. Le phénomène atteint l’apogée de sa puissance à Grandmenil où les dégâts portés à la végétation et aux habitations permettent de le classer à la limite entre les échelons F1 et F2 de l’échelle de Fujita.
 
Une autre probable tornade survient dans l’après-midi sur la commune de Jalhay, dans le sud de la province de Liège, où elle provoque également des dégâts. Le phénomène est photographié à plusieurs reprises. Néanmoins, outre un mesocyclone clairement visible, le tourbillon en lui-même ne se condense pas complètement, rendant son observation difficile. L’intensité du phénomène peut être estimée à F0 – F1 inférieure.
 
Mesocyclone et tornade à Sart-lez-Spa, vus depuis l’autoroute E25.
 
Enfin, une dernière tornade est confirmée dans le Brabant Wallon, à Jauchelette. Le phénomène y provoque également quelques dégâts aux constructions et à la végétation. Là aussi, une intensité F0 – F1 est avancée.
 
Cet épisode sera suivi deux jours plus tard par d’autres tornades: Tornades du 10 août
 
Ces informations sont incomplètes. Nous aurons l’occasion de compléter cette page une fois l’étude de Belgorage publiée, sans doute après octobre.
 

15 – 22 août 2014: Tornades, trombes et tubas en pagaille

Le mois d’août 2014 est sans contexte haut en couleur d’un point de vue phénomènes remarquables: après les tornades du 8 août et surtout l’outbreak tornadique du 10 août, de nouveaux phénomènes se produisent dans les jours suivants.

15 août – Zeebruges (Flandre)
 
Le 15 août, dans un contexte assez dynamique et frais, une cellule convective déclenche une trombe marine au niveau de Zeebruges. Celle-ci s’échoue sur la plage et la digue de la station balnéaire en provoquant quelques dégâts. Elle peut être classée à l’échelon F0 de l’échelle de Fujita.
 
 
La vidéo ci-dessous montre le bas du phénomène (la colonne nuageuse n’étant pas visible) traverser la plage et fracasser quelques cabines avant de terminer sa course sur la digue:
 
 
15 août – Rejet-de-Beaulieu (Nord-Pas-de-Calais)

Le même jour, un tuba très développé (ayant peut-être atteint temporairement le sol) est observé dans le département du Nord. Aucun dégât n’est reporté. Le phénomène dure environ cinq minutes.

Tuba très développé à Rejet-de-Beaulieu, le 15 août 2014. (c) K. SAMIEZ
Source: Kéraunos.
 
 
15 août – Lallaing (Nord-Pas-de-Calais)
 
Toujours le 15 août, un tuba est observé près de Douai.
 
Probable tuba près de Douai (Nord), le 15 août 2014 vers 17h00. (c) Mathieu BECQUET
Source: Kéraunos.
 
 
19 août – Calais (Nord-Pas-de-Calais)
 
Une tornade frappe la ville de Calais. Classée F0, elle commence en mer en tant que trombe marine et traverse très vite la plage et le quartier du port. Quelques légers dégâts sont répertoriés.
 
Tornade à Calais le soir du 19 août 2014. (c) La Voix du Nord
Source: La Voix du Nord.
 
 
20 août – Aire-sur-la-Lys (Nord-Pas-de-Calais)
 
Un tuba est observé près de Saint-Omer. Le phénomène n’atteint pas le sol.
 
Tuba entre Aire-sur-la-Lys et Longuenesse (Pas-de-Calais) le 20 août 2014. © Antoine LAIR
 
 
20 août – Beauvois-en-Cambraisis (Nord-Pas-de-Calais)
 
Un autre tuba très développé est observé le même jour à Beauvois-en-Cambraisis. Le phénomène ne semble pas avoir atteint le sol.
 
Tuba près de Beauvois-en-Cambrésis (Nord) le 20 août 2014. © Johan PLUCHARD
Source: Kéraunos.
 
 
22 août – Wambrechies (Nord-Pas-de-Calais)
 
Une tornade frappe le nord-ouest de l’agglomération de Lille. Elle traverse Wambrechies d’ouest en est sur environ 3,7 km, endommageant légèrement quelques habitations et cassant de nombreuses branches et arbres. Le phénomène s’est déplacé d’ouest en est et peut être classé comme une tornade de F0 sur l’échelle de Fujita.
 
