La vague de chaleur de fin août 2016

Fin août 2016 a vu survenir une vague de chaleur assez particulière. Elle fut particulièrement intense pour cette période de l’année, à une période où le déclin progressif de la longueur du jour commence à limiter l’envolée des températures. Et pourtant, la vague de chaleur que nous avons connu avait tout d’un coup de chaud de sommet de saison estivale. Plusieurs causes sont à mettre en exergue pour illustrer une occurrence si tardive et si importante.
 

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Canicule du début juillet 2015

Il est arrivé fréquemment, depuis le début des années 2000, que le début du mois de juillet soit assez maussade. Par deux fois par contre, il fut très chaud: en 2003 et en 2006. Ces deux années furent marquées par de sévères épisodes de chaleur. C’est également le cas cette année… Il est bien sûr trop tôt pour savoir si d’autres vagues de chaleur vont survenir durant cet été 2015, mais il semble néanmoins que le mois de juillet montre des signaux de nouvelles périodes de temps chaud. En attendant, voici un compte rendu de la canicule de ce début juillet.
 
Une vague de chaleur officielle
 
Tout d’abord, l’épisode que nous avons connu est bien une vague de chaleur officielle. L’IRM définit une vague de chaleur comme une période de cinq jours consécutifs où la température maximale est au moins égale à 25°C. Parmi ces cinq jours, trois d’entre eux doivent présenter des températures maximales au moins égales à 30°C. Ces conditions ont été atteintes le vendredi 3 juillet, deux jours avant la fin de l’épisode.
 
Une situation atmosphérique typique des grandes canicules: le blocage Omega
 
Blocage Omega… Ce terme est loin de faire partie du vocabulaire de la météo basique, et pourtant il est sans équivoque lorsque l’on s’intéresse aux géopotentiels. Pour rappel, le géopotentiel est l’altitude à laquelle une pression donnée est atteinte. En météo, la hauteur des 500 hPa est très importante et donc fréquemment utilisée. La carte ci-dessous datant du 2 juillet à 2h00 représente l’évolution de cette hauteur en fonction du lieu où l’on se trouve.
 
 
Plus l’altitude de la pression 500 hPa est haute, plus les conditions sont anticycloniques, et inversement pour les dépressions. Sur la carte ci-dessus, les couleurs jaune et orange témoignent de hauts géopotentiels, donc anticycloniques, et les couleurs vert et bleu indiquent de bas géopotentiels dépressionnaires. Nous observons donc des dépressions sur l’océan Atlantique, et une grande crête anticyclonique depuis l’Algérie jusqu’en mer du Nord via la Belgique. Sur l’est de l’Europe, on retrouve des pressions relativement moins élevées, que l’on peut assimiler à une dépression. Si nous nous référons aux contrastes de couleurs (limite serrée entre le vert-jaune et l’orange), nous voyons se dessiner une grande vague ayant ses bases juste à l’ouest du Portugal et au niveau de la Grèce, et son sommet sur la Norvège. Cette forme ressemble à un Omega. Nous avons là un anticyclone en Omega, rempli d’air chaud et très robuste, qui bloque les perturbations de l’Atlantique, d’où le terme de blocage Omega.
 
La carte ci-dessous présente les températures observées à 850 hPa, soit environ 1600 mètres. Nous constatons effectivement la présence d’une langue d’air très chaud sur la Belgique, autour de 20-21°C. Si, au niveau du sol, de telles températures ne sont pas impressionnantes, il en va autrement à cette altitude de 1600 mètres où rencontrer de telles valeurs est assez rare. De plus, la règle veut qu’au début de l’été et par temps ensoleillé, la différence entre la température à 850 hPa et celle au sol soit d’environ 17°C, soit un potentiel pour une température de 38°C au sol!
 
 
Mardi 30 juin
 
Ce jour marque le début de la vague de chaleur. Les températures sont cependant modérées, et n’atteigne les 30°C que dans quelques régions du pays: en Campine (30,0 à Kleine-Brogel), au sud de la province de Namur (30,6°C à Dourbes) et à Gand (30,2°C).
 
Mercredi 1er juillet
 
Cette journée est la première réellement caniculaire, avec des valeurs remarquables. Pratiquement toutes les stations du réseau officiel dépassent les 30°C – seul le Mont-Rigi y échappe de peu avec 29,4°C – et certains postes franchissent la barre des 35°C en Flandre et dans le Nord-Pas-de-Calais. On relève ainsi 36,1°C à Gand, 35,5°C à Kleine-Brogel, 35,2°C à Koksijde, 35,1°C à Lille-Lesquin, 34,9°C à Bierset et à Uccle, 34,5°C à Beauvechain, 34,4°C à Dourbes et 34,0°C à Gosselies. Plus au sud, Paris frôle les 40°C avec 39,7°C relevés à l’observatoire de Montsouris.
 
Jeudi 2 juillet
 
D’un point de vue synoptique, cette journée est intéressante à plus d’un titre. Voici ci-dessous l’analyse de surface de 14h00.
 
 
Nous voyons une petite ligne de convergence glisser sur la Belgique (gros trait rouge). A l’ouest de celle-ci, le vent est d’ouest à nord-ouest, tandis qu’à l’est, le vent continue de souffler du sud-est. Ces différences de direction de vent vont être responsables de grandes disparités de température. En effet, le vent d’ouest, rafraîchi par les eaux marines, s’engouffre sur la Belgique derrière la ligne de convergence, empêchant le thermomètre d’exploser. Par contre, l’est de la Belgique reste à l’écart de cet air plus frais, et vit une après-midi torride et invivable avec des températures partout supérieures à 35°C sauf en Ardenne. On relève 38,1°C à Kleine-Brogel, 37,5°C à Bierset, 35,4°C à Buzenol et 35,0°C à Charleville-Mézières, avant que l’air plus frais n’arrive aussi sur ces régions à la suite de la ligne de la convergence.
 
Plus à l’ouest, les températures sont également chaudes, mais moins extrêmes, avec 32,4°C à Florennes, 30,3°C à Uccle et 31,5°C à Ernage. Plus à l’ouest encore, l’influence du vent marin se fait encore davantage sentir avec « seulement » 25,8°C à Ostende. Il existe ainsi une différence de près de 13°C entre la côte et la Campine!
 
A noter que la nuit précédente, la chaleur n’était descendue que très lentement, de telle sorte que le minimum de Bierset ne s’établit qu’à 24,7°C, à un dixième de degré du record pour cette station.
 
En soirée, quelques orages très locaux se développent du côté de Aywaille ainsi que dans le nord du Limbourg.
 
Vendredi 3 juillet
 
A la faveur des restes de l’air marin apporté la veille, la journée est moins chaude dans l’est de la Belgique. Ailleurs, les conditions sont assez similaires, et c’est la Lorraine belge et le département des Ardennes qui délivrent les plus hautes valeurs. On relève 34,5°C à Charleville-Mézières, 33,7°C à Buzenol, 32,9°C à Kleine-Brogel, 32,0°C à Bierset, 31,8°C à Chièvres, 31,7°C à Uccle et 30,9°C à Gosselies. 
 
Samedi 4 juillet
 
La nuit du 3 au 4 juillet tombe sur un record, celui de la température minimale la plus haute jamais enregistrée à Uccle depuis le début des mesures en 1833: le thermomètre n’y est pas descendu en-dessous de 24,5°C, soit une valeur conforme (voire légèrement supérieure) aux normes de saison des températures… maximales! Le précédent record datait du 18 juin 2002 avec 23,9°C.
 
La journée en elle-même est à nouveau très chaude avec 32,0°C à Chièvres, 34,2°C à Dourbes, 32,1°C à Dourbes, 34,4°C à Buzenol, 34,5°C à Bierset et 36,2°C à Kleine-Brogel. Ces valeurs sont atteintes alors que de nombreux nuages et quelques averses furent observés ce jour, empêchant le thermomètre de grimper davantage et de pulvériser le record de température maximale absolue en Belgique. Cette même journée sans nuages aurait vu les températures maximales avoisiner les 40°C…
 
Dimanche 5 juillet
 
Pour ce dernier jour de la vague de chaleur, le ciel est très nuageux et le temps est orageux. Les températures maximales s’établissent autour de 28-30°C pour les plus hautes valeurs. En fin d’après-midi, de violents orages éclatent sur la province de Liège, déversant des grêlons jusqu’à 6 cm de diamètre dans les régions de Battice et de Verviers. De nombreux dégâts sont signalés dans cette partie du pays.
 
