Chroniques météo de 1991 à 2000

 
Retrouvez ici les grandes dates de la météorologie belge de 1991 à 2000.
 
Année 1991

Février 1991 est marqué par une vague de froid. Elle dure du 3 au 15 février et voit les températures passer sous les -10°C certaines nuits. Le 7 février, on mesure -15°C à Reims, -13,1°C à Uccle, -12,3°C à Middelkerke et -20,8°C à Libramont. Cette vague de froid est liée à l’émergence début février d’un puissant anticyclone sur la Scandinavie. Une goutte froide se déplace sur le flanc sud de cet anticyclone et se stabilise sur nos régions, donnant des chutes de neige importantes pendant plusieurs jours. Le 8 février, la neige provoque pas mal d’embarras de circulation sur le Brabant wallon. La nuit du 10 au 11 février, c’est au tour des provinces de Namur et de Luxembourg de recevoir une dizaine de centimètres de neige. On mesure 17 cm de neige à Uccle le 14 février à la faveur d’un conflit entre l’air continental et l’air maritime polaire arrivant. Le 15 février, le redoux s’accompagne de vents forts, de neige puis de pluie qui provoquent de gros problèmes de circulation. Des congères de deux mètres sont observées dans le Brabant wallon.

Situation atmosphérique le 7 février 1991.
 
Le printemps 1991 voit les températures jouer au yoyo, avec de brusques changements s’opérant sur quelques jours à peine. Le mois de mars est le plus chaud du siècle. Le 12 avril, on mesure 23,9°C. Une semaine plus tard, le 20 avril, il neige à la côte (3 cm d’accumulation mesurés à Koksijde) et le gel ravage les cultures, notamment celles des vergers. Le 21, on mesure même -2,4°C à Uccle, -8,0°C à Arlon et -9,0°C à Saint-Vith.
 

L’été météorologique 1991 démarre mal. Le 4 juin, de la neige mêlée à la pluie est observée au Mont-Rigi, dans les Hautes Fagnes.

Les vacances d’été ratent complètement leur entrée: début juillet est frais et humide. Le 1er, il tombe 23 mm de pluie à Koksijde.

 

Le 2 juillet, des orages grêligènes provoquent des dégâts dans le Brabant wallon et le centre de la Flandre, ainsi que sur Bruxelles. Une semaine plus tard, la nuit du 7 au 8 juillet, de nouveaux orages de longue durée frappent le centre du Brabant wallon et le nord-est du Hainaut, provoquant de nombreuses inondations.

Au soir du 30 juillet, de violents orages venus de France frappent durement la moitié est du Hainaut et les deux Brabants. Des inondations sont constatées dans la région de Halle. Un autre système  très virulent concerne les communes entre Thuin et Pont-à-Celles, emportant des toits et inondant des quartiers entiers. De nombreuses habitations sont atteintes par la foudre.

 

La fin de l’année est extrêmement pluvieuse. Novembre voit tomber 174,6 mm de pluie à Uccle (normale: 74,6 mm). Le 19 novembre, de fortes précipitations touchent l’ouest de la Belgique et le nord de la France. Plusieurs cours d’eau débordent dans la région de Mouscron et de Tournai, ainsi que du côté de Ypres.

Du 16 au 21 décembre, des épisodes pluvieux intenses à répétition se produisent, et touchent particulièrement le sud-est de l’Ardenne. Ils mènent à des crues sur plusieurs rivières à partir du 22 décembre avec, ce jour, des débordements observées en province de Liège. Le vent est également de la partie: le 20 décembre, Thorembais-Saint-Trond est frappé par une rafale destructrice qui engendre de nombreux dégâts aux habitations. D’autres villages du Brabant wallon sont également touchés.

 
Année 1992
 

Le 1er février, phénomène assez remarquable, il neige uniquement sur la région de Ostende où l’on observe 2 cm de neige.

Dans l’après-midi du 25 mai, des orages inondent des caves dans l’est de Bruxelles et sa périphérie.