22 août – Malo-les-Bains (Nord-Pas-de-Calais)
 
Un tuba est observé au large de Malo-les-Bains.
 
Tuba au large de Malo-les-Bains (Nord) le 22 août 2014. © Mélanie MARTIN
Source: Kéraunos.
 
 
22 août – Marck (Nord-Pas-de-Calais)
 
Une trombe marine est observée au large de Marck. D’après Kéraunos, le contact avec la mer est quasi certain. 
 
Très probable trombe marine au large de Marck (Pas-de-Calais) le 22 août 2014. © Gabriel Magné
Source: Kéraunos.
 
 
22 août – Strazeele (Nord-Pas-de-Calais)
 
Un tuba est observé à Strazeele vers 15h30.
 
Tuba près de Strazeele (Nord) le 22 août 2014. © Jean-Marc DHAINAUT
Source: Kéraunos.
 
 
22 août – Zwijnaarde (Flandre)
 
Un tuba très développé, voire une tornade, concerne la région au sud-ouest de Gand, à Zwijnaarde.
 
 
 
22 août – Leuze (Wallonie)
 
Une tornade se développe sous une cellule convective marquée vers 18h00, au nord-ouest de Leuze. Elle se déplace sur environ 8,3 km entre Thieulain et Clivemont, mais ne garde pas le contact avec le sol sur l’ensemble de son parcours, légèrement décalé vers le nord par rapport à l’une des tornades survenues le 14 août 1999. Quelques dégâts sont observés, mais ceux-ci restent limités. Le phénomène peut être considéré comme une tornade de F0 ou F1 inférieure sur l’échelle de Fujita. 
 
 
L’image ci-dessous est tirée d’un film transmis à Info Météo. La tornade est filmée depuis la gare de Ath, en direction du sud-ouest:
 
 
Cette autre photo est prise par Notélé:
 
 
Le film ci-dessous montre la tornade filmée depuis le nord de Leuze:
 

Photo transmise à Info Météo de la tornade près de Grandmetz (auteur: P. T. Dereux):

 
Conclusion
 
La Belgique et le Nord-Pas-de-Calais connaissent ce mois un nombre remarquablement élevé de phénomènes tornadiques. Il ne faut cependant pas y voir une conséquence du réchauffement climatique. Le mois d’août 2014 a été marqué par une forte instabilité. Celle-ci explique les nombreux phénomènes s’étant produit.

Evénements 2014

Cette page reprend l’ensemble des infographies et des liens vers les dossiers spéciaux concernant les événements survenus au cours de cette année 2014, riche d’un point de vue météorologique. N’hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir et à consulter les liens vers les articles spéciaux.

En résumé, 2014 c’est:

  • un « non-hiver » 2013 – 2014, anormalement orageux
  • une année orageuse exceptionnelle avec un paroxysme en juin
  • des tornades en série en août
  • un automne hors du commun
  • une année caractérisée par une grande douceur et une récurrence durable du régime « Atlantic Low », avec une persistance de dépressions sur l’océan et d’anticyclones sur l’Europe centrale, plaçant régulièrement nos régions dans des flux d’origine subtropicale.
 
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L’hiver 2013-2014 est anormalement doux, humide et orageux. Certaines régions ne voient pas le moindre flocon durant cette saison.


Janvier

Le 25 janvier, un derecho complètement hors saison traverse l’ouest de la Belgique et le Nord-Pas-de-Calais en provoquant de puissantes rafales de vent et des tornades.

 
 
L’orage est spectaculaire, notamment à Zeebruges où l’équipe Belgorage l’attendait de pied ferme:
 
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Mars

Le début du mois de mars est atypique, avec un temps ensoleillé et très doux (Voir ICI). Le 9, un record de douceur est battu.
 
 
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Avril

Le 7 avril, l’année orageuse commence en fanfare avec le passage d’un QLCS (système orageux organisé en ligne). Lien vers le dossier spécial: ICI
 
Les 21 et 22 avril, de nouveaux et nombreux orages concernent nos régions. 
 
 
 
Le 24 avril, un puissant orage frappe l’Ardenne et la Famenne et s’accompagne de grêlons de plusieurs centimètres de diamètre qui provoquent des dégâts.
 