Conclusion
 
Il s’agit d’une vague de chaleur marquante à plusieurs titres. Le premier est que des températures de 36-38°C sont rares dans nos contrées. Le second est l’incroyable potentiel thermique de ces journées: si la nébulosité n’avait pas été présente, empêchant l’explosion du mercure, les températures auraient pu écraser le record de la plus haute température et atteindre le seuil des 40°C, du jamais vu chez nous. Enfin, le dernier réside dans le nouveau record établi pour les températures minimales les plus hautes à Uccle, à 24,5°C.
 
 

Evénements 2015

Retrouvez-ci les chroniques météorologiques de cette année 2015! Cette page reprend les infographies publiées par Info Météo, un résumé de l’évolution météorologique et les liens vers les articles et dossiers spéciaux! 
 
N’hésitez pas à cliquer sur les infographies pour une lecture facilitée. 
 
Janvier
 
L’année n’est vieille que de trois jours que l’hiver signe le premier événement météorologique de ce cru 2015. De la neige s’invite sur une bonne moitié est de la Wallonie, ainsi que sur le nord du département des Ardennes.
 
 
Le 10 janvier, une profonde dépression de tempête nommée Félix traverse l’Ecosse puis la Scandinavie. Des rafales supérieures à 150 km/h sont mesurées dans le sud de la Norvège. En Belgique et dans le nord de la France, les vents sont plus modérés, mais proches des seuils de tempête. 
 
 
Le 14 janvier, la saison des orages est inaugurée en fanfare: en cours de nuit du 13 au 14, une ligne de grain se forme sur le centre de la Belgique et traverse les provinces de l’est (les orages sont particulièrement intenses à Liège). Dans le courant de la journée du 14, une nouvelle ligne de grain déclenche des orages de neige sur une bonne partie de la Wallonie.
 
 

Le 15 janvier, la tempête Hermann balafre les Iles britanniques avec des pointes de vent de 180 km/h sur les sommets écossais, 140 km/h en plaine. Les rafales sont plus modérées en Belgique, dans le Nord-Pas-de-Calais et le département des Ardennes.
 
 

Le 19 janvier, une perturbation glisse lentement à travers le pays (elle mettra 18 heures pour faire Tournai – Liège) en butant contre de l’air froid. La neige s’invite au programme, en quantités restreintes toutefois (accumulation de quelques centimètres au grand maximum).

Le 24 janvier, la deuxième offensive sérieuse de cet hiver prend place: de la neige en quantité et des pluies verglaçantes provoquent de gros embarras de circulation. Il tombe parfois jusqu’à 10 cm de neige lourde dans l’est de la Belgique. Voir notre dossier spécial.

Namur sous la neige au matin du 24 janvier. Auteur: L. Lili.
 
Vidéo réalisée par Info Meteo à Profondsart.

Ce premier mois de l’année 2015 est décidément bien orageux, puisque le 28 janvier dans l’après-midi, un puissant front froid glisse sur nos régions, accompagné d’éclairs, de grêle et de vent.

 
Vidéo du passage du front orageux dans la région de Bruxelles (auteur: T. Allice).

Le lendemain 29, de l’air très froid en altitude (-36°C à 5000 mètres d’altitude) arrive au-dessus de la Belgique et génère un régime d’averses hivernales (grésil, pluie-neige mêlée, neige) sur la plupart des régions. La neige tient durablement au-dessus de 300 mètres d’altitude, temporairement en-dessous. C’est surtout le massif ardennais qui est concerné puisque les averses s’y succèdent tout au long de la journée et la nuit suivante, amenant une accumulation de neige de 10 à 20 cm.

La neige à Xhoffraix au soir du 29 janvier. Auteur: A. Saint-Rémy.

Le 30 janvier, une dépression hybride issue d’un Polar Low traverse nos régions en matinée et en début d’après-midi, en suivant la frontière franco-belge. Il neige abondamment pendant plusieurs heures sur une large bande de part et d’autre de la frontière, avec parfois jusqu’à 10-15 cm de neige fraîche. Sur le massif ardennais, les cumuls deviennent conséquents, en témoigne les relevés effectués le 31 au matin.

Neige à Saint-Hubert le 30 janvier. Auteur: C. Nicolas

Malgré l’agitation, le mois qui s’achève est tout à fait normal. Voir ICI.

Février

L’épisode de temps froid et neigeux commencé fin janvier se poursuit en ce début février. Le 1er, des averses hivernales continuent à se succéder sur la plupart des régions. Sur le massif ardennais, elle sont de neige ferme et continuent d’épaissir une accumulation déjà conséquente. Les jours suivants, les averses faiblissent, mais le temps reste froid. L’Ardenne reste bien à l’abri du léger dégel qui s’opère certains jours en Basse et Moyenne Belgique.
 
Les environs du Mont-Rigi l’après-midi du 1er février. Auteur: L. Defourny.
 
Malchamps, au sud de Spa, le 3 février. Auteur: D. Defourny.
 
Une grande part du mois de février est calme, avec un temps de saison.
 
Mars
Le 2 mars, deux creux d’altitude associés à une bonne dynamique balayent la Belgique et apportent à chaque fois des orages. Le premier passe dans le courant de la nuit du 1er au 2, apportant de bonnes averses de grésil mais une activité électrique assez faible. Le second, l’après-midi du 2, est bien plus actif, et est visible sous la forme d’un trait bleu gras sur l’image en haut à gauche de la composition ci-dessous. Des orages modérés éclatent alors en de nombreuses régions. Ils se font particulièrement remarquer à Charleroi (averse de grêle > 2 cm) et en province de Liège (grésil et activité électrique bien présente, comme le montre l’image en bas à droite). Dans l’ensemble, comme en atteste l’image en haut à droite, les orages ont été bien présents: les impacts les plus vieux sont en bleu et mauve (la nuit du 1 au 2), les plus récents en violet-rouge-orange-jaune (l’après-midi du 2).
 
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
 
Ciel orageux menaçant au-dessus de la région de Philippeville l’après-midi du 2 (auteur: H. Vicenzi).
 
Orage en début de soirée du 2 dans la région de Waremme (auteur: G. Maillard).
 
La suite du mois est assez calme, avec un temps de saison.
 
Le 29 mars en soirée, une petite dépression se creuse dans un gradient de pression déjà resserré et passe sur la Mer du Nord. Elle déclenche un épisode de coup de vent, avec des rafales atteignant le seuil de la tempête sur les côtes. On relève 101 km/h à Zeebruges, 94 km/h à Ostende et au Mont-Rigi, 90 km/h à Zaventem, à Ernage et à Gosselies. Dans le Nord-Pas-de-Calais, les rafales atteignent 93 km/h à Lille et 104 km/h à Boulogne.
 
 
Le 31 mars en fin de nuit et en matinée, une nouvelle dépression très creuse pour la saison circule à nouveau sur la Mer du Nord. L’épisode de tempête qu’elle engendre est plus intense que celui survenu trente-six heures plus tôt. Les plus fortes rafales atteignent 106 km/h à Lille et à Boulogne, 113 km/h à Dunkerque, 105 km/h à Zeebruges, 101 km/h à Saint-Hubert, 100 km/h à Elsenborn, 97 km/h à Humain, 94 km/h à Ernage, 90 km/h à Bierset, au Mont-Rigi, à Uccle et à Chièvres. Aux Pays-Bas et en Allemagne, le vent est encore plus fort avec des rafales approchant les 120 km/h. Cette tempête tardive provoque pas mal de dégâts. En soirée, des orages parfois accompagnés de grêle éclatent un peu partout sur la Wallonie.
 
 
 
Orage au-dessus de Namur au soir du 31 mars (auteur: L. Chiaradia).
 
Résumé climatologique des mois de mars et d’avril: par ICI
 
Avril
 
La première quinzaine du mois est assez calme. Quelques gelées nocturnes se produisent les premiers jours, mais rapidement, de l’air de plus en plus doux atteint nos régions. Le 15 avril, les températures approchent ou atteignent les 25°C, le tout sous un soleil digne de l’été.
 
