2012 – 2013, un hiver sans fin

 

 

Après décembre 2010 (voir article ici: Lien), l’hiver 2012-2013 est également une période bien neigeuse. Mais c’est surtout la longue durée de cette dernière qui va marquer les esprits, avec d’importants épisodes hivernaux jusque fin mars. Dans cet article, nous repassons en revue les grands moments de cette saison.

Un début lent mais très ponctuel
 
En fait, le Général Hiver débarque en Belgique pile à l’heure du début de l’hiver météorologique, le 1er décembre. L’image ci-dessous le montre : un vague flux de nord froid – mais pas trop – commence à se mettre en place sur nos régions, après plusieurs semaines de flux maritime d’ouest. Ce jour, une première petite perturbation descend du nord et apporte de la neige. Les températures un peu trop douces l’empêchent d’accrocher en Basse et en Moyenne Belgique, si ce n’est temporairement. En Haute Belgique par contre, elle s’accumule jusqu’à former le lendemain une couche de 5 cm à Libramont et de 10 cm en Hautes-Fagnes.
Situation le 1er décembre à 1h00 heure locale. 
 
Le 3 décembre, le flux tourne à l’ouest et une perturbation venant de l’Atlantique se heurte à l’air froid présent sur nos régions. Résultat, il neige pendant plusieurs heures en matinée, rendant la circulation routière particulièrement difficile. Cette neige est ensuite remplacée par de la pluie, accompagnée d’une remontée des températures. Mais à l’arrière de la perturbation, le flux vire de nouveau au nord-ouest.

Le 5 décembre, de nouvelles averses de neige parcourent la Belgique, du nord-ouest au sud-est. Une nouvelle fois, l’accumulation de quelques centimètres qui se forme en Basse et Moyenne Belgique n’est que temporaire. Seule la Haute Belgique voit la neige persister et former une bonne couche. Cette situation se répète le 6 décembre.
 
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Le Sart-Tilman (Liège) sous une forte averse de neige le matin du 6 décembre.
 
Le 7 décembre, une dépression creusée à 995 hPa descend de mer du Nord et traverse la Belgique. Elle s’accompagne d’une perturbation qui donne des chutes de neige faibles à modérées sous un vent soufflant en rafales (60 à 80 km/h). Elle concerne d’abord l’ouest du pays en fin de nuit, le centre en début et milieu de matinée et l’est dès midi. Les accumulations sont comprises entre 0 et 10 cm selon les régions. Il tombe par exemple 3 à 5 cm le long du Sillon Sambre-et-Meuse, 4 à 5 cm en région bruxelloise et environ 10 cm en Haute Belgique. Dans les Hautes-Fagnes, cette neige tombe sur la couche issue des précédents épisodes, portant l’accumulation à 30 cm.
 
                          
Situation le 7 décembre à 1h00 heure belge.
 
La semaine qui suit, le temps reste froid suite à l’influence de masses d’air polaire. Certaines nuits, les températures minimales plongent sous les -10°C dans l’est de la Belgique. On observe également quelques averses de neige ça et là, donnant une petite accumulation. 
 
Un intermède doux et humide long de plusieurs semaines
 
Le 13 décembre, l’air doux revient en force, engendrant dans un premier temps quelques pluies verglaçantes de faible intensité. Leur impact est dès lors limité. L’air doux va nous concerner pendant plusieurs semaines. Ainsi, Noël se déroule sous un temps absolument pas hivernal. Durant cette période, nos régions sont soumises à des courants maritimes subtropicaux amenant des températures élevées pour la saison. Sur le coup de minuit le 25 décembre, il fait 11°C à Montigny-le-Tilleul. Les pluies abondantes entraînent des situations parfois critiques sur le réseau hydrographique. Ainsi, le village de Londerzeel (Brabant Flamand) est partiellement inondé.
 
Le retour en force de la neige et du froid
 
A partir du 11 janvier, la masse d’air change. De l’air polaire continental envahit nos régions. Il amène avec lui quelques chutes de neige le 12. Le 14 et le 15 et de manière assez analogue au 7 décembre, une dépression arrive du nord et passe sur l’ouest de la Belgique et le Nord-Pas-de-Calais. La majeure partie de nos régions reste à l’est de celle-ci, et donc dans l’air froid. Le front occlus de la dépression dépose plusieurs centimètres de neige. L’accumulation la plus épaisse est relevée à Florennes avec 13 cm, de laquelle il faut retrancher les 5 cm présents avant l’arrivée de la perturbation.
 
Situation le 15 janvier à 1h00 heure belge.
 
La nuit du 15 au 16 janvier est glaciale, avec des températures sous les -10°C en de nombreux endroits, y compris à la côte : -11,3°C à Middelkerke, -11,9°C à Ernage, -12,0°C à Zaventem, -12,8°C à Chièvres.
 
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Vue du Benelux et du nord de la France sous la neige au matin du 16 janvier.
 
Paysage enneigé le 16 janvier à Limal (Brabant Wallon).
 
Le 20 janvier, le flux d’air continental concernant nos régions est heurté par de l’air maritime arrivant de France, à la faveur d’une dépression s’y trouvant. Le front occlus séparant les deux masses d’air stationne sur la Belgique et donne des chutes de neige pendant plusieurs heures entre le milieu de la nuit et le début de l’après-midi. Il tombe ainsi entre 3 et 6 cm de neige selon les régions.
 
Situation le 20 janvier à 1h00 heure belge.
 
Lever de soleil hivernal au matin du 22 janvier à Sautin, dans la Botte du Hainaut (Source: Météo Belgique)
 
Bois sous la neige le 23 janvier à Limal (Brabant Wallon).
 
Retour temporaire de la douceur
 
La fin janvier connait le passage de perturbations très actives, accompagnées de pluies importantes et de fortes rafales de vent. Les températures dépassent allègrement les 10°C, y compris la nuit.
 
A la Chandeleur, l’hiver… reprend vigueur
 
Après cet intermède doux, le flux vire à nouveau au nord, et des masses d’air polaire atteignent la Belgique à la suite d’une dépression passant le 5. La nuit précédente, le front de la dépression engendre des rafales destructrices en Flandre Occidentale. Il tombe quelques centimètres de neige (4 cm de neige relevés à Namur en fin d’après-midi). La nuit du 5 au 6, les averses de neige se poursuivent, ajoutant quelques centimètres supplémentaires. 
 
Situation le 6 février à 1h00 heure belge.
 
Le 7, le flux d’air polaire est toujours bien présent et continue de déverser des averses de neige sur la Belgique. Elles sont parfois très intenses (2 cm de neige en quelques minutes) et accompagnées d’orages. Cette situation se poursuit la nuit suivante et le lendemain, avant de s’estomper le 9 février. L’accumulation totale de neige atteint alors les 30 cm en Hautes-Fagnes.
 
Défilement des averses hivernales sur la Belgique au soir du 7 février (19h20). Source: IRM.
 
Le Sart-Tilman (Liège) au matin du 8 février, sous environ 8 cm de neige.
 
Spa sous la neige le 9 février.
 
Le 14 février, une perturbation atlantique vient se heurter à l’air froid stationnant sur l’Europe Occidentale. Il pleut sur des sols gelés, ce qui provoque la formation de verglas. La circulation sur les réseaux ferroviaires et routiers devient difficile.
 
La fin du mois de février reste froide, avec de fréquentes gelées et averses de neige. Le 24, un retour d’occlusion repris dans un flux d’air continental en provenance de la Sibérie provoque de nouvelles chutes de neige. Elles sont cependant assez légères, ne déposant que 1 à 4 cm de poudreuse selon les régions.
 