 
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Mai

Le 6 mai, de forts orages se produisent sur le massif ardennais tandis qu’une supercellule concerne l’ouest du Hainaut. Lien vers le dossier spécial: ICI
 
Le 20 mai, une nouvelle supercellule concerne l’ouest du Hainaut dans l’après-midi. En soirée, un violent bow echo (orage organisé en arc) explose sur l’Entre-Sambre-et-Meuse et traverse le centre de la Belgique en provoquant des dégâts dus au vent. Lien vers le dossier spécial: ICI. De nouveaux orages éclatent le 21 mai.
 
Coup de foudre sur les hauteurs de Beignée, près de Charleroi, en fin de soirée du 20 mai.
 
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Juin

Entre le 7 et le 10 juin, des orages récurrents se produisent et provoquent de nombreux dégâts. De nombreuses supercellules sont observées et plusieurs MCS (systèmes orageux de grande étendue) traversent nos régions. L’une des supercellules passe sur Bruxelles où elle déverse des grêlons de 5 cm de diamètre et interrompt le match de football amical entre la Belgique et la Tunisie. Lien vers les dossiers spéciaux ci-dessous:
 
 
Ambiance électrique le soir du 8 juin au-dessus de Berzée. Source: Info Meteo.
 
 
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Juillet

Le 6 juillet en début de soirée, de forts orages frappent la Lorraine belge. Une supercellule est suspectée dans la région de Athus où elle produit une violente rafale descendante génératrice de dégâts. De la grêle est également observée.
 
Le mois de juillet présente différentes facettes (Voir analyse ici). Un coup de chaleur se produit le 18 juillet.
 
 
 
Le lendemain, le 19, un MCS traverse l’ouest du Nord-Pas-de-Calais et de la Belgique du sud au nord, accompagné d’une forte activité électrique.
 
 
 
La nuit du 27 au 28 juillet, une salve orageuse concerne l’ouest de la Flandre. L’après-midi suivant, de nouveaux orages parfois costauds éclatent sur les deux Flandres et le Hainaut, ainsi que dans la région de Waremme. A Charleroi, des inondations sont observées.
 
Activité électrique de la journée du 28 juillet. Les couleurs froides montrent les impacts les plus récents.
 
Le 29 juillet, des orages à déplacement lent conduisent à des inondations dans l’ouest du Brabant-Wallon, notamment à Ittre où elles sont spectaculaires.
 
 
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Août

Quelques orages sont observés le 3 août dans l’après-midi.
 
Le 8 août, plusieurs tornades sont signalées en Belgique, à Manhay, Sart-lez-Spa et Jauchelette. Dossier spécial: Orages et tornades du 8 août.
 
Le 10 août, un outbreak tornadique (épisode d’un nombre important de tornades) concerne le nord de la France et la Belgique. Une tornade spectaculaire frappe notamment la commune de Sombreffe. Une autre tornade est confirmée à Gozée. Lien vers le dossier spécial: Tornades du 10 août
 
La tornade de Ligny-Sombreffe, alors qu’elle traverse le village de Tongrinnes, le 10 août en fin d’après-midi.
 
 
Le 15 août, une trombe marine provoque quelques dégâts sur la digue de Zeebruges. D’autres tornades, trombes et tubas sont signalés les jours suivants dans le nord de la France et en Belgique. Le 22 août, trois tornades frappent ces régions: la première à Wambrechies, au nord-ouest de Lille, la seconde à Zwijnaarde, près de Gand, et la troisième entre Leuze et Ath (dossier à venir). Dossier résumé: ICI
 
S’il n’avait pas trop mal commencé, août présente une dernière quinzaine trop fraîche et humide, plombant les statistiques d’un mois qui se termine finalement avec un déficit thermique très anormal et une pluviométrie excédentaire. La température moyenne du mois a été de 16,2°C contre une normale de 18,0°C. La moyenne des températures maximales est encore plus déficitaires (considérées comme très exceptionnelles), la plus froide des trente dernières années.
 
Le soleil se montre rarement durant ce mois, et quand il le fait, c’est dans un ciel souvent nuageux. L’astre se couche ici un soir de fin août à Capinghem (département du Nord).
 
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Septembre

Septembre est relativement beau, avec plusieurs journées pleinement estivales au cours desquelles les températures dépassent les 25°C. L’excédent thermique est anormal, tandis que le déficit pluviométrique est très exceptionnel. Voir ICI
 
Visé en fin d’après-midi, fin septembre.
 