 
Mai
 
Les 4 et 5 mai, des orages traversent à plusieurs reprises nos régions. S’ils restent faibles à modérés, ce n’est pas le cas des Pays-Bas et du nord-ouest de l’Allemagne qui connaissent une offensive particulièrement intense l’après-midi du 5 mai.
 
 
Le mois de mai est dans l’ensemble très monotone, avec un temps souvent de saison et très peu d’orages. La saison orageuse 2015 a toutes les peines à réellement démarrer…
 
Un bon résumé photographique de ce mois de mai: éclaircies et averses… Photo prise par Info Météo à Montigny-le-Tilleul.
 
Seul fait remarquable de ce mois, des gelées tardives sont observés à plusieurs reprises. Le 21 mai, on relève -1,0°C à Elsenborn et -0,7°C à Buzenol comme températures minimales.
 
Résumé climatologique de ce mois: Analyse climatologique de mai 2015
 
Juin
 
Le 5 juin, une brutale invasion d’air tropical engendre une envolée des thermomètres: on relève ainsi 34,0°C à Kleine-Brogel, 32,9°C à Bierset et 32,0°C à Gosselies.
 
En fin d’après-midi et en soirée, une virulente dégradation orageuse prend place sur pratiquement toutes les régions. Plusieurs supercellules sont observées dont une particulièrement violente sur le centre du Nord-Pas-de-Calais. Des dégâts sont signalés un peu partout dans cette région et en Belgique. Des grêlons de plusieurs centimètres sont observés. Dossier spécial sur cette journée: chaleur et orages du 5 juin 2015
 
Activité électrique sous l’un des nombreux orages concernant la Belgique au soir du 5 juin. Source: Info Meteo
 
Vidéo de la chasse effectuée par Info Meteo dans la région de Charleroi.
 
Le mois de juin joue au yoyo météorologique: aux journées caniculaires et lourdes succèdent de courtes périodes fraîches, le tout entrecoupé de jours très agréables. Le 12 juin, une nouvelle bouffée de chaleur lourde ne s’accompagne que de quelques orages localisés, plus nombreux sur le Nord-Pas-de-Calais et l’ouest de la Belgique.
 
Le 22 juin, une perturbation très active concerne nos régions. Il pleut parfois toute la journée, menant à des relevés de 26 mm au Mont-Rigi, 30 mm à Spa et 36 mm à Gosselies.
 
Au final, c’est un mois très variable qui se termine. Voir l’analyse climatologique.
 
Juillet
 
Le début du mois est marqué par une sévère canicule avec des températures supérieures à 35°C sur certaines stations les 1er, 2 et 4 juillet. Le record de la plus haute température minimale à Uccle est battu avec 24,5°C (contre 23,8°C). Lien vers l’article spécial: Canicule
 
En fin de nuit du 4 au 5 juillet, quelques orages se développent sur les provinces de Namur, de Liège et de Luxembourg.
 
 
Dans l’après-midi du 5 juillet, deux violents orages éclatent sur la province de Liège en adoptant un caractère supercellulaire, l’un d’entre eux déversant des grêlons jusqu’à 6 cm de diamètre sur la région de Verviers et de Battice. De nombreux dégâts sont à déplorer. Lien vers le compte rendu de Belgorage: Actualités orages 5 juillet 2015
 
Grêlon récolté à Battice après le passage de l’orage. Auteur: A. Dolce.
 
Image radar des deux supercellules en province de Liège (source: Université de Bonn).
 
Cumul des impacts de foudre en deux heures (15h15 – 17h15). La supercellule de Verviers s’est formée sur l’ouest de l’Ardenne et a continué sa course en Allemagne.
 
Si les journées suivantes restent agréables, les nuits sont par contre parfois très fraîches! Au point du jour le 10 juillet, le thermomètre est à pile 0,0°C à Elsenborn.
 
La nuit du 16 au 17 juillet, plusieurs endroits en Belgique et dans le nord-est de la France expérimentent un phénomène assez rare dans nos contrées: le heat burst. La température s’élève de plusieurs degrés en pleine nuit tandis que l’humidité relative de l’air diminue fortement et que le vent se lève. A Wepion, près de Namur, le thermomètre passe ainsi de 20,3°C à 2h20 à 26,1°C à 2h50, avec une humidité relative passant de 81 à 53% dans le même laps de temps. La station Meteo Belgique de Vaux, près de Bastogne, enregistre une hausse de 8°C, passant de 20 à 28°C. Mais c’est en France, à Troyes, que le heat burst est particulièrement marqué. Les températures s’élèvent ainsi de 24°C à 33°C entre minuit et 1h00, alors que l’humidité relative descend à seulement 13% et que des rafales de vent de 70 km/h sont signalées. Ces heat burst sont associés à de faibles orages se formant dans des cumulonimbus à base élevée (altocumulonimbus) en cours de dissipation. Les orages sont par contre bien consistants sur l’extrême sud de la Belgique et le département des Ardennes où ils frappent avant l’aube.
 
Durant la nuit du 18 au 19 juillet, une perturbation pluvio-orageuse traverse nos régions du sud-ouest au nord-est, organisée autour du point triple d’une perturbation (jonction entre les fronts chaud, froid et occlus). C’est surtout sur les provinces de Namur, de Liège et de Luxembourg ainsi que le département des Ardennes que le caractère orageux se fait présent. On relève 30 mm de précipitations à Humain (Marche-en-Famenne).
 
Impacts de foudre relevés entre 21h30 et 9h30. Les plus récents sont en jaune-orange.
 
Entre les orages et les averses, la météo fournit quelques belles journées, mais sans excès de chaleur.
 
Le soleil se couche sur Floing (dép. des Ardennes) au soir du 19 juillet. Auteur: Info Meteo
 
La dernière décade du mois est par contre moins agréable, avec pas mal de pluie et un temps plus frais, à l’une ou l’autre journée près.
 

Durant la nuit du 24 au 25 juillet, une dépression nommée Zeljko, assez profonde pour la saison (995 hPa), se déplace depuis la Manche jusqu’au nord des Pays-Bas en transitant par l’ouest de la Belgique. Elle initie un épisode de coup de vent sur les côtes françaises, belges et surtout hollandaises: on relève des rafales de 90 km/h à Zeebruges et jusqu’à 121 km/h sur les côtes des Pays-Bas.

Des orages se développent autour du centre dépressionnaire, profitant de la dynamique maximale à cet endroit, et concernent surtout l’ouest du Nord-Pas-de-Calais et de la Belgique avec une activité électrique parfois maquée et surtout des précipitations importantes: il tombe jusqu’à 30 mm de pluie dans les environs de Dunkerque. Les averses progressent ensuite dans les terres – un orage particulièrement électrique se déplace entre Mouscron et la province d’Anvers – en perdant progressivement leur caractère orageux, ce qui n’empêche pas des lames de précipitations importantes très localement, comme les 32,6 mm relevés à Cour-sur-Heure, au sud de Charleroi. Les quantités relevées varient parfois fortement sur de courtes distances.
 
 
Coups de foudre entre le 24 juillet midi et le 25 midi. 
La tempête Zeljko en matinée du 25. La dépression est alors sur le nord-ouest des Pays-Bas. Source: Sat24.
 
La faiblesse de l’activité orageuse de cette année pose question: Edito du 27 juillet – L’ennui en météo
 
Le mois qui se termine est normal… sauf dans le sud de la Belgique où il est anormalement chaud et sec: Résumé juillet 2015
 
Août
 
Le mois commence avec le beau temps. Le 3 août, une dépression profonde – et esthétique – pour la saison se positionne à l’ouest de l’Irlande et pilote un flux d’air d’origine tropicale sur nos régions. On relève 33,9°C à Kleine-Brogel, 33,8°C à Charleville-Mézières, 32,7°C à Bierset, 32,5°C à Buzenol, 32,2°C à Ernage, 31,9°C à Uccle, 31,3°C à Gosselies et 31,1°C à Lille.
 
En fin de soirée, une ligne de convergence se met en place en travers de l’ouest de la Belgique et du Nord-Pas-de-Calais, au devant du front froid de la dépression. Des orages parfois intenses en grappe évoluent sur ces régions pendant plusieurs heures. Quelques foyers plus faibles évoluent à l’est, dans la région de Charleroi et de Bruxelles.
 
La dépression à l’ouest de l’Irlande le 3 août en début d’après-midi.
Impacts de foudre détectés entre 20h00 le 3 août et 10h00 le 4.
 