Début mars: l’arrivée du printemps…
 
Durant les premiers jours de mars, la situation change du tout au tout: de l’air chaud atteint la Belgique, et amène les premières belles journées de l’année 2013. Le 5 mars est le plus chaud depuis le début des observations à Bruxelles en 1833: on relève 17,5°C comme température maximale dans l’après-midi. Cette douceur se poursuit les jours suivant dans un contexte plus humide. Le printemps semble s’être installé définitivement. Cependant, plus au nord, l’air sibérien commence une nouvelle fois à bousculer l’air doux. Un important conflit marqué par un front très organisé se dessine alors…
 
Avant le retour fracassant de la neige et du froid
 
La nuit du 9 au 10 mars, ce front descendant du nord arrive en Belgique, poussé par l’air continental polaire. Les températures s’effondrent d’une dizaine de degrés en quelques heures, et la pluie qui avait commencé à tomber en soirée est rapidement remplacée par de la neige au-dessus de 150 mètres. Quelques centimètres se déposent au passage de la perturbation.
 
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Situation le 10 mars à 1h00 heure belge. L’immense conflit entre les deux masses d’air antagonistes se marque par un double front qui court depuis la Russie jusqu’à l’Atlantique. Au nord, l’air sibérien, au sud, l’air doux.
 
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Légère couche de neige au matin du 10 mars à Montigny-le-Tilleul.
 
Le 11 mars, le front s’arrête sur le nord de la France, bloqué par l’air doux. Le contraste de températures est saisissant: alors que les deux tiers sud de l’Hexagone sont au printemps, le nord de celui-ci et la Belgique replongent en plein hiver. Sur 150 km, la différence de températures est parfois de 10°C. Cette différence est encore plus importante en altitude. Ainsi, à 850 hPa (+/- 1550 mètres), il fait -11°C au-dessus de la côte sud des Iles britanniques et +1°C au-dessus du Mont-Saint-Michel. Au nord du front, la neige tombe en rafales de nord-est, rendant le ressenti particulièrement désagréable.
 
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Différence de températures au sol le 11 mars à midi.
 
En parallèle, une dépression nommée Xaver arrive de l’Atlantique et vient se heurter à la limite stationnant sur le nord de la France. Elle renforce ainsi le contraste de températures mais aussi l’activité de la perturbation. Une offensive neigeuse de longue durée se déclenche en soirée du 11 mars et va concerner le nord de la France, la Belgique, le Luxembourg et une partie de l’Allemagne pendant près de vingt-quatre heures. C’est l’épisode neigeux le plus important de l’hiver en beaucoup de régions. En prévision de cet événement, l’IRM émet une alerte rouge pour la Wallonie.
 
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Situation le 12 mars à 7h00 heure belge.
 
La neige est soufflée par le vent d’est à nord-est, ce qui engendre la formation d’importantes congères. Les températures enregistrées en matinée sont de plus fort basses, comprises entre -3 et -6°C. Il n’en faut pas plus pour bloquer les réseaux de transports: de nombreuses lignes du TEC ne sont pas desservies, tandis que beaucoup de trains sont retardés ou supprimés. L’aéroport de Liège-Bierset est fermé à tout trafic. A l’heure de pointe matinale, on compte 1600 km d’embouteillages à travers toute la Belgique. A 10h00 le 12 mars, hors congères qui atteignent parfois le demi-mètre, on mesure 13 cm de neige à l’aéroport de Charleroi. A la côte, l’air brutalement aspiré vers la dépression Xaver transitant alors sur la France déclenche un épisode tempétueux: les rafales atteignent 100 km/h le long du littoral. Dans les terres, les plus fortes rafales sont comprises entre 60 et 80 km/h.
 
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Image radar de la perturbation le 12 mars à 10h00 (source: IRM).
 
C’est en France que l’on retrouve les images les plus spectaculaires, avec par exemple 20 cm de neige dans les rues de Amiens:
 
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Dans le département du Nord, c’est la tempête de neige:
 
(Source: Météo Paris).
 

Dans l’après-midi, la perturbation commence à s’affaiblir et ne concerne plus que la Haute Belgique. Là où la neige s’arrête de tomber, les épaisseurs de neige (desquelles il faut retrancher la couche initialement présente) établissent parfois des records pour un mois de mars, comme les 13 cm mesurés à Uccle sur le site de l’IRM. On mesure également 8 cm de neige à Bierset, 13 cm en périphérie de Namur, 15 cm à l’aéroport de Charleroi. Localement, hors congères, la couche de neige frôle parfois les 20 cm d’épaisseur. Néanmoins, ces épaisseurs auraient pu être encore plus importantes si le vent n’avait pas soufflé la neige.

Limal sous la neige en soirée du 12 mars.

Au soir, le ciel se dégage et les températures entament une chute vertigineuse. C’est la nuit la plus froide de l’hiver, avec -17,1°C relevés à Ciney au matin du 13. Ailleurs, le thermomètre affiche également des valeurs bien basses: -15,9°C à Melin (Brabant Wallon), -15,6°C à Namur, -14,3°C à Mons, -14,0°C à Cour-sur-Heure (Hainaut), -13,9°C à Montigny-le-Tilleul, -11,8°C à Bierset, -10,1°C à Uccle et à l’aéroport de Charleroi. A Lille, la valeur de -10,5°C enregistrée constitue un record pour un mois de mars. Il en va de même à Charleville-Mézières avec -14°C.

Wanfercée-Baulet au matin du 13 mars (Source: Météo Belgique).

Le 15 mars, il fait parfois encore plus froid au petit matin, avec -17,9°C relevés dans les Hautes-Fagnes. Cependant, l’air doux gagne progressivement nos régions, et le dégel s’amorce…

Le 24 mars, une dernière offensive neigeuse concerne la Belgique. On relève 5 cm d’accumulation à Montigny-le-Tilleul. Dans le sud de la Belgique, une langue d’air doux s’intercale en altitude, et entraîne la formation de pluie qui tombe sur des sols gelés (-4°C à Libramont), formant du verglas. La situation est préoccupante, mais pas catastrophique.

Il faudra encore deux semaines avant que l’hiver ne lâche complètement prise. Le 7 avril au matin, on relève encore -5°C à Montigny-le-Tilleul. De l’air doux envahira nos régions les jours suivants, et déjà le 12 avril, des orages se produiront.

Et au niveau climatologique?

Si nous prenons en compte les relevés effectués à Uccle, nous constatons que:

– décembre a été un peu plus doux que la moyenne, tout ceci restant normal. Les frimas du début du mois ont été largement compensés par l’importante douceur de la fin de ces trente-et-un jours ;

– janvier a été plus froid que la normale, avec un déficit de 1,2°C. Le nombre de jours de neige fut de plus assez élevé avec 13 jours, contre 4,2 en temps normal ;

– février a été anormalement plus froid que la normale, avec un déficit de 2,3°C ;

– mais c’est surtout le mois de mars qu’il faut marquer d’une pierre blanche. Avec un déficit de 3,8°C, il est un mois très exceptionnellement froid. Il faut remonter à mars 1962 pour retrouver une similitude. Ceci montre bien à quel point l’hiver s’est éternisé dans nos régions. Le fait que les températures minimales aient réussi à plonger sous les -10 voire les -15°C au milieu du mois est tout à fait remarquable.

Écarts aux températures moyennes (référence 1981-2010) pour le mois de mars 2013 (Source: Météo Belgique).

Pourquoi un hiver si long?
 