Bis repetita quelques jours plus tard. Le 29 mai, de forts orages éclatent sur le centre du Brabant wallon en début de soirée. Des inondations et des coulées de boues surviennent sur Lasne et La Hulpe où elles provoquent des dégâts estimés à plusieurs dizaines de millions de francs de l’époque.

La haute saison dans son ensemble connait une régulière répétition d’orages particulièrement costauds, générateurs de dégâts.

Le 2 juin est marqué par de forts orages qui intéressent essentiellement l’ouest et le centre du pays. Il tombe 84 mm de pluie à Gentbrugge (Gand).

Le 8 juin dans l’après-midi, un orage concerne Seraing où la foudre provoque des dégâts aux habitations.

Le 5 juillet, des orages se déplacent du Hainaut vers Bruxelles en fin d’après-midi. Le centre du village de Thiméon, au nord de Charleroi, est noyé sous un mètre d’eau. De nombreuses caves sont inondées dans les régions de Nivelles et d’Ottignies.

Le 19 juillet en fin de nuit, des orages semblent s’être déplacés du Brabant wallon vers la province d’Anvers et le Limbourg. Des dégâts sont reportés à Braine-l’Alleud et Mont-Saint-Guibert.

Le 21 juillet, de forts orages concernent le Westhoek où ils provoquent des dégâts. Les rafales atteignent 120 km/h à Koksijde. Un autre orage semble concerner le nord de Charleroi en début de matinée.

Le 8 août, il fait particulièrement chaud, avec des températures de 32 à 34°C. Combinées à l’humidité importante, elles rendent l’air particulièrement insupportable.

Le 9 août, de violents orages se déplacent de la région de Beaumont jusqu’à Anvers et le Limbourg en soirée. On relève 61 mm de précipitations à à Zaventem, 45 mm à Saint-Trond, 44 mm à La Hestre et 31 mm à Uccle. Ces orages s’accompagne d’une activité électrique intense, avec parfois des éclairs incessants. D’après Le Soir, les orages ont atteint « une violence extrême » sur la Hesbaye.

Le 20 août à l’aube, de nouveaux orages inondent des caves dans les deux Brabants et à Bruxelles.

 
Le 26 août, une tornade frappe Roux (Charleroi) en y provoquant de nombreux dégâts. Le tourbillon s’est en réalité déplacé entre Chapelle-lez-Herlaimont et Jumet via Trazegnies et Courcelles.
 

Dans l’ensemble, l’été 1992 est très pluvieux.

Le 11 novembre, une tempête se produit avec des rafales de 111 km/h à Deurne et à Middelkerque, avec des dégâts observés un peu partout, notamment en province de Liège. Elle est suivie d’une autre la nuit du 25 au 26 novembre: pointes de 124 km/h à Koksijde.

 
Année 1993
 
Le début janvier est froid, marqué par des températures glaciales. Des températures de l’ordre de -10°C sont observées, et des pluies verglaçantes surviennent le 5. A l’inverse, vers le 13, c’est de l’air très doux qui intéresse nos régions avec par exemple 16,3°C à Wasmuel (région de Mons). Ce même jour est tempétueux puisqu’on relève 111 km/h à Koksijde et Middelkerke. Durant ces quelques jours, des pluies régulières provoquent des inondations sur plusieurs cours d’eau de la moitié est du Hainaut le 12 janvier, puis en province de Namur le lendemain. Ces intempéries sont liées à la survenue d’une tempête hors du commun dans l’Atlantique nord, l’ouragan extratropical Braer. La pression chute jusqu’à 914 hPa au centre de la tempête, induisant des vents moyens estimés à plus de 150 km/h, heureusement restés en pleine mer. Cependant, son champ d’action est à ce point vaste que son influence est ressentie jusqu’en Espagne, à 2000 km de son centre.
 
L’ouragan Braer le 10 janvier, centré entre l’Ecosse et l’Islande.
 
Le 21 février, de la neige est observée, accompagnée d’un vent bien présent.

Mars 1993 est le plus sec de tous les mois de mars avec un ridicule 4,2 mm de pluie récolté à Uccle.
 