Le 7 août connait deux salves orageuses particulièrement intenses au sud du sillon Sambre-et-Meuse: article spécial
 
Orage vers la région de Philippeville et Couvin vu depuis le lac de la Plate Taille (auteur: Info Meteo)
 
Le 13 août en fin d’après-midi et en soirée, de violents orages organisés en QLCS traversent le Nord-Pas-de-Calais et la Belgique du sud au nord, provoquant des dégâts particulièrement nombreux dans le nord de la France et le Hainaut. L’IRM détecte 30 000 éclairs au-dessus de la Belgique. Compte rendu spécial: Violents orages du 13 août 2015
 
Arcus précédant le QLCS sur la côte belge. Auteur: A. Fetteke.
 
Le 14 août, de nouveaux orages concernent la province de Liège avec de bonnes intensités.
 
Le 15 août, un front occlus traîne sur la Belgique – il pleut presque 18 heures sur la région de Charleroi – et les cumuls finaux sont importants. Dans le Hainaut, certains d’entre eux dépassent les 50 mm. Ces pluies perturbent les festivités du 15 août à Liège où il pleut aussi abondamment.
 
 
Le 23 août, un orage assez costaud se déplace dans l’après-midi du sud au nord à travers le sud-est de la Belgique. Le lendemain 24 août, c’est le vent qui s’y met avec le passage d’une dépression à proximité de nos régions. Elle donne des rafales de 70 à 80 km/h.
 
La fin août est lourde et particulièrement orageuse. La nuit du 29 au 30, des orages éclatent sur l’ouest où de forts cisaillements de vent sont présents. Des supercellules sont signalées de Arras à Nivelles (grêlons de la taille d’une balle de ping-pong dans le nord du Hainaut et l’ouest du Brabant wallon) et sur un axe Le Touquet – Gand. Sur la région de Kortemark en Flandre occidentale, un downburst endommage des toits et arrache des arbres.
 
Animation radar en deuxième partie de nuit (Source: Meteo France).
 
La journée du 30 août est atroce de lourdeur. Les indices humidex dépassent les 40 dans le centre de la Wallonie (températures de 30 à 32°C) en raison d’une importante humidité relative dans les basses couches. En soirée, un axe orageux se constitue à la faveur d’une petite dépression remontant le long des côtes de la Manche. Celle-ci rend les cisaillements de vent importants et augmente le contraste entre l’air marin et l’air tropical occupant une grande partie de la Belgique. Cette limite prend la forme d’un front ondulant. Les orages se succèdent donc pendant plusieurs heures le long des côtes, certains prenant des caractéristiques supercellulaires supposées.
 
Première supercellule en début de soirée.
 
Seconde supercellule possible en fin de soirée.
 
L’après-midi du 31 août, une sévère dégradation orageuse concerne une large bande depuis Lille jusqu’à Anvers. Plusieurs cellules très actives se dirigent depuis le Nord-Pas-de-Calais en direction des Pays-Bas via le Hainaut et la région de Anvers. Une supercellule est observée sur la région de Lille où des inondations sont signalées. Une autre possible supercellule se serait déplacée du Hainaut vers Anvers en passant à l’ouest de Bruxelles. Des grêlons et quelques dégâts dus au vent ont été reportés, mais ceux-ci restent dans l’ensemble assez peu importants.
 
Situation en début d’après-midi avec la supercellule lilloise progressant sur l’ouest du Hainaut (son statut de supercellule en Belgique est à confirmer).
Impressionnante activité électrique entre 14h30 et 16h30.
La possible supercellule belge observée depuis Bruxelles. Source: RTL Info.
 
Le mois d’août qui s’achève est anormalement chaud et normalement pluvieux, sauf sur l’ouest de la Belgique où les cumuls de précipitations sont importants suite au passage répété des orages. Voir ici: Août 2015
 
Septembre 
 
Le matin du 1er septembre, des orages éclatent dans le sud-est de la Belgique. Il pleut d’ailleurs énormément sur ces régions avec 38 mm à Buzenol et 26 mm au Mont-Rigi.
 
Le 16 septembre, l’arrivée de l’ex-tempête tropicale Henri s’accompagne d’une brutale bouffée d’air tropical. Des orages parfois violents éclatent dans l’après-midi et sont même responsables d’une tornade dans la région de Melreux. Voir dossier spécial: Des Bermudes à l’Europe: Henri et les orages du 16 septembre 2015.
 
La tornade passant sur Melreux vers 16h00 ce 16 septembre (auteur: E. Cockx).
 
Le mois de septembre se finit avec un déficit de températures, à un rien de l’anormalité: Un mois… frais
 
Octobre
 
Ce mois, après avoir commencé dans la douceur, voit se produire une période de temps froid remarquable sinon exceptionnelle entre le 13 et le 16 octobre. De la neige est observée sur le sud-est de la Belgique, où une fine accumulation est parfois observée.
 
Le Mont-Rigi sous la neige au matin du 16 octobre.
 
 
Le mois se terminant est normalement frais dans son ensemble. Et pourtant, à sa toute fin, de l’air très doux pour la saison nous concerne.
 
Novembre
 
La première décade de novembre est exceptionnelle de douceur, explosant le précédent record datant de novembre 2011: avec 13,7°C de moyenne, l’anomalie est énorme avec un excédent de +5,2°C par rapport aux normales saisonnières! Plusieurs journées sont incroyablement douces, avec des maximas approchant ou dépassant les 20°C. Ressemblant au 1er novembre…2014, le crû 2015 est la Toussaint la plus douce depuis le début des mesures dans plusieurs stations avec 20,8°C à Uccle et 19,7°C au Mont-Rigi, le tout sous un franc soleil digne de l’été. Par contre, la Lorraine belge passe la journée dans le brouillard, empêchant les températures d’y monter. Quelques jours plus tard, c’est un autre record qui tombe: la nuit du 6 au 7, le minimum s’établit à 16,4°C à Uccle, bien au-dessus de ce que nous sommes en droit de connaître en termes de températures maximales à cette époque de l’année! C’est la nuit la plus douce jamais enregistrée en novembre.
 
La nuit du 17 au 18 novembre, une tempête concerne le nord de la Belgique, avec des rafales jusqu’à 108 km/h à Stabroek (Anvers), 101 km/h à Ostende et à Koksijde et 105 km/h à Zeebruges. Ailleurs, le vent souffle également en fortes rafales avec 94 km/h à Charleroi, à Ernage (Gembloux) et à Humain (Marche-en-Famenne).
 
Le week-end du 21 et 22 novembre, des courants d’air polaire amènent des précipitations hivernales, accrochant au sol en Haute Belgique.
 
Le mois se termine sur un excédent thermique très important.
 
 
Décembre
 
Ce dernier mois de l’année 2015 commence dans une grande douceur amenée par un flux de sud-ouest piloté par des anticyclones sur le continent européen et des dépressions sur l’Atlantique. Les Iles britanniques sont à plusieurs reprises frappées par de fortes tempêtes.
 
Le 17 décembre, c’est presque le printemps. Les arbres bourgeonnent et les premières fleurs se montrent. Il fait 16,0°C à Uccle, du jamais vu à cette date.
 
Les deux derniers mois, et surtout décembre, sont incroyablement doux: voir l’analyse climatologique.
 

Eté 2003 : retour vers le futur ?

L’été 2003 est et restera pendant longtemps la référence en matière de vague de chaleur et de températures extrêmes, à tel point qu’il a laissé dans notre mémoire collective une trace indélébile. Nous en voulons pour preuve chaque allusion que la population peut faire lorsque des journées estivales virent à la canicule. Bon nombre espèrent ainsi « ne pas revivre l’enfer de 2003 », à juste titre car il a provoqué la mort, au moins indirecte, de dizaines de milliers de personnes, principalement âgées. Durant le printemps, le même genre de réflexions est émise, surtout si les modèles saisonniers entrevoient une configuration propice à un été chaud. Il nous a paru intéressant de revenir sur cet événement qui frappa les imaginations. Nombre d’articles ont déjà été publiés sur cette période, et notre but ici n’est pas de faire des rappels statistiques uniquement pour le plaisir des chiffres, mais avant tout pour ré-analyser la position synoptique des grandes centres d’action et tenter ainsi d’apporter un nouvel éclairage sur cet été infernal.