Il est toujours délicat de chercher une cause à une déviation de la météo par rapport à la normale. Néanmoins, dans le cas présent, un phénomène survenu dans la stratosphère a probablement facilité la mise en place récurrente des courants polaires et continentaux. Le vortex polaire stratosphérique, pleinement formé, a subi en janvier 2013 un Sudden Stratospheric Warming (SSW). Ce terme barbare exprime simplement que l’air contenu à l’intérieur du vortex polaire s’est brutalement réchauffé en l’espace de quelques jours. Ceci diminue le contraste thermique avec l’air extérieur au vortex. Suite à cela, les courants atmosphériques circulant de manière cyclonique autour du vortex se sont affaiblis. Celui-ci a été déséquilibré et s’est déplacé hors de sa position polaire en direction de l’Europe, tandis que la circulation des vents stratosphériques a été fortement perturbée. A la mi-janvier, le SSW a fini par faire éclater le vortex en deux lobes, l’un d’entre eux s’établissant sur l’Europe Occidentale et l’Atlantique. Ces événements se sont répercutés sur le vortex polaire troposphérique qui, à son tour, a éclaté, s’effondrant à plusieurs reprises en direction de l’Europe. L’ensemble de ces éléments a modifié l’orientation du flux, celui-ci s’établissant fréquemment au nord ou à l’est, amenant de l’air froid, et donc un hiver particulièrement rigoureux. Ce phénomène s’est fortement renforcé en février et en mars, coïncidant avec les périodes les plus hivernales.
 
Ces phénomènes de déstabilisation du vortex polaire ne sont pas exceptionnels, mais ils sont capables, comme vu ici, de modifier le climat pendant plusieurs semaines ou mois.

Evénements 2013

Cet article reprend les infographies et les liens vers les dossiers spéciaux des événements météorologiques de cette année 2013.

Jusqu’en juillet, les chroniques sont celles du site Hydrometeo, auquel participait un collaborateur d’Info Meteo. 

 

Janvier

11 – 27 janvier 2013 – Vague de Froid: Il neige à plusieurs reprises et parfois abondamment durant ce mois, essentiellement après le 15. Le 20 janvier, il tombe parfois plus de 10 cm de neige sur le centre et l’ouest du pays. Des épisodes de pluies vergaçantes se mêlent de çi de là à l’épisode neigeux, engendrant des complications sur les routes et le réseau ferroviaire. Des températures très froides sont enregistrées les nuits, parfois sous -10°C, y compris à la côte. A Kruishoutem (entre Gand et Courtrai), la température minimale relevée au matin du 16 janvier est de -14,0°C. On a aussi relevé – 13°C à Chièvres et – 11,3°C à Middelkerke à la même date.

Le Benelux enneigé se voit depuis l’espace – 17 janvier 2013 au matin. Source: Météo Belgique.

27 – 30 janvier 2013: Une série de perturbations très actives concerne le pays, apportant des précipitations parfois abondantes. Combinées à la fonte des neiges accumulées depuis deux semaines, elles entraînent une élévation du niveau de plusieurs cours d’eau, déclenchant la pré-alerte de crue. Le vent est très présent durant cette période, atteignant parfois 80 km/h en rafales.

 

Février

5-8 février 2013 – épisode hivernal: Une dépression descend de mer du Nord le 5 et apporte des chutes de neige modérées essentiellement sous forme d’averses (on relève par exemple 4 cm de neige à Wépion, près de Namur, en fin d’après-midi du 5), parfois accompagnées d’orages et de phénomènes venteux destructeurs (en fin de nuit du 4 au 5, un front de rafale provoque des dégâts en Flandre Occidentale et Orientale). A la suite, un flux de nord s’installe et apporte des averses de neige supplémentaires, particulièrement présentes la nuit du 5 au 6 février: l’accumulation avoisinne parfois les 5 cm, surtout dans l’est du pays (par exemple, au Sart-Tilman, sur les hauteurs de Liège) au matin du 6 février. Le 7, elles sont de nouveau accompagnées d’orages localement, et sont parfois très intenses, donnant par moment jusqu’à 2 cm de neige en quelques minutes, en général au-dessus de 150 mètres d’altitude. Ces averses se poursuivent la nuit suivante et le lendemain, avant une accalmie temporaire le 9. Au final, la couche de neige approche les 30 cm en Ardenne et dans les Hautes Fagnes.

Image radar du 7 février 2013 en début de soirée (source: IRM)

Le Sart-Tilman (Liège) sous environ 8 cm de neige au matin du 8 février, après les fortes averses de la soirée précédente (auteur: Hydrometeo).

14 février 2013: Une perturbation arrivant de l’ouest se heurte à l’air froid qui stagne sur la Belgique. Elle véhicule de l’air plus doux en altitude, provoquant des pluies verglaçantes entrecoupées de quelques chutes de neige. La situation est rendue difficile sur les routes et le rail.

Fin février: L’hiver se poursuit avec de fréquentes chutes de neige. Il donne l’impression d’être particulièrement long cette année, même si cette situation reste tout à fait normal d’un point de vue climatique.

 

Mars

Début mars: Alors que la fin février se déroule dans le froid (relatif), un brusque bouffée d’air chaud arrive du sud, apportant un temps printannier très agréable. Le 5 mars est ainsi le plus chaud depuis le début des observations à Uccle en 1833. On relève ainsi une température maximale de 17,5°C. Cette période de temps doux dure du 4 au 7 mars, même si le temps tend à se couvrir et à devenir plus humide sur la fin de cette période.

***EPISODE NEIGEUX TARDIF ET DE GRANDE AMPLEUR A PARTIR DU 10 MARS***

10 mars: L’hiver signe un retour marqué sur l’Europe du Nord. En Belgique, entre le 9 à 16h00 et le 10 à 8h00, la température baisse de plus de 10°C par endroits. Une zone de conflit marquée par un front froid atteint la Belgique dans la nuit du 9 au 10 par le nord. Elle sépare l’air doux maritime présent depuis plusieurs jours sur nos régions de l’air polaire descendant de Sibérie. La pluie fait rapidement place à la neige, qui tient au-dessus de 150 mètres, menant à une accumulation de plusieurs centimètres.

Situation atmosphérique le 10 mars (source: Wetterzentrale).

Montigny-le-Tilleul sous 3 cm de neige dans la matinée du 10 mars (auteur: Hydrometeo).

11 mars: Le contraste entre l’air polaire au nord et l’air maritime doux au sud prend davantage d’ampleur. En 150 km, la différence de température dépasse parfois les 10°C. Le contraste est encore plus marqué à 850 hPa (environ 1500 mètres d’altitude), où on note -11°C au-dessus de la côte sud du Royaume-Uni mais +1°C au-dessus de la Baie du Mont-Saint-Michel. Il gèle au nord du front, où un vent de nord-est en rafales et une neige soufflée rendent les conditions très désagréables. C’est notamment le cas sur la Wallonie et sur le Nord-Pas-de-Calais où quelques centimètres de neige s’accumulent. Par endroits, la couche approche les 4 cm.

Carte des températures le 11 mars à 12h45 (source: Infoclimat).

Une dépression nommé Xaver approche lentement depuis l’Atlantique et fait son entrée sur la France en début d’après-midi. En plus d’accentuer le contraste de températures, y compris en altitude, elle déclenche une tempête de nord-est en Manche (120 km/h en rafales) et sur les côtes nord de la Bretagne et de la Normandie (100 à 115 km/h en rafales). Une puissante zone neigeuse se crée au nord du centre dépressionnaire, et concerne ces mêmes régions.

Situation atmosphérique le 11 mars à 7h00 du matin (source: Wetterzentrale).

***12 mars – neige intense, alerte rouge de l’IRM pour la Wallonie***

La Belgique, le nord de la France, le Luxembourg et l’ouest de l’Allemagne sont frappés par un épisode neigeux d’une grande intensité. Il s’agit pour beaucoup d’endroits l’offensive neigeuse la plus sévère de l’hiver 2012-2013, d’autant plus surprenante qu’il a fallu attendre la mi-mars pour qu’elle se produise.