Le 28 avril, coup de chaleur, on mesure des températures de 24°C à Elsenborn.
 

Le 9 mai, de violents orages frappent l’Entre-Sambre-et-Meuse. Les dégâts sont particulièrement impressionnants sur les communes de Florennes et de Viroinval.

Le 10 juin en soirée, de forts orages provoquent des inondations en région bruxelloise, mais aussi du côté de Tournai.

 

La soirée du 24 juillet est marquée par de violents orages accompagnés de grêle dans le Hainaut occidental ainsi qu’à Alost, Ninove et Termonde. Une personne décède à Mouscron où on signale des grêlons de la taille d’une balle de ping-pong.

L’après-midi du 22 août, de forts orages traversent la Wallonie. Ils sont particulièrement violents sur l’Entre-Sambre-et-Meuse où le vent provoque des dégâts. Une victime est à déplorer aux lacs de l’Eau d’Heure, noyée suite au chavirage de son voilier. Peu après, la région de Dinant est durement touchée; plusieurs personnes sont blessées par des objets volants à Anseremme.

 

Le 9 octobre, une tornade est signalée dans la région de Ciney.

Le 14 novembre, une tempête frappe la Belgique. Le vent atteint 117 km/h à Ostende.

 
Cette année-là, le Général Hiver fait une arrivée précoce en Belgique, à partir du 21 novembre. Cette salve se termine en pagaille générale lorsque, le 30 novembre, des chutes de neige abondantes et du verglas désorganisent gravement les transports, plusieurs axes autoroutiers du pays sont complètement paralysés. Article spécial: Neige et verglas, la fin épique de novembre 1993
 
La nuit du 8 au 9 décembre, une forte tempête balaie la Belgique. On relève 112 km/h à Florennes, 126 km/h à Chièvres et 130 km/h à Ostende et à Spa. Des dégâts sont constatés dans tout le pays. La dépression qui l’engendre traverse la Grande-Bretagne puis la Mer du Nord avant de s’échouer au Danemark puis en Russie. Une nouvelle tempête, moins forte (100 km/h), se produit le 10 décembre après-midi.
 
La dépression responsable de la tempête le 9 décembre à 1h00 du matin.
 
Le reste du mois de décembre voit défiler les dépressions accompagnées de perturbations très actives. Des inondations catastrophiques sont observées durant la dernière décade du mois. L’Ardenne est noyée sous les précipitations – sur tout le mois, il tombe 437 mm de pluie à Dohan (Bouillon), ce qui est incroyablement exceptionnel.
 
Michel Barbier de TéléSambre fait le point sur les inondations depuis le bas de Montigny-le-Tilleul inondé par l’Eau d’Heure (source: TéléSambre).
 
Année 1994
 
Aux alentours du 10 janvier, une deuxième salve d’inondations se produit, mais reste moins grave que celle de la fin décembre 1993.
 
La seconde tempête de l’hiver 1993-1994 a lieu le 27 janvier. Les vents atteignent 130 km/h à Koksijde. Les dégâts sont particulièrement nombreux dans le centre du pays.
 
Le 1er avril, une tempête tardive donne des pointes de 115 km/h à Middelkerke.
 
La saison chaude de l’année 1994 va se révéler particulièrement orageuse. Déjà le 16 mai, d’intenses orages peu mobiles sont accompagnés de grêle sur le sud-est de l’Entre-Sambre-et-Meuse. Les environs de Doische connaissent des averses de grêle de longue durée (parfois 45 minutes), de telle sorte qu’on observe parfois 30 cm d’accumulation de grêlons.
 
Le 2 juin, Ligney et Darion, dans la commune de Geer, sont victimes d’une tornade.
 
Le 4 juillet, un orage frappe la région de Fosses-la-Ville. L’église de Sart-Saint-Laurent est incendiée par la foudre. D’autres orages accompagnés de grêle provoquent des dégâts en Flandre.
 
