Discussion sur le climat (et le reste).

Depuis de nombreuses années, le climat fait partie des sujets les plus abordés dans la sphère scientifique comme privée.
Celui-ci étant un domaine aussi vaste que complexe, il est souvent mal compris par beaucoup qui ont alors tendance à faire d’une anormalité, une généralité. Enfin, c’est humain, ce qui est incompris ou seulement partiellement, fait peur.
C’est surtout pour cette dernière raison que je vais aborder le sujet avec, tout d’abord, une approche des plus neutres pour ensuite vous donner mon opinion. En commentaire, vous pourrez, vous aussi me donner votre point-de-vue voire étayer la réflexion.

Premièrement, il est acquis que l’homme modifie au moins indirectement le climat. En effet, par exemple, la déforestation ou l’urbanisation, en bouleversant la nature du sol, vont avoir un impact climatique sur la région environnante.

EU heat Map - Madrid

Températures relevées fin juin 2019 à Paris par la Nasa, l’îlot de chaleur urbain est clairement visible, ainsi que les pistes de l’aéroport de Paris-Orly
Source: https://www.thegwpf.com/so-hot-that-we-can-see-those-urban-heat-islands-from-space/?fbclid=IwAR388Ks7xRd69zDFWiX9jhjSZAJ6zZSaaQNzhvUCpNGObB-dBptdNq9AIXc

Chez nous, Rafiq Hamdi de l’IRM vient de terminer un travail sur l’effet de l’urbanisation sur le réchauffement climatique présenté notamment au GIEC. Voici les différents constats qui en ressortent:
* L’effet de l’urbanisation sur les températures est plus grand la nuit qu’en journée.
* L’effet d’îlot urbain rend les vagues de chaleur plus intenses (entre 1,22 °C et 4° C, surtout la nuit).
* Le cycle de l’eau est perturbé dans les zones urbaines. Le sol imperméable augmente les risques d’inondations lors de fortes pluies.

De plus, c’est indéniable, par nos méthodes de déplacement, l’agriculture intensive et l’industrie omniprésente, nous modifions d’une certaine manière la composition de notre atmosphère:


Evolution de la concentration de gaz à effet de serre dans le temps (forages en Antarctique)
Source: http://planet-terre.ens-lyon.fr/article/evolution-du-climat.xm

En parallèle à cette évolution, voici la courbe supposée de la température globale à la surface de notre planète:


Ecart de température par rapport à la moyenne de 1951-1980 (Berkeley Earth)

On peut donc en déduire que sur ces 40 années, la température a augmenté d’environ 0,8°C à l’échelle de notre planète. Mais d’une manière hétérogène (ex: 0,5°C sur les océans, 1,0°C sur les continents, 2,5°C en Arctique…). Autre constat à mettre en avant, c’est cette augmentation de la température entre 1920 et 1940 d’environ 0,7°C . Nous en étions à environ 0,5 gigatonne d’émission de CO2 par an en 1940, tandis qu’à l’heure actuelle nous dépassons 8 gigatonnes. Pas besoin de faire de longues études pour en déduire que les émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique ne sont pas (en tout cas les seuls) responsables de l’évolution climatique que nous connaissons. Bien d’autres paramètres doivent rentrer en compte.

Evidemment, ces données changent parfois de quelques dixièmes selon les sources. Voici d’ailleurs les chiffres du satellite de l’université d’Alabama. Le constat est le même bien que la différence est un rien plus faible. Ces valeurs sont corrigées à cause du vieillissement de ce satellite et de la variation de son orbite autour de la terre.

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Aucune description de photo disponible.

Passons maintenant aux preuves de cette tendance au réchauffement climatique. Bien entendu, le retrait de nombreux glaciers n’est plus à prouver mais il est indispensable de nuancer la constatation:

Evolution du glacier du Rhône (Suisse) de 1880 à 2005 (unifr.ch)
Evolution de 7 glaciers de référence (glaciershub)

On peut observer qu’un retrait important est en cours depuis le début de l’ère industrielle. Hors, on vient de le constater, la concentration des gaz a effet de serre n’augmente réellement qu’en deuxième partie de XXième siècle. Pourtant, un important retrait (surtout vers 1940) se produit depuis la fin du petit âge glaciaire (voir ci-dessous).
Des cas comme le Kilimandjaro sont également à nuancer, notamment à cause de la déforestation importante aux alentours de celui-ci, limitant les précipitations à l’année. Ou encore les glaciers andins, très dépendants du phénomène « El Nino ».
Certes, le climat se réchauffe de façon accélérée depuis 1980 environ, mais la tendance au retrait était déjà en route depuis la fin du XIXè siècle.