La dépression Xaver transite sur la France, creusée à 993 hPa (12 mars – 7h00). Elle sépare toujours l’énorme contraste de températures de part et d’autre du front.

Situation atmosphérique le 12 mars à 7h00 du matin (source: Wetterzentrale).

 Associée à la dépression, une énorme perturbation transite sur les régions concernées, surplombées par un air très froid au sol et tombant sous des températures de -3 à -6°C. Les rafales de nord-est empêchent une accumulation neigeuse uniforme: à 10h00, les relevés officiels en terrain dégagé et soumis au vent font mention de 5 cm de neige à Bierset, 10 cm à Zaventem et 13 cm à Gosselies et Charleroi. Dans les faits, la couche de neige est parfois bien plus importante. A la même heure, les plus grosses accumulations dépassent les 15 cm, abstraction faite des importantes congères qui se forment de manière généralisée (parfois plus de 50 cm d’épaisseur). Sur les côtes françaises et belges, les rafales approchent ou atteignent encore les 100 km/h.

Radar des précipitations le 12 mars à 10h00 (source: IRM).

Les conséquences sur les réseaux ferroviaire, routier et aérien sont catastrophiques: on a relevé jusque 1600 km d’embouteillages à l’heure de pointe en Belgique, un record. Les retards et annulations sont nombreuses sur le rail, les bus du TEC sont pratiquement tous arrêtés, et l’aéroport de Liège est complètement fermé.

En France, la situation est encore plus dantesque, avec une couche de neige qui dépasse largement les 20 cm, et des congères énormes, comme à Amiens, véritablement noyé sous l’or blanc.

Amiens sous la neige le 12 mars au matin (source: Photolive Infoclimat).

Dans l’après-midi, la perturbation se rétracte et ne concerne plus que les régions de Haute Belgique dans l’après-midi. A la fin de l’épisode, les observations donnent une dizaine de centimètres de neige à Bruxelles (13 cm à Uccle – record absolu pour un mois de mars -, 10 cm à Zaventem) et à Liège (8 cm à Bierset, 11 cm aux Guillemins, 13 cm sur les hauteurs), une quizaine dans la région de Charleroi et de Namur (15 cm à l’aéroport de Gosselies, 13 cm à Wépion, au sud de Namur). Par endroit, la couche de neige frôle les 20 cm. Notons que le vent, ayant chassé la neige, a empêché une accumulation qui aurait pu être plus importante. A l’inverse, il a entraîné la formation de congères parfois imposantes.

13 mars: La nuit est très froide, et des records sont battus pour un mois de mars. Les températures descendent jusqu’à -17,1°C (!!) à Ciney, -15,9°C à Melin (Brabant Wallon), -15,6°C à Wépion (Namur), -14,3°C à Mons, -14,0°C à Cour-sur-Heure (Hainaut), -13,9°C à Montigny-le-Tilleul (Hainaut), -11,8°C à Bierset, -10,1°C à Uccle et à Gosselies.

15 mars: Le mercure tombe à – 17,9°C dans les Hautes-Fagnes. Le dégel et la fonte de la neige se font de manière franche dès l’après-midi, et le temps se radoucit durant les jours suivants.

24 mars: L’hiver ne veut décidément pas lâcher prise. La Belgique se retrouve une nouvelle fois dans une zone de conflit de masses d’air polaire d’une part et maritime d’autre part. A partir de la veille en fin d’après-midi, la neige se généralise sur une bonne partie du pays. L’accumulation dépasse parfois les 5 cm, comme dans la région de Charleroi par exemple. En Ardenne, une langue d’air doux s’intercale en altitude, engendrant des pluies verglaçantes par -4°C, comme observé à Libramont sur le temps de midi.

Fin mars: Rien n’y fait, le temps reste anormalement froid et sombre sur la Belgique. Les températures ne dépassent que très rarement les 5°C, et sont souvent négatives la nuit. Un peu de neige est encore observée ça et là. Cela est dû d’une part à de récurrents anticyclones qui stationnent souvent au nord de l’Ecosse et sur la Scandinavie, et à la zon de conflit avec l’air maritime tropical qui reste bloquée bien au sud de nos régions.


Avril

7 avril: L’hiver semble enfin prendre fin. A partir de ce jour, les températures diurnes commencent à s’élever et à se rapprocher des normales. Par contre, les nuits restent encore très froides. Ce jour, il fait -5°C au lever du jour à Montigny-le-Tilleul.

12 avril: Les premiers orages à caractère printannier se produisent sur le pays. On en signale dans la région de Bruges, de Bruxelles, de Charleroi et de Namur notamment.

14 avril: Il fait pratiquement estival, alors qu’il gelait encore il y a une semaine. Ce jour, les températures maximales dépassent les 20°C en plusieurs régions, pour la première fois de l’année.

 

Mai

La première semaine de mai nous offre un temps estival, avec des températures diurnes allant jusqu’à tourner autour de 25°C.

7 mai: une dépression s’immisce sur le sud-est du pays et le Grand Duché de Luxembourg. Au nord-ouest de celle-ci, des orages parfois intenses se forment en milieu d’après-midi et sévissent jusqu’en soirée en se déplaçant dans un flux orienté est – ouest puis nord-est – sud-ouest. Il s’en produit en régions liégeoise, namuroise, carolo et bruxelloise. En matinée déjà, un orage avait circulé de Charleroi vers le Borinage et la France. Localement, des dégâts dus aux eaux sont à signaler.

8 mai: en fin d’après-midi, un front froid lié à une dépression près de l’Irlande vient se heurter à une masse d’air encore relativement douce (22 à 23°C selon les régions) et développe une ligne d’orages qui traverse le pays d’ouest en est en soirée. Les orages qui l’accompagnent sont parfois forts, avec d’importantes quantités de précipitations en peu de temps. La ligne perd son activité électrique en atteignant l’est du pays en fin de soirée, par manque de chaleur.

La deuxième partie du mois de mai se déroule sous une inhabituelle fraîcheur et un temps (très) humide. Il pleut pratiquement tous les jours et certaines journées voient le thermomètre à peine dépasser les 10°C. L’anomalie de températures le 16 mai, minima et maxima confondus, est d’environ 2°C sous les normes.

23-24 mai: Phénomène exceptionnel, de la neige tient au sol en Haute Belgique! On note ainsi environ 4 cm d’accumulation le 24 au matin au Signal de Botrange. Cette neige éphémère disparaît cependant bien vite.

28 mai: Après deux jours de beau temps où les températures auront enfin dépassé les 20°C, des orages traversent le pays du sud au nord dans l’après-midi. Seul l’ouest de la Belgique est épargné. Localement, ils sont assez intenses et organisés en ligne. Des inondations locales se produisent, comme à Uccle. La foudre frappe un passant à Rixensart, et un train à Beuzet sur la ligne SNCB Bruxelles-Namur, engendrant de gros retards.

Le mois de mai qui s’achève, en plus d’avoir été fort frais, est le plus pluvieux depuis 1833.

 

Juin

Début juin: Le temps devient estival avec des températures tournant autour des 25°C en journée, et ce, en de nombreux endroits, pour la première fois de cette année 2013.

18 juin: Après quelques jours de très beau temps, le temps tourne à l’orage. Plusieurs systèmes actifs gagnent le pays en ce jour.

Le 19 juin à l’aube, deux orages successifs très électriques concernent la vallée de la Meuse (Dinant et Namur), avant de remonter vers le nord-est. D’autres cellules touchent un peu plus tôt l’Entre-Sambre-et-Meuse. Des orages frappent également la région liégeoise.

