Les tendances saisonnières, peut-on s’y fier ?!

Bonjour,

Nous abordons aujourd’hui un sujet plutôt épineux. Certaines mauvaises langues conseilleront d’ailleurs peut-être de d’abord réussir des prévisions pour le lendemain, plutôt que d’essayer l’exercice à plusieurs semaines, voire mois.
Et pourtant, derrière les tendances saisonnières que vous pouvez retrouver sur des sites internet sérieux, se cache une réelle réflexion.

Tout d’abord, on parle bien de tendance et non de prévision. La nuance est importante, car évidemment, celle-ci ne peut être aussi précise que le temps prévu à courte ou moyenne échéance. Le prévisionniste va donc généralement donner une situation météorologique globale (pour l’Europe dans notre cas) et son évolution. A partir de cette constatation il est à même d’établir un écart probable de la tendance par rapport aux moyennes de la période ciblée. Et ce, pour plusieurs paramètres (précipitation, températures, ensoleillement…).

Ensuite, il faut savoir que cet exercice est particulièrement périlleux. En effet, énormément de paramètres entrent en ligne de compte. Premièrement, plusieurs modèles saisonniers sont mis à notre disposition (ex: CFS, CEP, IRI, EUROSIP, METOFFICE,…), ensuite nous pouvons consulter les indices (QBO, MJO durant l’hiver, SST, ENSO, TNA…), les cycles et l’observation de la stratosphère peuvent également nous donner des indications (notamment en période hivernale avec le SSW). Il ne serait pas judicieux de ma part de vouloir vous expliquer tous ces termes en détails ici, néanmoins sachez que l’on aborde quelques notions sur notre site internet, dans la partie pédagogie.
Mais bon, je suppose que rien qu’en voyant ces termes, vous avez déjà le mal de mer 😀. La complexité et l’étendue de la tâche expliquent en grande partie la fiabilité qui laisse parfois à désirer, avec un scénario final de temps en temps à l’opposé de ce qui était initialement prévu.

L’autre facteur aggravant, et non des moindres dans notre domaine, est la sphère médiatique. Malheureusement, celle-ci est souvent friande de ce genre d’information pour faire du buzz (voir image). Je suis persuadé que la majorité d’entre vous a déjà cliqué sur un article qui titre par exemple « l’hiver à venir le plus froid du siècle ». Celui-ci étant extrême, car il ne se base sur aucune explication scientifique, il profite de la complexité du sujet avec une conclusion très simple à comprendre pour faire du « clic ». C’est classique. De plus, parfois (pas plus tard que la semaine passée encore), il arrive que des propos soient simplifiés ou déformés afin de faire sensation. Une fois de plus, il faut rester très prudent par rapport à ces affirmations. Enfin, certains sites internet de météo proposent des tendances saisonnières pour étoffer leur panel d’information mais avec très peu de réflexion derrière le résultat. Hors, comme je vous le décrivais précédemment, ce genre de tendance demande énormément d’expérience et d’expertise.

En conclusion, dans tous les cas, il est impératif de prendre ces tendances avec des « pincettes » mais aussi d’aller les chercher à la source.

Personnellement, bien que je suive tous ces indicateurs avec attention, j’évite de partager mes conclusions avec le grand public. Je préfère avoir un certain degré de certitude avant de diffuser ne serait-ce qu’une tendance.
Malgré tout, cela n’empêche pas certains sites d’avoir d’assez bons résultats selon leur dire.
Je citerais MeteoBelgique, qui n’est plus à présenter pour la Belgique, via Philippe Mievis (partie payante).
Et Extrême Météo pour la France, un site véritablement de référence en la matière.
Il en existe bien d’autres, cela étant dit, je vous laisse bien sûr seul(e) juge 🙂.

A bientôt pour un autre sujet tout aussi passionnant.

Michael – Info Météo

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