Un cas plus révélateur ces dernières années est celui du pôle nord (en bleu)

Arctic and Antarctic Sea Ice Extent, 1979-2009

La tendance de la banquise à la baisse (surtout l’été) se confirme d’années en années pour l’Arctique dont le cas est sans doute le plus flagrant, tandis que l’augmentation de la surface prise par les glaces se maintient ou est en légère augmentation pour l’Antarctique. Ce dernier étant bien plus dépendant des courants marins que de la température globale. D’ailleurs, après une baisse rapide ces dernières années, la situation se rapproche à nouveau de la moyenne dans cette région du monde.
De plus, les conséquences sont parfois inattendues, voici la balance (bleu) glace/neige en gain (jaune) et perte (rouge) au Groenland depuis 1960:

http://nsidc.org/greenland-today/



On peut constater des pertes assez considérables dans les années 2000, mais depuis 2015, la situation se stabilise voire s’améliore comme l’année passée.

Il serait long et fastidieux de passer à la loupe chaque région de la planète. Remarquons tout-de-même qu’un cas extrême (chaud comme froid) ne représente rien sans un cadre de référence. Nous vivons, malgré nous, sur une planète aux contrastes relativement marqués (min -89,2°C à Vostok-Antarctique, max 56,7°C à Furnace Creek-USA). Autre exemple, en Afghanistan, qui jouit d’un climat continental, c’est en théorie plausible d’avoir 100°C d’amplitude entre l’été et l’hiver, entre l’endroit le pus chaud et le plus froid du pays. Vous voyez donc qu’en terme de conditions extrêmes, il y a moyen de faire des articles tous les jours. Pour qu’un lien puisse être établi avec un quelconque changement climatique, il faut d’abord s’assurer qu’un ou plusieurs record(s) a (ont) été battu dans des stations assez anciennes. Il faut également prendre en compte l’étendue géographique du phénomène, sa fréquence dans le temps et surtout son implication temporelle (records décadaires, mensuels ou annuels ?! Un record journalier isolé n’étant pas représentatif).
Pour ce qui est des phénomènes extrêmes dans nos régions, il n’y a pas péril dans la demeure. Selon Météo-France, il n’y a pas d’augmentation des tempêtes et de leur intensité en France depuis 40 ans:


Attardons-nous tout-de-même sur notre pays. Voici l’évolution de la température moyenne à Uccle entre 1833 et 2011.

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On peut noter une hausse d’environ 1°C après la fameuse moitié du XXième siècle. En tout cas, une nouvelle fois, il ne faut pas tout mélanger, toutes les périodes chaudes et ensoleillées que nous connaissons ne sont pas directement à imputer à un « dérèglement » climatique (veuillez consulter l’article ci-joint pour de plus amples informations):
https://imeteo.be/2018/11/06/remise-en-contexte-climatologique/?fbclid=IwAR3LzTKGFf8KJXU0ZXeD_xesZwVNpsK1iyFnCJyqBGfGRK2ui_lh3f6DnV0 Je vous invite aussi à consulter mon lien sur les hivers d’antan relatif à ce sujet:
https://imeteo.be/2019/01/14/3540/)
« Néanmoins , la répétition de ces phénomènes durant ces dernières années peuvent tout-de-même le laisser penser », selon Pascal Mormal (climatologue à l’IRM) .
Autre conséquence, selon « Aquawal », qui va même à contrecourant de la tendance actuelle, Il semble y avoir un accroissement des précipitations totales sur le long terme, en Belgique. Il pleut, aujourd’hui, environ 100 mm de plus par an qu’à la fin du 19ème siècle. Cette situation se retrouve à toutes les saisons, mais plus particulièrement en été. Cependant, la hausse des précipitations est à mettre à l’actif d’une augmentation de l’intensité des précipitations et non pas du nombre de jours de précipitations. C’est le cas pour toutes les saisons, et plus particulièrement en été. » Comme quoi…