19 juin 6h00: le premier orage atteint Namur tandis que le deuxième se trouve à cheval sur la frontière française près de Charleville-Mézières. Ce sont des orages multicellulaires. Source: Infoclimat.

20 juin: Un orage très intense touche la Basse Meuse, et provoque des inondations dans la région de Visé en fin d’après-midi. Il est relevé 55,5 mm de pluie à Visé même.

21 juin: Dans la nuit du 20 au 21, des orages très pluvieux touchent le Hainaut. Ils conduisent à des relevés pluviométriques importants comme à Quévy-le-Petit où il tombe 98,6 mm de pluie.

Cumul de pluie sur une heure le 21 juin. Les orages (multicellulaires à nouveau) qui concernent le bassin de la Haine sont bien visibles. Source: IRM.

22 juin et jours suivants: Le temps se rafraîchit de nouveau sur la Belgique. Les températures éprouvent les pires peines à dépasser les 20°C, faute à de trop rares éclaircies et des averses passagères. L’anticyclone des Açores reste centré trop bas en latitude, soumettant l’ouest de l’Europe à des courants maritimes refroidis par les températures anormalement basses des mers environnantes. A cela s’ajoutent des précipitations parfois conséquentes comme la nuit du 26 au 27.

30 juin: A partir de ce jour, le temps se réchauffe et les températures dépassent les 20°C. Néanmoins, la nébulosité relativement présente rappelle que l’air reste fort humide et que les conditions sont loin d’être entièrement anticycloniques.

 

Juillet

Début juillet (jusqu’au 5): Les courants maritimes concernant à nouveau notre pays. Si le 1er juillet fut encore relativement sec, ce n’est plus le cas pour les jours suivants qui connaissent un temps nébuleux, parfois pluvieux, entrecoupé de rares éclaircies. L’infographie ci-dessous et publiée sur Info Météo explique clairement le pourquoi de la situation actuelle et prévoit des jours meilleurs…

Infographie réalisée pour le compte d’Info Meteo.

La campagne près de Libramont le 4 juillet, à l’image de ce début des vacances d’été 2013. Plutôt triste… (auteur: Hydrometeo).

A partir du 6 juillet, la situation change radicalement: le ciel se fait plus clair et les températures maximales dépassent les 25°C. Un petit intermède plus frais mais toujours assez ensoleillé survient les 12 et 13 avec des températures autour de 20°C. Le 15 et les jours suivants, le temps se fait de plus en plus chaud, avec des températures dépassant largement les 25°C.

L’arrêt du tram « Musée du Tram » à Bruxelles-Capitale, sous un temps splendide à l’instar d’une très grande partie du pays ce 17 juillet (auteur: Hydrometeo).

18 juillet: Les températures maximales atteignent 30°C en Campine.

Les hauteurs de Landelies inondées de soleil au soir du 18 juillet (auteur: Hydrometeo).

21 juillet: Ce jour de fête nationale (mais aussi de passation de succession royale) est marqué par une chaleur étouffante qui va s’attarder quelques jours sur la Belgique. Les températures maximales, relevées en fin d’après-midi, sont de 30°C à Namur, à Liège et à Bruxelles, 31°C à Charleroi, à Anvers et à Chièvres, 32°C à Kleine-Brogel et 33°C à Schaffen. Cette air chaud concerne une bonne partie de l’Europe Occidentale.

22 juillet: Il fait encore plus chaud. On relève 34,7°C à Schaffen, 32,7°C à Uccle, 31,7°C à Montigny-le-Tilleul. A partir de 16h00, la masse d’air se déstabilise et mène au développement d’orages de chaleur locaux. Le tonnerre gronde ainsi en Campine, sur la Marlagne et la Basse Sambre, sur le Condroz, dans le nord-est de l’Ardenne et en Entre-Vesdre-et-Meuse. Dans cette dernière région, les orages se font plus organisés et plus intenses, accompagnés de grêle et de cumuls de précipitations importants (33 mm à Vaux-sous-Chèvremont). A Chênée, un arbre tombe sur la ligne ferrée 37 Liège – Welkenraedt – Allemagne, entraînant ainsi de gros désordres dans le trafic ferroviaire.

Les cumulonimbus liégeois, parfois haut de plus de 12 km, étaient visibles à des dizaines de kilomètres à la ronde, comme ici photographiés depuis la citadelle de Namur (avec l’aimable autorisation de D. Claeys).

23 juillet: Un peu selon le même schéma que la veille, des orages locaux mais parfois assez intenses concernent la Famenne, l’est du Condroz, Liège et l’Entre-Vesdre-et-Meuse dans l’après-midi. Un de ces orages, particulièrement large et immobile, provoque quelques inondations et coulées de boues dans la région de Rochefort et de Marche-en-Famenne. Plus tard, vers 21h00 – 22h00, un orage apparaît sur les hauteurs de Liège et glisse lentement vers le sud-est.

Précipitations à 16h45 (Source: météoservices).

En soirée, l’arrivée de conditions un peu plus dynamiques en altitude fait apparaître de nouveaux orages sur l’est du Nord-Pas-de-Calais.

24 juillet: Un premier système multicellulaire entre sur le pays entre minuit et 1h00 sur la région de Quiévrain, et se déplace jusque la région à l’ouest de Bruxelles. Dans le même laps de temps, une petite ligne orageuse s’organise au sud de Chimay, puis se transforme en un système multicellulaire assez actif sur l’Entre-Sambre-et-Meuse vers 2h30 – 3h00. L’orage produit jusqu’à un éclair toutes les 2 secondes vers 3h30. Il concerne alors la région de Charleroi, puis plus tard l’est du Brabant Wallon en faiblissant avant de se diluer sur le Brabant Flamand après 5h30.

Précipitations à 4h00. Source: météoservices.

Nombreux éclairs intranuageux et quelques coups de foudre noyés dans les précipitations, telle fut l’activité de cet orage. Vu depuis Montigny-le-Tilleul vers 3h40.

A 7h00 du matin, un troisième système multicellulaire entre en Belgique par la Lorraine, lui aussi dans un premier temps assez intense. Il quitte le pays par la frontière allemande vers 10h30 du matin.
Les 26 et 27 juillet, des orages parfois intenses frappent la Belgique. Dossier spécial: Les orages du 26 et 27 Juillet 2013

29 juillet: En soirée, une ligne d’orages intenses s’organise sur le Hainaut Occidental et traverse la province en débordant sur le Brabant Wallon. Les brèves mais fortes pluies provoquent des inondations dans la région de Charleroi. L’activité électrique monte parfois à un éclair toutes les 2 à 3 secondes. La ligne concerne ensuite la province de Namur puis celle de Liège en faiblissant petit à petit. Elle s’évacue vers l’Allemagne en début de nuit.

Le mois de juillet qui se termine peut être qualifié de beau. L’ensoleillement a été fort élevé par rapport à la normale, et les températures ont été plutôt excédentaires. Les orages de la fin du mois auront ramené à la normale un bilan pluviométrique qui, jusqu’au matin du 27, était largement déficitaire dans bon nombre de régions.

 

Août

2 août: Un brutal coup de chaud provoqué par l’advection de masses d’air d’origine saharienne (très chaudes et sèches) fait exploser le mercure jusqu’à 36,2°C en Campine. Sur le centre du pays, les températures oscillent entre 32 et 34°C au plus chaud de la journée. Par la suite, quelques orages se produisent ça et là les jours suivants, et le temps prend une teinte plus normale. Certains jours, comme le 7 août cependant, verront des épisodes pluvieux de longue durée concerner le pays, accompagné de températures fraiches pour la saison.