Juin 2003

Juin 2003, le premier mois de l’été, est assez particulier : alors que les maximales n’ont jamais dépassé les 28° à Uccle, il est le juin le plus chaud depuis 1833, à égalité avec 1976. En voici le résumé pour la station bruxelloise :

Ce qui saute le plus aux yeux de ce résumé, c’est d’abord la grande homogénéité des températures : pas une ne descend en-dessous de 20° et le maximum est de 27.8° le 1er juin. 10 jours d’été (25° ou plus) sont observés, alors que la moyenne pour un mois de juin est de 5.4. Les minimales sont tout aussi peu fraîches, car une seule descend en-dessous de 10°, avec 9.7 le 21 juin. Au total, 14 nuits atteignent ou dépassent les 15°. Au final, il ne faut pas s’étonner de voir juin 2003 figurer au top malgré aucune journée cataloguée comme « tropicale » (30° ou plus). Notons aussi la sécheresse de ce mois avec à peine la moitié de ce que devrait enregistrer un mois de juin normal. La conclusion de ce mois de juin 2003 : ce fut un mois particulièrement stable, sans grands soubresauts, avec une grande présence anticyclonique. La carte du 7 juin résume assez bien la situation :

On y découvre des hautes pressions bien installées sur l’Europe, des dépressions bloquées sur l’Atlantique, et un flux de Sud-Ouest doux, voire chaud, mais pas suffisamment orienté au Sud pour permettre des advections (sub)tropicales. De temps à autre, les dépressions pénètrent le champ de pression, occasionnant quelques pluies. Même si la situation à ce moment-là ne semble pas exceptionnelle, elle annonce ce qui va suivre, surtout en août !

Juillet 2003

Le second mois de l’été météorologique sera plus instable que le premier avec des températures fluctuant plus amplement, comme le montre très bien le résumé d’Uccle :

 

Les 6 premiers jours ne sont absolument pas estivaux, avec 3 jours en-dessous de 20° et 31.9 mm en 4 jours. Ce n’est qu’à partir du 7 juillet que les températures reviennent au niveau des normales, et redépassent les 25° le 9 juillet. A partir de ce moment, les températures ne vont plus repasser en-dessous des 20° avant le 29 août, soit 55 jours d’affilée ! Juillet 2003 comptera 14 jours d’été, alors que la moyenne est à 9.7. Néanmoins, aucune vague de chaleur officielle ne sera enregistrée durant ce mois, à cause de la journée du 17 juillet (22.2°). C’est le 15 juillet qu’Uccle enregistre donc sa température la plus élevée du mois. La carte pour cette journée est assez instructive :

 
Elle montre une haute pression bien positionnée sur la Scandinavie, avec un vent de Sud-Est soufflant sur la Belgique. Cependant, en altitude, le vent vient du Sud et continue donc d’alimenter la haute pression à un niveau supérieur  à 5500 mètres. Ce positionnement d’une haute pression avec un vent sec de sol et un vent très chaud d’altitude est caractéristique des étés chauds où les anticyclones règnent en maître. Malgré la baisse de la température assez relative durant la dernière décade de juillet (maximales autour de 25°), cette configuration préfigure de ce qu’il va arriver 10 jours plus tard.
 
Août 2003
 
Le 1er août 2003 commence la vague de chaleur de ce mois resté mémorable. Le tableau récapitulatif de ce mois à Uccle nous rappelle bien des souvenirs :
 
 

Ce sont donc 13 jours d’affilée de températures de 25° ou plus qui vont être enregistrés, dont 8 à 30° ou plus ! Les 2 journées les plus chaudes furent le 6 et le 12 août avec 34.4°. Notons que cette valeur n’est pas du tout exceptionnelle pour la station bruxelloise, mais la longueur de la vague de chaleur l’est bien. Insistons sur un point : c’est surtout le Sud de la Belgique, en bordure de la France, pays qui a le plus souffert d’août 2003, qui a enregistré les plus hautes valeurs. Par exemple, le 3 août, alors qu’il ne fait « que » 28.6 à Uccle, Virton enregistre 33.0° et Aubange 33.4° ! Le jour suivant, on tourne autour des 30° dans le centre du pays, mais Virton enregistre 34° et Aubange 35.6° ! Le 5 août, Aubange (35.8°) laisse Kleine Brogel (33.5°), la station belge caniculaire par excellence, plus de 2° derrière elle. Le 8 août, alors qu’il fait autour de 30° dans le centre du pays, et seulement 21° à la mer à cause de la brume et d’une brise marine, on enregistre 33,6°C à Mont-Rigi (altitude 674 mètres), 34,4°C à Saint-Hubert (altitude : 556 m), 35,1°C à Elsenborn (altitude 570 m), 37,2°C à Virton, et 38,6°C à Aubange ! Il s’agit là de la journée la plus chaude enregistrée dans les Hautes-Fagnes depuis le début des séries climatologiques … En France, à la station d’Orange, les chiffres se passent de commentaires :

 
La deuxième partie du mois d’août se rapprocha plus de la normale, avec même des températures plongeant en-dessous de 20° les 3 derniers jours du mois.

Septembre et octobre 2003

 
Le mois de septembre qui suivit s’inséra essentiellement dans une continuité synoptique, mais aussi statistique. Ainsi, le tableau récapitulatif d’Uccle montre encore quelques journées bien chaudes :
 
 
 
5 jours d’été ont été observés durant ce mois ainsi que 15 journées d’au moins 20°. Aucune journée ne descendit en-dessous des 15°, et nous connûmes 22 jours sans pluies. La situation peut être résumée avec une carte qui ressemble à celles que nous avons pu retrouver en août, bien que l’anomalie soit plus décalée vers l’Est et moins marquée :
 
 
 
En effet, alors qu’août a vu la permanence de hautes pressions sur l’Europe Occidentale, celles-ci furent « attaquées » par un thalweg plus vigoureux, signe que l’été était bel et bien fini. Néanmoins, ceci permit encore la séquence des 5 jours d’été observés du 18 au 22 septembre 2003. Notons qu’on manque le jour tropical de un dixième de degré à la station bruxelloise, mais d’autres stations franchirent bien le seuil symbolique. Le 23 septembre, le thalweg présent sur le proche Atlantique s’enfonça sur le continent, d’où la perte de 10 degrés :
 
 
Cette évolution préfigura de ce qu’il devait se passer en octobre. Le tableau récapitulatif du dixième mois de l’année montra bien la rupture malgré un début de mois encore assez doux :
 
 
 
La seule journée avec 20° fut la première. Par la suite, on observa une lente baisse des températures pour finir avec un scénario incroyable le 24 octobre. En effet, dans un air polaire se développèrent quelques éclaircies favorisant un intense refroidissement nocturne. A Uccle, la minimale enregistrée descendit à -3,4°. Dans la matinée, une perturbation s’engagea dans cet air froid et précipita finalement vers midi en neige en pleine capitale belge. Une accumulation temporaire fut même enregistrée :
 
 
 
Cet autre extrême de la saison estivale pourrait être considéré comme la « cerise sur le gâteau » de ces 5 mois complètement fous qui nous virent coincés dans le côté chaud du Jet pendant 4 mois avant de connaître le côté froid. On pourrait alors considérer le 24 octobre 2003 comme la « compensation » de la canicule d’août 2003, mais l’analyse ne s’arrête pas là et nous aimerions maintenant, après tout ce rappel statistique, analyser plus en profondeur ce qu’il s’est réellement passé durant ces mois épiques.
 