Justement, en parlant d’eau, en ce qui concerne l’élévation des mers, les conséquences ne sont pas encore très nettes étant donné qu’elle se « limite » actuellement à environ 20cm depuis le milieu du siècle dernier.
Voici la carte des zones inondables en Europe de l’ouest avec une élévation d’un mètre (selon le GIEC) à l’horizon 2100 si rien n’est entrepris:


Au niveau des projections de températures évaluées par le GIEC:


On peut constater une grande différence entre les deux scénarios les plus extrêmes (1,5 et 4°C). Pour Bruxelles, cela correspondrait grossièrement au climat d’une ville comme Paris dans le meilleur des cas ou Marseille dans le cas le plus pessimiste en 2100. Bien entendu, ces valeurs seraient très variables d’une région à l’autre de la planète (le pôle nord étant bien plus sensible étant donné que le mercure flirte avec le 0°C en été, plus de 4°C supplémentaires et la fonte serait spectaculaire pendant la période de débâcle). En admettant que celles-ci se vérifient, évidemment, bien d’autres paramètres peuvent venir bousculer ce schéma.

Nous voyons donc que les chiffres et les preuves de la situation actuelle peuvent souffrir très difficilement de contestations à propos d’un léger réchauffement globale depuis quelques décennies. Une partie de celui-ci étant probablement à imputer à l’humain et à ses activité, même s’il ne faut pas négliger l’influence des différents cycles naturels, de l’activité solaire… responsables périodiquement d’une variation de quelques dixièmes de degrés à l’échelle planétaire.

Mais ces changements (en prenant en compte les projections du GIEC) nous mettent-ils vraiment en péril ?! Permettez-moi, dès lors, de vous donner de temps en temps mon point-de-vue sur la question.

Voici la modélisation de l’écart des températures par rapport à la moyenne des 2000 ans passés dans l’hémisphère nord:

Selon les différents modèles, on peut constater des variations plus ou moins importantes. 2 tendances se dégagent toutefois, le réchauffement médiéval vers l’an 1000 et le petit âge glaciaire en 1600-1800. Les écris d’époque relatent d’ailleurs relativement clairement ces périodes avec des conséquences visibles dans un bon nombre de régions sur terre. La variation maximale sur notre planète pendant ces 2000 dernières années serait donc d’environ 1,5°C. Concernant les glaciers dont je viens de parler, l’extension de ceux-ci a toujours varié à travers le temps. Parfois de manière conséquente et pas toujours dans le sens l’extension comme on pourrait le penser, même récemment comme le relate cet article: https://www.publicmeteo.be/rechauffements-climatiques-anterieurs-les-glaciers-nous-delivrent-des-renseignements/
Toujours par rapport aux glaciers alpins (mais un coup d’œil sur l’évolution de la mer Adriatique vaut aussi la peine), voici leurs mouvements depuis 120 000 ans supposés par de sérieux centres de recherche Suisse: https://vimeo.com/294686110
Vous serez étonné de constater à quelle vitesse la glace peut fondre et se reformer indéfiniment.

Lorsque l’on remonte la ligne du temps bien plus loin (mais en partie toujours relative à l’homme), force est de constater que le climat n’a pas toujours été dans cette stabilité qui peut même être qualifiée de plutôt inhabituelle.

Evolution de la température pour deux sites en Antarctique (https://www.researchgate.net/)

Les températures ont varié de plus de 10°C dans cette partie du monde, notamment en fonction des âges glaciaires et interglaciaires. De récentes études nous montrent d’ailleurs que la bascule se fait assez rapidement entre les deux ères, on perd ou on gagne parfois quelques degrés à l’échelle planétaire en quelques dizaines d’années seulement.