18 août – TORNADES: En soirée, des lignes d’averses organisées dans un ciel de traîne traversent la Belgique. Elles donnent naissance à plusieurs (?) tornades non-supercellulaires mentionnées par Belgorage. La première, confirmée, se produit près de Saint-Gérard, en province de Namur. La deuxième, probable, frappe le centre de Huy, en ne causant que très peu de dégâts. D’autres témoignages sont signalés près d’Andenne, et font référence à une structure tourbillonnaire, laissant soit penser à une troisième manifestation tornadique, soit à la tornade du Huy observée plusieurs minutes avant qu’elle n’arrive sur la ville. Des dégâts un peu plus importants ont par contre été signalés à Amay, à quelques kilomètres à l’est-nord-est de Huy. Des études sont en cours pour faire la lumière sur ces évènements, et peut-être les regrouper au sein du même phénomène. Quoiqu’il en soit, il s’agit de petites tornades d’intensité F0 sur l’échelle de Fujita.

La tornade de Saint-Gérard, photographiée par un journaliste de la RTBF. Source: Météo RTBF sur Facebook.

19 août: Des averses orageuses (une assez importante en Campine) éclatent sur la moitié est du pays dans l’après-midi.

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Septembre

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Octobre
 
Octobre est anormalement doux. De l’air tropical est régulièrement advecté vers nos régions tandis que l’ensoleillement est déficitaire compte tenu d’un fort et régulier apport d’humidité par cet air chaud. Un mois somme toute assez particulier: Voir analyse ici
 
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Le 22 octobre, un MCS traverse la Belgique. Il survient au sein d’une période de très beau temps.
 
 
 
Vidéo de l’orage réalisée par Info Météo:
 
 
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Le 28 octobre, la première grosse tempête de la saison « hivernale » frappe l’Europe Occidentale. Elle est nommée Christian par les services météorologiques allemands.
 
 
Vidéo réalisée par Info Météo à propos de la tempête Christian:
 
 
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 Décembre
 
 
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Décembre est le premier mois d’un « non-hiver »: régulièrement très doux et humide, anormalement orageux et surtout non-neigeux: certaines régions ne verront pas le moindre flocon!

Octobre 2013 : grande douceur et disparités pluviométriques

Lorsqu’on demande aux personnes de notre entourage et de notre page Facebook quelles impressions ils ont gardées de ce mois d’octobre, la réponse est bien souvent positive. Beaucoup vous répondent que l’automne ne s’est pas vraiment installé durant ce deuxième mois de la saison des pluies et du vent, mis à part quelques jours. Cette impression est assez correcte, « pour une fois » serait-on tenté de dire, car l’être humain a une mémoire assez sélective concernant la météo et le climat. Cependant, ce dixième mois de l’année a connu des disparités assez importantes suivant les régions, notamment au niveau de la pluviométrie. Il se peut donc que certaines personnes aient ponctuellement gardé un souvenir plus négatif de ces 31 derniers jours qui viennent de s’écouler. Nous aimerions donc revenir en détails sur ce mois aux souvenirs majoritairement positifs, mais aux variations pluviométriques assez importantes.

Douceur (sub)tropicale

Quand on regarde les statistiques uccloises de ce mois d’octobre, version 2013, nous ne pouvons constater qu’une chose : la grande douceur de ce mois. En effet, la moyenne mensuelle fut de 12.8°, soit 1.7° au-dessus des normales 1981-2010, ce qui place octobre 2013 en sixième position derrière 2001 (14,4°), 2006 (14,2°), 2005 (14,1°), 1921 (14.0°) et 1995 (13,7°). Ce mois est donc catalogué comme anormalement doux. Notons que cette anomalie de température se trouve aussi d’une manière équivalente dans les maximales (16.3° contre 14.7°) et minimales (9.5° contre 7.8°). Il n’y a donc pas eu de différences majeures entre le jour et la nuit, comme cela peut parfois arriver. A Uccle, il y eut aussi 5 jours à plus de 20° contre 2.3° pour les normales. 

Le tableau ci-joint de la station de Charleroi nous permet aussi d’apprendre une autre chose :

Octobre est à l’heure actuelle le mois de l’année 2013 avec la 2° plus forte anomalie positive (+1.56°), derrière juillet (+1.74°).

2 journées assez représentatives de cette douceur subtropicale furent celles du 3 et 22 octobre :

Les archives des modèles de prévision numérique montrent très bien cette situation assez atypique pour la saison :

A l’échelle de l’Hémisphère Nord, nous pouvons constater qu’une puissante crête anticyclonique s’est développée sur le continent européen, entraînant un flux de Sud sur l’Europe Occidentale, un flux très doux, voire chaud. Cette tendance à avoir des flux de Sud constitués par des ondulations du courant Jet dans l’Hémisphère Nord se reproduira plusieurs fois durant le mois, ce qui explique en grande partie les températures élevées que nous avons connues.

Par exemple, le 22 octobre, fut un jour particulièrement remarquable, et ce pour plusieurs raisons. D’abord, les températures, très élevées pour une fin octobre :

A Angleur, on enregistre jusqu’à 24.8°. D’une manière générale, les records décadaires sont approchés, mais jamais battus. Ensuite, cette grande douceur subtropicale s’est développée dans un vaste secteur chaud à l’intérieur duquel s’est formé une ligne de convergence pré-frontale, comme l’indique la carte suivante :

De fait, cette situation est typiquement estivale, mais avec quelques degrés en moins, et son cortège d’instabilité. Il n’empêche, la dynamique fut suffisante pour créer un véritable Mesoscale Convective System (MCS) linéaire qui traversa la Belgique à partir du Hainaut et de la Province de Namur en début de soirée :

Ces précipitations assez intenses permettent de comprendre bien des choses dans les statistiques de ce mois. Les températures élevées pourraient être le résultat d’un ensoleillement optimal. Il n’en fut rien ! Par exemple, la station de Charleroi nous montre une anomalie pour le moins surprenante :

L’insolation enregistrée dans cette station fut de 67.6% de la normale, avec donc un déficit de 1/3 ! Evidemment, ceci n’est qu’une station parmi les autres. Uccle, par exemple, enregistra 109h50min contre 112h38 pour les normales. Ce chiffre est évidemment beaucoup plus « normal » mais il peut paraître étonnant au vu des températures enregistrées.
De même, les précipitations enregistrées à Uccle furent totalement normales avec 77.5mm contre 74.5mm pour les moyennes 1981-2010. Le nombre de jour de précipitations fut de 19 contre 17 pour cette même moyenne. Ce chiffre relativement élevé va clairement de pair avec cette insolation « surprenante ». Nous pouvons donc élaborer une première conclusion : ce mois d’octobre 2013 fut très doux, mais normalement pluvieux et ensoleillé. Les flux de Sud-Ouest, doux mais régulièrement humides, expliquent bien des choses concernant ces « surprises » et permettent de comprendre que des nuages régulièrement porteurs de pluies occultèrent tout aussi régulièrement le soleil.