Le 24 juillet est une journée caniculaire: on relève 32,6°C à Hastière, 32,8°C à Thimister et 34,1°C à Malonne. Les jours suivants sont orageux, avec entre autres un orage diluvien à la côte le 27 juillet (81 mm récoltés à Heist), le passage d’un MCS bien électrique sur l’ouest de la Belgique le 28 juillet et de violents orages sur l’est du Brabant wallon et le nord du Namurois le 31 juillet (84 mm à Bolinne et 86 mm à Jodoigne), ces derniers provoquant des inondations et des dégâts dus à la grêle dans la région de Jodoigne. La veille (30 juillet), un terrible orage de grêle dévaste les cultures fruitières de la Basse Meuse.
 
Impacts de foudre relevés durant la journée du 28 juillet. L’orage passe sur la Belgique sans doute en cours de nuit du 27 au 28 (source: dinosoria).
 
Le mois de juillet qui s’achève est le plus chaud du 20ème siècle avec un excédent thermique très exceptionnel de +4,8°C à Uccle. C’est également le plus chaud de tous les mois de ce siècle.
 
Août 1994 continue sur la lancée de juillet. Le 4 août, un bref mais intense coup de chaleur concerne le pays. On relève 30,0°C au Mont-Rigi, 34,0°C à Ciney et 36,8°C à Angleur. La nuit du 6 au 7 août, un violent orage concerne le centre de l’Ardenne. Il tombe 116 mm de pluie dans le pluviomètre de Vlessart (Léglise). L’église de Straimont (Herbeumont) brûle suite à un coup de foudre.
 
Le 19 août dans l’après-midi, un orage frappe la région de Liège.
 
La nuit du 24 au 25 août, une tornade frappe Ville-Pommeroeul. Outre l’ouest du Hainaut, les orages concernent également le Brabant wallon et Bruxelles.
 
Le 3 octobre, il neige dans les Hautes-Fagnes. On note 1,5 cm de neige au Mont-Rigi, l’accumulation la plus précoce du 20ème siècle.
 
Le mois de novembre 1994 est le plus doux du siècle.
 

La fin du mois de décembre est très pluvieuse. Le 27 décembre, il tombe jusqu’à 100 mm de pluie dans le sud du pays.

 
Année 1995
 
Le 2 janvier, la neige fait une offensive particulièrement remarquée en provinces de Namur et de Liège. On mesure 17 cm de neige à Bierset et une vingtaine dans les Hautes-Fagnes. La dépression responsable, profonde, se trouve sur la Scandinavie et déclenche une violente tempête en mer du Nord où le vent moyen excède les 100 km/h. Des vagues de six mètres combinées à la marée haute menacent d’inonder certaines villes de la côte belge.
 
La suite de janvier est dans la poursuite de la fin décembre: très pluvieux. Ces pluies à répétition conduisent à des inondations catastrophiques qui concernent surtout le bassin hydrographique de la Meuse. Plusieurs crues sont observées pendant une dizaine de jours.
 
Début janvier, Alain Gillot-Pétré montre à la météo de TF1 l’arrivée d’une perturbation très pluvieuse, une de plus (source: TF1).
 
A Uccle, le mois de janvier est le plus arrosé du 20ème siècle: on relève 143,6 mm tombés sur tout le mois. Dans le sud de la Belgique, certains cumuls dépassent les 300 mm, ce qui est très exceptionnel. Ainsi, on atteint 391 mm à Dohan et 393 mm à Libramont.
 
Le 15 février, une tornade passe sur Rêves (Les-Bons-Villers) en provoquant des dégâts.
 

L’hiver 1994-1995 établit un nouveau record en matière de précipitations: aucun hiver n’aura vu tomber autant d’eau durant le 20ème siècle. A Uccle, la cote atteint 366 mm.

Au soir du 28 mai, des orages concernent le Brabant wallon. Des coulées de boue se répandent dans le centre de Ittre. Le 4 juin, c’est au tour de la région de Wavre et de Rixensart d’être frappée par un orage d’une ampleur peu commune.

Le début de l’été météorologique prend l’eau, au sens littéral du terme. La première quinzaine de juin est très anormalement froide et pluvieuse. Du 1 au 10, il tombe 56 mm de pluie à Uccle, presque ce qu’il doit tomber pendant tout le mois.