Il y a 20 000 ans, nos ancêtres « homo sapiens » étaient d’ailleurs au maximum de l’ère glaciaire (dont l’origine contestée serait due à une déviation de l’axe de rotation de la terre par rapport au soleil ). Depuis, le niveau des mers a augmenté de plus de 100m.
Selon Météo-France, « le niveau de la mer a toujours évolué, et parfois très rapidement : 130 m entre la dernière période glaciaire il y a environ 21 000 ans et le début de la période interglaciaire actuelle, soit environ 1 mètre par siècle. Cette évolution s’est ensuite ralentie il y a environ 6 000 ans et s’est stabilisée autour de seulement 5 cm par siècle en moyenne au cours des 2 à 3 derniers millénaires. »
Le réchauffement s’est fait suivant plusieurs phases mais dès 14 700 avant J-C par exemple, on note une élévation des eaux de 4 à 5m par siècle pendant 400 ans. Autant vous dire que le visage de notre planète a profondément changé en quelques siècles seulement. Malgré cela, il n’y pas eu d’extinction animale massive.
Actuellement, comme le montre le graphique ci-dessus nous sommes dans une période de réchauffement maximal (et très stable en dehors de l’action humaine). Celui-ci, nous apprend aussi que la température globale peut encore, de manière naturelle, être de 3 à 6°C supplémentaires à ce que nous connaissons.

Ce détour par le passé pour vous faire remarquer que, si les projections du GIEC se vérifient, notre planète changera profondément mais ce n’est pas du tout une fin en soi. Le climat est en perpétuelle évolution, lutter contre celui-ci n’a donc aucun sens. J’ai encore vu récemment des articles « hollywoodiens » relatant la volonté de certains gouvernements à enrayer le réchauffement en essayant de refroidir notre planète par des procédés plus farfelus les uns que les autres.

Nous sommes peut-être à l’origine d’un changement climatique dont personne ne peut prédire exactement l’ampleur actuelle et à venir. Mais à mes yeux, ce n’est que la face émergée de l’iceberg. En effet, la sixième extinction massive animale a bel et bien commencé et jusqu’à présent elle est bien peu liée aux changements climatiques. Qui ne s’est pas surpris en voyant la raréfaction progressive des abeilles, des passereaux et autres papillons dans son jardin ?!
« Entre 1970 et 2014, les populations d’animaux vertébrés – poissons, oiseaux, mammifères…- ont chuté de 60 % au niveau mondial » d’après le WWF.
Les causes ne sont autres que la surexploitation des ressources naturelles, la surchasse, la surpêche, l’agriculture intensive et la destruction, la dégradation, la fragmentation, la pollution des milieux (eau, air, sol) et des écosystèmes par les êtres humains. Auparavant, comme l’homme l’avait fait à ses débuts, lorsque le climat changeait, même brusquement, les espèces animales et végétales, pour l’immense majorité, se déplaçaient ou migraient en fonction des zones viables. A présent, nous avons morcelé et/ou détruit en partie la zone d’habitat de la majorité d’entre eux.
Sans oublier l’impacte sanitaire par notre gestion désastreuse de notre planète (pollution par particules fines, insecticides, « malbouffe »…)

Et lorsque le climat se refroidira, dans un avenir plus ou moins proche, nous efforcerons-nous de le réchauffer ?! Bref, vous commencez à voir où je veux en venir, le climat n’a jamais vraiment été un problème.
Par contre, un changement important de celui-ci (naturel ou pas) conjugué à un monde où l’argent prend une place plus grande que la vie d’autrui, aura des conséquences graves.

Pour moi, des solutions il y en a mais il faudrait d’abord changer notre rapport à la nature. Préférons les méthodes douces plutôt que la rentabilité (interdire ou très limiter toute forme de pesticide par exemple), étendre les zones protégées, établir une gestion véritablement rigoureuse des stocks de poisson, agrandir les espaces verts dans les villes, privilégier les circuits courts au niveau de la consommation, élargir les jachères fixes, se passer un maximum des matières non-biodégradables, promouvoir ces méthodes dans les pays en voie de développement… Pour ce qui est de nos émissions de gaz en tout genre, des solutions existent aussi, notamment au niveau des moyens de locomotion, encore faut-il en réduire le prix et en augmenter l’efficacité (notamment dans les pays vastes ou plus pauvres). Cette vision est indéniablement utopiste mais si nous voulons continuer à traverser les millénaires, malgré notre récente capacité de destruction, nous devrons changer notre mentalité.
La production d’électricité ne peut malheureusement (pas encore) dépendre exclusivement d’énergies renouvelables, un choix se fait donc généralement entre « la peste et le choléra », les centrales au charbon et la fission nucléaire en attendant mieux (la fusion nucléaire ?!).