Des orages parfois intenses surviennent cependant durant le week-end des fêtes de Wallonie, engendrant des inondations locales. Dossier spécial: ICI
 
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Octobre

Octobre s’inscrit dans la continuité de septembre et de cet automne 2014: très doux. L’ensoleillement est par contre légèrement déficitaire. Voir analyse ICI 
 
Plusieurs journées sont dignes de l’été, dont le samedi 18 octobre.
 
 
 
Le 21 octobre, l’ex-cyclone tropical Gonzalo, qui a notamment frappé les Bermudes, arrive en Europe Occidentale. Réincarné sous la forme d’une dépression extratropicale, il déclenche un épisode tempétueux sur les Iles britanniques, l’Irlande, le nord de la France, le Benelux, l’ouest de l’Allemagne et la Suisse. 
 
 
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Novembre

La Toussaint est exceptionnelle de douceur. Les températures maximales atteignent parfois plus de 20°C, c’est de jamais vu au cours des 115 dernières années. Des orages sont observés dans la soirée du 2 novembre.
 
 
La première quinzaine du mois passe à deux doigts (ou plutôt un dixième de degré) d’être la plus douce enregistrée à ce jour. La seconde quinzaine alterne quelques périodes plus fraîches (avec les premières gelées, ce qui est très tardif) et des moments de grande douceur, comme le week-end du 22 – 23 novembre.


La fin novembre se fait plus fraîche, avec des gelées généralisées sur le sud de la Belgique. Mais ce froid n’est que pelliculaire: le 30, alors qu’on observe -3,5°C à Elsenborn (+/- 600 mètres) en température minimale, il fait +14°C à environ 750 mètres d’altitude. Une langue d’air très doux surplombe l’air froid, engendrant une inversion particulièrement marquée. Au-dessus de Beauvechain, en l’absence d’effet de sol, la différence atteint 12°C en 750 mètres. En soirée du 30, un peu de neige et de verglas est observé localement au sud du Sillon-Sambre-et-Meuse.

Novembre se termine avec un excédent très anormal de la température. De même, l’automne 2014 est le deuxième plus chaud enregistré depuis le début des observations, derrière l’intouchable Automne 2006. Voir l’infographie pour novembre: L’anti-novembre 2014

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Décembre

Le Général Hiver débarque à l’heure. Le soir du 2 décembre, une première offensive neigeuse concerne une bonne partie du sud-est de la Belgique ainsi que le nord du département des Ardennes. Un compte rendu est accessible ICI.

Le 8 décembre, de nouvelles averses de neige se produisent, menant à une petite accumulation en Haute Belgique, plus sporadique ailleurs.

 
L’agitation continue les jours suivants puisque nous connaissons plusieurs phénomènes: un gros coup de vent, de fortes précipitations et de nouvelles chutes de neige en Haute Belgique.
 
 
Bastogne enneigée au soir du 13 décembre. Auteur: A. Esmanne.
 
Après deux semaines de douceur et un 24 décembre qui l’est tout autant, la masse d’air commence à changer le jour de Noël, avec un refroidissement progressif. Le 27, une profonde dépression nommée Hiltrud traverse la Belgique du nord-ouest au sud-est. Un épisode neigeux assez important frappe différentes régions du pays. Il tombe par exemple entre 10 et 15 cm de neige dans l’Entre-Sambre-et-Meuse et 15 à 25 cm sur le massif ardennais. Un dossier spécial est accessible: Neige et froid de la fin décembre
 
Montigny-le-Tilleul sous la neige en fin d’après-midi du 27 (Source: Info Meteo).
 
La nuit suivante, l’air froid déboule d’Allemagne, et les températures entament une chute. Du verglas est présent en de nombreux endroits au matin du 28. En soirée et la nuit suivante, les températures plongent, passant sous les -10°C en certains endroits (Hautes-Fagnes, localement en Ardenne, sud de Charleroi…).
 
Le 29 au matin, quelques averses de neige puis de pluie traversent la Belgique du nord au sud. Une petite accumulation est observée dans l’est du pays, avant l’arrivée progressive du dégel.
 

Analyse climatologique du mois de décembre: ICI