Disparités pluviométriques

Ces remarques sur la pluviosité nous permettent aussi de parler de leurs disparités. Celles-ci furent réellement importantess d’une région à l’autre. Par exemple, la station de Charleroi n’enregistra que 54mm durant ce mois :

Un peu à l’opposé se situe Coxyde :

La station côtière enregistra donc 151mm durant ce mois d’octobre, soit pas loin de 3 fois plus que la station carolo. Les 4 jours entourés en bleu (du 10 au 13 octobre) expliquent bien des choses. Ces jours-là, une situation atmosphérique assez particulière est en place :

Nous avons affaire à ce que nous pourrions appeler un « blocage inverse », à savoir, qu’au lieu d’avoir un anticyclone de blocage au Nord ou à l’Est de notre pays, nous garantissant un temps sec et doux/chaud, la haute pression se situe à l’Ouest de nos régions, avec une goutte froide descendant du Nord avec son cortège d’air froid d’altitude et d’averses et se fixant au-dessus de nos têtes. Pendant 4 à 5 jours, ce sont donc de copieuses averses qui vont circuler sur notre pays, avec des températures beaucoup trop basses pour la saison. Cependant, ces averses vont essentiellement se cantonner sur l’Ouest de notre royaume, cette archive d’animation radar en atteste nettement pour le 10 octobre. Le 13 octobre, les disparités sont assez éloquentes :

Alors que l’Ouest du pays enregistre des précipitations supérieures à 30mm avec même 41mm à Anvers et Gand, des stations comme Charleroi n’enregistrent que 2mm. On comprend aisément maintenant la grosse différence mensuelle entre Coxyde et Charleroi.

Conclusion

Cela permet aussi de donner une réponse aux personnes qui garderaient un moins bon souvenir de ce mois d’octobre. Ces 4 journées furent effectivement très humides dans l’Ouest et fort fraîches partout. Elles ne doivent en rien occulter la plus grande caractéristique de ce mois, à savoir la grande douceur liée à des courants subtropicaux. Toutefois, cette origine fort méridionale a aussi apporté avec elle bon nombre de nuages qui ont empêché les statistiques d’ensoleillement de s’envoler. Elle a apporté aussi des orages et des tornades qui en ont surpris plus d’un, que ce soit aux Pays-Bas, en France, en Angleterre, et chez nous. Octobre 2013 restera donc un mois surprenant mais globalement inscrit positivement dans la mémoire collective de la population.

 

Analyse climatologique d’août 2013

Un mois d’août presque normal mais très bien ressenti par la population.

Comme vous pouvez le lire sur le tableau ci-dessous, ce mois d’août est normal d’un point de vue températures et insolation. 

Mais comme l’ensemble des mois de cet été, il est sec et même très sec ce qui explique les nombreuses pelouses qui commencent à jaunir.

Ce mois d’août aura été ressenti comme estival par la population en partie par les faibles quantités de précipitations, le peu de jour de pluie (8) mais peut-être aussi suite à la moyenne des maxima qui est quand à elle plus élevée de près de 1°C par rapport à la normale.

Il aura donc fait plus « chaud » la journée et en contre-partie plus frais de la nuit.

Les données proviennent de la station météo de Fontaine-l’Evêque, à l’ouest de Charleroi (Belgique). 

Pour consulter l’image en plus grand, cliquez sur ce lien menant à notre page facebook: tableaux août

Orages des 26 et 27 juillet 2013

Cet article passe en revue l’épisode orageux qu’a connu une grande partie de la Belgique et du nord de la France à la fin juillet au travers de nombreuses cartes et photos de l’évènement.
 
Analyse de la situation atmosphérique
 
L’image ci-dessous, représentant la situation atmosphérique en surface le 27 juillet à 2h00, permet de faire une bonne synthèse des éléments qui ont mené à cette dégradation orageuse.
– Une série de dépressions se promène sur le proche Atlantique
– Un anticyclone s’étire sur l’Europe Centrale
– Entre les deux voyage un air chaud venant du sud, qui vient se heurter à de l’air froid présent sur la Grande Bretagne et le nord-ouest de la France. La limite entre les deux est bien marquée par un front chaud qui tangente la côte belge et les côtes du Nord-Pas-de-Calais
– La ligne noire en travers de la Belgique est une ligne de creux préfrontale. C’est une zone privilégiée de convergence et d’ascendance des masses d’air, et donc de formation des orages. De plus, elle évolue dans des pressions plutôt dépressionnaires, renforçant le caractère orageux et instable de la masse d’air.

– Enfin, nous ajouterons, bien que cela ne soit pas visible sur cette carte, la présence d’un courant Jet assez important au-dessus de l’Europe Occidentale.

 
 
Source: Wetterzentrale.de 
 
 
Déroulement de l’épisode
 
Revenons cependant vingt heures en arrière. C’est en effet le 26 juillet que commence l’offensive orageuse avec l’arrivée d’un orage multicellulaire sur la région de Charleroi tout au matin. Un de nos membres capture quelques coups de foudre en filmant cet orage assez faible à Montigny-le-Tilleul:
 
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Le radar de Météo Services voit très bien cet orage arriver sur le Hainaut Oriental à 6h45 du matin, mais aussi quelques coups de foudre se produisant le long de la frontière entre la province du Luxembourg et la France.
 
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En fin d’après-midi, l’activité reprend avec le développement d’un orage supercellulaire sur le nord du Hainaut, suivi d’ailleurs sur place par nos partenaires de Belgorage. La photo ci-dessous est prise par le collectif dans les environs de Saint-Maur:
 
 
Les radars de précipitations montrent clairement cette supercellule sur la région de Tournai. Notez la petite tache blanche qui témoigne de pluies diluviennes (ici en l’occurrence, plus de 350 mm/heure) :
 
images satellites en temps reel, observation
 
Plus tard, en fin de soirée, c’est une autre supercellule (flèche jaune) très bien organisée qui traverse l’Oise et concerne par après le département des Ardennes en fusionnant avec un complexe orageux multicellulaire (flèche verte). Info Météo avait d’ailleurs, ce soir là, fait part sur sa page facebook de cette impressionnante structure en crochet (appelée « hook echo » dans le jargon météo) typique des puissantes supercellules. Cette morphologie est due à la rotation de l’orage autour d’un axe sur lequel peut prendre naissance les tornades. Le rideau de pluie, entraîné par les vents, s’enroule autour de l’axe en donnant cette structure sur les radars. Cet orage massif fut accompagné de très grosses chutes de grêle et d’une activité électrique très violente. Vers 23h30, il était possible d’observer les flashes des éclairs plein sud depuis la région de Charleroi, alors que l’orage se trouvait à plus de 100 km de distance!
 
 
La résultante de la fusion de ces deux systèmes déclenche une avalanche de grêle sur la région de Bertrix vers 1h00 du matin le 27, où elle s’accumule parfois sur plus de 20 cm! De nombreux arbres sont arrachés par les vents violents accompagnant ces orages. Un autre puissant orage (peut-être une nouvelle supercellule) frappe la région de Virton à 2h45.
 
Alors qu’en fin de nuit, les orages quittent l’Ardenne par l’est, un autre puissant MCC (ou complexe convectif de méso-échelle) s’est constitué entre-temps sur le sud-ouest de la France. Accompagné d’un derecho, il entraîne des vents destructeurs de 170 km/h sur la région de Bordeaux! Puis, à toute vitesse et à pleine puissance, il remonte vers le nord-est en prenant la forme d’un bow echo, traverse l’Ile-de-France à l’aube en foudroyant au passage la Tour Eiffel et se retrouve aux portes de la Belgique en matinée du 27.
 