 
Quasi-résonance des ondes de Rossby
 
Durant l’été 2003, l’Europe Occidentale s’est constament retrouvée dans la partie Sud du courant Jet qui est lui-même lié au défilement des ondes de Rossby. Celles-ci sont des mouvements ondulatoires de la circulation atmosphérique et varient en fonction des différences de températures. Elles séparent donc, comme le courant Jet, les masses d’air polaire et tropicale. La carte moyenne de la première quinzaine du mois d’août est assez éclairante à ce sujet :
 
 
 
On y retrouve plusieurs vagues au nombre de 6. Une septième se situe au niveau de la Sibérie et est nettement moins visible. Sur la carte suivante, les 7 ondes sont nettement plus perceptibles :
 
 
 
Cette illustration indique les anomalies de vents méridionaux dans l’Hémisphère Nord au niveau 500Hpa (entre 5500 et 6000m). Les traits discontinus représentent les 7 ondes de Rossby avec celle située en Sibérie nettement plus visible. En Europe, les vents méridionaux sont bien matérialisés à l’Ouest des Îles Britanniques. C’est en effet à cet endroit que la vitesse des vents est maximale entre la haute pression d’altitude, située donc à l’Est, et le thalweg, située donc à l’Ouest. La carte suivante le montre aussi clairement :
 
 
 
Datant du 11 août 2003, c’est-à-dire au plus fort de la canicule, elle indique bien les isohypses (isobares d’altitude, en couleurs sur la carte) plus resserrés à l’Ouest de l’Irlande, avec des vents méridionaux bien rapides sur l’Océan Atlantique. La haute pression d’altitude est très marquée en provenance du Maghreb et se retrouve au sol au Nord de nos régions, avec une situation de blocage. Situés à droite des vents méridionaux, en pleine haute pression d’altitude remplie d’air maghrébin, éloignés des dépressions et au Sud d’une haute pression de sol, dans un air continental tropical, nous devons donc supporter la synoptique la plus chaude et sèche. En France, les 40°C sont régulièrement atteints et les grandes villes doivent supporter des nuits à plus de 25°C. Le positionnement de l’Onde de Rossby a donc permis cette situation. Mais une telle récurrence de masses d’air tropical de juin à septembre ne peut s’expliquer que par un dynamisme particulier des ondes de Rossby.
 
 
En effet, selon les travaux de Vladimir Petoukhova, Stefan Rahmstorfa, Stefan Petria, et Hans Joachim Schellnhuber du Potsdam Institute forClimate Impact Research, les ondes de Rossby ont été amplifiées par le phénomène physique assez connu qui est celui de résonance. Cette dynamique est produite par la convergence des fréquences identiques de 2 mouvements, ici les ondes de Rossby et les vents méridionaux.
 
Un exemple relativement connu de la résonance est l’histoire du Pont de Tacoma. Cet ouvrage d’art, produisant sa propre fréquence, entra en résonance avec les turbulences du vent passant sous son tablier. Ceux-ci furent tellement amplifiés que le pont commença à se tortiller fortement de haut en bas pour finalement s’effondrer après plusieurs heures de « danse » :
 
 
 
 
Notons que, pour être complet, cette théorie de l’effondrement du pont n’est pas totalement acceptée, mais elle permet de bien comprendre le mécanisme, et donc la théorie de l’Institut de Potsdam concernant la canicule de l’été 2003. Les ondes de Rossby se comportent effectivement comme n’importe quel phénomène ondulatoire, y compris donc dans la circulation générale de l’atmosphère. Ici même, l’onde 7 de Rossby, située sur l’Europe Occidentale, fut continuellement amplifiée par la résonance avec les vents méridionaux, ce qui donna cette forte anomalie anticyclonique sur nos régions. Cet apport continuel de chaleur maghrébine constitua finalement son propre réservoir sur des pays comme la France avec plus de 10 jours avec des températures à 40°.
 
 
Forçages tropicaux et régimes de Cassou
 
Mais ce n’est pas tout ! En effet, la résonance amplifia l’onde dans son mouvement vers le Nord et sa stabilité sur l’Europe Occidentale, mais d’autres événements durent se produire plus vers le Sud, donc à la base, pour permettre ce puissant apport d’air tropical. Selon les travaux de Christophe Cassou et Laurent Terray du CNRS français, il fallut un déplacement vers le Nord de la Zone de Convergence Inter-Tropicale (ZCIT) avec la saison des pluies la 3° la plus humide dans le Sahel depuis 1960. C’est toute la circulation générale de l’atmosphère au niveau des Tropiques qui en fut translaté avec un Equateur plus sec que la normale, comme l’indique cette image :
 
 
 
On remarquera les zones en vert, plus humides, et les zones en orange, plus sèches. Cette convection tropicale déplacée produisit un assèchement des sols aussi bien autour de l’Equateur que dans le Nord de l’Afrique, à la base de l’advection tropicale vers l’Europe de l’Ouest. En effet, cette sécheresse de l’air dégagea un surplus de chaleur dans l’Afrique maghrébine, à la base d’un forçage tropical vers le Nord. Cassou et Terray ont intégré dans un modèle couplé atmosphère-océan les différents paramètres observés dans l’Afrique maghrébine et sahélienne en 2003, comme la sécheresse du sol, le niveau de convection, et la réflectivité issue des nuages convectifs, pour en faire ressortir un impact sur les régimes de l’Atlantique Nord. La conclusion est que le régime de « Atlantic ridge », haute pression océanique responsable de vents de Nord-Ouest frais sur l’Europe, est moins présent de 54%. Par contre, les régimes de « Atlantic Low », responsable de vent de Sud-Ouest doux/chauds et humides, et de « Blocking », responsable de vents de Sud à Est (très) chauds et secs s’en trouvent renforcés de respectivement 50% en juin 2003 et 69% en août 2003. Le tableau suivant résume bien les différents régimes observés en 2003 (et d’autres étés chauds) :
 
 
 
En effet, la sur-représentation de régimes chauds (« Atlantic Low » et « Blocking ») permet d’expliquer l’anomalie très chaude observée en France. Notons donc que le régime « Atlantic Low » très persistent de juin 2003 permit le record dont nous avons parlé au début de l’article. Celui-ci n’est pas le plus chaud en termes d’extrêmes, mais son omniprésence maintint des températures élevées quasiment les 30 jours. Celui de « Blocking » fut plus présent en août mais uniquement sur la première partie du mois, ce qui empêcha tout record mensuel.
 
Conclusion
 
Au final, le forçage tropical issu de conditions équatoriales particulières couplé à une quasi-résonance de l’onde 7 de Rossby avec les vents méridionaux permit une advection massive et quasi-permanente d’air tropical depuis l’Afrique maghrébine vers l’Europe de l’Ouest via des hautes pressions se développant à l’avant d’une dépression atlantique. Celles-ci évoluèrent d’abord depuis l’Espagne vers la France, avant de s’amplifier vers l’Europe du Nord, entretenant un vent de plus en plus chaud et de plus en plus sec. Le rééquilibrage se produisit en octobre, avec le déplacement de la dépression vers le continent, ce qui eut pour conséquence d’observer un mois d’octobre trop frais.

Ces travaux particulièrement brillants et intéressants sont aussi la preuve que la recherche scientifique avance à pas de géant dans la compréhension de notre système climatique, que les nouveaux super-calculateurs sont d’une puissante utilité, et que donc à l’avenir on pourrait mieux appréhender le déplacement des grandes masses d’air, des grands courants d’altitude, et donc des grands cycles climatiques dans des régions données.
 
Cela semble d’autant plus nécessaire que l’été 2003, extra-terrestre au même titre que juillet 2006 pour l’Europe de l’Ouest, ou l’été 2010 pour la Russie, sont autant d’événements qui montrent que le climat est perturbé. Bien que la discussion semble encore engagée pour les causes premières de ces extrêmes, notre équipe est de plus en plus convaincue qu’ils sont plutôt directement liés aux changements climatiques observés maintenant depuis plusieurs décennies. Dès lors, les déclarations de scientifiques au sortir de cet été 2003 sur la « normalité de ce genre d’événements à la fin du 21° siècle » ne nous paraissent pas exagérées et ce mauvais souvenir ne serait alors que le miroir de notre futur.
 

Evénements 2014

Cette page reprend l’ensemble des infographies et des liens vers les dossiers spéciaux concernant les événements survenus au cours de cette année 2014, riche d’un point de vue météorologique. N’hésitez pas à cliquer sur les images pour les agrandir et à consulter les liens vers les articles spéciaux.

En résumé, 2014 c’est:

  • un « non-hiver » 2013 – 2014, anormalement orageux
  • une année orageuse exceptionnelle avec un paroxysme en juin
  • des tornades en série en août
  • un automne hors du commun
  • une année caractérisée par une grande douceur et une récurrence durable du régime « Atlantic Low », avec une persistance de dépressions sur l’océan et d’anticyclones sur l’Europe centrale, plaçant régulièrement nos régions dans des flux d’origine subtropicale.
 
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L’hiver 2013-2014 est anormalement doux, humide et orageux. Certaines régions ne voient pas le moindre flocon durant cette saison.