Le 2 juillet, un fort orage provoque des inondations dans la région comprise entre Namur et Dinant.

Le 11 juillet, le Condroz au sud de Huy est durement frappé par les orages.

La nuit du 23 au 24 août, d’intenses orages frappent la Hesbaye et l’est de l’Ardenne. Les fortes pluies et les coulées de boues consécutives endommagent les voies de la ligne ferroviaire Bruxelles-Liège.

 

Le début du mois de novembre connait des extrêmes. Le 6 novembre voit survenir un grand froid précoce avec des minimas à -10,1°C à Elsenborn. Le 12 novembre se déroule sous une douceur exceptionnelle: il fait 18,9°C à Koksijde, 20,5°C à Ernage et 21,0°C à Thimister. Le 20 novembre, des pluies verglaçantes sont responsables de nombreux accidents routiers, causant la mort de plusieurs personnes.

 
Année 1996
 

Le 26 janvier, la neige complique grandement les conditions de circulation en province de Liège.

En février, les Hautes-Fagnes croulent sous la neige. On en mesure 47 cm d’accumulation à Elsenborn le 21 février. Tandis que la neige désorganise la circulation en bon nombre de régions du pays, la côte subit les assauts du vent soufflant à 8 beaufort.

Les 19 et 20 mars, le temps très calme met en place un brouillard à couper au couteau: par endroits, la visibilité n’excède pas 10 mètres! De nombreux accidents ont lieu sur le réseau routier. Six personnes décèdent.

 
Le 8 juin, un orage particulièrement intense sévit sur la région de Waremme: il y tombe 89 mm de précipitations.
 

Le 29 août présente un temps exécrable. Une goutte froide stationne au-dessus de la Belgique ce jour et la veille, apportant de la fraîcheur (à peine 12,2°C à Gosselies le 29), beaucoup de vent (rafales jusqu’à 108 km/h à Middelkerke, 90 km/h à Gosselies et 86 km/h à Beauvechain) mais surtout des précipitations continues parfois accompagnées d’orages. De nombreuses stations voient les cumuls excéder les 100 mm en deux jours. Par exemple, on relève 121 mm à Marbais (Villers-la-Ville), 128 mm à Mornimont (Jemeppe-sur-Sambre), 130 mm à Landelies (Montigny-le-Tilleul) et 183 mm à Hombourg (Plombières). A Saint-Hubert, il pleut sans s’arrêter entre le 29 minuit et le 30 minuit. La réaction des cours d’eau est immédiate et de nombreux cours d’eau sont en crue. Le mois d’août s’achève à Uccle avec un excédent record, tous mois confondus pour cette station, avec 231,2 mm.

Le 20 novembre, la pression est remarquablement basse. Cette cote est liée à une profonde dépression atlantique arrivant sur l’Europe en se comblant progressivement.

 
La fin décembre plonge en pleine vague de froid. Mais c’est au début de l’année suivante que cette dernière atteindra son paroxysme.
 
Situation atmosphérique le 26 décembre 1996 (source: Alertes meteo).

 

Année 1997

Le « Moscou-Paris » mis en place par un puissant anticyclone scandinavo-sibérien est donc responsable de l’intense vague de froid constatée début janvier. Le Nouvel An est glacial, y compris de jour: à Uccle, la température, après avoir chuté à -14,1°C la nuit, ne remonte pas au-delà de -10,1°C. Elle tombera à nouveau à -14,1°C au matin du 2 janvier. Ce même jour, on mesure un cinglant -21,4°C à Elsenborn en tant que température minimale. La vague de froid, particulièrement longue, aura duré du 21 décembre au 16 janvier, même si les derniers jours ont connu des maximales plus élevées.

 
La Sambre est prise par la glace dans la région de Charleroi (source: TéléSambre).
 
Cette vague de froid ne fut pas accompagnée d’épisodes neigeux notables. Au plus on mesurera 2 cm d’accumulation à Uccle début janvier. C’est le verglas qui se montre le plus, notamment le 9 janvier, semant la pagaille dans les deux Flandres et le Hainaut.
 