En conclusion, vous aurez remarqué que je me soucie bien plus des problèmes environnementaux au sens large que des seuls changements climatiques dont nous accélérons probablement le rythme. Malheureusement, nous nous sommes sédentarisés sur une planète que nous pensions figée, façonnable et (sur)exploitable à notre guise. Alors qu’il faudra nourrir et faire de la place à des milliards d’êtres supplémentaires ces prochaines décennies, la solidarité devra primer.

Evolution démographique entre – 10 000 ans et +2 000ans par rapport à l’an 0, en milliards de personnes.

« Pourvu que l’humain ne se focalise pas uniquement sur l’arbre qui perd ses feuilles mais qu’il remarque aussi la vermine s’attaquer aux autres végétaux… »
Heureusement, l’intelligence de l’homme n’a d’égale que sa bêtise, surtout lorsqu’il est en difficulté. Permettez-moi de terminer avec ce documentaire d’ARTE criant de vérité: https://www.youtube.com/watch?v=stCxLxBMjYA
« L’homme est la seule espèce à avoir développé la capacité à détruire son propre environnement, encore faudra-t-il acquérir la sagesse de ne pas le faire . »

Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout, n’hésitez pas à réagir (de manière constructive) sur la page Facebook ou directement sur le site internet.

Cordialement,

Michael – Info Meteo.




Une réflexion au sujet de « Discussion sur le climat (et le reste). »

  1. Je pense que les changements climatiques anthropiques, qui se surimposent aux changements climatiques naturels, existent depuis 11000 ans environ (changements pas nécessairement dans le sens d’un réchauffement).

    Je m’explique : vers 9000 avant JC (c’est-à-dire il y a 11000 ans), l’homme est passé du chasseur-cueilleur à l’agriculteur dans une région assez vaste (un peu plus que la Mésopotamie historique).

    Si on ne peut pas reconstituer exactement comment l’homme a eu cette idée, on peut cependant en deviner l’évolution : on a sélectionné des graines, on les a cultivées, on est devenu sédentaires, on a compris qu’on pouvait aussi élever des animaux, la sédentarisation a mené à des villages, d’abord de tentes, puis de maisons en bois, puis de maisons en pierre. La propriété a été inventée, et aussi la guerre et les villages puis villes fortifiées.

    Le tout s’est répandu comme une traînée de poudre, en quelques générations seulement, et d’énormes territoires ont été déboisés et modifiés. Un premier impact sur le climat, et surtout sur l’écologie de toute une région. La biodiversité y a disparu il y a 11000 ans, et ne reviendra plus jamais.

    Puis les civilisations mésopotamiennes (sumérienne, babylonienne, assyrienne, etc.) et égyptienne n’ont rien arrangé.

    Plus tard, pendant que l’Europe était dominée par Charlemagne, les Mayas, mais aussi d’autres civilisations méso-américaines étaient occupées à démolir tout un écosystème pour construire des pyramides et des cités extraordinaires pour l’époque, mais au prix de la nature et du climat. La sécheresse est apparue dans l’Altiplano et y est toujours présente.

    200 ans plus tard, l’Européen s’y est mis aussi. La féodalité a voulu que les domaines s’étendent de plus en plus, et presque l’Europe entière a été déboisée en quelques centaines d’années seulement. La construction des châteaux-forts, puis des villes, et enfin de nos splendides cathédrales a été au prix de l’écologie (eh oui, déjà !), de la destruction de milieux naturels et de la biodiversité qui ne reviendra plus jamais.

    Puis l’époque moderne, qui remonte au XIXe siècle avec la révolution industrielle, est bien connue pour ses ravages de la nature.

    Rien n’est nouveau. Il y a juste l’ampleur qui augmente.

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