Janvier

Le 25 janvier, un derecho complètement hors saison traverse l’ouest de la Belgique et le Nord-Pas-de-Calais en provoquant de puissantes rafales de vent et des tornades.

 
 
L’orage est spectaculaire, notamment à Zeebruges où l’équipe Belgorage l’attendait de pied ferme:
 
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Mars

Le début du mois de mars est atypique, avec un temps ensoleillé et très doux (Voir ICI). Le 9, un record de douceur est battu.
 
 
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Avril

Le 7 avril, l’année orageuse commence en fanfare avec le passage d’un QLCS (système orageux organisé en ligne). Lien vers le dossier spécial: ICI
 
Les 21 et 22 avril, de nouveaux et nombreux orages concernent nos régions. 
 
 
 
Le 24 avril, un puissant orage frappe l’Ardenne et la Famenne et s’accompagne de grêlons de plusieurs centimètres de diamètre qui provoquent des dégâts.
 
 
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Mai

Le 6 mai, de forts orages se produisent sur le massif ardennais tandis qu’une supercellule concerne l’ouest du Hainaut. Lien vers le dossier spécial: ICI
 
Le 20 mai, une nouvelle supercellule concerne l’ouest du Hainaut dans l’après-midi. En soirée, un violent bow echo (orage organisé en arc) explose sur l’Entre-Sambre-et-Meuse et traverse le centre de la Belgique en provoquant des dégâts dus au vent. Lien vers le dossier spécial: ICI. De nouveaux orages éclatent le 21 mai.
 
Coup de foudre sur les hauteurs de Beignée, près de Charleroi, en fin de soirée du 20 mai.
 
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Juin

Entre le 7 et le 10 juin, des orages récurrents se produisent et provoquent de nombreux dégâts. De nombreuses supercellules sont observées et plusieurs MCS (systèmes orageux de grande étendue) traversent nos régions. L’une des supercellules passe sur Bruxelles où elle déverse des grêlons de 5 cm de diamètre et interrompt le match de football amical entre la Belgique et la Tunisie. Lien vers les dossiers spéciaux ci-dessous:
 
 
Ambiance électrique le soir du 8 juin au-dessus de Berzée. Source: Info Meteo.
 
 
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Juillet

Le 6 juillet en début de soirée, de forts orages frappent la Lorraine belge. Une supercellule est suspectée dans la région de Athus où elle produit une violente rafale descendante génératrice de dégâts. De la grêle est également observée.
 
Le mois de juillet présente différentes facettes (Voir analyse ici). Un coup de chaleur se produit le 18 juillet.
 
 
 
Le lendemain, le 19, un MCS traverse l’ouest du Nord-Pas-de-Calais et de la Belgique du sud au nord, accompagné d’une forte activité électrique.
 
 
 
La nuit du 27 au 28 juillet, une salve orageuse concerne l’ouest de la Flandre. L’après-midi suivant, de nouveaux orages parfois costauds éclatent sur les deux Flandres et le Hainaut, ainsi que dans la région de Waremme. A Charleroi, des inondations sont observées.
 
Activité électrique de la journée du 28 juillet. Les couleurs froides montrent les impacts les plus récents.
 
Le 29 juillet, des orages à déplacement lent conduisent à des inondations dans l’ouest du Brabant-Wallon, notamment à Ittre où elles sont spectaculaires.
 
 
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Août

Quelques orages sont observés le 3 août dans l’après-midi.
 
Le 8 août, plusieurs tornades sont signalées en Belgique, à Manhay, Sart-lez-Spa et Jauchelette. Dossier spécial: Orages et tornades du 8 août.
 
Le 10 août, un outbreak tornadique (épisode d’un nombre important de tornades) concerne le nord de la France et la Belgique. Une tornade spectaculaire frappe notamment la commune de Sombreffe. Une autre tornade est confirmée à Gozée. Lien vers le dossier spécial: Tornades du 10 août
 
La tornade de Ligny-Sombreffe, alors qu’elle traverse le village de Tongrinnes, le 10 août en fin d’après-midi.
 
 
Le 15 août, une trombe marine provoque quelques dégâts sur la digue de Zeebruges. D’autres tornades, trombes et tubas sont signalés les jours suivants dans le nord de la France et en Belgique. Le 22 août, trois tornades frappent ces régions: la première à Wambrechies, au nord-ouest de Lille, la seconde à Zwijnaarde, près de Gand, et la troisième entre Leuze et Ath (dossier à venir). Dossier résumé: ICI
 
S’il n’avait pas trop mal commencé, août présente une dernière quinzaine trop fraîche et humide, plombant les statistiques d’un mois qui se termine finalement avec un déficit thermique très anormal et une pluviométrie excédentaire. La température moyenne du mois a été de 16,2°C contre une normale de 18,0°C. La moyenne des températures maximales est encore plus déficitaires (considérées comme très exceptionnelles), la plus froide des trente dernières années.
 
Le soleil se montre rarement durant ce mois, et quand il le fait, c’est dans un ciel souvent nuageux. L’astre se couche ici un soir de fin août à Capinghem (département du Nord).
 
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Septembre

Septembre est relativement beau, avec plusieurs journées pleinement estivales au cours desquelles les températures dépassent les 25°C. L’excédent thermique est anormal, tandis que le déficit pluviométrique est très exceptionnel. Voir ICI
 
Visé en fin d’après-midi, fin septembre.
 
Des orages parfois intenses surviennent cependant durant le week-end des fêtes de Wallonie, engendrant des inondations locales. Dossier spécial: ICI
 
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Octobre

Octobre s’inscrit dans la continuité de septembre et de cet automne 2014: très doux. L’ensoleillement est par contre légèrement déficitaire. Voir analyse ICI 
 
Plusieurs journées sont dignes de l’été, dont le samedi 18 octobre.
 
 
 
Le 21 octobre, l’ex-cyclone tropical Gonzalo, qui a notamment frappé les Bermudes, arrive en Europe Occidentale. Réincarné sous la forme d’une dépression extratropicale, il déclenche un épisode tempétueux sur les Iles britanniques, l’Irlande, le nord de la France, le Benelux, l’ouest de l’Allemagne et la Suisse. 
 
 
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Novembre

La Toussaint est exceptionnelle de douceur. Les températures maximales atteignent parfois plus de 20°C, c’est de jamais vu au cours des 115 dernières années. Des orages sont observés dans la soirée du 2 novembre.
 
 
La première quinzaine du mois passe à deux doigts (ou plutôt un dixième de degré) d’être la plus douce enregistrée à ce jour. La seconde quinzaine alterne quelques périodes plus fraîches (avec les premières gelées, ce qui est très tardif) et des moments de grande douceur, comme le week-end du 22 – 23 novembre.


La fin novembre se fait plus fraîche, avec des gelées généralisées sur le sud de la Belgique. Mais ce froid n’est que pelliculaire: le 30, alors qu’on observe -3,5°C à Elsenborn (+/- 600 mètres) en température minimale, il fait +14°C à environ 750 mètres d’altitude. Une langue d’air très doux surplombe l’air froid, engendrant une inversion particulièrement marquée. Au-dessus de Beauvechain, en l’absence d’effet de sol, la différence atteint 12°C en 750 mètres. En soirée du 30, un peu de neige et de verglas est observé localement au sud du Sillon-Sambre-et-Meuse.

Novembre se termine avec un excédent très anormal de la température. De même, l’automne 2014 est le deuxième plus chaud enregistré depuis le début des observations, derrière l’intouchable Automne 2006. Voir l’infographie pour novembre: L’anti-novembre 2014

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Décembre

Le Général Hiver débarque à l’heure. Le soir du 2 décembre, une première offensive neigeuse concerne une bonne partie du sud-est de la Belgique ainsi que le nord du département des Ardennes. Un compte rendu est accessible ICI.

Le 8 décembre, de nouvelles averses de neige se produisent, menant à une petite accumulation en Haute Belgique, plus sporadique ailleurs.

 
L’agitation continue les jours suivants puisque nous connaissons plusieurs phénomènes: un gros coup de vent, de fortes précipitations et de nouvelles chutes de neige en Haute Belgique.
 
 
Bastogne enneigée au soir du 13 décembre. Auteur: A. Esmanne.
 