Le mois de janvier se termine avec un déficit record des précipitations: à peine 2,6 mm à Uccle, rien de mesurable dans la région de Namur! En plus d’être le plus sec de tous les janviers, c’est également le plus sec de tous les mois du 20ème siècle!

Le 13 février, les rafales de vent approchent les 100 km/h.

 
Le 24 février, une perturbation très active traverse nos régions. On récolte 75 mm de pluie à Ebly (Léglise). Celle-ci prend par endroits un caractère turbulent et orageux. Une violente rafale descendante serait à l’origine du déraillement du train reliant Gand à La Panne vers 6h45, près de Furnes. Le toit d’une ferme est emporté sur plus de 300 mètres.
 
Du 21 au 23 avril, le gel tardif porte des dégâts conséquents aux cultures fruitières dans les provinces de Liège et de Namur, ainsi que plus largement en Flandre.
 
Les 7 et 8 juin, deux vagues orageuses frappent la Belgique, à chaque fois dans l’après-midi. L’orage du 7 est particulièrement fort sur l’ouest du pays où il s’accompagne de bourrasques importantes.
 
Radar du 7 juin à 15h30 heure belge: l’orage a déjà traversé une bonne partie du pays
 

Du 12 au 14 juillet, plusieurs vagues orageuses intenses concernent le pays. Le 12 en début de soirée, des trombes d’eau se déversent sur la région de Charleroi, inondant de nombreuses caves et coupant plusieurs axes de circulation. Dans le même temps, d’autres orages concernant la région à l’ouest de Mons ainsi que celle de Jodoigne. Il tombe 55 mm de pluie à Bougnies (Quévy). A l’aube du 14 juillet, des orages déversent de la grêle sur la région de Ath, d’autres orages concernent la Flandre avec des dégâts dus aux inondations et à la foudre. Enfin, en soirée du 14 juillet, un orage frappe l’est du Condroz et prive Nandrin d’eau potable.

Le mois d’août est le plus chaud du 20ème siècle.

La Noël 1997 est très venteuse et douce, avec le passage d’une profonde dépression sur l’ouest de l’Europe.

 
Année 1998
 
Le début de l’année est également tempétueux à travers toute l’Europe de l’ouest. Le 3 janvier, les vents sont particulièrement forts en Belgique et accompagnés d’importantes précipitations. Les rafales dépassent les 100 km/h à Charleroi.
 
Pour la première météo du nouvel an, Philippe Molitor présente sur la RTBF l’arrivée d’une vaste dépression annonciatrice du vent des jours suivants.
 
Le 3 février, les températures minimales sont extrêmement froides en Hautes Fagnes où l’on mesure -21,9°C à Elsenborn. 
 

Moins de deux semaines plus tard, le 15 février, c’est une douceur remarquable qui est observée: il fait 18,5°C à Hastière.

Pâques, le week-end du 12 avril, est hivernal: il neige jusqu’en Moyenne Belgique et le verglas cause de nombreux accident le 14.

Le 11 mai, le thermomètre atteint 30°C à Uccle. C’est un record de précocité pour le 20ème siècle. Les Saints de Glace sont les plus chauds du siècle.

 
La nuit du 5 au 6 juin ainsi que la journée du 6 juin, d’intenses orages traversent la Belgique. L’animation ci-dessous montre le premier système orageux traversant le centre de la Belgique en fin de nuit, suivi par d’autres orages tout au long de la journée. A Mouscron, où ils sont particulièrement violents, on observe des grêlons de 5 cm de diamètre.
 

Le 7 août, un violent orage éclate sur le Hainaut, inondant le village de Tourpes (Leuze-en-Hainaut).
 
Le 13 septembre, une intense perturbation déverse parfois plus de 100 mm de pluie sur la Flandre et la province de Liège. On mesure ainsi 120 mm à Liège-Monsin.
 
La perturbation du 13 septembre vue par les satellites (source: Meteolink).
 