 
L’immense panache nuageux des cumulonimbus s’écrasant contre la basse stratosphère, à plus de 11 km d’altitude, se voit depuis l’espace. Les satellites météo capturent ainsi cet énorme système orageux de forme vaguement elliptique sur le nord de la France. Les « griffes » nuageuses courbées sur ses bords sont peut-être les signes d’une mise en rotation du système…
 
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En tout début de matinée, c’est une impressionnante ligne orageuse très structurée et à déplacement rapide qui constitue la partie active du MCC. Une telle structure est impressionnante, et est chargée de signes inquiétants: des intensités pluvieuses très élevées comme sud le sud-est du département du Pas-de-Calais, des formes courbées témoignant du choc entre des vents très violents en altitude, et qui peuvent, dans certains cas, se propager jusqu’au sol…
 
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En Belgique, l’orage s’annonce par un spectaculaire arcus, sorte de vague ou de rouleau nuageux tourmenté se formant au choc entre les masses d’air chaud à l’avant de l’orage et celles d’air froid sous les précipitations intenses. Il signe souvent la présence d’un downburst. Ce sera bien le cas ici, mais il sera beaucoup moins violent que celui qui accompagna les orages dévastateurs du 14 juillet 2010. Ci-dessous à Montigny-le-Tilleul, près de Charleroi, photographié par l’un des membres d’Info Météo.
 
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Lors de son entrée en Belgique peu avant 9h00, le système orageux diminue légèrement en puissance. Mais c’est toujours un orage très structuré qui entame sa course à travers le pays. Si les intensités pluvieuses se font un peu moins fortes, l’activité électrique n’en reste pas moins explosive, comme le montre l’image de gauche ci-dessous.
 
 
Sur le Hainaut et la province de Namur, la ligne s’est scindée en deux entités distinctes, peut-être suite aux courants d’air très rapides qui animent le système orageux tout entier. La courbure de la ligne à l’est balaye la région de Charleroi où le downburst emporte le toit d’une clinique à Montignies-sur-Sambre.
 
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Le passage de la partie active du système est impressionnante, avec des rafales de pluie soufflées à l’horizontale, le tout sous le clignotement frénétique des éclairs intranuageux. Ce n’est qu’à l’arrière de cette ligne active que certaines décharges se montreront, soit sous la forme d’éclairs spiders rampant sous les enclumes des cumulonimbus (comme ci-dessous, à Montigny-le-Tilleul), soit sous la forme de puissants coups de foudre explosifs.
 
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Le MCC et son arcus dantesque poursuivent leur ruée à travers la Belgique. Ils arrivent à Seraing…
 
 
En même temps qu’ils s’apprêtent à engloutir la région de Bruxelles (ci-dessous, vu à Uccle). Sa morphologie est particulièrement superbe et bien dessinée, mettant en exergue toute la puissance du système orageux.
A Tongres, ces cyclistes se promènent sous des cieux aux couleurs tout aussi variées qu’apocalyptiques. La superposition de teintes blanches (parfois même verdâtres) au-dessus de l’arcus plombé est également un indice de la dangerosité et de la violence du phénomène.
 
Depuis le ciel, le mouvement de rotation de l’orage tout entier se fait de plus en plus net. Il est particulièrement bien ventilé (de l’air s’en éloigne en altitude). La machine thermodynamique est bien rodée et ses rouages sont bien huilés pour plusieurs heures encore. Un orage qui survit ainsi au lever du soleil sans réellement s’affaiblir est somme toute assez rare. L’autosuffisance et le gigantisme de ce système sont responsables de ce maintien de puissance.
 
C’est une ligne toujours découpée en deux qui atteint la Campine et la Zélande à 8h15 TU (10h15 heure belge). 
 
Il aura fallu moins de deux heures au MCC pour traverser la Belgique de part en part. A l’arrière de celui-ci, on constate les dégâts. Ils sont assez limités, heureusement. Quelques inondations locales sont toutefois à déplorer.
 
Cette superbe animation satellite en fausses couleurs (source: Keraunos) résume toute la vie du système. On le voit brutalement exploser sur l’Aquitaine et le Bordelais, puis remonter à travers la Vendée, le Centre, l’Ile-de-France, le Nord-Pas-de-Calais puis la Belgique. Plus la couleur est orangé – brun, plus les sommets nuageux sont froids et donc hauts. On voit ainsi apparaître de petits points bruns qui sont des dômes nuageux dépassant les enclumes, engendrés par des ascendances d’une force inouïe. L’animation ne montre pas la mort du MCC, qui a poursuivi sa route à travers les Pays-Bas. Au début de la séquence, la supercellule et l’orage multicellulaire qui déposent 20 cm de grêle à Bertrix sont bien visibles sur le nord de la France puis le sud de la Belgique.
 
Mesoscale Convective Complex (MCC) sur la France, dans la nuit du 26 au 27 juillet 2013. Derecho de l'Aquitaine aux Pays de la Loire et au Centre.

Alors que l’immense enclume du MCC se retire de la Belgique, le temps devient plus ensoleillé, plus chaud mais surtout plus lourd. Certains paramètres favorables aux orages deviennent inquiétants: Jet Stream en altitude, forte instabilité au sol, direction et vitesse des vents très différentes selon l’altitude… Les modèles prévisionnistes voient (ou plutôt, calculent) l’arrivée d’un nouveau MCS pour la soirée. Celui-ci se forme sur les Pays de la Loire, puis se transforme en une ligne orageuse de type bow echo qui balaie la région de Rouen et du Havre puis le Nord-Pas-de-Calais en début de soirée. Cette ligne fusionne avec un complexe orageux multicellulaire venant de Troyes et de Reims, et entre en Belgique dans la soirée. La ligne est cependant discontinue: certaines zones présentent une faible activité, tandis que d’autres sont au contraire très virulentes. Cela s’observe notamment dans le Hainaut. Alors que la région de Charleroi n’essuie qu’une bonne pluie et quelques éclairs au zénith, la région de Binche et de Mons se retrouve pilonnée sous des vents très violents, de très fortes précipitations et une activité électrique quasi continue. Peu après, la région à l’ouest de Namur est balayée par une section tout aussi violente.

Il semblerait que cette faiblesse ayant concerné une zone allant de Chimay à l’est du Brabant Wallon en passant par Charleroi soit due à la fusion entre la ligne orageuse venant du Nord-Pas-de-Calais et le complexe orageux venant de Reims. En effet, les cartes radar montrent un affaiblissement des précipitations au point de contact entre les deux systèmes, cet affaiblissement subsistant pendant deux heures. Selon toute vraisemblance, cela serait dû à l’interaction entre les vents des deux systèmes. Ceux-ci auraient été orientés de manière à annihiler ou en tout cas sérieusement diminuer les turbulences au point de contact. L’activité orageuse en ce point en serait donc sortie diminuée.

Ci-dessous, peu avant l’impact entre les deux masses orageuses, à 22h15.

 
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Cet affaiblissement se marque très bien sur les radars détecteurs d’éclairs de l’IRM par une zone d’environ 20 à 30 km de large pratiquement dépourvue d’impacts. Les deux systèmes dans leur ensemble présentent une activité électrique un peu moindre que celle délivrée par le MCC du matin.
 
 

L’orage commencera à perdre de sa superbe sur l’est de la Belgique, et finira par évacuer le Royaume en début de nuit.

Les relevés des stations météos mentionnent des rafales de vent jusque 90 km/h. Localement, elles ont pu être plus fortes. La plus grande quantité de pluie a été relevée à Stabroek (près d’Anvers) avec 41 mm. Cela n’a rien d’exceptionnel.

En résumé, ce sont plusieurs vagues orageuses de belle intensité qui ont concerné nos régions. Toutefois, leur violence restent en-deçà de certains événements nettement plus puissants, comme les orages du 14 juillet 2010. Ces derniers peuvent entrer dans l’échelon « Violent » de la classification des orages utilisée par Kéraunos. A l’inverse, et après des analyses approfondies, il apparaît que les orages des 26 et 27 juillet 2013 n’ont pas atteint un niveau aussi élevé, et doivent être placé à l’échelon juste inférieur, celui qui définit un orage « Fort ».

Sources: IRM, Kéraunos, Belgorage, Infoclimat, Wetterzentrale, Facebook.