Après deux semaines de douceur et un 24 décembre qui l’est tout autant, la masse d’air commence à changer le jour de Noël, avec un refroidissement progressif. Le 27, une profonde dépression nommée Hiltrud traverse la Belgique du nord-ouest au sud-est. Un épisode neigeux assez important frappe différentes régions du pays. Il tombe par exemple entre 10 et 15 cm de neige dans l’Entre-Sambre-et-Meuse et 15 à 25 cm sur le massif ardennais. Un dossier spécial est accessible: Neige et froid de la fin décembre
 
Montigny-le-Tilleul sous la neige en fin d’après-midi du 27 (Source: Info Meteo).
 
La nuit suivante, l’air froid déboule d’Allemagne, et les températures entament une chute. Du verglas est présent en de nombreux endroits au matin du 28. En soirée et la nuit suivante, les températures plongent, passant sous les -10°C en certains endroits (Hautes-Fagnes, localement en Ardenne, sud de Charleroi…).
 
Le 29 au matin, quelques averses de neige puis de pluie traversent la Belgique du nord au sud. Une petite accumulation est observée dans l’est du pays, avant l’arrivée progressive du dégel.
 

Analyse climatologique du mois de décembre: ICI

20 août 2009 : un jour qui aurait pu devenir historique

Lorsque le sensationnalisme des médias a encore frappé le 1er août 2013 en annonçant « la journée la plus chaude du siècle » pour le jour suivant, il est évident que nous avons été sur la brèche pour contre-informer et rappeler que les températures de 2003 avaient dépassé les 38° et étaient donc plus élevées que celles qui allaient être enregistrées ce 2 août 2013. Nous n’étions pourtant que 10 ans en arrière, mais le plus incroyable, c’est que les médias avaient complètement oublié cette journée du 20 août 2009, seulement 4 ans en arrière, alors qu’elle apparaît comme LE moment où le record de chaleur absolu aurait pu être battu en Belgique. Rétro-actes …

En cet été 2009, le temps est très correct : la moyenne de juillet est 1.6° au-dessus des normales. Les hautes pressions sont assez présentes, dans des positions autorisant régulièrement des flux de Sud à Ouest, donc doux voire chauds. 5 jours avant ce 20 août, des réserves d’air chauds commencent à se constituer sur le Sud du continent :

 
Ainsi, la France se retrouve en grande partie sous des températures de 30° et une grande partie de l’Europe baigne dans une température de 20°. En Espagne, des températures de 35° voire plus sont largement observées. Au niveau 850Hpa, vers 1400-1500m, les 20° recouvrent la Péninsule Ibérique et le Sud de la France. Cela n’a rien d’exceptionnel en soit, mais cela autorise des « débordements » à la première advection tropicale. Et c’est ce qu’il va se passer …
 
Sur l’Atlantique, le 17 août, une dépression un peu plus creuse que les autres évolue depuis le continent américain :
 
 
 
La dépression d’altitude qui l’accompagne n’est pas encore très profonde, mais de l’air froid plonge à l’arrière (flèche bleue). A l’avant, sur le Sud de l’Europe, l’air chaud d’altitude autorise des développements anticycloniques sur le continent (flèche verte). L’air saharien présent sur le Nord du Maroc n’attend plus que la mise en place d’un flux de Sud direct pour envahir l’Europe Occidentale (flèche jaune). Sur nos régions, un flux encore fort maritime limite les températures à 24° sur le centre du pays.
 
Le 18 août, les choses évoluent déjà bien vite :
 
 
Les hautes pressions se sont bien développées sur nos régions (cercle vert), dans l’air très chaud s’engouffrant à haute altitude à l’avant de la dépression atlantique en plein creusement sur l’océan (rond noir). En altitude, le creux se renforce. C’est donc tout le balancier atmosphérique qui se met en place avec l’air froid qui descend sur l’Atlantique (flèche bleue) et l’air saharien qui s’avance jusqu’au centre de la France (flèche jaune). 
 
Celui-ci n’attend qu’une seule chose pour envahir notre pays : le décalement des hautes pressions vers l’Est. Le 19 août, c’est chose faite :
 
 
 
La limite des +15° (ligne jaune) au 850Hpa (environ 1500m) se situe sur notre pays. Avec plein soleil, cela autorise des températures au sol largement supérieures à 30°; et de fait, on observe 32.5° à Kleine Brogel à 18h. A Beauvechain, il fait 32.2° à la même heure. La nuit qui arrive s’annonce capitale, car pour avoir des températures très élevées en journée, il faut évidemment partir de très haut au petit matin, grâce notamment à un afflux continu d’air très chaud pendant la nuit. Et c’est ce qu’il va se passer !
 
Le sondage de Beauvechain réalisé à minuit heure GMT (2h du matin heure belge) est éloquent :
 
 

A 262m d’altitude, une couche d’air très chaud est observée avec 29.2° mesurés. Au niveau 850Hpa, à plus de 1500m, les 20° sont presque atteints. Il faut monter à 4000m pour trouver le point de congélation ! Notons que cela ne constitue pas un record car le 19 août 2012 enregistra une température de 31.8° à 2h du matin à la même altitude et il fallut monter à 4400m pour geler ! Dès lors, un élément important va permettre à ce 20 août 2009 de grimper plus haut que le 19 août 2012 : l’apparition de nuages durant la nuit.

L’image satellite de 5h15, en fin de nuit, montre l’arrivée de nuages par le Sud. Ceux-ci vont limiter la baisse de la température. A Beauvechain, le flux continu d’air chaud en provenance du Sud et ces nuages font évoluer la température ainsi : 23.8° à 2h, 24.4° à 3h (en augmentation !), 24.3° à 4h, 23.9° à 5h, et finalement 23.7° à 6h du matin. Pour une région rurale, nul doute qu’une telle température minimale est exceptionnelle ! Uccle, à 7h du matin (18 minutes après le lever du soleil) enregistre 24.0°. Kleine Brogel n’enregistre « que » 18.3° de température minimale à cause de son sol sablonneux. A titre de comparaison, le 19 août 2012 enregistra 16.8°, soit 1.5° de moins. C’est donc bien dans cette différence produite par la présence de nuages en fin de nuit qu’il faut trouver une explication à ces températures très élevées.

Ensuite, l’évolution de la température à Kleine Brogel durant cette journée est tout simplement exceptionnelle, et la fiche d’InfoClimat nous donne beaucoup d’indications :

D’abord, l’évolution de la températures est comparable à celle d’une fusée : elle gagne presque 10° en 2 heures, passant d’un agréable 22.8 à 9h à un étouffant 32.1° à déjà 11h. Peu après midi, on atteint les 35° ! Le 19 août 2012, les 35° ont été atteint à 13h30, soit un peu plus d’une heure plus tard. Le record de Haacht du 27 juin 1947 (38.7°) est en danger. Il ne sera cependant battu.

On peut constater sur la fiche qu’à 15h, la température atteindra 37.8° et même 38.2° vers 15h20. Cependant, une ligne de convergence pré-frontale aborde la Belgique. A l’arrière, le vent vire vers l’Ouest. Des nuages sont bien présents sur la Belgique en début d’après-midi, comme l’indique cette image satellite. Dès lors, la température est obligée de baisser assez tôt en journée. A 20h, des orages frappent l’Est du pays. La chaleur est totalement évacuée de Belgique. A 22h, il fait 18.7° à Kleine Brogel.

Rétrospectivement, puisque le 19 août avait enregistré son maximum à 18h, avec 38.2° à 15h20 le lendemain, le record de 38.7° de Haacht aurait certainement été battu si cette ligne de convergence avec des nuages présents assez tôt en journée n’était pas intervenue à ce moment-là. Il est alors probable qu’on aurait atteint les 39°. Cela montre aussi que pour avoir des températures très élevées en Belgique, il faut des conditions très particulières : un appel d’air très chaud sur au moins 2 jours dans tous les étages de l’atmosphère, une nuit avec des températures d’environ 22°, un soleil suffisamment présent au maximum de l’appel d’air chaud, une présence tardive des nuages avec donc peu d’humidité relative, et d’une manière générale peu ou pas d’éléments perturbateurs. La récurrence de températures de 37° ou plus ces dernières années montre que ces conditions sont de plus en plus souvent rencontrées et qu’il arrivera tôt ou tard où le record du 27 juin 1947 sera battu.