Le 6 décembre, une dépression descend du nord-est et traverse nos régions, agrémentant la Saint-Nicolas d’une belle couche de neige. On mesure 20 cm de neige à Uccle.
 
 
Année 1999
 

Le début d’année est doux. Le 5 janvier, on mesure 15,2°C à Rochefort et 16,0°C à Dourbes.

A l’inverse, une semaine plus tard, l’hiver est bien là. La nuit du 12 au 13 janvier, la neige perturbe la circulation sur une bonne partie du pays.

La nuit du 7 au 8 février, l’hiver remet ça. La neige sème un désordre monstre sur les autoroutes du pays, notamment la E411 qui se retrouve complètement paralysée en Ardenne.

 

Le 13 février, grand froid sur le pays. Le thermomètre tombe à -21,6°C à Elsenborn.

Le 17 février en début d’après-midi, une « tempête de neige » comme décrite dans le journal Le Soir interrompt complètement la circulation sur la E40 à l’est de Liège.

Le 22 février, une tornade frappe Horpmaal, dans le Limbourg, en y provoquant des dégâts.

Les 14 et 15 avril, comme il y a un an, l’hiver fait un dernier comeback remarqué alors que le temps était printanier les jours précédents. La neige qui tombe en abondance sur le Condroz et l’Ardenne (parfois plus de 10 cm) provoque des affaissements d’arbres et la coupure de la ligne SNCB Namur-Luxembourg.

 
Le 7 mai, un gros orage touche la région de Jodoigne.
 
Le 30 mai voit se produire une dégradation orageuse marquée. Il grêle de manière spectaculaire dans les régions de Ferrières et de Namur où des dégâts sont observés. Dans la région de Jodoigne, ce sont des coulées de boues qui envahissent Zetrud-Lumay.
 
Le 13 juin, une multitude d’orages concerne la région de Charleroi et la Hesbaye.
 

Le 26 juin, il tombe 73 mm de pluie à Meix-devant-Virton pendant un violent orage.

La nuit du 29 au 30 juin, de forts orages frappent plus particulièrement le Borinage et le haut-pays de Roisin, à Wihéries le niveau de l’eau montre jusqu’à un mètre.

 

La nuit du 4 au 5 juillet, deux systèmes orageux très électriques traversent la Belgique. Le premier entre sur le pays par l’Entre-Sambre-et-Meuse en fin de soirée et le quitte en milieu de nuit par le Limbourg. Le second arrive sur l’ouest de l’Ardenne et s’active ensuite sur la Hesbaye pour à son tour filer vers le Limbourg néerlandais au petit matin. Les pluies sont parfois très importantes avec 82 mm à Somme-Leuze. Le système de détection des éclairs de l’IRM (SAFIR) enregistre jusqu’à 400 décharges par minute.

La nuit du 9 au 10 août, des orages provoquent des inondations en région bruxelloise.

 
Le 14 août, trois jours après l’éclipse de soleil, un orage s’organise en soirée sur sur le nord de la France et devient très violent. Il est à l’origine d’une tornade formée en France et qui traverse le centre de Tournai. Plusieurs autres tourbillons – ou un seul – laissent leur trace visible jusqu’à Herne, dans le Brabant flamand. Les dégâts sont spectaculaires dans le quartier de la gare de Tournai où l’intensité de la tornade est estimée à F2 sur l’échelle de Fujita. C’est probablement l’une des tornades les plus violentes du 20ème siècle en Belgique, à peine un cran en-dessous des désastres d’Oostmalle (1967) et de Léglise (1982).
 
La « tornade de Tournai » fait la une des journaux télévisés pendant plusieurs jours. Respectivement la RTBF (Sonuma) et RTL-TVI.

Le 3 décembre, la tempête Anatol défigure la Grande-Bretagne puis le Danemark et le nord de l’Allemagne avec des rafales jusqu’à 180 km/h. La Belgique reste en bordure, subissant des rafales sous les 100 km/h.

Anatol atteint le Danemark en fin d’après-midi du 3 décembre 1999.
 
Le 14 décembre, la neige provoque de gros embarras, entre autres dans le Brabant wallon.
 
Le 25 décembre est épouvantable: une tempête (nommée Kurt) circule sur la Grande-Bretagne avant de se diriger vers la Norvège. Elle donne des rafales de 80 à 100 km/h sur tout le pays, voire davantage localement (105 km/h à Zaventem, 115 km/h à Spa). Le lendemain 26 décembre, la tempête Lothar défigure le nord de la France avec des rafales jusqu’à 180 km/h, y compris dans les terres. Le sud de la Belgique se retrouve sous le centre dépressionnaire creusé à 963 hPa et seul l’extrême sud du pays est balayé où les rafales dépassent allègrement les 100 km/h. 
 
Lothar et son « oeil » sur Reims vers 9h00 du matin, une heure avant d’atteindre l’extrême sud de la Belgique.
 

Dans le même temps, les abondantes précipitations provoquent des crues au nord du sillon Sambre-et-Meuse ainsi que dans l’Entre-Sambre-et-Meuse.

 
Année 2000
 
La première quinzaine de mai est particulièrement chaude et orageuse. Les 6 et 7 mai, les orages se succèdent sur la Belgique. Ils sont particulièrement forts et longs sur le massif ardennais: parfois très électriques, ils durent la soirée et une bonne partie de la nuit sur l’ouest de l’Ardenne. Le 8 mai, des orages sur l’Entre-Sambre-et-Meuse provoquent des coulées de boues à Mettet et à Dinant. Le 11 mai au soir, Dinant est à nouveau rincée par un violent orage, des torrents de boue envahissent les rues de la cité mosane.
 
Le 28 mai, une petite dépression se creuse très rapidement sur la Manche et déclenche une tempête complètement hors-saison sur le nord de la France, la Belgique et les Pays-Bas. Si le vent reste raisonnable en Belgique (112 km/h à Ostende), il atteint 137 km/h sur les côtes des Pays-Bas.
 
Le centre de la tempête du 28 mai 2000 entre aux Pays-Bas dans l’après-midi (source: keesfloor).
 
Le 3 juin en soirée, des orages locaux mais intenses frappent le Hainaut, le Brabant wallon et la région de Spa. Ce sont surtout les pluies qui provoquent les plus gros embarras.
 
Juillet est moche et désespérant pour les vacanciers; la pluie tombe trop fréquemment et les températures atteignent rarement les valeurs estivales. Les orages se répètent en provoquant des dégâts: la nuit du 2 au 3, des orages frappent notamment la région liégeoise en y provoquant des inondations. Le 4 juillet, un orage diluvien provoque des dégâts à Woluwé-Saint-Lambert. Le 28 juillet, c’est à Braine-l’Alleud que l’on observe des inondations.
 
La mi-septembre est très agitée: le 15, de violents orages frappent l’ouest de la Flandre, des tornades sont observées dans les régions de Zwalm, d’Erpe-Mere et d’Anvers. Le lendemain, d’autres orages frappent l’est de la province de Liège. Il tombe 114 mm de pluie au Mont-Rigi.
 
Le 30 octobre 2000, une dépression de tempête se creuse sur la Grande Bretagne où les vents atteignent 160 km/h. Son centre à 945 hPa gagne ensuite la mer du Nord. En Belgique, des rafales de l’ordre de 100 à 125 km/h sont observées (101 km/h à Gosselies, 105 km/h à Uccle et à Bierset, 115 km/h à Ostende et 122 km/h à Spa).
 
Le 10 décembre, une ligne d’orages très venteux traverse la France et la Belgique. Dans le nord de l’Hexagone, plusieurs tornades sont observées. En Belgique, de nombreux dégâts dus au vent sont signalés, et une personne décède suite à la chute d’un toit. Le vent atteint 112 km/h à Saint-Hubert, 119 km/h à Gosselies, 126 km/h à Spa et 130 km/h à Bierset.
 
Ces chroniques sont le résultat d’un long travail de recherche compilant des informations en provenance de multiples sources: IRM, Meteo France, Meteo Paris, Le Soir, TéléSambre, RTBF,…

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